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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 05:31

« Pulsations, modulations, alternances, rythme… 
Sait-on jamais si vous commencez à parler de la musique 
ou si vous achevez de parler de la nuit ?
»
Vladimir Jankélévitch 1*
 

Symphonie céleste - Le chêne parlant & Cie. 2014

Symphonie céleste - Le chêne parlant & Cie. 2014

Attrape-t-on jamais les fragrances puissantes et volatiles créées par les fleurs, les fruits, l’herbe fraîchement coupée, la menthe suave ? Le regard déchirant d’une âme perdue ? Les pleurs d’un enfant ?


L’émotion fugace d’une présence, d’un parfum. Là. Sans pourquoi.


Cet inconnu,  Qui est-il ?
Une réponse – un peu hâtive  - suggère d’écouter autrui comme la partition d’une voix divergente ; d’entendre dans ce concert de cordes, une mélodie désagréable ou merveilleuse – selon ; la vibration d’une différence, l’étrange palpitation d’une étoile lointaine. Autrement dit, la pulsation rythmique d’un soleil inaccessible, aux notes lisibles dans le ciel  sombre d’une nuit dénuée de lune 
                                                                                                           – un spectacle extérieur à soi, donc.

 

Peintures : Glyn Warren Philpot -Henry Thomas-1932

Glyn Warren Philpot-Henry Thomas-1932 - Tate Britain - Photo : Le chêne parlant & Cie

Glyn Warren Philpot-Henry Thomas-1932 - Tate Britain - Photo : Le chêne parlant & Cie

Glyn Warren Philpot-Henry Thomas-1932 - Tate Britain - Photo : Le chêne parlant & Cie

Glyn Warren Philpot-Henry Thomas-1932 - Tate Britain - Photo : Le chêne parlant & Cie

Et si nous nous trompions ?
Si cette « musique du soir, [naissant] là où les formes deviennent vagues, où les mots se font murmure, [était faite d’une rosée non pas étrangère mais polyphonique ? Singulière certes, tel le spectre lumineux et irisé d’une onde mais à la fois tellement nous-même, miroir de nos propres vagues, brillant et évoluant sur la paroi rocailleuse de notre univers, là où] « les parfums, les couleurs et les sons se répondent »… »
Et si ces notes dénuées de liens en apparence, étaient faites de la même étoffe ? 
« car c’est toute la musique, même la plus lumineuse et la plus ensoleillée, qui est nocturne en sa profondeur. » nous murmure encore le philosophe poète qu’était Vladimir Jankélévitch ; 
 

Après tout, les oscillations frissonnantes d’un Roland Barthes, d’un Montaigne, d’un Vladimir Jankélévitch, ne réveillent-elles pas en nous des sensations enfouies – les secrètes palpitations de mémoires à jamais liées  ? Un savoir d’intensités mêlées – démesuré – offert aux âmes éprises de liberté, aux esprits écharpés de laves humaines, ivres de présences volatiles  et de parfums volcaniques ? 


Aussi, le carbone diamantin de ces myriades de constellations – lesquelles sont des constructions humaines, visions  composées et décomposées au timbre changeant de nos esprits – ne constituent-elles pas un miroir ? Visible pour qui veut bien lever le nez de Paris à Londres, en passant par Berlin. 
Lueur  d’écrits vibrant de similaires tintements ?


                                    Vibrations d’une  voûte céleste unique, flottante et vertigineuse  ? 

 

La grande roue du monde - Londres 2014 - Le chêne parlant & Cie

La grande roue du monde - Londres 2014 - Le chêne parlant & Cie

1* Quelque part dans l’inachevé, NRF, Gallimard. 1978, P 208


« Le poème s’ouvre à la nuit, tresse le chœur des petites voix, renverse sur la table du ciel « le bleu fouillis des claires étoiles ». Et cette méprise n’est-elle pas justement la fée qui tranche les privilèges du droit fil, la mélodie qui entretient le doute, le minuit des mots ? » Verlaine – Art poétique. 
Quelque part dans l’inachevé, NRF, Gallimard. P 210.
 

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Published by Le chêne parlant - dans philosophie poésie
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commentaires

egfrild 30/09/2016 19:02

Votre blog est une mine à toile ouverte.
Ce Vladimir Jankelevitch m'intrigue véritablement.
Je reviendrai déambuler sur votre site et m'empresse tout de suite d'en connaître plus sur ce Vladimir.
Merci.

Virginie - le Chêne parlant et son ombre 30/09/2016 20:35

Merci cher Egfrild.

Pour vous, Cher ami de la culture : "p 23 : L’artiste joue avec l’immédiat comme le papillon avec la flamme. Un jeu acrobatique et périlleux ! Pour connaître intuitivement la flamme il faudrait non seulement voir danser la petite langue de feu, mais épouser du dedans sa chaleur ; joindre à l’image la sensation existentielle de la brûlure. Le papillon ne peut que s’approcher de la flamme au plus près, frôler sa chaleur brûlante et littéralement jouer avec le feu ; mais si, avide de la connaître encore mieux, il vient imprudemment à pénétrer dans la flamme elle-même, que restera-t-il de lui sinon une pincée de cendres ? Connaître la flamme du dehors en ignorant sa chaleur, ou bien connaître la flamme elle-même en se consumant en elle, savoir sans être ou être sans savoir, - tel est le dilemme."
Ou encore : "P 47 : Balbuciendo – chap V
Certains instants privilégiés sont en effet comme l’étincelle qui jaillit de deux silex. Et ce choc peut avoir lieu n’importe quand, n’importe où ; au contact de la chose la plus humble. Peut-être la génialité est-elle parfois l’exceptionnelle vélocité avec laquelle l’homme appréhende au vol cette étincelle ; quand il s’agit de surprendre l’étincelle, la génialité ne fait qu’un avec la célérité."

Sous ces mots de cendre et de poussière, à la nuit mêlée... Au plaisir de vous lire.

jean michel 03/12/2014 11:27

suis là et vous lis avec plaisir

Stay alive dear thinking oak..

Virginie - le Chêne parlant et son ombre 30/09/2016 20:48

JANKELEVITCH
MOTS CLES
IPSEITE :
ipséité /ip.se.i.te/ féminin

(Philosophie) Identité propre ; ce qui fait qu’une personne est unique et absolument distincte d’une autre.

Certaines pensées sinon vous sauvent une soirée, au moins les adoucissent.

The Speaking oak & Cie 07/12/2014 19:30

Cher Jean Michel,

Je vous souhaite la bienvenue en ces terres céruléennes.

The speaking oak is still alive in this moment...

artisan serrurier 25/11/2014 01:48

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

le chêne & ses trois petits points... 27/11/2014 21:16

Cher Artisan serrurier,

Merci de votre message.

Il est toujours plaisant d'avoir retour d'écrits en partage et d'échanger.

L'homme mérite des encouragements, n'est-ce pas ?

The speaking oak 16/11/2014 09:29

Chers Organique & Cédric,

De quels songes sommes-nous faits ?

Une aile, une plume, un déplacement d’air ? Un torrent, un ruissellement ?

Un soleil si proche des nuages…


Merci de votre passage.

organique 12/11/2014 23:06

Merci très beaucoup pour cet article. Continuez.

Cédric 15/11/2014 10:14

Tiens, encore un robot, "organique" celui-là... bel oxymore. ;-)

Serions-nous tous des robots organiques ? :-)

Amitiés chère Virginie.

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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