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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 09:00

Marcin-sacha---liberalisme.jpg

 

 

Photo : Marcin Sacha

 

 

 

« Chaque être humain est une fiction, 

nous vivons en étant immergés dans nos propres fictions, 

englués en elles »

Imre Kertész

 

 

 

Deux théories s'affrontent au sujet de la connaissance souligne le physicien Etienne Klein. L’une la pense comme comblement, tel un seau à remplir. L’autre l’imagine subjective : effet de la projection de notre intellect sur le monde. 

 

La première apparente le savoir à une substance, une matière - objective - coulant vers l’individu, c’est le sens de « l’esprit-seau » du Théétète de Platon 1*. «… notre esprit est un seau, à l’origine il est vide ou à peu près et des matériaux rentrent dans le seau par l’intermédiaire de nos sens, ils s’accumulent et sont digérés » En gros, ici, apprendre c’est combler un vide. Telle une masse de grains plantés, élevés, croissants, puis récoltés au fil du temps, l’élève est  nourri – ou gavé à l’entonnoir - à grands mouvements injectant la substance de l’extérieur vers l’intérieur. 

Au fond, les savoirs pharmacologiques liés aux remèdes et poisons ne se sont pas conçus autrement. 

Par observation des animaux - notamment des oiseaux - les primates se sont représentés peu à peu, les baies a priori toxiques ou bienfaisantes. L’absorption infinitésimale d’une partie la plante a fait le reste. Quantités parfois douloureuses,  à l’issue radicale, résumant assez bien l’intrusion d’un réel objectif -  extérieur sonnant et trébuchant - au sein de l’organisme.

 

La seconde fait des connaissances une vue de l’esprit. C’est la vision d’un monde projeté par les méninges sur le grand écran des paupières closes. Un univers à la Matrix où la réalité est pensée à partir des perceptions du sujet en un courant allant de l’esprit vers l’environnement. Idées éminemment spéculatives, subjectives donc, par essence. 

Platon dans Le Ménon et la République avec son allégorie de la caverne 1* reprend cette idée d’une connaissance prisonnière de la boîte crânienne du sujet (bien qu’ici, il soit possible d’en sortir). L’individu, croyant avoir affaire au réel est en réalité assis au milieu d’une grotte, observant un cortège de simulacres projetés sur la roche, visualisant un paysage aussi puissant qu’absurde – non dénué de séductions. Afin d’accéder au réel, il devra s’extirper de cette machine à phantasmes. Peu pourront s’en tirer, d’où leur caractère d’Elus. Platon les nomme ‘Philosophes Rois’. Seule voie possible : se saisir, posséder la pilule de l’esprit critique, laquelle est directement liée à l’intellect. 

 

Extrait tiré de l'Agora des savoirs - "Esprit-seau" du Théétète de Platon. 

Comment savons-nous ce que nous savons ? Étienne Klein.

 

 

 

En éducation, l’effet Pygmalion semble appartenir à cet ordre. Les psychologues Rosenthal et Jacobson savent transformer - sur plusieurs années tout de même - des enfants aux résultats passables voire médiocres en bons élèves, rien qu’en intervertissant des dossiers ou en collant l’étiquette ‘surdoués’ sur ces enfants en quasi échec scolaire. (L’expérience est attestée, ses résultats mainte fois vérifiés.)

Alors ? Suggestion heureuse ?

Effet miraculeux de qualités projetées sur la rétine des professeurs ? 

Des chercheurs n’hésitent pas à parler sérieusement de prophétie autoréalisatrice, sans déceler ni la part de magie ni l’enveloppe de mystère contenues dans ce vocable. Il suffirait donc de penser très fort… très positif… bon… excellent…  pour – telle la méthode Coué - voir l’élève changer d’état ? 

Il y a pire.  « Dans la journée – nous indique l’économiste Claudia Senik - ou dans la semaine donner  aux enfants l’impression que ce qu’ils font c’est bien. Qu’on est satisfait d’eux … ils engrangent le sentiment qu’ils sont performants. Que quand ils entreprennent quelque chose eh bien ça marche. Que c’est bien… de se sentir bon et assez sûr de soi. Apprendre la confiance en soi. Construire l’estime de soi.» 2*… 

Apothéose absurde, en enclenchant une énorme soufflerie à positivité, on augmenterait de manière significative les performances intellectuelles.

