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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 08:59
« l’âme et la science, tout ensemble. » Hercule Salvinien Cyrano de Bergerac - photographer : Maleonn MA.

« l’âme et la science, tout ensemble. » Hercule Salvinien Cyrano de Bergerac - photographer : Maleonn MA.

Photo :  Maleonn Ma

 

Savinien Cyrano de Bergerac est une sonnerie de téléphone portable sortie du néant. 


Secoué vivement de votre conférence ennuyeuse, votre doigt bondit à la recherche de l’icône tactile. Impossible de décrocher – écran verrouillé – vous déboulez alors vers la sortie « Rob zombie : Foxy foxy. » tonitruant en main.

La force du métal ajouté aux riffs tapageurs offrent un contraste saisissant au ton lénifiant, cotonneux du conférencier - Hégélien de surcroît.  Imaginez les déplaisirs que ça cause.
Les auditeurs endormis - les somnolents convaincus à peine une seconde en arrière de finir leur nuit sereinement - sursautent. Une telle activité au milieu de la soufflerie ronronnante, un tel remue méninge au centre des écoutes flottantes nimbées de pensées de basse intensités, égales, ce n’est point une tentative d’assassinat, diantre, non, c’est un crime ! 
Des auditeurs ronchonnent, maugréent, montrent les gencives.
Dans ces conditions, votre accélération motrice est de mise. Votre discrétion impossible.
Votre pied bute contre une chaise.
 

Maleonn  Ma - Bruits

Maleonn Ma - Bruits

Vous avez beau bondir, charger, foncer, la sortie semble s’éloigner à mesure des mètres parcourus. La chose n’est pas impossible. Zénon d’Elée avait narré ce paradoxe. Achille, sûr de sa victoire, accorda à une tortue 100 longueurs de bonus. Or, tandis que ce dernier s’élançait, plein d’énergie vers cette dernière, la bestiole reptilienne, de même, progressait à menus pas. Aussi, en vertu de la « théorie de la rugosité » développée par Mandelbrot, propriété hologigogne de la géométrie fractale, Achille ne parviendra jamais à rejoindre cette satanée nature récursive. 


La distance, donc, séparant un coureur de la porte se peut donc agrandir au carré de la conscience développée par cet individu de la mesure qu’il lui reste à parcourir.
En gros, pour faire simple, apprenez ce théorème par cœur :

 

La lucidité accroît les distances séparant tout individu du réel au cube des avancées de sa conscience.  
 

Maleonn Ma - Voyage vers la lune.

Maleonn Ma - Voyage vers la lune.

La salle devant cette femme du XXIème siècle ne sachant point se servir d’un portable est médusée !  Une folle autant dire, qui avait l’air bien, adepte de l’acier symphonique pourtant, déboulant dans cette belle ordonnance, courant, fanfare métallique en main. 


Dans quel monde vit-on ?
 
Enfin, votre main se pose sur le battant. Arrivée – essoufflée, visage rougi à la sortie. 
L’appel se coupe.
Une main compatissante se pose sur votre épaule : 
- Ça va ? Pas trop grave... 
Vous regardez le portable à nouveau sans prononcer un mot. 


Dans la salle : 300 paires d’yeux sont tournées vers vous.
 

Maleonn Ma - Nuage

Maleonn Ma - Nuage

Vous l’aurez compris, Hercule Savinien est un mousquetaire Scotch-Brite : il astique les surfaces et récure en même temps.


Côté rêche, poil à gratter, il s’attaque aux résidus, pourfend les infirmes du savoir, prend en embuscade les poltrons, les serviteurs à la paillasse, montre les dents, combat les marionnettes incarnées, pousse à l’égout les jaseurs et frétilleurs, les adorateurs de la bêtise et autres trompeurs aux pensées convenues, du côté lisse, il balaye les croyances paralytiques, les idées reçues, les pseudo-sciences et moult avocats de l’ignorance. 


