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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 08:03

Edward-Hipper---Compartiment-C--voiture-193.-Edward-Hopper-jpg

 Edward Hopper - Compartiment C - voiture 193.

 

Sous le ciel du texte, la lecture est d’azur, la vision porte loin, l’horizon lumineux semble ignorer les obstacles. 

Et pourtant, à bien y regarder, le marbre des mots prend des formes nébuleuses, son reflet miroitant nous aveugle. Plus on creuse, plus l’apparence  lisse révèle des fractures, des nervures granitiques abyssales offrant des directions contradictoires, des embranchements impossibles, des passages diablement bien camouflés. 

Le spectre du sens couvre tout d’un fond brumeux, piège peut-être même des contresens. Entendre, dans un tel cocktail revient à extraire les  modulations d’un glaçon, dans un verre de Żubrówka à 2 mètres d’un conflit armé. La signature acoustique à fort stimulus de ralliement développe une triangulation naturelle qui – débarrassé de son harmonique - fait exploser les barrières sociales – brouille les points de vue – et peut déclencher la signalétique du rond et de la confusion.  

 

A. S. Pouchkine, dans son « poème sans titre de 1830 » nous conte cet état de surdité :

 

Un sourd citait un sourd devant le juge sourd.

« Il m’a volé ma vache ! » criait le premier sourd.

« Permettez, lui hurla le second, cette terre

Appartenait déjà à mon défunt grand-père. »

Le juge statua : « Evitons le scandale,

Mariez le gars mais c’est la fille la coupable. »

 

      Comment sortir du chaos et du désordre, de la cabane des mots, du grand bordel des babillages où l’obscur se mêle aux troubles ? 

 

« Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à lBabel-2.jpg’orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la face de la terre ». 

(Genèse, 11, La Bible de Jérusalem)

 Pieter-Bruegel-L-Ancien---La-Tour-de-Babel.jpg

Cliquer sur l'image pour accéder à la vidéo :

"La tour de Babel de Pieter Bruegel l’Ancien et la cochlée racontées par le biologiste Jean Claude Ameisen". Universciences.

Chaque mot – du moins la plupart d’entre eux, se livre au culte – à la débauche - des attributs**qu’on lui affecte. 

 

Tous ces attributs forment des particularismes qui se structurent et par la même occasion influencent notre jugement…  En d’autres mots, nous les déterminons en même temps qu’ils nous orientent – déforment – gouvernent 

Toute langue est égocentrée – c’est-à-dire fondée sur l’assimilation du savoir et de l’expérience, en même temps qu’elle est égo-sociale c’est-à-dire active des liens, des oppositions, etcetera. Elle reflète et fixe les tourments principaux d’une société. Ainsi les Inuits possèdent-ils une douzaine de termes pour désigner les différents états de la neige – de même que pour les nuances de glace.

 

qanik - neige qui tombe

aputi - neige sur le sol

pukak - neige cristalline sur le sol

aniu - neige servant à faire de l'eau

siku - glace en général

nilak - glace d'eau douce, pour boire

qinu - bouillie de glace au bord de la mer

sitilluqaaq « une récente masse dure » s'applique à une congère de neige durcie qui s'est formée après une tempête

 

Le territoire du mot est donc large, vaste, solide mais également mou et labile. Le sens fonctionne comme un nuage d’éléments stables, distinctifs tout en étant changeant en qualité et quantité, le tout suspendu dans le vide. 

       

Barbara Cassin - Philosophe - Directrice de recherche au CNRS

Extrait d'une conférence donnée à propos du "dictionnaire des intraduisibles."

La logologie.

 

 

"...Comme de légers nuages apparaissent dans un ciel pur."

