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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 03:42
Le chêne et la glace.

Le chêne et la glace.

Une rencontre.

La vie a souvent la couleur du vide : blanc, rouge et or. Démonstration de puissance. 
On s'acclimate. Nous dormons comme des naufragés, en temps déchirés, parcourus d'attentes folles et d'espoirs inexistants. 
Dans cette réalité, nous sommes en parfait accord avec la température ambiante : amollissante.  Partout, de la plate musique, dans les grandes surfaces, même dans les ascenseurs - surtout dans les salles d’attentes - interdit la lecture mais s’avère bénéfique - disent-ils - pour la conservation du calme. 


    On obéit alors aux règles spécifiques de la modernité : regard étanche au ciel. Le jour en flux de déconvenues dénuées d’interrupteur : une pizza qui décongèle en 5 minutes au lieu des 3 promises. Un taxi qui s’échappe. Un dentiste non disponible. Un téléfilm zapé qui mène à un programme de télé-réalité sans queue ni tête.

Sont-ce là les prémisses dérisoires d'un futur écrasant, d'un avenir déchiqueté ?

On peut soustraire un tas de choses dans cette réalité - des moisissures, des troncs crevés d'avidité, des chênes verts prêts à s'abattre - mais soudain, en contre bond, des faits étranges, intranquilles, vous viennent aux battements de l’âme : 
       
Un livre. 
Un enseignant de CM2.
Un chercheur.
Un astrophysicien.
Un écrivain, un philosophe, un inconnu.
    Quelqu’autre, n'importe, – qui - chance inestimable, vous tire vers la science et au milieu des étoiles.   

Jean-Pierre Dupuy à gauche, Etienne Klein et Hubert Reeves à droite.

Jean-Pierre Dupuy à gauche, Etienne Klein et Hubert Reeves à droite.

Etienne Klein et Hubert Reeves.

Etienne Klein et Hubert Reeves.

Personnalité de papier, de sang, de vie qui – réellement – vous pousse vers le mieux ; vous tourne en direction du soleil et de l’exigence ; Vous mène – quelle folie - en direction de l’Etrange, du gratuit, de l’échange, trois fois rien de connaissances, un savoir sans bornes. 


Lorsqu'on y prête attention, on perçoit alors une vibration. Ce n’est ni un chant, ni un murmure mais le heurt d’une étoile qui vous offre le meilleur, sans contrepartie. S'efface en vous indiquant la voie. 
A vos pieds, l’eau clapote contre les ajoncs.


Vous pourrez alors effectuer un tas d'additions – des petites-pépites-d’éternité – des lectures Pessoennes, des feuilles Baudelairiennes, des buissons Rimbaldiens applaudissant le ciel ; 


« La créativité est à la source d'un des plus beaux fleurons de l'évolution de la vie sur la terre : l'art, dans toutes ses expressions. Nous dit Hubert Reeves On lui doit Mozart, Van Gogh, Baudelaire et tous les artistes qui embellissent notre vie et enrichissent notre monde. »


Une quantité faramineuse de poésie et de dons fermentant l'air et fécondant la mémoire - tendant à prouver l’existence d'un paysage sans propriétaire : exactement l'inverse du calcul.


Au loin, le sol incendie, crépite. Les herbes folles aux tiges roussies dressent leurs gerbes flamboyantes. La lumière enragée perce le fin voile de brume. On se laisse gagner par la douceur du vent... Cet héritage – offert, conforme à nos besoins, sans note de frais.


Une rencontre - une personne - et le stagnant s’éclaircit.
 

Hubert Reeves.

Hubert Reeves.

Hubert Reeves et sa merveilleuse épouse.

Hubert Reeves et sa merveilleuse épouse.

Rencontres aux pôles de l'éternité.
Rencontres aux pôles de l'éternité.

Pépites d'éternité : 

 

Hubert Reeves, Je n'aurai pas le temps, Seuil, 2008, ISBN : 978-2-02-097494-3 

p 7 : Ces récits trouvaient en moi des résonances familières et j'y reconnaissais nombre de mes états d'âme. Il furent déterminants dans le choix professionnel qui fut le mien. 

P 18 : Il est de coutume, dans les bonnes familles, de s'intéresser à la lignée des ancêtres. Cette préoccupation est particulièrement importante chez les nobles, qui peuvent ainsi faire valoir les mérites politiques ou guerriers de leurs ascendants. Il importe pourtant de remarquer que cette tradition repose sur l'idée que la prétendue « qualité du sang » se transmet uniquement par le père. A la lumière de nos connaissances contemporaines en génétique, nous devons reconnaître que cette idée est totalement fausse. Le partage se fait moitié-moitié entre le père et la mère.

