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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 12:16


« Apprendre à lire, ce n’est pas seulement associer des lettres à des sons ; c’est également organiser la perception des lettres  dans l’espace, dans le bon ordre et avec l’orientation adéquate...

Maria Montessori, l’une des activités qui préparent l’enfant à la lecture consiste à tracer du doigt le contour de grandes lettres en papier de verre. … En imposant à la vision une exploration spatiale et motrice asymétrique, elle ne peut que faciliter la rupture de symétrie de la voie visuelle ventrale. » Stanislas Dehaene, les neurones de la lecture, p 389.:

 

 

 

Des ‘gestes simples’ peuvent dons aider le jeune enfant à passer du dessin à l’écriture.

La lecture.

 

 

Les neurones de la lecture - Stanislas Dehaene -Odile Jacob, Villeneuve d’Ascq 2007

ISBN 978-2-7381-1974-2

 

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simulacre-d-ecriture.JPG

Fidèle à l’idée de partage de connaissances et d’outils…

 

Stades caractéristiques du langage écrit.

(E. Ferreiro : Lire –Ecrire, comment s’y apprennent-ils ?)

 

Stade I Le stade pré-syllabique :

niveau-pre-syllabique.JPG

(Images du document de l'Académie de Bordeaux.)

 

Le stade du dessin (vers 4 ans environ)

Représentation symbolique de l’objet.

Pas de conscience de la relation liant l’oral et l’écrit (phonème et graphème).

Ou peur panique de l’écrit (ajout perso).

 

L’enfant ne fait pas de différence entre l’écriture d’un mot et le dessin. L’écriture n’est pas indépendante de l’objet signifié, c’est par le dessin que l’enfant représente l’objet signifié. Si on demande à l’enfant d’écrire « voiture », il va dessiner une trace représentant une voiture. Il s’agit déjà d’une représentation symbolique de l’objet réel mais l’enfant n’a pas conscience de la relation liant l’oral et l’écrit.

 

A nuancer… Parfois l’enfant a conscience des relations liant signes graphiques et chaîne orale mais l’écriture a un tel pouvoir d’évocation négative qu’il préfère dessiner. Ainsi se protège-t-il de ses propres peurs scolaires (le dessin ayant moins de connotation scolaire).

 

Stade II : syllabique (vers 5 ans environ)

      niveau-syllabique.JPG

Début de correspondance entre la chaîne sonore et écrite.

Ecriture en fonction :

 

1. De la disposition spatiale

Prise de conscience de la disposition des graphismes linéairement de gauche à droite et de haut en bas sur une feuille. 

Production de signes graphiques en remplissant tout l’espace disponible de la feuille, ce sont les bords qui vont déterminer les dimensions du mot.

Production de signes graphiques en quantité variable mais d’une manière aléatoire.

 

2. Des signes graphiques :

Utilisation de signes graphiques conventionnels (généralement signes graphiques du prénom ou de mots connus), non conventionnels ou mélanger les deux.

 

3. De l’objet signifié :

Tient compte de certaines caractéristiques physiques de l’objet :

- Variation de la quantité de signes graphiques pour représenter la taille (lion et coccinelle),

- Changement de place des mêmes signes graphiques à l’intérieur de mots différents (principe de variété interne).

- Une même écriture pour différents objets qui renvoient à la même réalité (auto et voiture).

Plusieurs écritures pour le même mot  (pas de permanence d’une même unité linguistique).

 

4. Des mots à écrire :

N’écrit que les noms et pas les verbes… Les noms suffisent à donner du sens à la phrase.

 

Stade III 

Le stade syllabico alphabétique. 


Prise de conscience de l’existence d’un lien entre la chaîne sonore et la chaîne écrite. 

Correspondance entre le nombre de graphies et le nombre se syllabes orales : c’est la prise de conscience de la relation grapho-syllabique (tout ce que j’entends, je l’écris : le renard : LNO). Il écrit iao pour piano – aae pour cabane – ade pour corde.

Prise de conscience des liens existant entre phonème et syllabe orale (roule : ROLE), « stade syllabico-alphabétique ». On se situe entre production syllabique et production alphabétique.

 

 

Stade IV

niveau-alphabetique.JPG

Le stade alphabétique (vers 6 ans environ)

A chaque unité non signifiante de la chaîne sonore (phonème) correspond une unité graphique non signifiante (graphème).

 

Compréhension du système alphabétique proche du code conventionnel ; il y a deux cas possibles :

 

a) Appui sur des signes graphiques conventionnels sans connaître la valeur sonore conventionnelle.