Ca donne côté rosse : 


« Messire Jean,
Je m’étonne fort que sur la chaire de vérité vous dressiez un Théâtre de Charlatan… » p 148
« Monsieur, … j’ai presque été forcé de vous écrire avec mon épée, tant il est glorieux d’écrire mal parmi des personnes dont les plumes ne se taillent point. » p 164
 

Maleonn Ma - Man posing with a large.

Maleonn Ma - Man posing with a large.

Côté essuie tout, la première lame soulève les opinions toutes faites, la seconde fauche le ridicule avant qu’il ne retombe.
Les tournures sont réjouissantes, jubilatoires.
Les figures de style pleuvent. Le voyage atmosphérique commence. 
La lumière crue dégringole et renverse tout droit les lieux communs, foudroie les usages nuisibles,  le dépotoir . Éclaboussure allongeant chaque corps d’une longue flaque de clarté. 


Science et beau langage font force et rage de penser.


Jugez plutôt :
Cyrano s’élève vers la lune à l’aide de « fusées, qu'on avait disposées six à six », des fioles de rosée, de chariots de fer portés par un aimant, de vols d’oiseaux. 
Il imagine les baladeurs :
« Lorsque j'ai depuis réfléchi sur cette miraculeuse invention de faire des livres, je ne m'étonne plus de voir que les jeunes hommes de ce pays-là possédaient plus de connaissance, à seize et dix-huit ans, que les barbes grises du nôtre; car, sachant lire aussitôt que parler, ils ne sont jamais sans lecture; à la chambre, à la promenade, en ville, en voyage, ils peuvent avoir dans la poche, ou pendus à la ceinture, une trentaine de ces livres dont ils n'ont qu'à bander un ressort pour en ouïr un chapitre seulement, ou bien plusieurs, s'ils sont en humeur d'écouter tout un livre: ainsi vous avez éternellement autour de vous tous les grands hommes, et morts et vivants, qui vous entretiennent de vive voix. Ce présent m'occupe plus d'une heure; enfin, me les étant attachés en forme de pendants d'oreilles, je sortis pour me promener …. » 1* p 105.
Il déclare l’unité de la matière, composée d’atomes ayant la même origine et de vide. 
Inverse les genres : les hommes marchant à 4 pieds marquant l’évolution * 1.


Hercule Savinien Cyrano de Bergerac donc, est un personnage haut en valeurs. 


Lequel inspira la pièce éponyme d'Edmond Rostand. 

Maleonn Ma -

Maleonn Ma -

Il mourra la pointe lumineuse à la main le crâne défoncé d’une poutre cadeau de ses ennemis offerte du haut d’un échafaudage. 

 

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Les Machines de Savinien :

 

L’excellent site consacré à Savinien Cyrano de Bergerac

 

fait état des empires scientifiques du poètes :

 

Cette boîte était trouée par en bas ; et par-dessus la voûte qui l'était aussi, je posai un vaisseau de cristal troué de même, fait en globe mais fort ample, dont le goulot aboutissait justement, en s'enchâssait dans le pertuis que j'avais pratiqué au chapiteau. 

Le vase était construit exprès à plusieurs angles, et en forme d'icosaèdre, afin que chaque facette étant convexe et concave, ma boule produisit l'effet d'un miroir ardent. 

 

 
 

Machine volante - première variante -   © Carelman - Galerie du Dragon - 1965

"Le vase était construit exprès à plusieurs angles, et en forme d'icosaèdre, 
afin que chaque facette étant convexe et concave, ma boule produisit l'effet d'un miroir ardent."       

 

Machine volante (deuxième version) 


"... j'avais disposé autour de ma boîte une petite voile facile à contourner, avec une ficelle dont je tenais le bout, qui passait par le bocal du vase... "


Machine volante - deuxième variante -  © Carelman - Galerie du Dragon - 1965

 

Machine volante (troisième variante) 


... le soleil qui battait vigoureusement sur mes miroirs concaves, unissant les rais dans le milieu du vase, chassait avec son ardeur par le tuyau d'en haut l'air dont il était plein... 




