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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 09:27

Portrait-de-Victor-Hugo-par-Leon-Bonnat--1879---conserve-.jpg« L’avenir de l’humanité reste indéterminé, 

parce qu’il dépend d’elle. »

Henry Bergson (1932) 

 

 

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?

Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?

Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?

 

Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;

Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement

Dans la même prison le même mouvement.

Accroupis sous les dents d'une machine sombre,

Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,

Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,

Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer. »

 

Melancholia, Victor Hugo.

"En s'en allant, il emporta la peine de mort avec lui."

Robert Badinter.      

 

Aux combats contre la résignation. 

             A l’éradication de l’humeur méfiante du monde.

Le premier humain était un être à part, un primate « raté » remarque Albert Jacquard, c’est à dire, quelqu'un de « rien », un individu qu’on ne regarde pas, une injure à la « norme ». Toutes les grandes avancées humaines s'arrachent aux déterminismes de leur époque, sont des victoires remportées sur des pensées traditionnelles écrasantes.

Résister au conformisme réclame un certain courage - pas de l’héroïsme - juste l’affirmation d’une différence, juste ne pas laisser dissoudre sa manière de penser dans l’acide de la « bien-pensance ».  

 

Victor Hugo – est un écrivain des travailleurs de l’amer – de la misère. En combat contre les fatalités. Il était ami de Victor Schœlcher

 

Victor-hugo---video.JPG

L’universitaire Arnaud Laster parle des combats de Victor Hugo.

Toute la lyre :

XX Ce que vous appelez

Ce que vous appelez dans votre obscur jargon :

Civilisation du Gange à l’Orégon,

Des Andes au Thibet, du Nil aux Cordillères,

Comment l’entendez-vous, ô noires fourmilières ?

De toute votre terre interrogez l’écho.

Voyez Lima, Cuba, Sydney, San-Francisco,

Melbourne. Vous croyez civiliser un monde,

Lorsque vous l’enfiévrez de quelque fièvre immonde,

Quand vous troublez ses lacs, miroirs d’un dieu secret,

Lorsque vous violez sa vierge, la forêt ;

Quand vous chassez du bois, de l’antre, du rivage

Votre frère aux yeux pleins de lueurs, le sauvage,

Cet enfant du soleil peint de mille couleurs,

Espèce d’insensé des branches et des fleurs,

Et quand, jetant dehors cet Adam inutile,

Vous peuplez le désert d’un homme plus reptile,

Vautré dans la matière et la cupidité,

Dur, cynique, étalant une autre nudité,

Idolâtre du dieu dollar, fou qui palpite,

Non plus pour un soleil, mais pour une pépite,

Qui se dit libre, et montre au monde épouvanté

L’esclavage étonné servant la liberté !

 

Oui, vous dites : Voyez, nous remplaçons ces brutes ;

Nos monceaux de palais chassent leurs tas de huttes ;

Dans la pleine lumière humaine nous voguons ;

Voyez nos docks, nos ports, nos steamers, nos wagons,

Nos théatres, nos parcs, nos hôtels, nos carrosses ! -

Et vous vous contentez d’être autrement féroces !

Vous criez : - Contemplez le progrès ! admirez !

Lorsque vous remplissez ces champs, ces monts sacrés,

Cette vieille nature âpre, hautaine, intègre,

D’âmes cherchant de l’or, de chiens chassant au nègre,

Quand à l’homme lion succède l’homme ver,

Et quand le tomahawk fait place au revolver !."

Victor Hugo.

victor Hugo - 93 - Vidéo

       Edgar Morin (1) insiste sur une valorisation du dissemblable, une protection de la déviance. Penser différemment, prendre position contre la majorité, voilà la véritable formule, voilà une vision du « rebelle » plus réaliste – ma foi dix mille fois plus proche - du courage. 