Dispenser un courant d’air à estime de soi serait non seulement bon pour soi-même - Comment pourrait-il en être autrement ? - mais suffisant pour neutraliser les mauvaises pensées ; indispensables au maintient de quelques sensations agréables - propices au dépassement, à la construction de la réussite, à la conservation de l'âme sensible - bénéfiques, enfin, à l’édification du bonheur. 

Se projeter vers le positif. « Dire aux gens la vérité et le faire avec enthousiasme. » 2* créerait-il un changement radical ? 

La « Fonction de transformation des circonstances en bonheur » 3* serait-il la clé de l’élève heureux, motivé, besogneux,  efficace dans son travail ? 

Valoriser constituerait donc la recette de la réussite scolaire ? 

 

C’est voir la chair de poule lorsqu’il s’agit d’étudier la peur qui l’a causée.

Autrement dit, s’attacher à l’effet de surface au détriment du phénomène. 

 Martin Sacha - Art limited

 

 

Primo, reconnaît volontiers Anne Chemin, « Les américains sont les plus confiants du monde. » Cette certitude  élève-t-elle leurs résultats et donc immanquablement ceux de leur système scolaire ? L’hyper confiance en soi-même agit-elle comme un moteur ou comme une glu ? Le sucre et le caramel ne satisfont-ils point les papilles de sorte qu’ils anesthésient tout autre recherche gustative ? 

Le système américain fortement inégalitaire, aux résultats moyens et hyper valorisant rend-il l’élève plus performant ou l’enferme-t-il dans un piège ? Celui critiquable du repus de lui-même, ne cherchant plus à se dépasser. Le français a patouillé lui-même dans la guimauve, lorsqu’il s’est agi dans les années 1970 - 80 d’apprendre l’anglais. Pourquoi se gorger de cette matière – barbare - quand la saveur fruitée du raffinement et de l’excellence nous submerge ? 

Il serait assurément stupide de changer de restaurant. On se gave de ces plats pétris de miel jusqu’à en devenir obèses de contentement. Mous.

 

Secundo, pour en revenir à l’effet Pygmalion, c’est bel et bien l’élève, qui, par une estime de soi augmentée mais aussi - et surtout - par loyauté* envers le maître ‘croyant en ses compétences’, que ce dernier va redoubler de travail et donc finir par accéder à la hauteur prédite.   

 

Connaître, pour Paul Claudel dans son Art Poétique, c’est naître avec. 

« Co-Naître » 4*. Naître à la réalité se conçoit à la fois comme une délivrance de la matière et un accomplissement de l’esprit. L’aboutissement d’un travail visible.

Cela revient à couper un morceau de pain entre pairs – ce qui est le sens du mot co-pain – compain, partager entre compagnons – à s’en nourrir, à en digérer la substance.

Mais également à « réaliser, souligne le sinologue François Julien, […] prendre conscience de l'évidence » 5*. Repérer le courant sous la vague, le bruissement du silence dans une mélodie, l’ombre attachée à nos pieds. Identifier la présence du spectaculaire sous l’ordinaire simplicité du quotidien, là, reconnaît Ludwig Wittgenstein 6 * dans ses remarques mêlées. Si proche, précisément, qu’on n’en discerne plus les contours. 

C’est-à-dire au milieu du sens qui s’impose naturellement ou au contraire de l’incommunicable, du vague, de l’indéfini, se saisir d’un éclairage, d’une précision qui nous rend non pas voyant – ce serait trop beau - mais capable d’appréhender momentanément une part du monde. 

De se représenter le réel un chouïa plus proche de ce qu’il est.

 

- Extrait tiré de l'Agora des savoirs - 'La coupure Galilléenne'

"Expliquer les lois physiques par l'impossible." Alexandre Koyré.

On peut avoir raison contre les faits.

Comment savons-nous ce que nous savons ?

      Étienne Klein. 