Maison mobile 



L'architecte construisit chaque palais, ainsi que vous voyez, d'un bois fort léger, y pratique dessous quatre roues ; dans l'épaisseur de l'un des murs, il place dix gros soufflets dont les tuyaux passent d'une ligne horizontale à travers le dernier étage de l'un à l'autre pignon, en sorte que quand on, veut traîner les villes autre part, car on les change d'air à toutes les saisons, chacun déplie sur l'un des côtés de son logis quantité de larges voiles au-devant des soufflets ; puis ayant bandé un ressort pour les faire jouer, leurs maisons en moins de huit jours, avec les bouffées continuelles que vomissent ces monstres, sont emportées si on veut à plus de cent lieues. 


Maison sédentaire 

Quand à celles que nous appelons sédentaires, les logis en sont presque semblables à vos tours, hormis qu'ils sont de bois, et qu'ils sont percés au centre d'une grosse et forte vis, qui règne de la cave jusqu'au toit, pour les pouvoirs hausser et baisser à discrétion. Or, la terre est creusée aussi profond que l'édifice est élevé, et le tout est construit de cette sorte, afin qu'aussitôt que les gelées commencent à morfondre le ciel, ils puissent descendre leurs maisons en terre, où ils se tiennent à l'abri des intempéries de l'air. Mais sitôt que les douces haleines du printemps viennent à le radoucir, ils remontent au jour de leur grosse vis dont j'ai parlé. 


Horloge à vent 




Robert Parkeharrison - Breathing machine 1


Le geôlier, ni ses guichetiers, ne montaient jamais à ma chambre, qu'ils ne me rencontrassent occupé à ce travail ; mais ils ne s'en étonnaient point, à cause de toutes ces gentillesses de mécanique qu'ils voyaient dans ma chambre, dont je me disais l'inventeur. 



Il y avait entre autres une horloge à vent... 



Maquette du Britisch Museum.

La machine ci-contre fut construite par Su-song en 1092 - ENS Lyon


Oeil artificiel 


... un oeil artificiel avec lequel on voit la nuit... 



Dragon de feu (première variante) 

 


 

Robert and Shana ParkeHarrisson

 

... quelques-uns dirent qu'il fallait attacher quantité de fusées volantes, pour ce que, leur rapidité les ayant enlevées bien haut, et le ressort agitant ses grandes ailes, il n'y aurait personne qui ne prît cette machine pour dragon de feu... car dès que la flamme eut dévoré un rang de fusées, qu'on avait disposées six par six, par le moyen d'une amorce qui bordait chaque demi-douzaine, un autre étage s'embrasait, puis un autre en sorte que le salpêtre prenant feu, éloignait le péril en le croissant. 


Chariot de fer 

... je pris de l'aimant... et le réduisis à la grosseur d'environ une balle médiocre... je fis construire un chariot de fer fort léger... j'entrais dans mon industrieuse charrette... et lorsque je fus bien ferme et bien appuyé sur le siège, je ruais fort haut en l'air cette boule d'aimant. Or la machine de fer que j'avais forgée tout exprès plus massive au milieu qu'aux extrémités, fut enlevée aussitôt, et dans un parfait équilibre, à cause qu'elle se poussait toujours plus vite par cet endroit. Ainsi donc à mesure que j'arrivais où l'aimant m'avait attiré, je rejetais ma boule en l'air au-dessus de moi. 


Livre parlant 


A l'ouverture de la boîte, je trouvais dedans un je ne sais quoi de métal presque semblable à nos horloges, plein de je ne sais quels petits ressorts et de machines imperceptibles. C'est un livre à la vérité, mais un livre miraculeux qui n'a ni feuillet ni caractères ; enfin c'est un livre où, pour apprendre, les yeux sont inutiles ; on n'a besoin que des oreilles. Quand quelqu'un donc souhaite lire, il bande, avec grande quantités de toutes sortes de petits nerfs, cette machine, puis il tourne l'aiguille sur le chapitre qu'il désire écouter, et en même temps il en sort comme de la bouche d'un homme, ou d'un instrument de musique, tous les sons distincts et différents qui servent, entre les grands lunaires, à l'expression du langage. 