 

Lev Vygotski  dans Pensée et langage, emprunte cet exemple à Idelberger :

 

« Dans un autre exemple souvent cité, l’enfant désigne par le mot « coua » d’abord le canard qui nage sur l’étang, puis tout liquide, y compris le lait de son biberon. Plus tard, lorsqu’un jour il voit un aigle représenté sur une pièce de monnaie, il donne alors à la pièce cette même appellation et cela suffit pour que par la suite le mot « coua » désigne tous les objets ronds rappelant une pièce. Nous avons ici un exemple typique du complexe en chaîne, où chaque objet s’incère dans le complexe sur la base exclusive d’un caractère distinctif qu’il a en commun avec un autre élément et où le caractère même de ces traits distinctifs peut se modifier à l’infini. » 1* p 238 

 

« Cette forme par complexes de la pensée enfantine entraîne cette particularité que les mêmes mots peuvent avoir dans des situations différentes des significations différentes, et même, dans des cas exceptionnels, particulièrement intéressants pour nous, un même mot peut chez l’enfant cumuler des significations opposées, dès lors que celles-ci sont en corrélation l’une avec l’autre, comme le couteau avec la fourchette. » 1* 

 

L’homonyme détient les mêmes particularités. Un même mot – explique Barbara Cassin peut receler des sens opposés… et pourtant, il n’est pas sûr que ces homonymes a priori sans liens les uns avec les autres ne fassent pas tout ou partie d’un ensemble. 

En outre le parfaite synonymie d’une langue à l’autre pour un même mot existe-t-elle réellement ? En russe, la  libellule explique Lev Vygotski  s’est substituée à la Cigale du fameux poème de La Fontaine « La cigale et la fourmi », ceci  afin de garder l’idée de frivolité, etc. 

 

 « De même, sous l’angle de la fonction dénominative, des objets identiques coïncident dans des langues différentes mais le nom d’un même objet dans ces diverses langues peut dépendre de critères absolument différents [Britt-Mari Barth parle d’attributs]. Le mot russe portnoj [tailleur] vient du vieux russe port – « morceau de tissu », « couverture ». En français et en allemand la dénomination de ce même homme dépend d’un autre critère – du mot « tailler », « couper ». » 1* p 244.

« Prenons par exemple l’histoire du mot russe sutki. A l’origine il signifiait « couture », « endroit où s’assemblent deux morceaux de tissu », « deux choses tissées ensemble ». Puis il désigna n’importe quelle jointure, le coin de l’isba, l’endroit où deux murs se rejoignent. Par la suite il désigna au sens figuré le crépuscule, point de jonction du jour et de la nuit, et enfin, englobant le temps qui va du crépuscule ou la période de temps qui inclut le crépuscule du matin et celui du soir, il se mit à signifier « le jour et la nuit », c’est-à-dire vingt-quatre heures, sens qu’il a aujourd’hui ».1* p 245.

 

Difficile donc de s’y retrouver… Avec Barbara Cassin, nous sommes entre de bonnes mains, nous n’avons aucune raison d'être inquiets. 

 

La philosophe navigue entre les traductions. Poursuit ses incessants allers-retours entre les continents de langues. De ce lent voyage, surgit des résonances singulières, des gazouillis de l'infime, des signes murmurés entre les lignes mais audibles. « C’est d’ailleurs qu’on se voit. »

 

« … ces phrases – nous confie Barbara Cassin - sont des réponses à d'autres phrases : comme le souligne Nietzsche, les textes grecs, ce sont des palimpsestes. Il est certain que Gorgias reprend Parménide, de même que Parménide reprend Homère. Tout cela peut se lire, encore faut-il avoir un immense savoir que j'ai essayé d'acquérir autant que j'ai pu, et que j'essaie de continuer à acquérir. Je crois qu'on comprend par là ce que veut dire " culture " : un texte est toujours aussi un texte de textes, surtout pour les Grecs. » 2*

 

 

Barbara Cassin

"Le sens, c’est d’abord le flair… et puis c’est l’intuition, l’intellect.

Sens veut dire sens : sensation et signification. 

C’est à partir d’une autre langue qu’on s’aperçoit de sa propre langue.

C’est d’ailleurs qu’on se voit."  

 

On se laisse gagner par l'enchantement des découvertes..: Comme dénicher de la vaisselle intacte sous des gravas après une tempête. Dégager le bois du sable. La surprise de micro-découvertes est interrompue par certains soubresauts : Contempler les signes cabalistiques de la culture. 

