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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 08:34

 « Tu fais l'effet d'un beau vaisseau

qui prend le large,

Caspar_David_Friedrich-Falaises-de-craie-Rugen-.jpgChargé de toile,

et va roulant Suivant un rythme doux,

et paresseux,

et lent. »

Le beau navire,

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) 

 

Darwin a «Un passé qui ne prédisposait pas du tout à devenir un grand savant, c’était pas un élève très assidu, très doué, plutôt distrait. » confie Patrice Gélinet au paléoanthropologue Pascal Picq (1). Le spécialiste des hominidés, confirme. Darwin a échoué en médecine (2) en raison d’une pulsion maladive envers le détail, le minuscule, le domaine inexpliqué de l’infime.

On lui reprochera rapidement cette habitude consistant à suivre des pistes sans rapport direct avec les objets d’études, ces écarts, ce cheminement hors sentier balisé. Cette intériorité hors norme sera vite associée à une imperfection, une manie regrettable ; une déviance impardonnable aux yeux de son instituteur.

Darwin est effectivement, ajoute Patrice Gélinet « curieux de tout… » (1).

Le naturaliste peut se le permettre, diront les mauvaises langues. Sa naissance s’enracine dans un terreau familial favorisé puis le jeune homme contractera un mariage avec sa cousine, Emma, la fille des porcelainiers Wedgwood lui assurant sinon un train de vie somptueux, au moins une salutaire indépendance financière. Le contexte scientifique jouera également un rôle. Le naturalisme à l’époque, suscitant peu de passions – était considéré tantôt comme un loisir, un passe-temps, tantôt comme une lubie. Cette dévalorisation lui sera favorable, conférant au praticien une large liberté de penser, celle des hommes attachés aux choses dénuées d’intérêt aux yeux du commun.

Pour toutes ces raisons, Darwin disposera à ses débuts de peu de crédit. Mais le contenu de ses recherches et la qualité des échantillons envoyés en Angleterre viendront vite compenser ce défaut de notoriété.

 

Charles Darwin est l’homme des grands laps de temps.

De la suspension.

Quand il s’immerge dans un sujet, il l’étudie en profondeur, le pense plus que de raison. Ses recherches, ses analyses, ses classements, ses questionnements ont la gravité du « Festina lente » - du « Hâte-toi lentement ».

La saveur familière du temps perdu (3)...

Le spécialiste de Darwin, Patrick Tort, nous lit un passage de l’autobiographie de Darwin : « Le travail s’est fait très lentement très tranquillement » (4) confiera-t-il à ses enfants. Lente maturation, plages de vie et de vide, rêveries libératrices de l’érudition. Des vacances – retraites - où ses convictions s’affirment. C’est l’otium (une vacuole d’étude révolue de nos jours, à arracher et à conquérir à chaque instant.) (3)  

Darwin est un amateur – « celui qui aime », un « amoureux » des savoirs. Un « libertin », - le libertinus, c’est le fils de l’esclave affranchi (5), celui qui s’arrache à sa condition. Sa méthode méticuleuse(6), son sens du détail, du petit, loin de constituer un défaut, est plus probablement une incurable qualité.

 

Voyage d’un naturaliste autour de la terre. Un périple ordinaire de 4 ans – 9 mois – 5 jours .

       A bord du Beagle, il s’émerveille. 

Le voyage «a déterminé toute la suite de mon travail scientifique. Il m’a procuré des joies si profondes que je recommande à tous les naturalistes de tenter une telle expérience dans les pays lointains. Mais pour supporter les privations qu’elle engendre, il faut avoir un but. Que ce but soit une étude à compléter, une vérité à dévoiler. Que ce but en un mot : vous soutienne et vous encourage. » Darwin.

darwin

Dans son autobiographie de 1876, le naturaliste s’affirme « incrédule » - c’est-à-dire le contraire du crédule - nous confie Patrick Tort. Tout au long de sa vie, ajoute le spécialiste, Darwin se place du côté des missionnaires et fustige les attitudes conquérantes (4’). «Pendant les deux premières années, ma vieille passion pour la chasse existait presque aussi forte que par le passé, mais peu à peu j'abandonnai mon fusil à mon domestique, car la chasse troublait mes travaux. Je découvris insensiblement que le plaisir d'observer et de raisonner était beaucoup plus vif que celui des tours d'adresses et du sport. Je me souviens d'avoir pensé, étant dans la baie du Bon-Succès à la Terre de Feu, que je ne pouvais mieux employer ma vie qu'en ajoutant quelque chose aux sciences naturelles. Je l'ai fait aussi bien que mes facultés me l'ont permis. »

Partout où il pose le pied, il s’interroge, s’arrête sur l’aspect multiforme des organismes, sous-pèse chacune des parcelles de différences qu’il observe entre les individus.

Le « Millionnaire en faits » collecte inlassablement, collectionne, compare, s’interroge, s’imprègne de ce qui l’entoure. Il remarque la proximité divergente, le presque rien*, le caractère différentiel, le détail, des nuances de becs et de plumages chez les pinsons.

lecorail-de-Darwin.jpg

Il s’inquiète d’infimes changements morphologiques, observe de subtiles modifications (4’’). Au fil des générations, aucun individu ne coïncide avec un autre, aucun ne se superpose. En biologie, la vie est en mouvement, en transformation, on parle de procréation (7) et non de reproduction. (La reproduction, c’est celle de la cellule, c'est le monde du clonage, du non subtil – du pareil et sans nuance.)