 

b) Appui sur des unités sonores signifiantes, avec connaissance de leurs sonorités conventionnelles et de leurs graphies conventionnelles.

 

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exemple-de-conflit-entre-orthographe-et-phonologie.JPG

 

La clarification du système alphabétique est indispensable et nécessaire pour que l’apprenti lecteur entre dans l’écrit.

Les pratiques que l’enfant a développées sur (ou à propos) de l’écrit avec des partenaires compétents dans son milieu socio-familial et à l’école maternelle jouent un rôle déterminant pour l’aider à clarifier ses idées en « lecture-écriture ». La réussite en lecture-écriture  est fonction du niveau conceptuel sur quatre points : 

1) les fonctions de l’écrit,

2) la nature de l’acte de lire,

3) le fonctionnement de notre système d’écriture,

4) la matière d’apprendre à lire.

  Autrement dit, devenir lecteur c’est « sortir du brouillard » et parvenir à un état de clarté cognitive au sujet des termes techniques ou des notions de base de l’enseignement de la langue écrite « apprendre, lire, écrire… »

 

 Synthèse en tableau (Aide à l'évaluation diagnostique) : 

 Ferreiro.jpg

 

 

(*) Eléments repris de la synthèse faite par M-C Lecocq, formatrice IUFM de Lille. 

 

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      Sites 

 

Académie de Grenoble – IEN Annecy 3 :


Académie de Bordeaux – d'après Roland Goigoux


Les écritures approchées Académie de Potier.

 

Apport Elilia Feirrero :


Jeux de lecture : à partir des travaux d'Emilia Feirrero.


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Outils...

 

Fabriquer/ imprimer des lettres rugueuses -  Maria Montessori.

Montessori.


Emilia Ferreiro.

 

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Published by Le chêne parlant - dans Outils pédagogiques
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commentaires

Les syllabes en chêne 15/04/2014 19:12

Chère Christine,

Vous aviez tout à fait raison « ai » se prononce « è », malheureusement, dans de nombreuses régions nous le prononçons fautivement « é ».

Pour la méthode Bosher, permettez-moi d’apporter une critiquer. La meilleure méthode, c’est de pratiquer l’étude du code de manière systématique et intensive en début de séance, puis de travailler sur un album. Mais cela demande un peu de « méthode », si je puis dire.

http://lecheneparlant.over-blog.com/article-les-images-sons-un-moyen-de-memoriser-des-phonemes-difficiles-89387029.html


http://lecheneparlant.over-blog.com/tag/Albums%20-%20Etudes/


Excellente soirée à vous, sous le soleil du Nord.

Le chêne parlant 14/04/2014 19:20

Chère Christine,

Merci de votre passage et je vous souhaite la bienvenue sur ce blogue.

Pour ce qui est de l’apprentissage de la lecture, bien des activités peuvent, dès la maternelle, y préparer : la dictée à l’adulte, la lecture d’albums, le « raconter des histoires ».
Tout ceci « prépare » l’élève à comprendre tous les implicites de l’écriture : la linéarité, le codage (les lettres), la syntaxe, etc.

Quant à l’écrit, l’écriture inventée [terme d’Emilia Ferreiro qui me semble critiquable, car on n’invente pas l’écriture], tâtonnée donc, est vraiment un avantage. Les élèves ayant pris cette habitude n’ont pas cette appréhension de l’écrit comme peuvent le rencontrer nombre d’entre eux. Il faut savoir qu’un élèves de CP « ordinaire », c’est-à-dire n’ayant pas bénéficié d’un apprentissage parental [Pour la petite histoire, il est vendu chaque année quelques 100 000 exemplaires de la méthode BOSHER, méthode on ne peut plus syllabique.] ne dispose que de 7-8 mois au mieux pour apprendre à lire : d’octobre à mai. Devancer cet apprentissage par une pratique ciblée est donc non seulement nécessaire mais primordial afin de réduire l’iniquité scolaire.

Bonne soirée à vous et au plaisir de vous lire.

Christine 15/04/2014 08:49

Chère Virginie,

Merci pour votre accueil, merci pour votre réponse.

Oui, je comprends tout à fait votre point de vue.

J'aimais bien, en fait, l'idée de "jardins d'enfants", dans la pédagogie waldorf, plutôt que "maternelle" où les enfants restent assis bien trop longtemps à mon goût... Mais je critique, je critique, tout en sachant que je suis loin d'être un bon modèle parental...

