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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 15:27

« A la bonne heure, voilà parler. 

Artemisia-Gentileschi---Judith-decapitant-Holopherne--1612.jpgVos fantaisies de miséricorde 

vous ont quittée,

Dieu soit loué !

Je suis bien plus à mon aise avec votre altesse

Quand elle est naturelle comme la voilà.

Je m’y retrouve au moins.

Voyez-vous, madame, un lac, c’est le contraire d’une île ;

une tour, c’est le contraire d’un puits ; 

un aqueduc, c’est le contraire d’un pont ;

et moi, j’ai l’honneur d’être le contraire d’un personnage vertueux. »

Gubetta à Dona Lucrezia,

Lucrèce Borgia, Victor Hugo.

Acte I, partie II, scène I.

 

 

En partenariat avec 

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Annah Arendt - L'hypothèse du mal

 

 

10 avril 1961 – Jérusalem

L’assemblée enclenche la procédure d’écoute, l'œil vissé sur l’accusé. 

Costume tiré à quatre fils, yeux ouverts derrière des verres aveugles, dos des mains tournées vers le spectateur, abandonnées, livrées, indifférentes, le calme d’Eichmann est démentiel.  

Eichmann_Adolf1.jpg

Des voix fondent sur le fonctionnaire. 

Des gerbes de questions se détachent. 

Aucune contre-attaque. Les paroles d’Eichmann à peine sorties de la cage de verre rasent le sol, sans éclat, ternes, lourdes, égales - coulent non pas en un chaos de pluies acides mais en une cascade bien ordonnée, fluide.

La litanie tel un insecte figé dans l’ambre a traversé le temps, intacte, préservée comme au premier jour. Défense sans éclat d’un type ordinaire : il a accompli son devoir. Sans plaisir. Sans perversion. N’éprouve aucun remords. Dictature du faut bien - faut-bien-le-faire. Personne n’est interloqué sauf Hannah Arendt. La philosophe comme toute femme ou homme critique plante sur table les non-dits invisibles ou indicibles : « Avec la meilleure volonté du monde on ne parvient pas à découvrir en lui la moindre profondeur diabolique ou démoniaque. », reprend Martin Legros dans Philosophie Magazine, 1* p 48 

Eichmann  n’est pas un salopard cynique**. 

Cette phrase est un rien détonnant. Stupeur. 

Tu parles d'une manière ignoble de penser, lancent les détracteurs. Les invectives envers Hannah Arendt bondissent au ras du sol. Les tirs fusent de toutes parts – en rafales féroces. La grenade Arendtienne a déchiré la terre et n’en finit pas de secouer les consciences. 

Pourquoi ce carnage de feu ?

 

        Le problème majeur, c'est la liquéfaction du sol. 

Donner du sens au monde nécessite de l’étudier, de le creuser, d’en distinguer les qualités 2*. Ainsi l’argile noire ne se confond-elle pas avec la blanche, ni la rouge avec la jaune. Les associations, différenciations aboutissent à des tris, des classements générant eux-mêmes des catégories – points d’ancrages indispensables à la marche de la pensée. Ces activités occupent d’ailleurs une large place à l’école maternelle et primaire ; classifications s’organisant en réseaux appelés par Bruner « structure cognitive », c’est-à-dire explicite Britt-Mari Barth : « l’organisation de toutes les connaissances acquises d’un individu. » 2* p 30.

 

On imagine aisément en quoi ces critères, ces unités de sens, ces discriminations sont historiquement datés. Tout bonnement une stratégie de préservation, une aptitude acquise, l’intense nécessité de l’homme frappé à la tempe pour deux motifs diamétralement opposés : paniqué face au prédateur ou fébrile devant sa proie 3*. A l’émotion forte, deux solutions : d’un côté la crainte et la fuite, de l’autre l’angoisse d’échouer et la poursuite. Étonnement, le paléontologue Stephen Jay Gould use du terme de ‘dichotomie’, celui habituellement réservé aux sciences biologiques, afin d’expliciter cette propriété cérébrale : 

  « Claude Lévi-Strauss et les structuralistes français ont développé  leur théorie sur la nature humaine et l’histoire des sociétés à partir de l’hypothèse selon laquelle l’évolution nous a donné un penchant inné à la classification dichotomique comme outil cognitif de base pour ordonner les complexités de la nature et de la culture. » 3*  p 117-118.

 

Le problème est le suivant : la matière cérébrale saisie de discriminations multiples – éprise de netteté – a une fâcheuse tendance à l’ordre, souffre d’une manie de la propreté pathologique, d’un penchant maniaque au nettoyage par le vide. De coups de balais en passage de serpillières, une force irrésistible scinde in fine tous les savoirs en deux. 