P 29 : C'est dans le grenier de notre maison de Bellevue que j'ai commencé à assouvir ma soif de connaissances. Les grandes malles en bois qui y étaient entreposées débordaient de manuels de classe rangés sous les combles à la fin des études de mes oncles et cousins... j'en extrayais les objets de ma convoitise : précis de science physique, chimique, biologique et surtout astronomique. Un trésor inestimable de livres écornés, aux pages souvent décollées et parfois soulignées à grands traits de crayons gras. Assis dans un coin, parmi les lampes brisées et les chaises à trois pattes, je les feuilletais puis emportais dans ma chambre ceux qui me paraissaient les plus simples, les plus pédagogiques, les plus prometteurs...   
     … J'ai retrouvé, des années plus tard, le livre qui m'avait procuré les plus grandes émotions : D'où venons-nous ? De l'abbé Moreux. 

P 36: Les rêves de l'enfance, souvent empreintes d'une naïve mégalomanie, mobilisent des énergies nécessaires à la poursuite d'une carrière, malgré les difficultés et les aridités dont elle est parsemées....
     p 37 : Ce narcissisme enfantin fut pour moi un puissant moteur, mais aussi un poids parfois lourd à porter. Le jeune chercheur comprend rapidement qu'il n'est pas seul dans la course au savoir. Son ambition est partagée par bien d'autres, tous aussi décidés à rendre manifestes leur supériorité intellectuelle et leur aptitude à résoudre des énigmes. Le milieu scientifique est un monde de haute compétition, quelquefois accompagné de coups bas.

P 37-38 : Ma grand-mère prolongeait les contes de Charles Perrault de suites inattendues... Ces moments étaient pour moi d'une grande douceur, d'un charme exquis, toujours renouvelé. Je pouvais l'écouter indéfiniment. Je ressentais le plaisir qu'elle éprouvait à faire rêver, baissant la voix pour mieux nous captiver et retenir notre attention, ralentissant le débit de ses paroles pour exciter notre curiosité, jouant de notre impatience à connaître la suite : « Et après ?  Et après ? » Lorsqu'on me demande d'où me vient le goût de raconter des histoires sur l'univers, les étoiles, les atomes, et de poser des devinettes, c'est à ces instants magiques que je pense.

P 38 (influence extérieure/ réussite) : Mais l'influence bénéfique de ma grand-mère sur moi ne s'est pas arrêtée là. Me voyant continuellement plongé dans des livres de sciences, mes parents s'inquiétaient : « Ce n'est pas comme ça que tu vas gagner ta vie. Fais plutôt de la médecine comme ton frère ou bien du droit. Il y a beaucoup de juristes dans la famille, tu seras bien introduit dans le milieu. » 
    Ma grand-mère protestait : « Laissez-le faire ce qui lui plaît, cessez donc de le bâdrer » (ennuyer : dérivé de l'anglais to bother).   

P 54 : Lors d'un cours de physique, une équation m'avait particulièrement frappé parce qu'on la retrouve dans des domaines très divers. Elle décrit en effet aussi bien les variations de température que la distance parcourue par une voiture, la diminution de la longueur d'une bougie allumée et beaucoup d'autres choses encore. J'avais cherché à comprendre comment la même formule pouvait s'appliquer à tous ces phénomènes. L'explication tient en ces quelques mots : les mathématiques permettent d'extraire la structure logique commune à de nombreux faits différents. Je retrouve effectivement ce que Galilée avait découvert quatre siècles auparavant et qui lui faisait dire que les mathématiques sont le langage de l'Univers. Ce fut au Xxème siècle le crédo d'Einstein. 

P 57 (rencontre/ réussite) : 
Cette rencontre (Joseph-Henri Le Tourneaux) a été l'un des faits marquants de mon adolescence. Il m'est difficile de déterminer à quel point elle est arrivée au non moment pour semer dans un terreau propice les germes de ce qui susciterait mes joies les plus profondes. Je m'imbibais de son enthousiasme, de nos promenades sur le lac, j'appréciais tout cela jusqu'à la délectation. Son aura, la valeur qu'il donnait aux choses de l'esprit et de la culture, créaient une atmosphère exaltante. Il était, en quelque sorte, le grand prêtre qui donnait leur sens aux idées. Contrairement à nos professeurs qui, quelle que fût leur valeur, « étaient là pour ça » - ce qui ternissait en quelque sorte leur crédibilité -, la gratuité de son approche garantissait que tout, là, était digne et vénérable... bien au-delà du cadre et du temps de scolarité. Il faisait reculer toujours plus loin l'horizon des connaissances et donnait l'envie d'aller jusque-là, et même au-delà. 