 

 «  Quand j'ai enseigné la philosophie dans les lycées ou même quand je l'ai enseignée dans des endroits plus bizarres que les lycées, par exemple les PTT (j'ai en effet eu un parcours très atypique),  je me suis aperçue que ce qui m'intéressait et ce qui intéressait les élèves, à quelque niveau qu'ils soient, c'était le travail qu'on faisait sur les textes. C'était là où il se passait vraiment des choses, et pas dans les idées générales. Ce travail se faisait sur les textes en langues, forcément. » 2*

 

L'abondance inhabituelle des tournures poétiques.

                                       Les brusques variations de signification. 

                                     On avance sur le souffle fascinant des changements de vent. 

 

 

« Pour tuer la poésie, il suffit de poser qu’il y a une correspondance absolue, parfaite entre les mots et les choses : alors la poésie n’est plus possible, puisqu’elle travaille au contraire dans la distance entre les deux. Ce que j’appelle exil, c’est cette distance entre le poète et la réalité qu’il ne reproduit pas mais qu’il produit, qu’il élabore, qu’il travaille à transformer. (…) Au fond, la tâche de la poésie est de rappeler que le sens n’est jamais achevé, que l’identité est toujours en avant, du côté de l’avenir, non pas dans le passé, dans une tradition immuable, appelée à se répéter indéfiniment ».

Adonis, auteur du Poème de Babel (écrit en 1977)

 

                                                              La poésie prospère, prolifère, résiste, crève la terre.

 

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« En toute créature visible, il y a quelque chose de caché ; Dieu veut que nous le cherchions, et qu'après l'avoir trouvé, nous nous réjouissons de cette découverte. » Saint Augustin.

 

 

 

Je rentre dans ce logiciel, je rentre dans google « Et Dieu créa l’homme à son image. »

Et je demande à le traduire en allemand – j’obtiens une phrase que je demande de traduire en français.

                        Et j’obtiens « Et l’homme créa Dieu à son image. »

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      « Les humanités, ça devient une résistance...      Faire passer à l’autre.

C’est beaucoup plus compliqué que de simplement communiquer.»

 

  "Un intraduisible, c'est quelque chose qu'on n'arrête pas de retraduire."

                                                   "C'est un idéal."  Barbara Cassin.

 

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 ** Les attributs sont physiques, observables (taille, son,  forme, goût,  couleur, température, densité, nombre, volume, consistance, poids, éclat, texture, état, odeur) non physiques, non observables (catégorie, classification supérieure ou inférieure – fonction : utilité, rôle - lieu ou place :  relation entre un concept et son emplacement - temps : existence dans le temps - cause/effet : conséquence - séquence : ordre dans lequel il arrive - origine)

[Explication personnelle : Pour faire simple, une chaise, c’est : 4 pieds, un dossier mais pas d’accotoirs (car alors, il s’agit d’un fauteuil) et avec un dossier, sinon, il s’agit d’un tabouret.] 

Britt-Mari Barth, l’apprentissage de l’abstraction, méthodes pour une meilleure réussite de l’école ; RETZ, 1987, isbn : 9-782725-611990 p 119.

 

1 * Lev Vygotski ajoute : ;

Le fait que l’enfant désigne par le mot « avant » un rapport temporel qui peut être aussi bien « avant » qu’ « après » ou emploie le mot « demain » pour désigner également hier et demain forme une analogie parfaite avec ce que les chercheurs  ont depuis longtemps remarqué dans les langues anciennes – hébraïque, chinoise et latine -, c’est-à-dire qu’un même mot comportait deux significations opposées. Ainsi les Romains désignaient par le même mot le haut et le profond. Cette combinaison dans un même mot de significations opposées n’est passible que dans la pensée par complexes, où aucun objet concret entrant dans un complexe ne se confond par là même avec les autres éléments du complexe mais conserve toute son autonomie concrète. 

 [Ici, naturellement, Lev Vygotski décrit ce type de pensée comme une pensée enfantine, primitive, dans le sens de primaire . Il se situe au dessus – dans l’idée de progrès – d’élévation, comme la suite le confirme lorsqu’il cite … L. L évy-Bruhl, Les Fonctions mentales dans les sociétés inférieures, p 77-78. Difficile de s’extirper des pensées de son temps...  Néanmoins, il nuance ses propos lorsqu’il indique :

 

« Cependant une analyse minutieuse des liaisons qui sont établies par la pensée primitive et qui extérieurement ne s’écartent pas de notre logique nous convainc que les unes et les autres relèvent au fond du même mécanisme de pensée par complexes. » p 240.