Donner naissance, c’est faire surgir le mélange, "une pluralité de formes" (8), soit faire émerger l’improbable - la dissemblance - d’une conjugaison connue. Cela pose une sérieuse objection aux conceptions fixistes de l'époque. L'ombre jetée sur le caractère immuable des espèces s'étale. Doute. A partir de 1837, Darwin ne peut plus croire « en une création séparée et indépendante des espèces. » - les variétés sont des espèces différenciées - « il est transformiste en 1837, au printemps ». (4’’).

A partir de ce petit tremblement va naître un tsunami religieux.


Une fois revenu sur la terre ferme, en sédentaire convaincu, Darwin peut déployer ses réflexions nomades à loisir. A l’abri des obligations, des pressions, il se remémore – au fil de ses recherches – il rumine.

Raphaël Enthoven lit : « Je me suis engagé depuis mon retour de voyage à travers le monde dans un travail très présomptueux. Au moins quelques lueurs ont émergé et je suis à présent presque entièrement convaincu, assez à l’opposé de l’opinion que j’avais en débutant, que les espèces ne sont pas immuables, c’est comme confesser un meurtre. » (4)

De ses vagabondages, il soulèvera les clichés les mieux ancrés de son époque.

 

Etrangement, il existe des points de convergence, des liens entre la manière dont s’élabore sa réflexion - patiente, construite, précise, lente – et le contenu de sa théorie de 'Sélection naturelle'.

De cette lente élaboration, de ce modelage, émergent les linéaments du concept d'Evolution. 

                    

                          Immanquablement, Darwin et ses recherches ont le goût du temps long.

                                                                       C’est ce qui fait de lui Charles Darwin.

 

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Le nouvel arbre de l’évolution.

 

 

L’évolution n’a pas de but. Le corail de la vie propose des embranchements dans toutes les directions (La structure ressemble plus à un buisson qu’à un arbre.)

On a à peine effleuré l’immensité du vivant. L’arbre est plus touffu et plus complexe qu’on le croyait.

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(1) 13 juillet 2010, France Inter, 2000 ans d’Histoire, rediffusion du 04.02.09 avec la collaboration du paléoanthropologue, Pascal Picq. « curieux de tout – il poursuit : ce qui était plutôt un avantage. »

(2) « Darwin avait échappé à cette spécialisation unilatérale professionnelle qui est fatale à une pleine compréhension, des phénomènes organiques. - constate Edgar Morin en citant les écrits de Munford - Pour ce nouveau rôle, l'amateurisme de la préparation de Darwin se révéla admirable. Bien qu'il fut à bord du Beagle en qualité de naturaliste, il n'avait eu aucune formation universitaire spécialisée. Même en tant que biologiste, il n'avait pas la moindre éducation antérieure, sauf en tant que passionné chercheur d'animaux et collectionneur de coléoptères. Étant donnée cette absence de fixation et d'inhibition scolaire, rien n'empêchait l'éveil de Darwin à chaque manifestation de l'environnement vivant. » Science avec conscience op cit P 47.

(3 ) Yves Citton défend ce temps de suspension du jugement, condition indispensable à l’élaboration d’une pensée riche et complexe : « La première condition est la conséquence directe du fait de situer l’interprétation dans l’intervalle « vide » qui peut survenir entre une perception sensorielle et une réaction motrice : une interprétation ne peut se déployer qu’au sein d’une vacuole qui permette à la réaction de ne pas s’enchaîner directement sur l’excitation subie. Il faut avoir de la place (vide) et du temps (disponible) pour se livrer au travail d’interprétation inventrice qui est au cœur de la production de nouveau. Il faut disposer d’un espace assez ouvert pour qu’on puisse y sauter d’un niveau à l’autre ; il faut disposer d’un horizon temporel assez distant pour qu’on puisse « essayer des sauts successifs », « rater », « recommencer le saut ». p 74 « Pour créer quelque chose, que ce soit une pièce de théâtre – écrit Yves Citton - un film, une forme de vie ou une action politique, nous avons besoin de temps comme matière première fondamentale. Les temps vides, les temps de suspension et de rupture, les temps non finalisés, les temps d’hésitation, qui sont les conditions de toute production artistique… » p 74.

« Les leçons épistémologiques – écrit Yves Citton - à tirer de la linguistique saussurienne restent parfaitement valides et éminemment importantes : aucune connaissance n’est imposée au sujet par la réalité matérielle elle-même ; toute connaissance dépend du point de vue à partir duquel on aborde l’objet à connaître, lequel point de vue est déterminé lui-même par les pratiques dans lesquelles est impliqué le sujet connaissant ; la même portion de réalité matérielle peut donc être perçue (connue, interprétée) de façons très différentes (voire contradictoires entre elles) par différents sujets impliqués dans des pratiques différentes. » p 28- 29. Yves Citton , L’avenir des humanités, économie de la connaissance ou culture de l’interprétation ?