P 70-71 (réussite/ prof/ estime de soi) : En 1950, mes premiers mois à l'université de Montréal furent pénibles. Les cours de mathématiques, que j'affectionnais tant au collège, m'étaient devenus d'insupportables corvées. Je n'y comprenais plus rien. Le langage m'échappait, les raisonnements ne faisaient plus sens. Je me sentais perdu, comme exclu du monde dont j'avais tant rêvé et dans lequel mes camarades de classe semblaient à l'aise. Selon toute vraisemblance, j'allais devoir en faire mon deuil. J'envisageais de renoncer, d'avouer que j'avais atteint mon « niveau d'incompétence ». 
     Mes notes étaient lamentables. Jamais, je le craignais, je n'accéderais à la carrière scientifique à laquelle j'avais aspiré. Les premières vacances de Noël, uniquement et vraisemblablement consacrées à tenter d'assimiler mes cours, m'avaient laissé épuisé, véritablement découragé, et soucieux...
         Mais en janvier, à la reprise des classes, la situation changea du tout au tout. Je me souviens du moment précis où, se plaçant devant le tableau noir, un nouveau professeur dont je n'oublierai jamais le nom (Abel Gauthier) a commencé son cours sur un chapitre des mathématiques appelé « séries de Fourrier ». Tout me parut clair, lumineux. Les raisonnements, les équations s'alignaient dans un enchaînement d'une élégance rigoureuse et puissante, parfaitement compréhensible. 
            Quel soulagement de n'avoir plus à douter ni de mes capacités intellectuelles, ni de la poursuite de ma carrière que, quelques heures plus tôt, je croyais encore compromise ! 

        Pp: 71 – 72 : Que s'est-il passé ? Je me suis souvent posé la question. Chacun possède son mode de fonctionnement psychique et mental. Les scientifiques les plus brillants s'avèrent quelquefois incapables d'expliquer clairement ce qu'ils ont compris. Une sorte d'intuition leur permet de former et d'utiliser des raccourcis efficaces grâce auxquels ils appréhendent rapidement l'ensemble de la situation. Cela explique, je pense, pourquoi nombre de ces chercheurs géniaux sont de piètres pédagogues. 

P 75 : (échec/ surmonter) … Il faut s'habituer aux échecs, garder confiance et recommencer aussi souvent qu'il le faut pour réussir. 
      On raconte que vivaient en Perse trois frères, princes de Sérendip, dont on disait qu'ils avaient l'art de « tirer parti des circonstances adverses ». On appelle aujourd'hui « sérendipité » cette faculté de première importance pour les chercheurs. 

P 98 (différence/ penser autrement/ ouvrir le débat) :  … Fred Hoyle. Déception : c'est un homme sec, distant, sans charisme. L'opposé de ce que, dans ma naïveté, j'avais imaginé de lui. D'autres éléments me déplaisent : une superbe frôlant l'arrogance, un mépris exprimé pour ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui. Néanmoins, je découvre pensant ses séminaires des éléments de sa personnalité qui m'attirent : sa puissance intellectuelle, une articulation de la pensée frisant le génie, un regard perçant et critique, une imagination pénétrante, une grande indépendance par rapport aux idées à la mode, une délectation intense à les renverser.  

P 110 : … la culture scientifique est un élément fondamental de l'apprentissage du métier de chercheur. Un préalable que j'estime indispensable; 

p 123 ( statut erreur/ place de l'échec)
     « Quand quelques « grands professeurs » vous présentent les résultats mirobolants de leurs travaux géniaux, vous avez l'impression qu'ils réussissent facilement tout ce qu'ils entreprennent. Cela vous impressionne tout autant que cela vous déprime. Par cet exemple personnel, j'ai voulu vous montrer qu'eux aussi rencontrent souvent des échecs. Qu'ils peuvent rester longtemps dans le noir avant d'arriver à quelque chose. Dites-vous que le « grand professeur » a fait lui aussi beaucoup d'erreurs, peut-être les mêmes que vous, mais... avant vous ! Simplement, il a persisté. » Feynman. (Richard Feynman : un maître en pédagogie, écrit Hubert Reeves en sous-titre, p 121).