 

« Pour que les mots coïncident dans leur référence concrète, il faut qu’ils indiquent le même objet. Mais ils peuvent indiquer le même objet par des procédés différents. 

[…]

Les mots russes luna et mesjac désignent le même objet [lune] mais le désignent selon des modes différents, gravés dans l’histoire du développement de chacun d’eux. Luna est lié étymologiquement au mot latin qui signifie « capricieux », « inconstant », « fantasque ». Quand on a donné ce nom à la Lune on voulait évidemment mettre en relief le caractère changeant de sa forme, son passage d’une phase à l’autre, en tant que sa différence essentielle avec les autres corps célestes. La signification du mot mesjac est liée à celle de « mesurer ». Il signifie le « mesureur ». Quand on a donné ce nom à la Lune on voulait par là mettre en relief une autre propriété, c’est-à-dire que les phases de la lune permettent de mesurer le temps. »» p 244.

 

« La découverte que les significations de mots ne sont pas immuables, constantes, invariables et qu’ elles se développent est une découverte capitale, qui seule peut sortir toute la théorie de la pensée et du langage de l’impasse où elle est engagée. La signification du mot n’est pas immuable. Elle se modifie au cours du développement de l’enfant. Elle varie aussi avec les différents modes de fonctionnement de la pensée. C’est une formation plus dynamique que statique. La variabilité des significations n’a pu être établie qu’à partir du moment où la nature de la signification elle-même a été correctement définie. Cette nature se manifeste avant tout dans la généralisation qui est contenue en tant qu’élément fondamental et central dans tout mot car tout mot déjà généralise. » P 427 :

 

P 428 : Tolstoï : « Le rapport du mot avec l’idée et la formation de nouveaux concepts sont un processus de l’âme si complexe, si mystérieux et délicat […] » L. N. Tolstoï, Articles pédagogiques. 

[…] le rapport de la pensée avec le mot est avant tout non une chose mais un processus, c’est le mouvement de la pensée au mot et inversement du mot à la pensée. 

[…] Bien entendu il ne s’agit pas d’un développement déterminé par l’âge mais d’un développement fonctionnel et le mouvement même de la pensée de la pensée qui va de l’idée au mot est un développement. La pensée ne s’exprime pas dans le mot mais se réalise dans le mot. 

 

P430-431 : Ainsi, dès l’origine, la pensée et le langage ne sont absolument pas taillés sur le même modèle. On peut dire en un certains sens qu’il existe entre eux une contradiction plutôt qu’une concordance. La structure du langage n’est pas simple reflet, comme dans un miroir, de celle de la pensée. Aussi le langage ne peut-il revêtir la pensée comme une robe de confection. Il ne sert pas d’expression à une pensée toute prête. En se transformant en langage, la pensée se réorganise et se modifie. Elle ne s’exprime pas mais se réalise dans le mot. Et c’est justement parce que les processus de développement de l’aspect sémantique et de l’aspect phonétique du langage sont orientés en sens inverse qu’ils forment une véritable unité. 

 

Lev Vygotski – Pensée et langage – La dispute. Paris 1997 ; Isbn : 2-84303-004-8

 

2* Dialogues Barbara cassin - Colette Briffard.

 

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Barbara cassin - La nostalgie.  France culture, bien sûr  ! 

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Published by Le chêne parlant - dans lecture - écriture
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commentaires

le chêne parlant 14/05/2014 14:25

Cher Traduction technique,

Je vous conseille donc de vous jeter de suite sur le « dictionnaire des intraduisibles » de Barbara Cassin.

Merci de votre passage.

Traduction technique 14/05/2014 13:33

l’exercice de réflexion sur certains « intraduisibles » m’intéresse au plus haut point.

Le chêne parlant 01/11/2013 07:45


Cher pierre, 


 


Merci de votre poétique courriel. 


 


Je vous souhaite de poursuivre encore longtemps vos pas vagabonds, sous un ciel canadien, au beau fixe en ce moment, je crois. 