Ainsi la vie n’est-elle jamais aussi clairement exposée que lorsqu’elle est comparé à la mort. Le sec à l’humide. Le mou au dur – le liquide au solide – le clair à l’obscur – le petit au grand – ces symétries sont des propositions concrètes – vérifiables, semblent si imparables, logiques, qu'elles en  deviennent des fondements ; des bases sur lesquelles on prend position, des socles à partir desquels marche la pensée. 

 

L’esprit a tôt fait de séparer le Bien synonyme de lumière, beauté, en gros la gentillesse au visage d’ange - du  Mal pétrit de pénombre, de laideur. La structure bétonnée s’incarne en ogres gras, patibulaires, en mégères aux nez sanguinaires, en dictateurs fougueux aux cheveux austères, aux humeurs démentes. L’archétype basé sur une réalité humaine démoniaque est profondément enraciné dans les méandres cérébraux. Inébranlable. 

 

Et voici qu’Hannah Arendt tire la goupille, balance ses observations… La ‘Banalité du mal’ décrit une courbe impeccable ; descend rapidement, au-dessus, derrière, en dessous, on ne sait... Son concept frappe, déchire, pulvérise les pierres solides, bat en brèche les idées dominantes. Emporte tout. Une tonne de pensées toutes faites – arrangeantes – éclate et sème la confusion.

La terre est éventrée ... Le monde fondé d’éléments incontestablement bons, héroïques  (nous) et d’autres non moins fondamentalement – entièrement - mauvais (eux, les autres, les SS, les nazis, les collabos) a explosé.  Tout s’écroule. Personne ne sait plus où poser les pieds – chacun pousse un cri rauque beaucoup, beaucoup trop nerveux pour être honnête. 

Hannah Arendt a touché juste. 

 

La catastrophe de la seconde guerre mondiale aurait-elle pu avoir lieu sans cette graine du mal en germination potentielle ? La destruction aurait-elle pu prendre une telle ampleur sans l’adhésion – et la participation - d’individus dont des juifs eux-mêmes ? Les pétainistes n’étaient-ils qu’« Une équipe de gâteux précoces groupés autour d’un képi à feuille de chêne. » ? 4* écrit Jankélévitch. La question est insupportable. Tous se mettent à trembler, yeux rivés sur Eichmann, son corps inerte, ses doigts croisés sur le crâne. Hannah Arendt fait face à un tourbillon, elle nuance :  « Mais cela ne revient pas à en faire un phénomène ordinaire. » 

 

Un phénomène singulier, donc ? 

 

Le psychologue américain Philip Zimbardo a effectué une étude où des individus recrutés pour leur équilibre psychique, leur  sens de la mesure se sont vus attribuer des ‘rôles’ de prisonniers ou de gardiens de prison. L’incubation des monstruosités et leur explosion a interrompu l’étude - laissant derrière elle des égratignures béantes, des blessures aux contours noyés.

 

Un film excellent – La vague - remue les idées, secoue les consciences, se trouve au cœur tonitruant du réel. Un professeur moderne, humaniste - pédagogue à quel point - aux yeux glorieux, curieux d’observer le cratère béant de l’autocratie, en réactive l’idée. L’idéologie cent fois charriée dans les jeunes consciences emporte les résistances. La force du courant fait flotter les cœurs et les tripes. La rage violente de la communauté triomphe. « Tout marche comme sur des roulettes, tout marche au quart de poil. » comme l’énonce Zeev Sternhell. 5* La colique radicale s’écoule, le flux fait froid dans le dos. Personne ou presque n’échappe à la gastro-entérite. Le laboratoire universitaire frémit à bloc.  

 

 


Reste à s’aplatir au sol, face contre terre, jusqu’à ce que passe la morve barbare, pourvu qu’elle ne submerge pas tout.

 

Quand les duretés éclatent, les tranchée verticales s’ouvrent.

Porter un pied après l’autre dans la mélasse, s’arracher à la glu est laborieux, réclame certes une énergie prodigieuse

                       C’est le prix à payer de l’avancée.. 

 

Le jugement s’assure sur une terre assez molle pour supporter son poids.    