 

 

 Non pas en une réalité arrangeante, indulgente envers soi-même et les autres, se contentant de la surface, gnan-gnan, dirait Frédéric Schiffter mais en une cruauté à la Clément Rosset, de celle qui ajoute de manière éphémère à la distinction des phénomènes – sans complaisance 7*.  A voir ce regard en biais, saisir cette perspective – parfois et même souvent contre intuitive – cette coupure galiléenne permet d’avancer, de cheminer, de distinguer par le « sonner faux » ce qui se trouve sous nos yeux. 

 

- Extrait tiré de l'Agora des savoirs -

Comment savons-nous ce que nous savons ? 'Une loi physique sonne faux'.

Étienne Klein.  

 

L’objet réel prend la forme fantasmée par nos sens  et nos affects sans invalider sa présence effective. 

 

Dans ses  « quelques gouttes de phénoménologie », José Ortega y Gasset partage avec nous l’incroyable voyage de son esprit à travers la pensée. L’idée d’un monde visiblement différent suivant les perceptions du sujet est connue. On ne laisse pas de s’interroger sur la vision en noir et blanc des souris, les perceptions dichromatiques en bleu et rouge des chats,  les fossettes thermosensibles du crotale. 

 

L’analyse du philosophe est plus fine, lisez plutôt :

Une célébrité vit ses derniers instants, nous conte l'essayiste. Son épouse, son médecin, un journaliste et un peintre fixent la scène. La traduiront-ils avec la même émotion, parleront-ils le même langage ?  On en doute... La compagne du moribond vit les choses plus intensément, et prise de palpitations, elle accompagne l’âme souffrante dans un malaise généralisé - mélange de fièvre et d’horreur. Les cœurs du journaliste et du peintre, quant à eux, palpitent de la fièvre pénétrante d’un événement majeur auquel ils ont l’infime honneur d’assister.  Leurs excitations sont saturées du compte-rendu qu’ils vont pouvoir en tirer.

Enfin, le médecin est éreinté du poids de sa responsabilité - plein d’une tension fébrile ; torturé par la crainte de voir sa réputation entachée de la fameuse  ‘Erreur médicale’. Ecrasé de sa mission, le spécialiste fixe le moribond, tournant mille remèdes dans sa tête – confus des choix qu’il doit effectuer et de leurs possibles conséquences.    

 

« La différence – écrit José Ortega y Gasset - entre ce qu’il est pour la femme transie de douleur et pour le peintre qui, impassible, regarde la scène, est si grande qu’il serait presque plus exact de dire que l’épouse et le peintre assistent à deux faits complètements différents. » 

 

                On n’en finit pas de s’arracher au monde 

                  par les oscillations de notre esprit aux sensations vacillantes.  

 Julie-de-Waroquier---Discipline-JPG

      Merci à Julie de Waroquier de son gracieux accord. 

 

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* A mon sens, cet effet de loyauté est sous-estimé. C’est par loyauté envers des parents ‘croyants’ en eux que bons nombres de garçons s’engouffrent dans les filières scientifiques ou s’accrochent coûte que coûte aux études supérieures et redoublent d’efforts.  Attribuer la réussite à l’exclusive de l’attitude du maître est donc absurde. C’est bien par saisissement du sujet de son destin, lequel empreint de responsabilité va travailler d’arrache-pied que ce dernier va accéder à la réussite.   

 

1 * Pour Platon, apprendre c’est combler un vide.

Article de blogue écrit par Chevet dans le Philophore à partir du livre Des sources de la connaissance et de l’ignorance de Karl Popper (1960).:

« … c’est la théorie de « l’esprit-seau » : la connaissance n’est qu’une information reçue par l’intermédiaire des sens (thèse sensualiste déjà évoquée par Platon dans le Théétète) »

 

Pour Platon – apprendre, c’est d’abord se ressouvenir. La connaissance est réminiscence.