Savinien de Cyrano de Bergerac, Etats et empires du Soleil et de la Lune.

 

 

 

Encore et toujours notre conférie poétique en tête !

 

Les nouveaux chemins de la connaissance.

 

Par Raphaël ENTHOVEN, avec Jean-Charles DARMON  - La Lune 4/5: dans Cyrano de Bergerac. 

 

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L'Autre Monde ou Les États et Empires de la Lune –

Hercule Savinien Cyrano de Bergerac - GF Flammarion.

1* « Quand ce peuple me vit passer, me voyant si petit (car la plupart d'entre eux ont douze coudées de longueur), et mon corps soutenu sur deux pieds seulement, ils ne purent croire que je fusse un homme, car ils tenaient, eux autres, que, la nature ayant donné aux hommes comme aux bêtes deux jambes et deux bras, ils s'en devaient servir comme eux. Et en effet, rêvant depuis sur ce sujet, j'ai songé que celle situation de corps n'était point trop extravagante, quand je ne suis souvenu que nos enfants, lorsqu'ils ne sont encore instruits que de nature, marchent à quatre pieds, et ne s'élèvent sur deux que par le soin de leurs nourrices qui les dressent dans de petits chariots, et leur attachent des lanières pour les empêcher de tomber sur les quatre, comme la seule assiette ou la figure de notre masse incline de se reposer. » p 54 - 55.

Hercule Savinien Cyrano de Bergerac : La machine philososcience. Les nouveaux chemins de la connaissance de Raphaël Enthoven avec Jean-Charles Darmon. La Lune 4/5: dans Cyrano de Bergerac. Montage vidéo : Le chêne parlant.

Rob Zombie - Foxy, Foxy

Hercule Savinien Cyrano de Bergerac, la machine philososcience.

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Published by Le chêne parlant - dans Littérature philosophie
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commentaires

le chêne parlant 14/05/2014 14:39

Chère Christine,

Le travail de MALEONN et de Ma LIANG est d’une indécidable richesse.

http://www.maleonn.com/works/586.html

Merci de vos visites.

Christine 13/05/2014 06:48

Je ne me lasse pas de contempler les mises en scène de Maleonn Ma, fabuleuses, oniriques, fantaisistes... Très belle découverte ! Et puis, l'horloge à vent... Vraiment inoubliable !

le chêne parlant 05/05/2014 07:19

Ah, chère Carole,

Votre balade en clarté bleuie est un délice. Il y a bien de ces pénombres brillantes et subtiles en Cyrano, je crois.

Bonne journée à vous, très amicalement.

Virginie

Carole 03/05/2014 16:18

Le livre parlant ? voici une invention que je ne renierai pas !
Un petit voyage dans la lune par la voie des ondes chère Virginie ? c'est par ici : https://www.youtube.com/watch?v=uoPTh_q7GYs
Très bon week end à vous
Carole

le chêne et la petite partie de son cerveau 28/04/2014 12:46

Cher Zombie,


Je me rappelle de cette conversation entre Adèle – qu’il m’arrive d’écouter à 3h00 du matin - ou de la nuit selon - et François Noudelmann.

A propos de la petite philosophie du Zombie.

François Noudelmann : « Bonjour Adèle, est-ce que vous avez déjà rencontré des Zombies ? »
Adèle Van Reeth : « Oui, j’en rencontre tous les matins en venant au bureau. »

http://www.franceculture.fr/emission-le-journal-de-la-philosophie-petite-philosophie-du-zombie-2012-09-24

Est-ce que le chêne en fait... Too much ?

https://www.youtube.com/watch?v=DNXAb8KeiiE

le chêne Cyranéen 28/04/2014 12:24

Que voulez-vous, cher Médium,

Le chêne a la fibre Cyranéenne à portée de cœur. Ce dernier affûte parfois sa hache, fait « bon usage de sa liberté » - au risque suicidaire de s’abattre lui-même. Il voudrait sauver la faune entière que ça ne m’étonnerait guère.