 

 

 

** Du moins n’en a-t-il pas l’air.

 

----------------------------

 

1 * Philosophie Magazine – mensuel N° 69 – mai 2013. D’où vient le mal ? 'L'hypothèse Arendt' p 45-52 - Article de Martin Legros

[Normalité] « beaucoup plus terrifiante que toutes les atrocités réunies, car elle supposait que ce nouveau type de criminel, tout ennemi du genre humain qu’il soit, commet des crimes dans des circonstances telles qu’il lui est pour ainsi dire impossible de savoir ou de sentir qu’il fait le mal. » p 48 « Eichmann n’était pas stupide. C’est la pure absence de pensée – ce qui n’est pas du tout la même chose – qui lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son époque… »   P 50

Philomag. 

 

2* « La conceptualisation est un processus complexe. Bruner insiste sur les stratégies mentales que les sujets utilisent inconsciemment pour conceptualiser : les individus forment des hypothèses, mettent en œuvre des stratégies pour les tester, révisant à la fois les hypothèses et les stratégies pour atteindre les concepts.[…]

Formation des concepts :

Quand quelqu’un décide que tels éléments vont ensemble pour certaines raisons, il a formé un concept, c’est-à-dire qu’il a décidé des critères qui permettent de classer ensemble certaines choses. Il a distingué un certain nombre de similarités et il prend sa décision d’après des ressemblances, sans s’occuper des différences. Ce sont les similarités – les attributs essentiels - qui comptent. Il se peut que le concept ainsi formé n’existe pas selon les conventions, ou qu’il soit « faux » ; malgré cela, il remplit temporairement sa fonction d’organiser le monde pour la personne qui l’a formé. Avec le temps et l’expérience, le concept va se préciser et d’objectiver. » p 29 

« Bruner appelle « structure cognitive »… l’organisation de toutes les connaissances acquises d’un individu. » p 30

 « Bruner… « L’acquisition des concepts est un aspect de ce qu’on appelle traditionnellement « penser »… mais nous avons insisté sur un sens plus large : pratiquement toute activité cognitive comprend et dépend du processus de la catégorisation ». » p 31.

Britt-Mari Barth, l’apprentissage de l’abstraction, méthodes pour une meilleure réussite de l’école ; RETZ, 1987, isbn : 9-782725-611990

 

« Abstraire est une activité intellectuelle qui permet de rapprocher, dans un ensemble complexe, des caractères communs à plusieurs phénomènes ou objet de pensée et de s'y référer à travers un langage qui appartient à un ordre symbolique... Ce processus est conditionné par ce que l'on sait déjà et par le contexte culturel et social dans lequel on se trouve. La perception individuelle est ainsi déterminée par nos connaissances et notre expérience de vie auxquelles il faut ajouter nos attitudes, nos valeurs et nos émotions. » p 80 Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

 

3 *  « Je suspecte fortement que notre penchant dichotomique a une source profondément enfouie dans notre architecture mentale, qu’il est une propriété acquise par le cerveau – et non un caractère adaptatif particulier. […] On peut commencer par des divisions empiriquement défendables du genre mâle-femelle ou nuit-jour. Mais on extrapole ensuite à des dichotomies plus subjectives telles nature-culture ( « le cru et le cuit », chez Lévi-Strauss), ou beau-sublime (dans la théorie esthétique de Burke) et, de fil en aiguille, de façon moins anodine, à des jugements d’ordre éthique menant à des anathèmes et, parfois, à la guerre et à la destruction massive. Car lorsqu’on leste du poids du jugement conscient – autre particularité unique à notre espèce, souvent dangereuse, et acquise par évolution – une simple division basée sur la seule apparence, on transforme une dichotomie purement formelle en distinction morale entre bien et mal, transition qui peut aisément glisser vers la tragédie politique, ou même le génocide, dès que le bien et le mal se subliment en « Divin » nécessairement victorieux d’un « diabolique » promis aux flammes de l’enfer. »

Stephen Jay Gould – Le renard et le hérisson – SciencesSeuil – 2005 – ISBN 978-2-7578-2633-1

 

4 * France culture - Réplique - émission d'Alain Finkielkraut -

Vladimir Jankélévitch – ‘dans l’honneur et la dignité.  

Le fascisme en France – réplique, émission d’Alain Finkielkraut avec Zeev Sternhell, historien et penseur politique israélien , professeur d'histoire des idées, titulaire de la chaire Léon-Blum de science politique à l'université hébraïque de Jérusalem.

 

Et Jean-François Sirinelli, professeur d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques de Paris (chaire d'histoire politique et culturelle du vingtième siècle) et directeur du Centre d'histoire de Sciences Po (FNSP). 

 

5 * Philip Zimbardo gardiens de prison.  Expérience de Sanford.

 

 

 

L'expérience

 

 

 

 

 

Eichmann.