La méthode Bosher, je l'ai à la maison, et je crois qu'en effet, c'est sans doute une des meilleures méthodes d'apprentissages de la lecture, non ? Il me semble que les dernières études cognitives vont dans le sens d'une approche plus syllabique de la lecture.

J'ai remarqué cette erreur récurrente chez les jeunes et moins jeunes : la confusion entre le son "ai" et le son "é", d'où des fautes d'orthographe du style "j'avé regardai" (exemple tout à fait de mon cru) mais pour dire... Et je me souviens d'une réunion parents/ enseignant pour ma grande fille, à l'époque en cp : l'institutrice, qui utilisait une méthode mixte, a voulu expliquer la phonétique aux parents prenant cet exemple du son "é" et présentant ainsi les différentes graphies, "é", "er", "ai", etc. Or, me souvenant de mes cours de phonétique (j'ai un parcours en sciences du langage), je lui avais rétorqué que pour moi, "ai" ne se prononçait pas "é". Je me suis faite rabrouée en beauté. L'enseignante avançant que l'on prononce "méson" et non "maison" (en allongeant exagérément le phonème "ai" (désolée, mais j'ai la flemme d'aller chercher mon transcripteur phonétique). Pourtant, si l'on regarde dans un dictionnaire la transcription académique du mot maison, nous avons bien ce son "ai". Tout ceci pour dire que l'évolution du français parlé tend aussi à assimiler ces deux sons, outre les différences régionales (les accents nord/sud par ex). Je dis "le lait", certains disent le "lé". Or, encore une fois, le lé a une tout autre signification en français...

Bref, j'espère que je ne vous ai pas saouler avec cette réflexion phonétique ;-) mais, c'était pour illustrer combien la langue est complexe, combien le langage est mouvant, combien il est difficile d'enseigner lecture et écriture...

Et puis, j'ai bien divagué du sujet initial !

Bonne journée et au plaisir d'échanger avec vous.

Christine

Christine 14/04/2014 09:00

Bonjour Virginie

Je découvre votre blog que je trouve des plus intéressants.

Je suis formatrice à temps très partiel auprès d'adultes / jeunes adultes, à qui j'enseigne la culture générale (terme bien vague et vaste...) et le français, notamment l'écriture, ou pour utiliser un terme plus technique, la compétence textuelle : en somme, savoir écrire un texte argumentatif, un résumé, un commentaire. Également, j'interviens ponctuellement auprès d'adultes dans un parcours de VAE, je propose des ateliers d'écriture dans le cadre d'une "entrée" en écriture, dans le but d'une (ré)appropriation de l'outil écriture... Bref ! Pour vous dire que ce sujet me passionne.

J'ai pu tester il y a de cela environ 6/7 ans, cet outil de Maria Montessori que j'ai fabriqué moi même, les lettres rugueuses, avec mon fils (qui présentait alors un retard de langage...des soupçons d'autisme à l'époque). Je ne sais si cela a fonctionné, mais mon fils a finalement appris à lire comme tout enfant sans grande difficulté. La pédagogie Montessori est vraiment intéressante : apprendre en mobilisant ses sens...

Mais je souhaitais en fait vous faire part d'une réflexion personnelle. Je me suis quelque peu intéressée aux diverses pédagogies alternatives et notamment à celle de Steiner (la pédagogie waldorf). Bon, on adhère ou pas à son système de pensée ... Mais, j'ai vraiment trouvé intéressant le fait que selon cette pédagogie, on n'enseigne pas l'écriture aussi tôt, c'est à dire à partir de la maternelle. On privilégie, les premières années de l'enfance, le développement moteur, entre autres, et on éveille leur capacité d'abstraction par les histoires, les contes. Ce n'est qu'à partir de l'âge de 7 ans environ, moment où l'enfant est en capacité de développer son paysage conceptuel (toujours selon Steiner), que l'on propose l'entrée en écriture...

Je n'ai pas pour ma part creusé plus ce sujet, je réfléchis plutôt à une didactique de l'écriture avec les plus grands, mais je me demande en effet, si éveiller les enfants à l'écriture en maternelle est franchement indispensable...

Je ne sais ce que vous en pensez ?

Bien cordialement,

Christine

PS : je reviendrai vous lire :-)

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

Contributions et Partenariats.

Contributions gracieuses : Magazine Slow-classes. Numéro 1 Faire Mouche en géométrie et 2. Le moulinet à vent : mettre des mathématiques dans les voiles. ....... SLOW CLASSES : Slow Classes __________________________________________ Partenariat gracieux Philosophie Magazine. Philomag ________________________________________

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