Olivier Reboul (2) insiste : l’écriture, le style, le talent s’inscrivent dans des propositions  flamboyantes, imprévisibles, non mécanicistes de la langue. L’inspiration réclame une critique, un recul, une implication personnelle, des univers inédits, débordants, provocateurs,  un nouveau rapport au monde, enrichissant, faisant voler en éclat bien des dogmes. La différence – reconnaissons - est probablement une clé, une chance. « Après tout, Mozart, et Beethoven, Rousseau et Nietzsche, Van Gogh et Gauguin furent des inadaptés et leur génie [substituons à génie - je tiens à cette nuance - le substantif « Art »] tient à leur inadaptation elle-même. »(3) 


Naturellement, admettre les cafouillages, entendre les voix discordantes n’est pas rallier les poncifs juvéniles, cautionner les croyances faciles de la différence forcément « géniale », de l’atypisme incompris. Simplement en faire  - froidement, posément – un champ du possible, le voir comme l’émergence d’une possibilité. D’un potentiel peut-être intéressant…

 

Victor-Hugo---dessins.JPG

Certains hommes luttent fort heureusement pour défendre cette position. Ca fait du bien de les entendre : « La société.-  exhorte Jean-Pierre Ollié - à se ré-interroger sur son attention à la prise en compte des  capacités de chacun [...]  Redevenir des humanistes et non pas simplement des techniciens. »  Prendre « en considération l'ensemble de l'individu. » (4)

 

Le sublime ne dépend pas d’un simple raisonnement logique ou d’une éducation banale,

mais constitue une résistance,

une résurgence de l’étrangeté,

un état de guerre contre les évidences. 


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(1) Sciences avec conscience, p 33« il est vrai que le surgissement et le développement d’une idée neuve ont besoin d’un champ intellectuel ouvert, où débattent et se combattent théories et visions du monde antagonistes ; s’il est vrai que toute nouveauté se manifeste comme déviance et apparaît souvent soit comme menace, soit comme insanité aux tenants des doctrines et disciplines établies, alors le développement scientifique, dans le sens où ce terme comporte nécessairement invention et découverte, nécessite vitalement deux conditions : 1) maintien et développement du pluralisme théorique (idéologique, philosophique) dans toutes les institutions et commissions scientifiques ; 2) protection de la déviance. Nécessité de tolérer/ favoriser les déviances au sein des programmes et institutions… ».

 

(2) Olivier Reboul, La philosophie de l’éducation, op. Cit.P 25 «Montaigne et Rabelais, Gide et Proust ont appris la même langue, mais chacun, au delà des clichés, a su trouver son propre style et s’exprimer, lui. »

 

(3) Olivier Reboul, op. Cit., P 24.

 

(4) Jean-Pierre Ollié, France culture, avec ou sans rendez-vous, émission d'Olivier Lyon Caen,  La santé mentale des français, du mardi 3 novembre 2009.

 

----------------------------------

SITES 

 

Culture.gouv.

 

France Culture. Le Choix du noir.

 

@lalettre.com

 

Victor Hugo dessinateur.

 

Nuageneuf - Victor Hugo.


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Ceux qui vivent, Victor Hugo [passé la référence religieuse...]

Une belle interprétation d'Anaïs Gabay

      "Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,

Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,

Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !"

 

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Published by Le chêne parlant - dans Littérature
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commentaires

Virginie 11/04/2012 08:42

Bonjour CorinneS,

Bienvenue sur ce blogue, et merci pour vos superbes photos, rendant justice à l’espèce feuillue.

Bien à vous, Virginie.


Cédric - merci.

corinneS 10/04/2012 20:30

Bonsoir Virginie,
Merci de votre passage. Je découvre et reviendrai sans doute m'attarder à l'ombre éclairée de votre chêne.

Amitiés,
Corinne.

Cédric 09/04/2012 11:19

Bonjour chère Virginie,


Cette discussion à propos des citations est très intéressante.

Moi, je suis sûr que vous n'avez besoin ni de Britt-Mari Barth ni de Frédéric Schiffter ni de qui que ce soit pour penser et agir en général ou pour expérimenter par vous-même dans votre classe
certaines méthodes. Évidemment ne prenez pas ce que je dis pour la vérité, vous n'avez pas besoin de moi non plus ! ;-)

Je suis sûr également que vous pourriez exprimer aussi clairement, voire mieux, votre pensée sans toutes ces citations. Il serait en tout cas bien plus aisé pour moi de vous comprendre si je vous
lisais vous sans ces intermédiaires. Car je ne sais pas trop comment prendre toutes ces citations, est-ce que vous les pensez ? Est-ce que vous les faites vôtres ? Ou ne sont-elles qu'un partage de
la pensée des autres sans que vous les ayez véritablement faites vôtres ? Est-ce que vous êtes moins d'accord avec ce que vous ne citez pas par rapport avec ce que vous citez et qui est issu d'un
ouvrage ? C'est cela qui brouille un peu ma compréhension de vos propos.