(4 ) Patrick Tort aux 'Nouveaux chemins de la connaissance' -

Darwin et la morale. NCC 09/ 03/ 2011.  

Autobiographie de 1876, destinée à ses enfants, non destiné à la publication où « il dit ce qu’il pense. ». « Croire, dit-il c’est être superstitieux. »

(4’) Puis à propos de Darwin et l’esclavage : « Darwin n’aime pas les méthodes des conquérants mais il aime la douceur des missionnaires. Et cela même s’il aura l’occasion au cours de sa vie d’y revenir de manière plus instruite… Il va garder cette sorte de disjonction il y a la violence d’un côté : la violence conquérante et qui écrase et il y a la douceur qui instruit. Et c’est pourquoi il gardera un peu de tendresse pour l’action civilisatrice des religieux. »

(4’’) « Au retour, il aura expertise à la fois de ses spécimens d’oiseaux rapportés des Galapagos et de ses spécimens de mammifères fossiles[…] grâce à John Gould l’ornithologue, il va comprendre que les espèces se transforment [… ] C’est à dire que ces petits pinsons [...] ne sont pas de simples variétés mais de véritables espèces qui ont développé entre-elles des caractères différentiels et de non reproduction qui sont évidemment des caractères de rangs spécifiques. »

à lire d'urgence : Patrick Tort – l’effet Darwin – sélection naturelle et naissance de la civilisation – science ouverte seuil. 2008. Paris ISBN : 978-2-02-097496-7.

 

(5) Citéphilo – 16/11/11 – L’amour au temps des libertins – Patrick Wald Lasowski.

(6) Nouveaux Chemins de la connaissance.  Dans « La descendance avec modification ». La découverte, Paris, 2010, isbn : 978-2-7071-6009-6

* Jankélévitch.

(7) « Connaissant les gènes des parents, il nous est simplement possible d’énumérer les divers génotypes que peuvent recevoir les enfants, non de prévoir celui qui sera effectivement réalisé. Si nous tenons compte de l’ensemble des caractères qui définissent l’individu, cette énumération aboutit à un nombre d’enfants possibles pour un couple donné si élevé que deux enfants ont nécessairement des patrimoines génétiques différents (à l’exception des « vrais » jumeaux qui sont issus du même œuf) ; Chacun de nous est unique, exceptionnel. Il ne reproduit aucun de ses parents ou de ses ancêtres. Il est le résultat d’une création et non d’une reproduction. » Albert Jacquard, moi et les autres, initiation à la génétique - P 26 - Point, Seuil, 1983, ISBN : 2-02-048237-1

(8) « Une pluralité de formes » - Thierry Hoquet – Philosophe, Historien des Sciences.

(9) Dans la lumière et les ombres , Darwin et le bouleversement du monde, Jean-Claude Ameisen. Fayard/Seuil Darwin – le vagabond de l’émerveillement. Jean-Claude Ameisen. Fayard/Seuil. 07/03/2011

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Pour aller plus loin...

 

 

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Published by Le chêne parlant - dans scientifiques en recherche
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Axel 09/11/2012 09:58


Et voici une image qui nous a été distribuée hier, qui donne une synthèse de ces deux visions :


 



Le chêne bavardant 09/11/2012 09:22


Cher Frédéric,


Je ne connaissais pas cette anecdote, elle est savoureuse.


Pour la petite histoire, je me suis basée sur les travaux d’Alain Prochiantz  (ce dernier passe à Lille
prochainement ) - Patrick Tort – Claudine Cohen (même
si ces travaux concernent plus particulièrement Cuvier).


 


La conférence d’hier sur le vivant, qui eut lieu dans le cadre exceptionnel du musée d’Histoire Naturelle, fut fort instructive. 


Alain Pavé a modélisé deux manières antagonistes de considérer le vivant. 


1) La représentation Parménidienne de l’écologie : système doté d’un écosystème (Climax - hypothèse Gaïa ), ce qui sous-tend une idée d’équilibre et de fixité.


2) La représentation Héraclitéenne de l’écologie :  système en constante transformation (Lamarck), en évolution (Darwin), ensemble désordonné, changeant et chaotique. La diversité étant
créatrice d’une dynamique de vie mais pouvant aussi générer le Chaos. 


 


Cette vision de l’écologie évolutive comme « écologie du désordre » est novatrice.


Encore de la rédaction en perspective…     Rhaaa…


 


Salutation au soleil.


Bien à vous, Virginie.

Le chêne sans lézard. 09/11/2012 09:04


C’est sans doute dans l’atavisme du hérisson de lancer des piques sur les I.


D’autres mettent les choses … au point. 

Chêne sans lézard. 09/11/2012 09:01


C’est sans doute dans l’atavisme du hérisson de lancer des piques sur les I…


D’autres mettent les choses … au point.