P 124 (aide adulte/ progrès pensée/ avancée)  : J'entrepris de trouver une explication à ce phénomène (face cachée de la lune dénuée d'impacts de météorites) en termes de déviation de ces bolides par le champ de gravité de la terre avant l'impact sur la lune. Mon explication, qui avait nécessité de longs calculs, semblait crédible. Je la présentai à Feynman. Il me montra que mon hypothèse ne pouvait être valable puisqu'elle était incompatible avec un théorème fondamental de la physique céleste formulé par Joseph Liouville en 1844. Je dus me rendre à l'évidence et oublier mon idée, qui m'avait pourtant paru lumineuse.

P 125 (Plagiat) : Quelque temps plus tard, je reçois une lettre de lui. Quelle n'est pas ma surprise lorsque je lis : « Bravo ! Vous m'avez convaincu de la valeur de ce projet. J'en ai fait un article qui paraîtra d'ici peu. Je tiens à vous remercier de votre contribution; » J'en reste muet de stupéfaction ! Résultat pour moi : ma thèse perd toute son originalité. Devant mon dépit, mon directeur de thèse m'a simplement dit : « C'est la vie, il faut s'y faire ! » Je me suis réellement senti spolié.     

P 126 : La cryptomnèsie.  (mémoire cachée). … Quelqu'un énonce devant vous une idée nouvelle. Vous l'écoutez puis vous l'oubliez. Plus tard, au cours d'un travail ou d'une réflexion, elle vous revient à l'esprit. Mais, isolée de son contexte, vous avec l'impression de l'avoir découverte et … vous la publiez sous votre nom. 

P 133 (ne pas se contenter du donné)  : Enseigner pour mieux comprendre.
 Pour préparer son cours, le professeur doit en approfondir la matière bien au-delà du niveau qu'impose le cursus universitaire, sinon, gare aux questions des étudiants ! Il m'est très vite apparu que cela permet à l'enseignant de mieux assimiler les notions qu'il doit synthétiser et globaliser, notions entre lesquelles, jusque-là, il n'avait pas forcément établi de lien. Il m'arrivait parfois de réaliser, pendant une classe, que je venais seulement de comprendre vraiment telle ou telle finesse de raisonnement.  
P 137 (culturel) : … toute la famille s'installait pour quelques mois dans l'état du New Jersey, à proximité de New York. Avec les enfants, nous avons passé de nombreuses heures au Musée d'histoire naturelle et au Jardin zoologique du Bronx...

P 138 (étudiants/ conditionnement français) : Parmi les étudiants, il y avait plusieurs français. J'ai pu me rendre compte d'une caractéristique de l'enseignement en France dont j'avais souvent entendu parler : l'accent mis sur l'abstrait plutôt que sur le concret. Sur les mathématiques plus que la physique. Plus exactement, sur les aspects théoriques de la physique plus que la visualisation, l'imagination et l'intuition. 
… Un étudiant français, après avoir correctement dérivé les équations qui décrivent la structure de l'atmosphère, obtient une hauteur totalement aberrante. Je lui dis : « Le plus étonnant, ce n'est pas que vous ayez fait une erreur de calcul, chacun peut en faire, c'est que vous n'ayez pas réalisé que votre estimation place le sommet de l'atmosphère de Mars bien au-delà de la galaxie d'Andromède ! »

P 143 (évaluation) : Mais je me heurtais partout aux mêmes arguments : « Oui, c'est un sujet très intéressant, mais l'ensemble des opérations nécessitait une bonne dizaine d'année. » Dans l'ambiance de compétition qui règne dans les milieux scientifiques, il était impensable d'attendre aussi longtemps pour obtenir les premiers résultats : « Publish or perish » (« Publiez ou périssez ») était l'impératif assigné tout groupe d'études. 

P 209 (remettre en cause les données pourtant validées/ faire place au raisonnement/ contrôle/ vigilance) : … nous avons étudié les articles qui rapportaient ces mesures. Il m'expliqua (Bernard Peters) pourquoi, à son avis d'expert, les chiffres mentionnés étaient beaucoup plus incertains que ne le prétendaient les auteurs. Des observations ultérieures confirmèrent son verdict, et les objections que j'avais soulevées ne tenaient plus.

P 220 (culture/ ontologique) : (Ceci est assez fréquent en sciences; les mêmes idées naissent à plusieurs endroits quasi simultanément. On dit alors qu'elles sont « dans l'air »!)

P 233 : Rêve d'immortalité ?