Ainsi, passant dans ces herbes folles aux tiges roussies, le chêne aperçut-il au loin - gisant sur le sol crépitant de soleil - cette souche levant des bras enragés vers la lumière. Ni une ni deux, le chêne ne pouvant se résoudre à le laisser brûler en de multiples fragments, se laisse gagner par la douceur du vent... Vole vers cet héritage - lourd à porter soit dit en passant - un pair - que dis-je un maître inestimable et le sauve, le transporte vers une humble retraite.


http://fotoforum.fr/photos/2014/04/28.60.jpg

Le chêne et le moineau…
http://lecheneparlant.over-blog.com/article-un-moineau-a-l-ecole-des-hommes-104260307.html

Une bien belle histoire en Somme.

le chêne quantique 24/04/2014 16:12

Cher Rob Zombie 59,

Cyrano est une corde vibrant dans l’espace-temps de la science.

Le poète est enclin à prévoir la masse anarchique des vibrations humaines. Cacophonies fondamentales à la naissance de la dysharmonie ordinaire.

« ma main tomba sur la pomme que j'avais cueillie à l'arbre de science et dont par malheur je n'avais pas dépouillé l'écorce. »

Savinien Cyrano de Bergerac décrit fort intelligemment la composition de la matière.

« Il faut, me répondit-il, pour en venir à bout, supposer qu'il n'y a qu'un élément ; car, encore que nous voyions de l'eau, de l'air et du feu séparés, on ne les trouve jamais pourtant si parfaitement purs qu'ils ne soient encore engagés les uns avec les autres. Quand, par exemple, vous regardez du feu, ce n'est pas du feu, ce n'est rien que de l'air beaucoup étendu, l'air n'est que de l'eau fort dilatée, l'eau n'est que de la terre qui se fond, et la Terre elle-même n'est autre chose que de l'eau beaucoup resserrée ; et ainsi à pénétrer sérieusement la matière, vous trouverez qu'elle n'est qu'une, qui, comme une excellente comédienne, joue ici-bas toutes sortes de personnages, sous toutes sortes d'habits. Autrement il faudrait admettre autant d'éléments qu'il y a de sortes de corps, et si vous me demandez pourquoi donc le feu brûle et l'eau refroidit, vu que ce n'est qu'une même matière, je vous réponds que cette matière agit par sympathie, selon la disposition où elle se trouve dans le temps qu'elle agit. Le feu, qui n'est rien que de la terre encore plus répandue qu'elle ne l'est pour constituer l'air, tâche à changer en elle par sympathie ce qu'elle rencontre. Ainsi la chaleur du charbon, étant le feu le plus subtil et le plus propre à pénétrer un corps, se glisse entre les pores de notre masse, nous fait dilater au commencement, parce que c'est une nouvelle matière qui nous remplit, nous fait exhaler en sueur ; cette sueur étendue par le feu se convertit en fumée et devient air ; cet air encore davantage fondu par la chaleur de l'antipéristase, ou des astres qui l'avoisinent, s'appelle feu, et la Terre abandonnée par le froid et par l'humide qui liaient toutes nos parties tombe en terre. L'eau d'autre part, quoiqu'elle ne diffère de la matière du feu qu'en ce qu'elle