En fait, ce qui m'intéresse c'est ce que les gens pensent par eux-mêmes pas ce dont ils se font le perroquet plus ou moins fidèle ( et le mot 'perroquet' n'est ici utilisé que pour titiller votre
éventuelle susceptibilité ;-) ). Je préfère des propos « bruts », teintés de passion, d'erreurs, de doutes, d'imprécisions, que la citation de propos « précis et fins ».

Ce que j'aime dans vos pages, c'est ce que vous y mettez de vous-même, c'est la passion qui vous anime et qui y transpire, c'est ce que je lis derrière toutes les citations que vous partagez.

J'aime quand vous vous égarez, je me suis fait par exemple un plaisir d'un peu chercher ce qu'il en retournait de ce Quantom 1+3, je suis tombé sur des « mémoires alchimiques », des
contributions outre-atlantiques, une Lydia/sulamite noir qui renforce d'ailleurs, à l'insu de mon plein gré, ces questions que je ne voulais plus me poser ! ;-)


Quoi qu'il en soit, citations ou pas, c'est le cœur de votre être qui m'intéresse, « qui est la personne qui tient ce blog, qui parle, qui écrit ?» c'est toujours cette question qui
m'habite quand je parcours un blog et que j'y commente, c'est toujours l'être humain qu'il y a derrière le blog qui m'intéresse, c'est ça que je trouve riche, la relation d'être à être, ne faisant
des mots ou du blog qu'un intermédiaire. Et je peux vous affirmer qu'on finit toujours par toucher au cœur de l'être qui tient le blog, quitte à ce que ça le dérange et qu'il refuse notre présence
car ne voulant pas se montrer tel qu'il est réellement.

J'aime voir les imperfections des gens, tout comme j'aime observer les miennes, et comme vous le dites très justement : personne n'est parfait.

Bref, longue vie à nos imperfections et à nos échanges !

Cédric.

Virignie 09/04/2012 08:48

Cher Cédric,

A propos des citations…
Si je cite beaucoup, ce n’est point pas économie de pensée(s) ou d’écriture. Simplement, je ne vois pas l’intérêt de paraphraser (souvent mal qui plus est) ce qui est dit avec précision et
finesse.

Aussi mes citations de Frédéric Schiffter ou de Cédric Lagandré n’ont rien d’une banale reprise ou d’une facilité. Elles sont - au contraire – le fruit de réflexions, faisant elles-mêmes suite à
d’autres réflexions logiques, etc.
Ce qui est appréciable chez Frédéric Schiffter, ce n’est pas qu’il ait édité des livres ou qu’il passe dans tel média ou dans telle émission (qualités dont je me fiche pas mal mais dont - soit en
passant - un grand nombre d’incultes – fussent-ils eux-mêmes philosophes/ écrivains/ nietzschéens « de gauche » se préoccupent vigoureusement, ne s’adressant – eux – qu’aux hommes ayant eux-mêmes
édité (un comble pour des idées soi-disant démocratiques et de gauche, non ?)) Je connais parfaitement les yeux des groupis (filles ou garçons) dévorant ce qu’ils croient être leur dieu des yeux
(en l’occurrence Axel – Quantom 1+ 3).

Mais je m’égare – je reprends : ce qui est appréciable chez Frédéric Schiffter, donc, c’est son honnêteté intellectuelle. Laquelle se traduit en une lecture de Montaigne en ancien français –
précise – récurrente – ruminante – sincère - sentimentale. Frédéric n’ira pas « faire dire » à Montaigne l’inverse de ce que ce dernier voulait exprimer (Tromperie à mon sens criminelle.).

Lire Montaigne en ancien français, c’est effectivement se départir des traductions bancales, voire fautives, fussent-elles éditées chez de grands éditeurs.
Lire Montaigne, c’est bien.
Lire ceux qui en parlent – et raisonnent sur ses écrits – est complémentaire, cela aiguise le regard, oblige au précis, au minuscule, à l’infime dont – sans ces passeurs scrupuleux – vous passeriez
à coup sûr à côté.
Lorsque j’écris sur Britt-Mari Barth, je pense détenir une certaine compétence en ce que j’ai relu ses livres non seulement à maintes reprises, mais j’ai pesé ses discours, j’ai expérimenté sa
théorie en classe – ce qui me donne un poids, une crédibilité. Britt-Mari Barth est chercheuse et (à mon sens) elle parvient mal à faire entendre le côté concret et applicable de ses réflexions. Je
m’en charge donc.
‘L’essentiel est invisible’, c’est un fait.
En outre, il serait illusoire penser pouvoir penser – attention par soi-même, tout seul, dans son coin (soiïsme dénoncé par J.L Beauvois) - trois siècles de savoirs.
Aussi, ce point de vue, ces précisions, ces analyses me sont-elles utiles et me font-elles avancer. Raison pourquoi, je cite – et citerai encore.