Frédéric Schiffter 08/11/2012 16:15


Chère Virginie, 


Votre page sur Darwin me renvoie au nom d'un savant américain: Stephen Jay Gould, chantre de la théorie du hasard comme étant au pricipe des mutations génétiques. Le type était assez
drôle et s'était battu contre les créationnistes (qui le tenaient pour Satan en personne) et, amicalement, s'était moqué de Richard Dawkins — lequel, naïf, voulait partir en guerre
donquichottesquement contre la religion et défendre la cause de l'athéisme en placardant des affiches publicitaires pro-Darwin à l'arrière des autobus de Londres (!). 


Mes aptitudes intellectuelles à piger les sciences étant très limitées, S.J. Gould me paraît assez accessible. Une sorte d'Etienne Klein de la bio-paléontologie. Mais vous devez connaître le
bonhomme. 


À vous et bravo pour vos pages instructives,


 


Frédéric 


 

Cédric 08/11/2012 15:57


 


Ultime bafouille :


 


La rancune n'étant ni à votre programme ni au mien, je me permettrai donc de continuer à vous faire part de tout le bien que je pense de vos billets ! :-)


 


( Amusant, nous avons donc eu affaire à un Porc-épic masqué me reprochant mon "anonymat"...'faites ce que je dis pas ce que j'fais'... ;-) )

Le chêne. 08/11/2012 15:22


Cher Alfonso, muchas gracias. 


 


Cher Nuage,


 


merci aussi pour vos légèretés et vos partages. 


 


Pour la petite histoire cet article est l’aboutissement d’un an de travail (documentation, lecture d’ouvrages, notamment ceux de Patrick Tort dont je conseille chaleureusement la lecture et
émissions radiophoniques.)  


Deux autres devraient suivre (sur l’esclavage et le Darwinisme social)…. Quand j’aurai le temps car pour l’instant je travaille de concert sur le vocabulaire, la conférence de Sandrine Vézilier
dédiée à Marguerite Yourcenar, Frida Kahlo   et Emilia Ferreiro… tout un programme.


 


Bref, des vacances chargées et dénuées de télévision (au reste, proscrite de chez moi).


 


En attendant, Yes Week-end ! 


Nota : Salutation au peuple du livre. 


 


Précisions utiles : 


1) Je ne suis pas l’auteur(e) du commentaire « Porc-épic ». (Je signe toujours le chêne ou Virginie).


2) La rancune n’est pas à mon  programme, elle m’est étrangère (En outre, je ne crois pas avoir de temps à consacrer à ce genre de stupidités.).

Cédric 08/11/2012 14:43


 


Y a-t-il quelque chose à apprendre, chère Virginie ? Nous sommes ce que nous sommes, quels que soient les mots qu'on se pose sur soi-même.


C'est en cela que je dis que personne n'a rien à m'apprendre sur l'essentiel. Nous sommes, inutile d' « apprendre à être ». « Être » n'est ni un métier ni le fruit d'un
effort.


 


Oui, je me contente d'être. Que les autres mettent tous les mots qu'ils veulent sur cela ou sur moi, je ne m'en mets aucun sur moi-même.


Je ne me considère ni plus grand ni plus petit que qui que ce soit. Juste un être humain.


 


Quant au fait de vouloir « avoir le dernier mot », ça ne sera jamais mon but, et puis je l'ai déjà écrit quelque part : seul le dernier homme aura le dernier mot.


 


En ce qui concerne l' « anonymat », 'Cédric' est mon vrai prénom, vous connaissez et mon prénom et mon visage, je ne vois pas l'intérêt de donner mon nom, que cela apporterait-il et à
qui ? ( En plus, pour l'heure, personne de mon entourage ne sait que j'écris sur internet et que j'ai un blog, et c'est pour moi une liberté que j'apprécie. ) Je n'utilise aucun autre pseudo. Et
si quelqu'un s'intéressait véritablement à moi et voulait échanger avec moi de façon plus personnelle, mon adresse mail est également disponible.


Et puis les masques dont je parlais ne sont évidemment pas ceux de ce « pseudo-anonymat » mais bien ceux mis pour plaire aux autres.


« Cédric » vous déplait. Soit. Je ne ferai rien contre cela. Même si évidemment je préférerais le contraire.


 


Je le répète : sans rancune aucune.


Et si je n'ai plus l'occasion de pouvoir l'exprimer ici : Merci pour tout le plaisir pris à vous lire.

Porc-épic 08/11/2012 12:48


« Oui, je dis que Montaigne n'a rien à m'apprendre, et j'ajoute que personne n'a rien à m'apprendre… »

Cette saillie d’anthologie rentre dans la définition du Soiiste telle que donnée par J-L Beauvois :

« Le soiïste est convaincu de porter, non la vérité, mais l’excellence. Ne représente-t-il pas l’avenir exportable de l’Homme ? Il (…)  a une estime de soi particulièrement élevée
(…)  Tel qu’il est, il est bien, quitte à se livrer à quelques « remise en cause » ou à quelques « deuils » autonettoyants de ses idées. Pourquoi évoluerait-il ? (…)
Plus généralement, en s’imaginant s’être construit « par lui-même » pour « être lui-même », et ceci hors des influences, hors du social et des situations que nous impose le social, le soiïste
s’est doté d’un Soi évidemment charmant, évidemment amoureux de liberté, mais assez fantasmatique. »

Lorsque la mouche du coche veut absolument avoir le dernier mot…. Pour « s’amuser », bien entendu.
On connait l’épitaphe :

« Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés ».