 

 

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Published by Le chêne parlant - dans philosophie
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commentaires

learn more 01/08/2014 14:01

I’m sorry to hear about the loss. But, this doesn’t make sense at all. There were 2 strong solutions which could have been practically implemented. However, none of these were chosen when it really mattered the most! Such a shame.

Hannah Anna 28/08/2014 17:24

Cher Learn more,

When a tsunami shakes you, sincerity, loyalty and intensity of feelings, such as those of Hannah are fixed points.

The speaking oak 13/08/2014 16:48

Cher Learn More,

Could you elaborate? My lights are somewhat confused in the various possible interpretations of your writing ...

Thank you for your thoughts.

Axel 10/06/2013 08:33


Sur la banalité du mal, je viens de tomber sur cet article qui évoque « La shoa par balle » et les massacres routiniers perpétrés par des soldats ordinaires…


 


http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20130607.OBS2449/nazis-sur-ecoute.html

Le chêne parlant 25/05/2013 05:52


Cher Nuage,


 


Penser le glissement des évènements, la proximité, la banalité du mal est toujours un progrès - difficile mais nécessaire.


 


Ainsi, faire d’Eichmann un être banalement médiocre, c’est incontestablement nous exclure, nous placer au-dessus, en dehors, nous donner le beau rôle, par ailleurs  – également - le
déresponsabiliser.


 


C’est la banalité du mal en tant que phénomène récurant ‘ordinaire’, présent  partout - il suffit d’ouvrir le journal – et pourtant pas banal qu’il s’agit d’analyser, au delà d’Eichmann et
des autres, si nombreux. 


 


Penser ‘La banalité du mal’ n’est pas résoudre l’énigme faisait remarquer Hannah Arendt, c’est simplement tenter d’en appréhender certains particularismes. Ne pas nous en exclure (écueil d’une
étude historique)  est une minuscule avancée mais significative.

le chêne parlant 24/05/2013 18:51


Cher Alfonso,


 


Merci de vos échanges - au partage intellectuel, meilleur remède au vide et au désarroi - merci de vos liens.


Votre message sera naturellement transmis à Axel – au carré de la longueur de l’hypoténuse s’il est égal à la somme des carrés des longueurs des côtés de l’angle droit. 





Femme à l'étude...


 


Bon week-end à vous, amicalement. 


 


Virginie.

Nuageneuf 23/05/2013 12:29


Cher monsieur Schiffter,


Je vous remercie d'avoir pris le temps d'éclaircir l'adjectif. Et je peux comprendre ce que vous signifiez par "la banalité du mal" même si celle-là n'est pas banale. Toutefois, on
n'oubliera pas le comportement de cet homme et ses propos tenus à l'origine, lors de la si courte conférence (2h) de Wannsee. En deux heures, Heydrich et lui avaient bouclé industriellement "la
solution finale". Début 43, les Einsatzgruppen (A,B,C,D)
avaient déjà exterminé plus d'un millions de Jufs, de Tsiganes, de partisans soviétiques et d'handicapés, cela ne suffisait pas. 


Je ne sais plus dans quel contete exact Le Pen avait jugé la Shoah comme "un détail de l'histoire". Ce mot est incontestable du point de vue historique. On peut subodorer qu'une batterie
d'avocats de haut vol lui avaient concocté ce.."mot". C'est affreux et pourtant on ne pouvait rien répondre. La Grande Guerre, dont on commémorera le centième anniversaire très bientôt, fut une
inhumaine boucherie, sans comparaison dans l'histoire.


Les policiers et gendarmes français, à partir de 43, ont sauvé en les avertissant beaucoup de Juifs. Le nombre de Juifs cachés par la population française est exemplaire. La France comptait 400
000 Juifs français en 39. "Seuls" 76 000 furent déportés et assassinés. Comparé aux autres pays européens, ce chiffre parle de lui-même. 


Appeler Lacombe Lucien est dans le cadre de cette discussion un soutien bien choisi, j'en suis bien d'accord.


Bien à vous.

Alfonso 23/05/2013 11:47


L'Ironie du sort est un film d'Edouard Molinaro.

Hitler n’est pas un barbare, plût au ciel qu’il en fût un ! Les barbares, dans leurs ravages, n’ont jamais fait que des maux limités. Comme les calamités naturelles, en détruisant, ils réveillent
l’esprit rappelé à l’insécurité des choses humaines ; leurs cruautés, leurs perfidies, mêlées d’actes de loyauté et de générosité, tempérées par l’inconstance et le caprice, ne mettent en péril
rien de vital chez ceux qui survivent à leurs armes. Seul un État extrêmement civilisé, mais bassement civilisé, (...)"  Simone Weil,  Réflexions sur la barbarie (1939)
— L'homme en costume sombre dans l'aquarium est modéré.