P 244 (erreur/ vérité définitive) : Une théorie n'est jamais définitive : elle se rapporte à une situation et à un moment donnés. De nouveaux résultats peuvent la remettre en cause, et elle pourrait bien rétrograder sérieusement dans l'échelle des certitudes. 
     Cette situation de précarité interdit de parler de « vérités absolues ». En même temps, elle confère à la science la souplesse qui en fait sa force et sa fiabilité. Elle stimule sa puissance d'investigation du monde réel, aux antipodes des idéologies figées. 

P 244 – 245 (sommes le fruit de notre culture) : Pourtant, comme tout un chacun, le chercheur a ses convictions et ses préjugés, qui l'amèneront à s'intéresser plus volontiers aux faits qui abondent dans son sens. Spontanément, il choisira d'aller pêcher dans les eaux où vivent les poissons qu'il préfère ! L'antidote à cette attitude et aux dangers qu'elle comporte consiste à développer vis-à-vis de soi-même quelque lucidité. « Qu'ai-je investi, affectivement, dans la vérification de l'hypothèse que je propose ? Comment vivrais-je le fait qu'elle soit démontrée fausse ? »

P 249 – 250 (Einstein)  : Pertinence et limite des convictions
     Les avantages et les limites des convictions sont bien illustrés dans le parcours scientifique d'Albert Einstein. Ce physicien est convaincu que le comportement de la matière est parfaitement déterminé en termes de causes et d'effets. Rien n'est laissé au hasard.
      Ces croyances, qu'il ne remettra jamais en question, ont sur lui un effet extrêmement dynamique. En quelque vingt années, de 1904 à 1925 environ, elles l'amènent à énoncer les théories de la relativité restreinte et générale. Deux monuments de la pensée humaine qui vont profondément modifier toute la physique contemporaine. 
        Plus tard, malheureusement, ces mêmes convictions joueront un rôle stérilisant. Il n'acceptera jamais les fondements de la physique quantique. 

P 252 (construction du savoir) : On admet généralement qu'une nouvelle connaissance ne sera convenablement mémorisée que si elle peut trouver un lieu d'accueil précis et s'intégrer ainsi dans la ramure. En d'autres termes, à celui qui n'a encore aucune donnée sur l'histoire de la Chine, la période Han qu'on lui narre tout à coup ne trouvera aucun support où se greffer. Celui qui ignore tout de la physiologie animale ne pourra incruster nulle part l'action du diphényle sur la rate. Inversement, tout document qui trouve un lieu préparé à son arrivée enrichit la culture et l'érudition de la personne. 
     L'édification de la mémoire par additions successives, dont l'ordonnancement se développe harmonieusement, est attestée par des résultats d'expériences récentes en sciences cognitives. 

P 253 : La frustration de ne pas tout comprendre est souvent compensée chez l'auditeur par la  gratification de se sentir admis dans une assemblée de haut niveau intellectuel... et par la conviction qu'on ne le prend pas pour un ignorant... 

P 262-263 (difficulté d'édition) :
     Pour réduire le coût du projet, je me résignai à une version abrégée, avec quelques photos en noir et blanc regroupées dans un cahier intérieur. Je me remis en quête d'un éditeur. Peine perdue ! Plus de trente maisons d'édition me renvoyèrent mon manuscrit avec quelques mots de pure politesse. Découragé, j'allais le ranger dans un tiroir, décidé à l'oublier, mais le sort en décida autrement.
    C'est en effet à ce moment-là que Jean-marc Lévy-Leblond, un ami physicien, me proposa d'écrire un livre pour la collection « science ouverte » qu'il dirigeait aux Éditions du Seuil. Je lui ai immédiatement envoyé mon ouvrage. Sa réaction fut très positive. 

Pp 286 – 287 : La curiosité. La créativité.
La créativité est à la source d'un des plus beaux fleurons de l'évolution de la vie sur la terre : l'art, dans toutes ses expressions. On lui doit Mozart, Van Gogh, Baudelaire et tous les artistes qui embellissent notre vie et enrichissent notre monde. 

P 298 :      … je cherchais à me rassurer. La science me paraissait être d'un précieux secours contre l'angoisse et les menaces de l'existence. En fait, elle a joué ce rôle à maintes reprises. 

P 329 (visions, lectures différentes/ différenciations de perceptions: enrichissement du savoir)  
    Pour Pascal (« Le silence éternel de ces espaces infinis m 'effraie ») pour loger les galaxies, les étoiles et les systèmes planétaires essentiels à l'apparition de la vie et de la conscience, il faut des dimensions gigantesques.
     Pour Galilée et Newton : il n'y a pas d'espace et de temps absolus. Les deux entités sont inextricablement reliées, formant un ensemble qui peut même être courbe.
      Pour Wolfgang Pauli, inventeur du neutrino : la masse de tous les neutrinos dans l'Univers est comparable à celle de toutes les étoiles. 
      Pour Albert Einstein, qui doutait de l'existence réelle des trous noirs, issus de sa théorie de la relativité : ces astres existent par milliards et jouent un rôle fondamental dans la formation des galaxies.
   Pour Alfred Wegener, ridiculisé parce qu'il défendait l'idée de la dérive des continents : cette notion est maintenant un élément fondamental de la géologie. 