est plus serrée, ne nous brûle pas, à cause qu'étant serrée elle demande par sympathie à resserrer les corps qu'elle rencontre, et le froid que nous sentons n'est autre chose que l'effet de notre chair qui se replie sur elle-même par le voisinage de la terre ou de l'eau qui la contraint de lui ressembler. De là vient que les hydropiques remplis d'eau changent en eau toute la nourriture qu'ils prennent ; de là vient que les bilieux changent en bile tout le sang que forme leur foie. Supposé donc qu'il n'y ait qu'un seul élément, il est certissime que tous les corps, chacun selon sa quantité, inclinent également au centre de la Terre.
Mais vous me demanderez pourquoi donc l'or, le fer, les métaux, la terre, le bois, descendent plus vite à ce centre qu'une éponge, si ce n'est à cause qu'elle est pleine d'air qui tend naturellement en haut ? Ce n'est point du tout la raison, et voici comment je vous réponds : Quoiqu'une roche tombe avec plus de rapidité qu'une plume, l'une et l'autre ont même inclination pour ce voyage ; mais un boulet de canon, par exemple, s'il trouvait la Terre percée à jour se précipiterait plus vite à son coeur qu'une vessie grosse de vent ; et la raison est que cette masse de métal est beaucoup de terre recognée en un petit canton, et que ce vent est fort peu de terre étendue en beaucoup d'espace ; car toutes les parties de la matière qui loge dans ce fer, embrassées qu'elles sont les unes aux autres, augmentent leur force par l'union, à cause que, s'étant resserrées, elles se trouvent à la fin beaucoup à combattre contre peu, vu qu'une parcelle d'air, égale en grosseur au boulet, n'est pas égale en quantité, et qu'ainsi, pliant. sous le faix de gens plus nombreux qu'elle et aussi hâtés, elle se laisse enfoncer pour leur laisser le chemin libre.
Sans prouver ceci par une enfilure de raisons, comment, par votre foi, une pique, titre épée, un poignard, nous blessent-ils si ce n'est à cause que l'acier étant une mâture où les parties sont plus proches et plus enfoncées les unes dans les autres que non pas votre chair, dont les pores et la mollesse montrent qu'elle contient fort peu de terre répandue en un grand lieu, et que la pointe de fer qui nous pique étant une quantité presque innombrable de matière contre fort peu de chair, il la contraint de céder au plus fort, de même qu'un escadron bien pressé pénètre une face entière de bataille qui est de beaucoup d'étendue, car pourquoi une loupe d'acier embrasée est-elle plus chaude qu'un tronçon de bois allumé ? si ce n'est qu'il y a plus de feu dans la loupe en peu d'espace, y en ayant d'attaché à toutes les parties du morceau de métal que dans le bâton qui, pour être fort spongieux, enferme par conséquent beaucoup de vide, et que le vide, n'étant qu'une privation de l'être, ne petit pas être susceptible de la forme du feu. Mais, m'objecterez-vous, vous supposez du vide comme si vous l'aviez prouvé, et c'est cela dont nous sommes en dispute ! »