Il y a aussi une expression populaire qui dit : « Essayes donc de faire rentrer du jus dans un pavé ! ».
Voilà résumé toute l’affaire.

Et pour finir, histoire de faire bonne mesure, il est significatif de relever  que celui  qui claironne qu’il « aime les vrais visages, (et n’a) que faire des masques »,
l’assène à des personnes parfaitement identifiées, alors que lui-même avance couvert du masque de l’anonymat.

nuageneuf 08/11/2012 12:41





Chère Virginie,


Attendre un train permet de flâner dans les Maisons de la presse (bel oxymore involontaire) pour y feuilleter des livres qu’on n’achètera pas.
Mais on peut tomber sur quelques lignes qu’on note ; les voici.


 


"Si nous voulions nous en sortir, il fallait sortir de nous. Plonger direct dans les sensations, dans la peur, dans la joie, être aux
aguets, se transformer en une boule de présence au monde prête à jaillir. Il y a quelque chose d'excitant, de suffocant dans la lutte pour la vie : plus d'écran entre elle et nous. On devient la
vie. Tous les hommes descendent de Darwin, me soufflait Sils qui avait lu Jules Renard". in La Survivance 


de Claudie HUNZINGER.


 


Cela dit, en résumé sur la 4ème de couv., le livre raconte la vie de Jenny et Sils, ils ont une librairie au milieu des vignes. Ils
se sont comportés en cigales, sans souci du lendemain et ils doivent en partir, perdant en même temps leur domicile. Ne sachant où aller, ils se souviennent de "la Survivance" petite maison
perdue dans la montagne où ils ont déjà tenté de vivre des années auparavant.


Cela dit pour l’anecdote. ET encore merci pour cet article fabuleux sur Darwin et les vidéos qui accompagnent.


 


Bien amicalement, le nuage vieillissant

Cédric 08/11/2012 11:07


 


Bonjour,



Vous pouvez me considérer comme vous le voulez, chère Virginie, mais sachez que vous vous méprenez sur bien des points.



Si vous permettez que je réponde, voici ce que j'ai à dire :



Vous jugez que je « dérape », je ne vois ici aucun dérapage, je ne fais qu'écrire et agir de façon naturelle, sincère et authentique, fidèle à moi-même et sans fidélité à qui ou à quoi
que ce soit d'autre, et sans aucun désir de plaire ou d'être apprécié.



Je me fous totalement d'être « exclu » des endroits d'où je suis exclu ( il n'y a pas que chez F. Schiffter), je ne m'en porte ni mal et n'en développe absolument aucune rancune. Ca ne
me dérange absolument pas de ne pas être apprécié ou de ne pas plaire.


Je me contente d'être ce que je suis, toutes les réactions m'amusent, qu'elles soient « positives » ou « négatives » (entre guillemets ces termes, car l'un devient l'autre et
l'autre devient l'un).



Ce qui m'amuse, c'est que bien que « banni » de chez lui, le Monsieur Schiffter ne peut pas s'empêcher de me faire de gentils petits et inoffensifs tacles ailleurs comme s'il ne me
supportait pas où que je sois. :-) Et vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m'amuse.


 


Mais revenons à ce que vous dites :



Je n'ai rien à faire de « wikipédia », ça n'est qu'UNE source d'information facile rapide et souvent pertinente (même si contenant parfois erreurs et imprécisions). Je ne prends rien
pour 'gravé dans la roche' d'où que cela vienne.


Oui, je dis que Montaigne n'a rien à m'apprendre, et j'ajoute que personne n'a rien à m'apprendre à propos de l'essentiel de ce qu'est la vie. J'apprends des autres des données scientifiques ou
autres, des faits, des sensations vécus par d'autres, etc mais rien d'essentiel sur la vie.


Je ne balaie pas Schopenhauer d'un revers de pied, j'ai balayé UNE petite fable de Schopenhauer. ( Tout comme je peux balayer sa misogynie et bien d'autres idées par lui développées )


Je me fous qu'on soit patient ou non avec moi, je veux qu'on soit sincère avec moi. Je préfère une vraie méchanceté à une fausse gentillesse. Voilà pourquoi je me comporte comme je me comporte,
j'aime les vrais visages, je n'ai que faire des masques que tout le monde porte partout y compris ici sur internet. J'aime quand les masques tombent.



Je n'ai que faire de l'  « amitié » si ce n'est que du chiqué. Je veux des rapports francs, directs, sans faux-semblants, quitte à déplaire, quitte à ce qu'on me dise
« dégage ». Je préfère mille fois un tel comportement envers moi que le mielleux des rapports humains faussés.



Maintenant venons-en à « ce pourquoi vous m'en voulez ». Attendez-vous des autres ( de moi par exemple) d'être confortée dans vos convictions ? Si une conviction a besoin d'être
confortée par quelqu'un d'autre, c'est qu'elle n'est pas une conviction.