Pour le reste, votre analyse n’est pas dénuée de bon sens.
Bien souvent – je tombe moi-même dans le « politiquement correct » et la « bien-pensance ».

Peut-être ne suis-je qu’un mouton essayant d’être une chèvre, qui sait ?

Nobody’s perfect, que voulez-vous.



Bon lundi de pâques à vous, Virginie.

Cédric 08/04/2012 21:26

Bonsoir,

Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris votre propos, ni que vous ayez compris, comme je l'entendais, le mien.

Une des raisons est peut-être le fait qu'à force de faire parler les autres (en l'occurrence ici M. Schiffter et Cédric Lagandré) j'en viens à ne pas très bien percevoir ce que pense Virginie en
tant qu'être à part entière. Penser par soi-même n'est-ce pas commencer par mettre de côté les mots des autres, pour s'intéresser à nos pensées propres et les mettre en mots par nous-mêmes ?

Bref, reprenons, ce que je disais, c'est que je n'ai jamais entendu quelqu'un dire : "je suis un bien-pensant !" Le mot "bien-pensance" étant tellement connoté négativement je n'entends que des
gens qui la fustigent.

Ma phrase "Fustiger la bien-pensance en est devenu une" ne vient que de là. Si tous les discours sont du type : "je suis contre la bien-pensance", ma question est : où sont les bien-pensants ?

Pour le dire autrement, et avec les propos de M. Schiffter que vous citez : "La mode est de dire du mal du mal", moi, je dis que la mode est de dire du mal du fait de dire du mal du mal.

Personne ne dit jamais : "je suis un mouton", tout le monde dit : "je ne suis pas un mouton, je pense par moi-même, je ne me laisse pas faire, on me dicte pas ce que je dois faire, je prends mes
décisions par moi-même,"ils" m'auront pas, etc."

C'est celui-là le discours le plus répandu, le "la bien-pensance passera pas par moi", le "moi, on me prend pas pour un con", etc.

Si le mot "bien-pensance" désigne le discours le plus répandu au sein de la société, c'est celui-là qui en est devenu une.

D'où ma phrase : fustiger la bien-pensance en est devenu une. C'est en tout cas ça que je veux lui faire dire.

Mais vous avez parfaitement raison : "on s'autoconditionne" et il est impossible de sortir volontairement de cet auto-conditionnement. On se contente tous d'être ce qu'on ne peut s'empêcher d'être,
et c'est très bien ainsi ! :-)

Belle soirée à vous et à vos proches, quels qu'ils soient (j'ai décidé (ou plutôt : en moi s'est prise la décision) de ne plus essayer de comprendre qui fait quoi et avec qui ;-) )

Virignie 08/04/2012 19:07

Cher Cédric, bonsoir,

Merci de votre écoute réconfortante et de vos commentaires.

Tomber dans la bien-pensance en fustigeant cette dernière, dites-vous ?
Vous avez sans doute raison, il est difficile de s’en extirper tant elle fait partie de notre culture, de nous, donc.
Néanmoins, douter ne veut pas dire douter de tout. Il y a une limite – celle du savoir validé par le temps – des humanités.

La mode – dit Frédéric Schiffter – est de dire du mal du mal. CHI-CHI, BLA-BLA, GNAN-GNAN.
Nombreux sont ceux qui se laissent dorloter par le doux confort de la « servitude désirée ».

http://www.youtube.com/watch?v=KN23EzrO4PQ

Personne, effectivement ne va se dire mal pensant. Néanmoins, cela n’empêche pas d’essayer de réfléchir sur la bien-pensance, d’essayer de prendre du recul sur ceux qui veulent nous nourrir au lait
de la « bien-pensance ».

Voici quelques mots repris d’un jeune philosophe (Cédric Lagandré) qui gagnerait à être connu. Malheureusement trop peu présent dans les médias.