Article de blogue d'Eric Chevet 'Le Philophore' :

Chapitre 7 : Du platonisme : la théorie de le réminiscence et le mythe de la caverne. (p. 47à la page 57)

« En effet, selon le Ménon de Platon, (81b-d) l’âme humaine, avant de naître existait et pouvait en tant que pur esprit, contempler les vérités et connaissait toutes choses. En naissant, notre âme s’incarne, elle épouse un corps et delà oublie toutes ces vérités autrefois contemplées du fait que sa connaissance est prisonnière de la perception sensible. Mais par la philosophie (la métaphysique), par une ascension spirituelle vers les vérités universelles, nous pouvons aider notre âme à retrouver les vérités que nous savions auparavant. Nous reconnaîtrons alors la vérité parce que la connaissions déjà : la découverte de la vérité est chez Platon une redécouverte : comme le dit Popper page 52 : « toute connaissance est une re-connaissance » »

 

 

2* Claudia Senik: ''L'autoflagellation, cette exception culturelle française'' Claudia Senik » 

 

3* B* - Claudia Senik, auteur de l'étude "Le mystère du malheur français"

« Fonction de transformation des circonstances en bonheur ». 

Selon Claudia Senik, il y a un lien entre croissance et bonheur. 

« Les gens qui passent par l’école sont moins heureux. »

 

3 ** Ce mal français de la morosité - La Grande Table (1ère partie) excellente émission de Caroline Broué.  France Culture  .

Anne CHEMIN - Sylvie LAURENT - Mathieu POTTE-BONNEVILLE

 

4 * Claudel et l’étymologie, Marie-François Guyard – p 286 à  289 ; in revue Persée :

 L’ Art Poétique, Traité de la Co-Naissance au monde et à soi-même. (1904) Paul Claudel.

« Nous ne naissons pas seuls. Naître pour tout, c’est connaître. Toute naissance est une connaissance. 

     Pour comprendre les choses apprenons les mots qui sont dans notre bouche l’image soluble. Ruminons la bouchée intelligible. La parenté est certaine qui relie les idées dans trois langues d’ acquérir par l’esprit et de surgir ; genoumai et gignôsko, nasci, gignere, novi, cognoscere, naître et connaître. » […]

Claudel établit pour Marie-François Guyard, trois sortes de connaissances : 1) la connaissance brute, celle « de la constatation des rapports qui sont entre les choses. » . 2) La connaissance de constatation. 3) la connaissance intellectuelle. [Claudel et l’étymologie ; Marie-François Guyard  p 289]

 

5 * François Jullien. « est plus précis que le simple « prendre conscience » (qui vaut aussi pour la connaissance) : réaliser , c'est prendre conscience, non pas de ce qu'on ne voit pas, ou de ce qu'on ne sait pas, mais au contraire, de ce qu'on voit, de ce qu'on sait, voire de ce qu'on ne sait que trop – de ce qu'on a sous les yeux; réaliser, autrement dit, c'est prendre conscience de l'évidence » p 119

 

6 * « Comme il m'est difficile de voir ce que j'ai sous les yeux », 

« Les aspects des choses qui sont les plus importants pour nous sont cachés à cause de leur simplicité et de leur familiarité » (Recherches philosophiques, I). » Wittgenstein dans ses remarques mêlées éditées en 1940.

 

7* Clément Rosset – La force majeure – Les éditions de minuit – collection critique – isbn : 978-2-7073-0658-6

« Cioran remarque au passage, dans La chute dans le temps, que « la cruauté en littérature tout au moins, est signe d’élection ». J’ajouterai quant à moi que la cruauté est de toute façon marque de distinction, et ce dans tous les domaines, - à entendre bien sûr par cruauté non un plaisir à entretenir la souffrance, mais un refus de complaisance envers quelque objet que ce soit. » p 26.

 

«  … comme s’il pouvait suffire d’une découverte scientifique ou d’une meilleure organisation sociale pour arracher les hommes à leur nature insignifiante et éphémère, autant dire d’une amélioration de l’éclairage municipal pour triompher du cancer et de la mort. » p 29. 

 

8 * Lev Vygotski – Pensée et langage – p 235 : « La loi génétique supérieure – dit Gesell – est apparemment la suivante : tout développement présent est fondé sur le développement passé. Le développement n’est pas une simple fonction, entièrement définie par x unités d’hérédité plus y unités du milieu. C’est un complexe historique, reflétant à chaque stade donné le passé qu’il inclut. En d’autres termes, le dualisme artificiel du milieu et de l’hérédité nous fait fausse route. Il nous masque que le développement est un processus continu qui se conditionne lui-même, et non une marionnette tirée par deux fils. » A Gesell, Pedologija rannego vozrasta [pédagogie de la petite enfance], Moscou, Léningrad 1932, p. 218.