Eh bien, je vais donc vous le prouver, et quoique cette difficulté soit la soeur du noeud gordien, j'ai les bras assez bons pour en devenir l'Alexandre.
Qu'il me réponde donc, je l'en supplie, cet hébété vulgaire qui ne croit être homme que parce qu'un docteur lui a dit. Supposé qu'il n'y ait qu'une matière, comme je pense l'avoir assez prouvé, d'où vient qu'elle se relâche et se restreint selon son appétit ? D'où vient qu'un morceau de Terre, à force de se condenser, s'est fait caillou ? Est-ce que les parties de ce caillou se sont placées les unes dans les autres en telle sorte que, là où s'est fiché ce grain de sablon, là même et dans le même point loge un autre grain de sablon ? Non, cela ne se peut, et selon leur principe même puisque les corps ne se pénètrent point ; mais il faut que cette matière se soit rapprochée, et, si vous le voulez, raccourcie en remplissant le vide de sa maison.
De dire que cela n'est pas compréhensible qu'il y eût du rien dans le monde, que nous fussions en partie composés de rien : hé ! pourquoi non ? Le monde entier n'est-il pas enveloppé de rien ?
Puisque vous m'avouez cet article, confessez donc qu'il est aussi aisé que le monde ait du rien dedans soi qu'autour de soi.
Je vois fort bien que vous me demandez pourquoi donc l'eau restreinte par la gelée dans un vase le fait crever, si ce n'est pour empêcher qu'il se fasse du vide ? Mais je réponds que cela n'arrive qu'à cause que l'air de dessus qui tend aussi bien que la terre et l'eau au centre, rencontrant sur le droit chemin de ce pays une hôtellerie vacante, y va loger ; s'il trouve les pores de ce vaisseau, c'est-à-dire les chemins qui conduisent à cette chambre de vide trop étroits, trop longs et trop tordus, il satisfait en le brisant à son impatience pour arriver plus tôt au gîte.
Mais, sans m'anniser à répondre à toutes leurs objections, j'ose bien dire que s'il n'y avait point de vide il n'y aurait point de mouvement, ou il faut admettre la pénétration des corps, car il serait trop ridicule de croire que, quand une mouche pousse de l'aile une parcelle d'air, cette parcelle en fait reculer devant elle une autre, cette autre encore une autre, et qu'ainsi l'agitation du petit orteil d'une puce allât faire une bosse dernière le monde. Quand ils n'en peuvent plus, ils ont recours à la raréfaction ; mais, par leur foi, comme se peut-il faire quand un corps se raréfie, qu'une particule de la masse s'éloigne d'une autre particule, sans laisser ce milieu vide ? N'aurait-il pas fallu que ces deux corps qui se viennent de séparer eussent été en même temps au même lieu où était celui-ci, et que de la sorte ils se fussent pénétrés tous trois ? Je m'attends bien que vous me demanderez pourquoi donc par un chalumeau, une seringue ou une pompe, on fait monter l'eau contre son inclination :
mais je vous répondrai qu'elle est violentée, et que ce n'est pas la peur qu'elle a du vide qui l'oblige à se détourner de son chemin, mais qu'étant jointe avec l'air d'une nuance imperceptible, elle s'élève quand on élève en haut l'air qui la tient embrassée.
Cela n'est pas fort épineux à comprendre pour qui connaît le cercle parfait et la délicate enchaînure des éléments ; car, si vous considérez attentivement ce limon qui fait le mariage de la Terre et de l'eau, vous trouverez qu'il n'est plus Terre, qu'il n'est plus eau, mais qu'il est l'entremetteur du contrat de ces deux ennemis ; l'eau tout de même avec l'air s'envoient réciproquement un brouillard qui penche aux humeurs de l'un et de l'autre pour moyenner leur paix, et l'air se réconcilie avec le feu par le moyen d'une exhalaison médiatrice qui les unit. ”

« Dans un homme, écrit-il, il y a tout ce qu’il faut pour composer un arbre, de cette façon dans un arbre il y a tout ce qu’il faut pour composer un homme. Enfin de cette façon toutes choses se rencontrent en toutes choses…» p 73

Je le crois même intuitivement connaisseur du BOSON DE HIGGS - ETIENNE KLEIN
http://www.canal-u.tv/video/universite_paris_diderot/13min_le_boson_de_higgs_etienne_klein.12448


Vous pourrez explorer les territoires de Savinien ici :
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre2241.html#page_63


Un cantique, en quelque sorte.

Medium 27/04/2014 12:32

Tiens, la photographie de la souche....
M'est idée qu'elle provient d'une forêt où les chênes sont en nombre... Un lieu de bataille !... Je sens : des flèches mouillées, les françoys en déroute... Pauvre sire ! Crecy !

Zombie sur le départ 24/04/2014 16:47

Un mot, et voici une cascade, que dis-je, une avalanche de passionnantes considérations saviniennes sur la matière !
Voila de quoi me détourner de toute occupation utilitaire....

Rob Zombie 59 24/04/2014 11:54

« Rob zombie : Foxy foxy. »..
Voilà ce qui arrive lorsqu’on pique le téléphone d’un métalleux !....


Un feu d’artifices d’idées ce Cyrano !

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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