Selon Hannah Arendt, reprend-il : « les clichés, les phrases toutes faites, l’adhésion à des codes d’expression ou de conduite conventionnels et standardisés, ont socialement la fonction reconnue
de nous protéger de la réalité, de cette exigence de pensée que les événements éveillent en vertu de leur existence ». Bardé de ce « langage par signes », chacun peut en effet se tenir à distance
du réel et de l’exigence de pensée en quoi consiste son caractère toujours problématique. Chacun peut se dispenser réellement d’un rapport individuel au monde. Ce langage « efficace », qui prétend
ne plus s’embarrasser de la grammaire, de l’orthographe et de la syntaxe, n’est en réalité pas destiné à dire quelque chose, mais à le répéter, la valeur attachée par le groupe au sujet de l’énoncé
rejaillissant aussitôt sur le sujet de l’énonciation, et pour mieux dire produisant ce sujet d’énonciation comme individu intégré au groupe au sein duquel l’énoncé a cours. » In « La société
intégrale », climats, Paris, 2009, ISBN : 978-2-0812-2014-6.

Et à ce dernier d’ajouter in « L’actualité pure, essai sur le temps paralysé » PUF, Paris, 2009; ISBN : 978-2-13-057637-2) :

P 21 : « Il n’y a plus rien à penser. L’actualité pure ne fait plus penser-à…

[Ceux-là - à n’en point douter non seulement sont dans la bien-pensance – mais la véhicule à plein tube cathodique (pardon, plasma, je suis en retard d’un train). Le problème c’est la manipulation
de nos esprits qui en découle.]

P 22 : … il n’est plus pensé dans son historicité réelle, mais, sur un mode imaginaire, comme une panoplie…

P 23 : Et l’époque qui se prétend tendue « vers l’avant » est en même temps celle qui expérimente un figement réel dans une actualité pure – dont la pulsation temporelle, sans laquelle il n’y a ni
devenir ni expérience, a été aboli. Aussi l’une des conséquences du technicisme total est-elle l’impossibilité de changer, et sous l’apparence du plus pur réalisme une régression universelle à
l’enfance.

P 60 : Il est incapable d’histoire. Ses expériences spirituelles mêmes sont des gadgets par lesquels, sur un mode sinon parodique, du moins commémoratif, il simule une culture pour lui désormais
incompréhensible. L’histoire ne vaut que folklorisée, c’est-à-dire séparée de la continuité historique elle-même, devenue mythe…

[Savez-vous, par exemple que le Sirtaki a été créé de toute pièce en 1964, suite au film Zorba le grec. « Malgré sa renommée mondiale, ce n’est pas une danse authentiquement traditionnelle de
Grèce. En fait, elle fut créée en 1964 pour le film Zorba le Grec d’un mélange de version lente et rapide de la danse hasapikos. » Elle a été créée – en gros – pour divertir le touriste en mal
d’exotisme - pour l’occuper, « amuser la galerie ». http://www.dailymotion.com/video/x6ei9m_1-sirtaki-grece-ballets-igor-moisse_creation

Donnez-leur du « pain » et des « jeux » - la recette est veille comme le monde. »


Le but de la bien-pensance et de nous auto-conditionner par le langage, la culture, les mœurs. Plus fort que la coercition autoritaire, nous nous auto-conditionnons « à l’insu de notre plein gré »,
comme le disait si bien un glorieux cycliste. ]

P 81 : En aucune façon la modernité en question ne se propose de but politique à proprement parler, c’est-à-dire visant à l’organisation des rapports sociaux… »


Mais peut-être suis-je à côté de la plaque – et suis-je en plein – dans la bien-pensance en disant cela.
En tout cas j’y pense – ce qui est semble-t-il – très dangereux. (cf Brice Parain - http://lephilosophesansqualits.blogspot.fr/2012/04/les-mots-sont-des-pistolets-charges.html )

Bien à vous, bon week-end, Virginie.

Cédric 08/04/2012 18:10

Bonjour chère Virginie,

Il y a quelques mois, j'ai écrit : " 169 : Fustiger la « bien-pensance » en est devenu une."

aujourd'hui, je poserais surtout la question : qu'est-ce que la "bien-pensance" ? Et avez-vous déjà entendu quelqu'un dire : "je suis pour la bien-pensance! je me revendique "bien-pensant"! " ? Pas
moi.

ET si tout le monde est contre la "bien-pensance", tout le monde n'est-il pas en plein dedans... ;-)

Bien à vous et merci encore pour ce billet ! (mais vous le savez, je suis un élève assidu de vos articles !)

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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