 

Editions du seuil - Je n'aurai pas le temps.

L'aventure de la raison.

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Published by Le chêne parlant - dans Voyages philosophie
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commentaires

k.role 23/12/2013 14:20

Chère Virginie,
C'est souvent dans le regard des autres, que les rôles sont distribués une bonne foi pour toute, et aussi parce que dans la société, les places sont bien gardées. ... Cette métaphore de la vie comme théâtre est-elle libératrice ? Je veux dire, si le garçon de café découvre qu'il joue un rôle, pourrait-il alors commencer à en jouer d'autres ? ...


Lorsque je suis à la caisse au cinéma : je suis caissière dans l'esprit des personnes qui viennent acheté un billet. Ils n'ont pas le temps de s’intéresser à moi, ni d'imaginer quoi que ce soit d'autre à mon sujet. mais lorsque cinq minutes plus tard, je me retrouve dans la salle en train de présenter le film de Godard, je sens bien que cela les perturbe. - et cela me réjouit. Les rôles (ou plutôt les emplois) permettent aux communs des mortels de se repérer sans trop réfléchir. Comment ne pas se laisser enfermer dans le stéréotype ?

en fait, je ne sais pas si la vie est un jeu, mais je crois que dans la vie, il y a du jeu (un espace qui permet le mouvement)...

Hamlet : "Il y a plus de choses sur terre et dans le ciel, Horatio, que n'en peut rêver votre philosophie".

le chêne parlant 23/12/2013 18:13

Chère K.rôle,

Nous sommes, je crois, sur la même longueur d’ombre.

Sinon, connaissez-vous le « Faussoyeur »
Derrière l’humour, le propos, me semble pertinent, qu’en pensez-vous ?
La peur :
http://www.youtube.com/watch?v=powYgvDAi5c
Les clichés :
http://www.youtube.com/watch?v=2V7V5E0jlYM


Bien à vous,
Virginie

k.role 15/12/2013 17:46

Vous me lancer des pistes .. Je n'ai pas toutes les clefs, hélas.
Il me semble que le garçon de café, n'a pas beaucoup le choix, il ne joue pas, il est aliéné par sa fonction sociale. Est-ce que cela veut dire qu'il pourrait s'en libérer ? devenir "autre" ou plutôt, devenir lui-même (puisque aliéné vient du latin alienus, qui signifie « autre », « étranger ») ce masque de garçon de café serait un corps étranger ? peut-il y avoir quelque chose derrière ce masque, ou bien toute l'identité de la personne se résume à ce jeu, cette fonction ? ... (vertige abyssale des questions sans réponse)

Le chêne parlant 17/12/2013 05:30

Chère K.role,

Avant d’être conseillère pédagogique, je fus maîtresse d’école, avant cela, responsable de magasin, adjointe et encore précédemment vendeuse.
Métier difficile que la vente où l’on doit trouver la cadence : mise en rayon rapide de la marchandise, encaissements, lessivage, piétinement du parquet, et ce à minima deux fois quatre heures d’affilée.
Ce ne fut pas déplaisant néanmoins : mon caractère s’entend assez bien avec la diversité des expériences, j’aime à longer la nature humaine. Etudier.

Fréquemment, des clientes laissaient un tas de chiffons au fond des cabines.
Parfois, elles balançaient les vêtements sur les portants. Un jour, l’une d’entres elles rata ma figure de peu. J’aimais à discuter avec ces femmes hautaines, toujours surprises ô combien, qu’une simple travailleuse manuelle puisse être bardée de diplômes.

J'examine l'écran myope des lunettes de Sartre.
Le philosophe couche sa plume acide sur le papier ; dissout d’un trait le malheureux serveur.
Le garçon est certes vif, bruyant, précis, rapide, mais ne joue pas. Il ne s’amuse pas, il gagne sa vie. Ne triche pas, mais remplit son contrat. Chacun de ses mouvements empressés sont des victoires. Chaque foulée experte, une lutte. Il garde les yeux ouverts, bien ouverts pour répondre aux besoins du client. Courbé sur un café, il attend – au garde à vous – les directives du patron. Stoïque, il compte les semaines qui le séparent du jour de paye.