Si vous voulez ma vision des choses à ce sujet-là, je vais vous la donner : je dis que tout, sans cesse, se détermine ( par son environnement, son passé, le contexte dans lequel on évolue, ses
traits de caractères, etc.) mais que rien n'est prédéterminé. De personne on ne peut prévoir ni ce qu'il va comprendre, ni ce dont il va finir par prendre conscience, ni l'ampleur des aptitudes
qu'il va développer.



Tout être humain peut développer le meilleur de lui-même, par son environnement, par l'attention qu'on lui porte, etc. Et votre 'concept d'éducabilité' ou l'idée d'une ' possible avancée de tous'
n'est absolument pas contradictoire avec ce que j'exprime-là.


 


Sachez que je respecte votre émotion, le fait d'être touchée, etc. mais ça ne me fera jamais me comporter « avec des pincettes » avec vous, car je vous l'ai déjà dit : vous êtes
quelqu'un de fort.


Maintenant, que cela soit très clair : même si je suis « banni » d'ici, sachez que je n'aurais jamais AUCUNE rancune à votre égard. ( d'ailleurs posez-vous une question : la rancune
est-elle chez celui qui « bannit » ou chez celui qui « est banni » ? ;-) ) Je n'ai de rancune envers personne. C'est comme ça, c'est ni un choix et ni une posture. Mais on
peut très bien ne pas me croire. On peut croire ce qu'on veut sur moi, ça ne me dérange pas.


Moi, je continuerai à venir ici vous lire, car j'y apprends des choses et car j'aime le cœur que vous mettez à écrire vos billets.






Sincèrement.


Cédric.

La Plantación 08/11/2012 10:19


(...) Es evidente que un establecimiento como
HP Biarritz no puede acomodar este tipo de pacientes.


Sólo un sensualista o quizás un torerista puede hablar sobre este caso.

Le chêne. 08/11/2012 08:14


Fâcheux Cédric,


 


Que vous supportiez mal l’exclusion du blogue de Frédéric n’excuse pas tous vos dérapages.  


Comme je vous l’ai déjà dit l’amitié est meilleure conseillère qu’une rancœur mal dissimulée. 


 


Vous dîtes ne jamais acheter un livre. Soit.


Vous utilisez Wikipédia non comme un outil mais comme une Wi-qui-pensée. Pourquoi pas…


Vous ajoutez que Montaigne n’a rien à vous apprendre, pas plus que Nietzsche « quand on voit comment il a fini », vous balayez Schopenhauer d’un revers de pied.


Je passe le reste…


 


Je pense avoir été plus que patiente avec vous, mon goût pour l’explicatif et la pédagogie ainsi que le concept d’éducabilité auquel je suis attachée l’explique.   


 


Mais je vous en veux Cédric – pas à titre personnel, bien sûr.


je vous en veux terriblement – voyez-vous. 


Je vous en veux de donner raison à Nietzsche, lequel pensait – tout comme Platon et son fameux  « Que nul n’entre ici s’il n’est pas géomètre » - que le savoir n’était pas à dispenser à
tous. Tous deux développaient l’idée de pierres incurables, d’intellects inaccessibles au second degré, hermétiques à toute connaissance, à tout progrès.


Et je me bats contre ça. Chaque année, chaque minute, seconde.  J’ose croire encore – à l’aube de mes 44 ans - en une possible avancée de tous.


 


Et voyez-vous Cédric, sur ce sujet, vous leur donnez raison. Vous leur donnez raison ! 


 


Et cela m’attriste profondément. 

Cédric 07/11/2012 22:05


 


Bonsoir Frédéric Schiffter,


 


Vous ne pouvez pas savoir à quel point je m'amuse à vous tendre des perches et à observer comme vous prenez plaisir à vous y accrochez.


 


C'est jubilatoire.


 


"La bourrique et le penseur"  je vous donne la moralité de cette fable :


" car en effet, la bourrique sera toujours le plus entêté des deux,


celui qui, se bornant à ses idées, refuse d'ouvrir les yeux"


 


Vous avez des idées arrêtées sur moi, Frédéric Schiffter, et cela m'amuse au plus haut point. J'adore être pris pour un âne (chose que vous-même êtes incapable de supporter, n'est-ce pas ? ;-) )


 


Pour en revenir à la fontaine, on notera l'existence de cette belle fable où intervient un hérisson :


 


"Le renard, les mouches et le
hérisson. "


 


Bien à vous tous.


 


 

Le chêne et son double 07/11/2012 17:38


L’Art du… Déjà-vu . 


 


Cher Frédéric,


 


Contre  Wiquipédia, naturellement,  la défaite de Schopenhauer ne fait pas un pli.  


 


En attendant, pour me remettre des fâcheuses duplications d’hier, je me suis mise à cheminer dans les contrées fort réjouissantes du Gai Savoir – balade jamais décevante, pour le coup. 


 





 


Au premier embranchement de l’émission consacrée à Clément Rosset « Le réel et son double », l’idée d’attitude la plus
commune face à la réalité déplaisante, le ‘ni oui ni non’ – oui à la chose perçue, non aux conséquences qui devraient s’ensuivre - est saisissante. 


Ce concept intéresse à mon sens l’élève ‘qui s’empêche d’apprendre’… Je creuse la question.  