Bon week-end à vous.

Pierrot, vagabond philosophe du Québec, Canada 15/10/2013 21:08


LA REVOLUTION BARBARA CASSIN - pierrot@reveursequitables.com
PIERROT ROCHETTE, VAGABOND DE L'IMPOSSIBLE

LE RÊVE DE PIERROT VAGABOND..... L'IMPOSSIBLE:))))

www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com


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BARBARA CASSIN VERSUS MARGARET SANGER


BARBARA CASSIN
REPRÉSENTE POUR L'ESPRIT DES FEMMES DE LA PLANÈTE DU 21EME SIÈCLE

UNE RÉVOLUTION DU MÊME CALIBRE
QUE CELLE DE

MARGARET SANGER
POUR LE CORPS DES FEMMES DE LA PLANÈTE
DU 20ÈME SIÈCLE..

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Margaret Sanger (1879-1966) avait un rêve impossible:))).

Cette jeune infirmière de 5 pieds 3 pouces rêvait un contraceptif sûr pour les femmes, que l'on devrait simplement avaler comme un comprimé d'aspirine. Durant plus de 30 ans, elle fit des
conférences dans les mouvements féministes, pour parler de son rêve, même si elle n'avait pas un sous pour le réaliser.

Un jour, une veuve milliardaire américaine, Katherine Mac Cormick, assista à une de ses conférences et lui dit: J'aime ton rêve... comment ça coûte? Elles contactèrent un nommé Pincus qui, pour
éviter la censure, leur dit qu'il fallait déguiser sa recherche de pilule anti-conceptionnelle pour les femmes, en la nommant recherche sur la fertilité des lapins.

Quelques millions plus tard, Pincus leur dit qu'il a trouvé une pilule anticonceptionnelle pour les hommes. Elles répondirent en choeur. On n'en veut pas. On veut que les femmes soient maîtresses
de leur corps.

Quelques millions plus tard Pincus leur dit: j'ai trouvé une pilule pour les femmes mais il n'y aura plus de menstruations... Impossible... l'Eglise catholique va tout bloquer...

Quelques millions plus tard... la pilule était née... Elle fut lancée comme un médicament régularisant les règles menstruelles douloureuses et irrégulières.

C'était la naissance de la pilule anti-bébés, celle qui donne la liberté individuelle de choisir aux femmes qui de tout temps, furant asservies par les lois religieuses dictées par des
hommes..

Il y a 50 ans, les premiers médicaments arrivèrent sur le marché allemand. Aujourd'hui, des millions de femmes dans le monde prennent la pilule contraceptive.

-----

Barbara Cassin est de cette lignée de grandes rêveuses impossibles de l'humanité en répandant l'idée que le langage crée le sacré et non le sacré crée le langage et en rendant possible par sa
démarche philosophique de toute une vie la création ( lors de la commission Vérité, réconciliation, réparation), des deux mots qui ont changé l'Afrique du sud de Nelson Mandela ... PEUPLE
ARC-EN-CIEL.

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La planète est un gâteau de fête...

allume une seule VIE HUMAINE rêveuse
avec les quatre questions suivantes:)))

1- Quel est ton rêve?
2- Dans combien de jours?
3- qu'as-tu fais aujourd'hui pour ton rêve?
4- En quoi ton rêve prend-il soin de la beauté du monde?

et cette VIE HUMAINE rêveuse en allumant une autre qui en allume une autre... incendiera, par l'impossible, une planète oeuvre d'art
telle que vue de l'espace par six milliards
de vies privées oeuvres d'art '' BARBARA CASSIN'':)))).