Jean-Paul Sartre, pendant ce temps, fait le malin, serre la pointe bille de son stylo sur la feuille. Pris d’exaltation, l’« intellectuel » griffe l’épais carnet de ses balles mortelles. Il exulte, décharge toute sa supérieure logique sur la poitrine du médiocre professionnel : pas de quartier, fonction Full auto.

http://www.philomag.com/les-idees/exemples/jean-paul-sartre-et-le-garcon-de-cafe-5708

k.role 14/12/2013 15:16

Chère Virginie,
Une écriture qui n'est pas "parole" est lettre morte. Ici, je sens votre souffle brulant qui réchauffe les glaces polaires.
- Vous me rappelez LA rencontre de ma vie : cette professeur de théâtre qui nous a fait don de son enseignement vivant, chaleureux, poétique, son amour du théâtre et de la vie. Sa soif d'absolu élargissait pour moi le monde et ses possibles. Vos mots me touchent car ils la ressuscitent (elle est morte en 2011 d'un cancer du poumon, cette année-là, nous avions commencé avec elle un travail sur Shakespeare. Depuis, je suis hantée, obsédée - le théâtre est la vie, le théâtre et la mort....
15 : 15 ... merci Virginie

le chêne 15/12/2013 10:27

Ah, le théâtre du monde, le ‘theatrum mundi » du 16ème siècle.

Lorsque Sartre évoque la figure du « Garçon de café », pourquoi personne ne mentionne cette filiation directe avec la métaphore baroque ?

Deux hypothèses peuvent expliquer ce regrettable oubli :

1) Un ‘génie’ ne serait en dialogue qu’avec soi-même ; en tête à tête avec ses réflexions.
2) Les journalistes sont experts en inculture.

A propos de Sartre, Orwell fit une confidence très drôle. De mémoire ça donne à peu près ceci : « Je vais lui régler son compte à cette vielle baudruche. »


Bon week-end à vous, sous les auspices de Shakespeare, chère K.role.

http://www.hilairedechardonnet.fr/IMG/pdf/theatrum_mundi_1_.pdf

Axel 13/12/2013 11:55

En souvenir de Vigur, îles aux oiseaux...
Avec le Chêne parlant

http://aevigiran.over-blog.com/article-trois-philosophes-a-vigur-99176199.html

Le chêne de l’hyper-lenteur. 14/12/2013 09:07

Cher Axel,

Combien de week-end n’ai-je passés – adolescente – à lire, que dis-je, dévorer les « Sciences et vie » de mon père.

Le portrait d’Hubert Reeves rédigé dans votre article - ici reproduit - est tant poétique que parlant :

« Le premier d’entre eux est un astrophysicien bien connu d’un large public. Poète dans l’âme, ses beaux livres nous content l’histoire de l’univers avec la profondeur de vue de celui qui se refuse à tout dogmatisme ; avec l’acuité, la légèreté encore de ceux qui se méfient « de la cohérence des pensées globalisantes et la logique des ‘systèmes du monde’ ». Dans ses livres, ce sage qui s’en défend n’hésite pas à mêler aux discours de l’homme de science, les considérations du promeneur amoureux de la nature, celui déambulant sous « un grand ciel bleu vif (qui) met en relief les pastels et les fauves du feuillage d’automne ». A ces pérégrinations à travers le temps et l’espace, répondent les propos des philosophes, ceux des poètes et des littérateurs, et je serai incomplet si je faisais l’impasse sur la musique, si chère à son cœur, mélodie s’écoulant de ses pages tel le souffle au travers les grands séquoias plantés de ses mains. Sa manière de dévoiler les mystères de l’univers sont celles d’un espiègle lutin. Ses métaphores limpides sont un régal aussi bien au profane qu’au docte. Si je l’osais, je dirai qu’il y a sans conteste du Démocrite chez cet homme ; mais un Démocrite qui aurait croisé le vol inquiet d’une libellule héraclitéenne. Enfin, je tenais à rappeler d’un mot son engagement à la défense de la biodiversité. »
Vous ajoutez :
« Quant au dernier de nos philosophes, équipé fort à propos d’une solide protection vissée sur le crâne, s’il n’eut pas à souffrir de l’agressivité des sternes, l’anecdote qui le concerne et dont je veux me faire l’écho s’est déroulée lors du chemin de retour en bateau. La fin d’après-midi survenue, le temps s’était rafraîchi. Il n’y avait, aux côtés du pilote, que quelques places en cabine. Presque tous étions donc placés à l’extérieur, sous le vent et dans les embruns, avec juste une couverture pour se protéger les jambes. Chacun s’étant embarqué au fur et à mesure des retours, les derniers arrivés étaient forcément les plus mal logés, tout à l’arrière de la vedette, en plein dans les remous et les projections d’eaux (la mer était au alentours de 10 degrés). Parmi ces deux ou trois malchanceux se trouvait notre troisième philosophe. Il lui fut évidemment proposé une place au chaud, mais il la refusa. Cependant, une fois la vedette lancée à pleine allure dans le fjord, il fut manifeste que son âge l’exposait à souffrir, plus que d’autres, à l’inconfort de sa place (en outre, une fois revenu de cette ballade, il devait donner une conférence – à laquelle d’ailleurs nous arrivâmes tous en retard). Croyez-moi si vous le voulez, mais il fallut un bon quart d’heure et l’esprit de persuasion de plusieurs passagers pour que ce grand homme, ne voulant bénéficier d’aucune sorte de privilège, accepte enfin d’aller se placer à l’abri des intempéries. »