 


Deuxième embranchement… Je me demandais si cette idée de bêtise du second degré était d’inspiration Deleuzienne (Idiot 2) ou l’inverse… Ou serait-ce la duplication d’une époque ?


 


Finalement, tout ceci finira par la lecture du Réel et son double. Y a-t-il mieux comme conclusion ?


 


À vous. 


Virginie.


 


Virginie.


 


 


 

Frédéric Schiffter 07/11/2012 08:47


Chère Virginie,


 


Un chat se montrera toujours plus circonspect qu'un chien à l'égard d'une boule de piquants sur pattes. La Fontaine eût pu en effet composer une fable sur la défiance et la confiance qu'il aurait
intitulée Le Chat, le Chien et le Hérisson. Pour brocarder les esprits fâchés avec le style allégorique ou le second degré — je ne sais pas pourquoi je pense à cela — il aurait pu aussi en écrire
une au titre évocateur : La Bourrique et le Penseur.


 


À vous,


 


Frédéric

Cédric 05/11/2012 11:31


 


Je trouve quant à moi cette 'fable' du porc-épic de Schopenhauer dénuée d'intérêt, de pertinence et de beauté. Sur ce coup, il n'est ni Darwin ( qui n'aurait jamais parlé de "troupeau" ( "De
caractère solitaire, myopes, ils limitent leur vie sociale aux nécessités de la reproduction
et, parfois, au partage de la végétation, leur nourriture.
(wikipédia) ) ni La Fontaine ( c'est tellement faux ce que dit là Schopenhauer sur les hommes, absolument aucun homme à mes yeux n'a de piquants, ça n'est pas par peur d'être piqué que je ne
recherche pas la compagnie des autres (personne ne pourra jamais me faire mal quels que soient ses piques ) mais simplement parce que j'aime la solitude ). Mais j'arrête ici mon commentaire sur
cette fable, car celui-ci n'intéresse fondamentalement que moi.


 


Par contre j'aimerais partager deux petites vidéos sur le sujet :


 


La première raconte l'histoire du chien Rose.


 


La deuxième montre un combat entre un porc-épic
et un léopard. (je vous laisse deviner lequel des deux sort vainqueur ).


 


Bref, même si la fable de Schopenhauer me laisse indifférent, elle aura eu au moins le mérite de me faire apprendre des choses sur les porc-épics !! :-)


 


Au plaisir. (Personnellement je ne prends que du plaisir dans le contact aux autres (que ce soit virtuellement ou pas) pour la simple et bonne raison que si ça ne me procurait aucun plaisir et
bien je m'abstiendrais d'établir ces contacts !! ;-) )


 


 


 


 

Nuageneuf 04/11/2012 12:16


Chère Virginie,


 


On conviendra aisément que le chat et même le chien sont préservés, n'étant pas Schopenhauériens (!..) Touefois, avertissez je vous prie le chien, dès qu'il vous
prêtera quelque égard, qu'il semble être victime d'une addiction à l'acupuncture. 


Bien amicalement, Nuage.

Le chêne parlant 04/11/2012 09:17


Cher Nuage,


 


Ca m’a tout l’air d’être un chat Schopenhauérien sachant garder la bonne
distance.


Un troupeau de porcs-épics (Schopenhauer)


Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent
les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres. Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils
étaient ballottés deçà et delà entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société,
né du vide et de la monotonie de leur propre intérieur, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses qualités repoussantes et leurs insupportables défauts les dispersent de
nouveau.


Arthur Schopenhauer


 


Un Art échappant au chien, je le crains...





 


Très amicalement, Virginie.


 

Nuageneuf 03/11/2012 12:26


Ni Phèdre, ni Esope et encore moins La Fontaine n'ont traité des rapports entre le hérisson et le chat, sauf erreur de ma part. Ni Darwin d'ailleurs. On notera néanmoins ici "l'élégance du
hérisson" ; le fait que le chat porte des lunettes sans verres - on distingue parfaitement la branche de lunette mais pas les verres - reste un mystère.


 


Mais trèfle de plaisanterie, félicitations au Chêne parlant pour son exégèse ébouriffante !

Axel 01/11/2012 08:22


Oui, cher Frédéric, je crois bien que le chat ait tout intérêt à savoir garder bonne distance avec son piquant interlocuteur. 


 


Et je crois que chez les chats, du moins, ses choses là s’apprennent d’instinct.   


 



Frédéric Schiffter 31/10/2012 20:48


Hé! Cher Axel! Un chat n'a-t-il pas intérêt à sympathiser avec un hérisson? 

Axel Evigiran 31/10/2012 11:04


" Exemple : un horrible virus touche la France : je succombe, le reste de ma famille résiste. "


Je note l'extrème générosité de cet exemple !...


 


Ps :


1) Pour l'émission du club de Science publique je n'ai aucun mérite, faisant à cette l'heure là le ménage avec Francer Culture en bruit de fond !


2) Pour les  chats, ma foi, il leur arrive de sympathiser avec des hérissons (je pourrai en apporter la preuve en image si nécéssaire).

Le chêne parlant 30/10/2012 18:12


Axel, merci, 


 


Cette émission du club de Science Publique avec Serge Haroche m’avait échappé, fichtre !