Lev Vygotski – Pensée et langage – La dispute. Paris 1997 ; Isbn : 2-84303-004-8

 

 

9 * Quelques gouttes de phénoménologie

Un homme célèbre agonise. Sa femme est à son chevet. Un médecin prend le pouls du moribond. Dans le fond de la chambre, il y a deux autres personnes : un journaliste, qui assiste à la scène mortuaire pour raison professionnelle, et un peintre, que le hasard a conduit là. Epouse, médecin, journaliste et peintre sont témoins d’un même évènement – l’agonie d’un homme – s’offre à chacun d’eux sous un éclairage différent. Ces angles d’approche sont si différents qu’ils ont à peine un noyau commun. La différence entre ce qu’il est pour la femme transie de douleur et pour le peintre qui, impassible, regarde la scène, est si grande qu’il serait presque plus exact de dire que l’épouse et le peintre assistent à deux faits complètements différents. 

Il en ressort donc qu’une même réalité se fractionne en une multitude de réalités divergentes lorsqu’elle est observée depuis différents points de vue. Et l’on en vient à se demander laquelle de ces réalités multiples est la réalité véritable, authentique ? Quelle que soit notre décision, elle sera arbitraire. Notre préférence pour l’une ou pour l’autre ne peut être fondée

que sur un caprice. Toutes ces réalités sont équivalentes, chacune est authentique selon le point de vue adopté. 

[…] la femme participe à la scène, elle en est partie prenante.

P 25 : L’épouse, donc, n’assiste pas à la scène, mais y est intégrée ; elle ne la contemple pas, elle la vit. 

Le médecin se trouve un peu plus éloigné. Pour lui, il s’agit d’un cas professionnel. [Il est impliqué professionnellement… le journaliste observe pour relater, il contemple, il fait semblant de vivre la scène pour mieux en rendre compte…Le peintre perçoit les couleurs, l’ambiance] p 23.

 

José Ortega y Gasset – La déshumanisation de l’art – éditions Allia.

 

Julie de Waroquier - Exposition Midi-Pyrénées.

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Etes-vous prêts à entendre la vérité, rien de plus ? 

 

Humour - Mozinor . 

 


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Published by Le chêne parlant - dans Recherche pédagogique - Sciences
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Le chêne parlant 16/07/2013 12:37


Chère Carole,


 


A vrai dire, je pensais à vos sublimes lectures . Je me
suis doutée de l'ambiguïté de mon message mais j'ai eu la flemme de le modifier, ça m'apprendra. Sinon, personnellement, je n’ai pas encore osé passer le cap de la parole enregistrée – ça
viendra,  sans doute (pauvres auditeurs)... Mais j’ai progressé dans le domaine de l'affirmation de soi. (Dire qu’au début, j’avais placé 5 feuilles d’érable en vignette. Le chêne grandit
très lentement, c'est un arbre ultra tardif…)


 


Si vous me lisiez un de ces chers poèmes en vers ou en prose de Pessoa… En français. Alors là ! Ce serait Shadows of the présent ! 


 


 


 





lyubomir.bukov : "shadows of past". 


Nota : Merci - grand merci - de vos recherches. 

le chêne et son ombre 19/04/2014 16:06

Comprendre, chère Christine, n'est-ce pas recréer la monde par la pensée ?

J'aime regarder l'ombre, dos posé contre la lumière.

Bonnes vacances à vous, de même.

Christine 19/04/2014 08:09

Chère Virginie,

Petite lecture matinale des plus instructives, j'aime.

Je profite pendant que mes oisillons se réveillent tout doucement...