Inutile, donc, d’en dire davantage.

Nuageneuf 13/12/2013 08:56

Quelle densité. Quelle mystérieuse légèreté. Quelle limpide abstraction pour le lecteur que je suis. Que votre glace réchauffe, chère Virginie. Mille mercis. Cordiaux.

Si Bachelard est l’homme du tardif, voici le chêne de l’hyper-lenteur. 14/12/2013 08:45

Cher Nuage,

Ce billet est une remerciement à tous ceux qui nous ont faits et tirés au plus loin de nous-mêmes.
Une rencontre peut vous changer la vie.
Mon enseignante de CM1 avait tout compris. Pédagogue hors pair, cette dernière nous permettait de lire après avoir fini notre travail. Ce fut, sans conteste, le plus belle année de ma vie scolaire.
Elle mourut quelques années plus tard d’un mélanome non détecté.
Validant, s’il en était besoin, combien la droiture et les qualités humaines sont sans victoires.

Merci, cher Nuage de vos aériens passages .

Axel 13/12/2013 08:00

« Je vois la plupart des esprits de mon temps faire les ingénieux à obscurcir la gloire des belles et généreuses actions anciennes, leur donnant quelque interprétation vile, et leur controuvant des occasions et des causes vaines : Grande subtilité : Qu’on me donne l’action la plus excellente et pure, je m’en vais y fournir vraisemblablement cinquante vicieuses intentions. (…) Ils ne font pas tant malicieusement, que lourdement et grossièrement, les ingénieux, à tout leur médisance ».

MONTAIGNE
(Essais, Livre I, XXXVI – Du jeune Caton)

Alfonso 13/12/2013 07:09

Il ne fait pas encore jour: je lis votre texte. Les enfants dorment. J'ai encore lu Hamlet. Je veux lire la traduction du sonnet des Voyelles par David Ducoffre dans un livre papier qui n'existe pas encore. Pareil pour Opuscule Navrant du marquis impensable de l'orée. Pareil pour Hugo de l'Estagnas et ses quatrains impensables de l'esseulé. Pareil pour le chêne impensable et son double; fût-il en glace.
07:07... merci Virginie et un signe à Axel.

Si Bachelard est l’homme du tardif, voici le chêne de l’hyper-lenteur. 14/12/2013 08:11

Cher Alfonso,

Contrairement à une idée reçue, notre avenir dépend moins de nous que des autres.
Lorsqu’on vous donne un travail à faire, vous le faites le mieux possible, vous vous y investissez entièrement, non par aveuglement ou servilité mais en raison de la parole donnée, du sens que vous attribuez au mot : engagement.
Pour aller plus loin, il vous faut du temps, rencontrer des chercheurs, confronter vos hypothèses, vous engager dans un doctorat… Réaliser – enfin – ce pourquoi vous êtes fait.
Mais encore une fois, il s’agit de sortir d’une vision romantique, cela ne dépend pas de vous.
En attendant, j’étudie dans mes interstices d’otium. Je récupère mes milliers de cogitations déjà rédigées sur numérique binaire. Je reprends mes textes ou poursuis ce qui est engagé depuis trente-huit ans. Je fais au mieux de mon environnement, je creuse dans ma glaise à la vitesse du ver de terre.
A l’aube de mes 45 bougies, chaque année d’étude en moins est un pan de vie qui s’effondre.


Merci, cher Alfonso, vos paroles réchauffent mon âme fibreuse.

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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