 


Nota : N'est-ce pas un peu ballot d’aimer les oiseaux et les chats… surtout lorsqu’on a deux spécimens adorables mais chasseurs ?

Le chêne parlant (beaucoup). 30/10/2012 16:26


Bonjour, V.


 


Grand merci pour ce lien, effectivement fort intéressant.


Plusieurs questions ressortent de cette conférence :


 


1) Procréation ou reproduction ? Le vocabulaire est extrêmement important, il détient un pouvoir politique.


 


Jacques Testart reprend ces deux termes. 


« En effet, la maîtrise de la procréation semble avoir atteint le stade où ce qui est incertain est transformé en probable, rejoignant ainsi au niveau des objectifs généraux le but déjà atteint
par les autres champs du savoir. C'est la thèse centrale de ce livre, que l'auteur justifie en puisant dans l'histoire des vingt dernières années de recherche. Cette transition est
explicite si l'on considère que l'on ne parle presque plus de procréation mais de reproduction. »


En gros, les théoriciens insistant sur l’idée de reproduction ont à l’esprit l’idée d’un individu fait de gènes, d'un individu « machine ».  


(Je développerai – bientôt - dans la rubrique « concept » car la question le mérite.) 


 


2) Qu’est-ce que la théorie de la sélection naturelle ?


Patrick Tort est très clair sur ce point : On fait dire à Darwin tout et n’importe quoi.


Le spécialiste (le meilleur actuellement) de Darwin dénonce trois dévoiements principaux dont sa doctrine a été l’occasion –


1) néo-malthusianisme, 2) « darwinisme social » et 3) eugénisme.


 


Darwin est un humaniste, anti-esclavagiste. 


La théorie de Darwin est celle de la ‘Sélection Naturelle’ ça n’a rien à voir avec la ‘loi du plus fort’, la sélection des « meilleurs » ou l’élimination (volontaire) des plus faibles. 


Exemple : un horrible virus touche la France : je succombe, le reste de ma famille résiste.


Il n’y a aucune 'intentionnalité' dans cette « sélection », je n’étais pas « apte » à résister à ce virus là, cela s’est fait « naturellement » - pas de chance... Un autre virus m’eut peut-être
épargné... Aurais-je été plus « forte », pour autant ? D’où l’intérêt de la multiplicité des gènes. 


 


Patrick Tort développe :


p 88 : « La théorie sélective en effet déclare :


1. Que les espèces ne sont pas fixes, mais évoluent par variations avantageuses sélectionnées et transmises au sein d’un milieu donné ;


2. Que les espèces actuelles sont rattachées par un lien généalogique à un ancêtre commun, et que chaque être vivant aujourd’hui est l’extrémité actuelle d’une ascendance complexe, ramifiée et
dont les transformations n’ont jamais été interrompues ;


3. Que la sélection naturelle, opérateur de ces transformations, est un processus nécessairement éliminatoire ;


4. Que l’élimination sélective frappe nécessairement ceux qui sont les moins aptes à survivre dans le milieu considéré ;


Et enfin, que la civilisation, conséquence et aboutissement inachevé de la sélection naturelle, se définit toutefois et s’observe comme ce qui s’oppose à l’élimination
des moins aptes. »


Patrick Tort – l’effet Darwin – sélection naturelle et naissance de la civilisation – science ouverte seuil. 2008. Paris ISBN : 978-2-02-097496-7.


 


La fin est primordiale : Darwin pense que la culture « la civilisation » s’oppose à l’élimination des moins aptes (par l’accès à la vaccine, par exemple ou aux opérations chirurgicales, etc.)


 


Excellente soirée à vous, très amicalement, Virginie.


 

V. 30/10/2012 13:38


Une conférence intéressante de Dominique Guillo qui pourrait peut-être vous intéresser... 

Cédric 29/10/2012 15:10


Merci pour ce beau billet !

Le chêne aux réflexions nomades. 29/10/2012 12:43


Bonjour Alfonso, 


 


Heureuse de vous lire. Merci pour ce lien - encore un endroit à visiter, je crois. 


 


Très amicalement, Virginie.


 


 

Axel 29/10/2012 11:35


J’aime beaucoup ce portrait de Darwin.
Ce Darwin qui laissa tomber le fusil pour les jumelles (ce que fit aussi Thoreau).

Le côté atypique de son parcours scolaire et ce besoin de temps pour mettre au clair sa pensée laisse également songeur…   Et l’otium !
Bref, des valeurs et manières d’être tout à rebours de ce qui se prône en nos époques frénétiques, où la norme et le normé sont lois, où le temps libre dégouline d’amuseries de carnaval, où
encore la recherche se trouve corsetée par l’utilitaire à courte vue (sur ce dernier sujet, l’émission du club de Science Publique, avec Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012 est tout à fait
passionnante).

Alfonso 29/10/2012 11:34


Chère Virginie,


(...) He stayed only four days, but with the aid of a guide,
a former slave, walked in all directions from morning to night and acquired a detailed knowledge of the island.


C'est là que résida Darwin pendant son séjour dans l'île.


 


 


 



Présentation

  • : Le chêne parlant
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  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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