 


DANS LA BEAUTE DU MONDE

dans la beauté du monde
dans la beauté du monde
je marcherai

deux âmes sioux m’inondent
deux âmes sioux m’inondent

dans votre beauté du monde
France et Jean-René
je marcherai

suis devenu

un arbre qui marche
parce qu’il relève ses racines

un doux vieillard
qui le soir délasse ses bottines

une belle jeune fille
qui r’trousse sa jupe
parce qu’elle dessine

le bout d’ses doigts
dans la rivière

dejà fini
l’été d’hier

reste le canot de Jean-René
les fruits de France et sa bonté

sur leur galerie
de Notre-Dame de Montaubant

je me prépare pour l’hiver
tel un enfant

car mes deux ames sioux
ont fait de moi
un arbre-fou

comme le canot de Jean-René
sur la rivière Batiscan

comme les fruits de sa belle France
de Notre-Dame de Montauban

je traverserai
l’éternité
en marchant
la neige et le vent

Pierrot
vagabond céleste
 


Pierrot est l'auteur de l'Île de l'éternité de l'instant présent et des Chansons de Pierrot. Il fut cofondateur de la boîte à chanson Aux deux Pierrots. Il fut aussi l'un des tous premiers
chansonniers du Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal. Pierre Rochette, poète, chansonnier et compositeur, est présentement sur la route VERS LA CORSE, quelque part avec sa guitare... entre ici
et ailleurs...

Cédric 23/04/2013 22:42


La pensée n'augmente ni ne se réduit, elle suit son chemin.


 


Nous ne pensons pas, nous sommes pensé. La pensée nous utilise. Nous ne sommes pas un contenu, juste un contenant, les pensées, les mots passent par nous.


 


Tout humain est balayé par le vent du langage, aucun choix, il ne peut que subir et les calmes et les tempêtes.


 


Nietzsche, Cioran, Schiffter... peu importe quels mots les ont traversé ou les traversent. Aucun de ces mots ne me concerne. Le seul bruit qui soit vérité, c'est celui que font les mots en me
traversant, les mots qui m'utilisent et que j'exprime...ici et ailleurs...


 


PS :  amusant ce "ganagan" (voir titre de la vidéo) serait-ce un nouveau concept ?  Le ganagan : Dire du mal de dire du mal du mal... ;-)

Le chêne et son ombre 23/04/2013 10:23


3 – Intrépide


Où que tu te tiennes, creuse profondément !


La source est au-dessous !


Laisse les sombres crier :


« Ce qu’il y a toujours au-dessous – c’est l’enfer ! » p 35


Gai savoir – Nietzsche 


« On ne réfléchit que parce qu’on se dérobe […] Penser, c’est être en retrait. » E. Cioran.


 


Le relativisme n’augmente pas la pensée, il la dénature, la réduit à une soupe inessentielle. 


 


Le démagogue ne pense pas, il flatte le peuple, l’abreuve de paroles faciles, simplistes. Ce faux prophète a malheureusement le succès fracassant des barbouilleurs de toile.


 





Lecture frottée de Khaos  : 


 


« Le chichi : Ne pas penser le réel tel qu’il est.


Le blabla : Parler du réel tel qu’il devrait être et non tel qu’il est (discours
chichiteux).


Le gnangnan: Dire du mal du Mal.


Le riquiqui : Ne pas oser penser comme l’on serait tenté de le faire et prendre des précautions morales (encore du chichi, mais retourné contre soi-même, comme par exemple, le nietzschéen de
gauche).


 


Voici enfin le dernier concept que je peaufine: le concon.


 


Le concon désigne la vantardise et la grandiloquence des louanges adressées à la joie, à l’enthousiasme, à l’exaltation, à la volonté de puissance, à l’ivresse, au dionysiaque, à la vie, au
vital, à la vitalité, au solaire, au lumineux. »


 


Frédéric Schiffter – Sur le blabla et le chichi des philosophes – PUF – France – Paris mars 2002 – ISBN : 978-2-13-059238-9


 


 

Cédric 22/04/2013 17:08


Loin de moi l'idée de confondre quoi que ce soit.


Même Hitler a dû dire des choses belles et sensées. Exprimer des mots légers, des images douces devant, par exemple, le spectacle de la nature.


De belles paroles sont de belles paroles quel que soit celui qui les profère.


Ai-je bien suivi votre ordonnance ?  Car oui, quitte à ne pas confondre l'homme et ce qui a pu sortir de sa bouche ou de sa main, autant prendre l'exemple extrême. ;-)


 


Amicalement.