"François Jullien. « est plus précis que le simple « prendre conscience » (qui vaut aussi pour la connaissance) : réaliser , c'est prendre conscience, non pas de ce qu'on ne voit pas, ou de ce qu'on ne sait pas, mais au contraire, de ce qu'on voit, de ce qu'on sait, voire de ce qu'on ne sait que trop – de ce qu'on a sous les yeux; réaliser, autrement dit, c'est prendre conscience de l'évidence » p 119"


Je voudrais revenir sur ce verbe réaliser : il est intéressant d'aller lire ses différents sens. Le premier notamment est "faire exister, accomplir". Cf ici : http://www.cnrtl.fr/definition/réaliser


A la lumière de cette définition, nous pourrions aussi bien dire que l'humain connaissant fait exister le réel, en même temps qu'il en prend conscience... ;-)


Belles vacances (en retard ... ou en avance !)

Christine

k.role 16/07/2013 11:40


Bonjour Virginie,


Je n'ai pas trouvé de traduction pour ce poème. Il faudra vous contenter de la mienne :



L'air du chêne... 16/07/2013 09:00


Chère Carole,


 


Sont-ce, les « humeurs  bourdonnantes dans l'air immobile de l'été.
 pendant les silences, on entend le bruissement du drame qui couve. » ?


 


J’attends non sans impatience, chère Carole, que vous nous chantonniez à mi-voix – en français* - les fleurs Pessoennes.


 


Voici une magnifique photo de Julie de Waroquier dont je salue au passage le travail poétique ainsi que les gracieuses réponses. 


 





Julie de Waroquier.


 


Alors les mots voilés, l’air de rien font chavirer l’inquiète torpeur de mon esprit. Alors les mots chantés, choses de rien caressent un peu la plaie de mon âme ouverte. 


L’air de rien.


 


Je divague,  dans « L’intranquillité »  d’un feuillet exilé au vent.


 


Bon soleil à vous, Virginie.


 


 


 


 


* Sorry. 

k.role 15/07/2013 20:25


 


oh ! des Mouettes Pessoiènes haut le coeur ou haut les coeurs ?


Une autre (en portugais) :


"É fácil trocar as palavras,
Difícil é interpretar os silêncios!
É fácil caminhar lado a lado,
Difícil é saber como se encontrar!
É fácil beijar o rosto,
Difícil é chegar ao coração!
É fácil apertar as mãos,
Difícil é reter o calor!
É fácil sentir o amor,
Difícil é conter sua torrente!

Como é por dentro outra pessoa?
Quem é que o saberá sonhar?
A alma de outrem é outro universo
Com que não há comunicação possível,
Com que não há verdadeiro entendimento.

Nada sabemos da alma
Senão da nossa;
As dos outros são olhares,
São gestos, são palavras,
Com a suposição
De qualquer semelhança no fundo."


 


Belles vacances à vous aussi.


 


 

Le chêne crochet 14/07/2013 20:53


Vous voici donc fin prêt, cher Nuage, pour le prochain article…


 





 


Belles vacances à vous, et à tous. 





Robert-Shana-ParkeHarrison394



Puissiez-vous crocheter quelques abîmes terrestres…

Nuageneuf 14/07/2013 19:29


 


 


Bon. J'ai terminé la lecture en trois jours. Bravo et merci, chère Virginie. (Bis repetita...)


 



Le chêne parlant. 13/07/2013 09:05


Je fais mon service, chère Carole. 


 


« On sentait la stagnation jusque dans le vol des mouettes : elles semblaient des choses plus légères que l’air, laissées là par quelqu’un. L’air n’avait rien d’étouffant. Le jour déclinait et le
malaise n’était qu’en nous ; l’air fraîchissait par intermittence.


  Pauvres espoirs que les miens, nés de la vie que j’ai été contraint de vivre ! Ils sont comme cette heure, comme cet air, brouillards sans brouillard, coutures effilochées de faux orages.
J’ai envie de crier, pour me débarrasser du paysage de mes pensées. Mais mon projet sent la vase, lui aussi, et la marée basse en moi a laissé à découvert cette boue noirâtre qui se trouve là
au-dehors, et que je ne vois que je ne vois que par son odeur. » Fernando Pessoa. 


 





 


Lauren Withrow-


 


Belles vacances à vous, Carole.

k.role 12/07/2013 13:05


Je me nourris en silence, et rumine vos  "bouchées intelligibles" avec délectation. Merci Virginie.

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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