 

Le chêne et son ombre 21/04/2013 07:13


« 11 – Le proverbe parle


Coupant et doux, grossier et délicat,


Familier et curieux, sale et pur,


Rendez-vous des fous et des sages :


Tout cela je suis, je veux être,


Colombe à la fois, serpent et cochon ! »


 


Le Gai savoir. Nietzsche.


 


Indépendamment de l’individu, une citation peut révéler une figure intéressante.


Tout ami de la lumière évitera de confondre l’œuvre et son auteur. 


 





 


Ordonnance contresignée par le Dr House.

Cédric 19/04/2013 15:28


Vous m'apprenez l'existence de Han Fei Zi.


 


Je lis : "Han Fei reprend de son maître, le confucianiste Xun Zi, ses théories réalistes, basées sur l'idée que l'homme est foncièrement égoïste, mais les développe encore à l'extrême, jusqu'à un
légisme « dur ». Il ne partage pas son optimisme et ne pense pas qu'il peut s'améliorer par l'éducation, ni que
l'intérêt particulier d'un individu puisse jamais s'accorder avec l'intérêt général. Il s'agit plutôt, d'une part, d'empêcher le sujet de commettre des actions contrevenant aux intérêts de l'État
et du souverain en appliquant des lois aussi infaillibles et inévitables que la loi naturelle ; et d'autre part, de l'inciter à obéir et à se soumettre à l'autorité du Fils du Ciel par
l'octroi tout aussi infaillible et automatique de récompenses en proportion, non des mérites, mais de l'obéissance. "


 


Et me vient la réflexion que les dirigeants chinois actuels doivent encore beaucoup s'en inspirer ! ;-)

Le chêne parlant 19/04/2013 12:04


Dommage, l’idée d’un logiciel trouvant… 


 


« La Voie : origine de toute chose


Critère de tout jugement.


Un prince avisé saisit l’Origine


Et retourne à la source » (Han-Fei-tse)


                                                    ... était
plaisante.


 


… je reviens donc à la Source, lieu précédant la création des formes. 


 





http://fotoforum.fr/photos/2013/04/19.47.jpg


 


L’eauracle. 


 


 

Cédric 19/04/2013 11:22


Je tiens à préciser que je viens de refaire le test "Et Dieu créa l'homme à son image" (traduire avec Google en passant par l'allemand) et je retombe exactement sur "Et Dieu créa l'homme à son
image".


 


Et pour corser le jeu, j'ai même fait traduire en allemand puis de l'allemand en italien, puis de l'italien en néerlandais, puis du néerlandais en francais, et j'obtiens la phrase d'origine !


 


Encore mieux, j'ai fait traduire du français en coréen, puis du coréen en chinois, puis du chinois en français et je retombe sur la phrase d'origine ( il y a seulement le "Et" du début de la
phrase qui a disparu ) !


 


Force est de constater que "Google traduction" s'est amélioré depuis le test de Barbara Cassin. Et pourtant je ne fais encore toujours que très très peu confiance en cet outil qui m'a déjà
réservé des traductions des plus loufoques ! :-)


 


Belle journée,


 


Au plaisir.


Cédric.

Le chêne parlant 18/04/2013 13:21


Ainsi donc, cher nuage léger surgissant du ciel gris, vous êtes l’un des trois fous ayant entendu cet hommage à Barbara Cassin jusqu’au bout. Chapeau bas. Axel étant le deuxième (pas tout à
fait convaincu je dois dire), la question reste entière : quel(le) est donc le ou la troisième masochiste ?  


 





Belle journée à vous, très amicalement, Virginie.


 

Nuageneuf 18/04/2013 12:05


 


Qu'ajouter, chère Virginie, sauf vous féliciter à nouveau de cette étude particulièrement intéressante. Déjà que je constate avec l'âge ne rien savoir, vous versez de l'eau bien délicate au
moulin de mon cœur, euh pardon, de mon ignorance !


Amitiés.

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

Contributions et Partenariats.

Contributions gracieuses : Magazine Slow-classes. Numéro 1 Faire Mouche en géométrie et 2. Le moulinet à vent : mettre des mathématiques dans les voiles. ....... SLOW CLASSES : Slow Classes __________________________________________ Partenariat gracieux Philosophie Magazine. Philomag ________________________________________

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