 L’ILIADE
OU
LE POÈME DE LA FORCE, Simone Weil

Chère Virginie, il y a du Simone Weil en vous. Dites à Axel qu'à cause de lui je suis perdu dans Pythagore, les triangles rectangles et la géomètrie présocratique.

Frédéric Schiffter 22/05/2013 18:10


Nuageneuf,


Par "allemand moyen" j'entendais allemand banal — comme l'héroïne du livre de Schlink, Le liseur, est une allemande banale. On ne décèle chez ces gens aucune exaltation idéologique,
aucun fanatisme. Juste une servilité et un zèle liés à la crainte de la sanction s'ils n'accomplissaient pas leur tâche et, sans doute aussi, à la stupide fierté de se dire qu'ils avaient un rôle
important à jouer. Une mentalité de "rouages" — rouages dont l'unique pensée consiste à vouloir le bon fonctionnement  de la machine toute entière sans se soucier de la
 fonction qu'elle remplit. Les policiers français firent montre de pareille mentalité en raflant des familles juives. Les ordres étaient les ordres. Ils n'allaient tout de même
s'attirer des ennuis en cherchant à sauver la vie d'étrangers ou  d'individus que le Maréchal en personne tenait pour les ennemis de la France ou pour des parasites. Ces policiers n'avaient
pas lu Mein Kampf et, comme l'illustre fort bien Louis Malle dans Lacombe Lucien, ils ignoraient tout des Juifs, du judaïsme, etc. Banalité du mal.


 

Nuageneuf 22/05/2013 08:07


 


Je suis bien désolé de ne pouvoir intervenir dans votre débat. J'aurais tant de choses à dire...Il avait déjà commencé chez F.Schiffter. Et pourtant, je me trouve comme figé, interdit, dès qu'il
s'agit d'exprimer. Et puis la douleur dnas la poitrine est trop forte. 


J'admire le déroulement de vos réflexions et les éclairages que vous apportez. Et je crains malheureuseùent d'être encore à des lieus de pouvoir articuler un seul mot.


 


Amitiés et félicitations à tous, Jean-Michel


ps : j'avais eu du mal avec le "Eichmann n’était qu’unallemand
moyen".dans l'article de F.Schiffter. J'en ai toujours mais j'ai compris, du moins crois-je, que l'adjectif moyen s'inscrivait dans une réflexion philosophique, non ? "

Axel 21/05/2013 08:24


Lisant ce matin au petit déjeuner le début de l’article de Philosophie magazine « L’hypothèse Arendt » je relève :


 


« …. grâce à des connexions avec l’église catholique Eichmann a pu se réfugier en Argentine, comme de très nombreux dirigeants nazis ».


 


C’est évidemment une affaire connue, mais il me prend toujours envie d’en faire publicité lorsque je me trouve confronté à des donneurs de leçons œcuméniques et autres verbeux la bouche pleine de
charité…

Le chêne parlant 21/05/2013 07:41


Cher Frédéric, 


 


Ne formulons-nous pas différemment, la même idée ? Disons qu’une logique formelle – faite de chevilles carrées - s’appelle chez moi pensée psychorigide et chez vous non-pensée… 


 


Sous un ciel de béton, 


 


À vous,


 


Virginie.

Frédéric Schiffter 21/05/2013 06:39


Chère Virginie,


Encore une fois, l'impératif catégorique de Kant n'a rien à voir avec une injonction d'obéir — version onfrayiste, et, donc, idéologique, de ce concept. Rien à voir avec l'idée que la moralité
consiste à faire son devoir. Eichmann ne comprend pas Kant puisqu'il fait de la source de la loi non pas le respect de la personne mais de son Chef. "Agis de telle sorte que le motif de ton
action puisse servir d'exemple à tous les nazis". Le "mal", encore une fois, est dans la soumission à une loi contingente — celle du chef — et non nécessaire — celle du respect de l'humanité. La
pugnacité n'ôte rien à la médiocrité d'Eichmann dont la seule ligne de défense est, précisément, d'avancer que l'on ne peut lui reprocher d'avoir été obéissant, d'avoir fait son devoir de soldat.
S'il avait été kantien, en obéissant à la loi morale, il aurait désobéi à la loi de son chef. 


On peut être bardé de diplômes et ne pas penser. Il n'y a pas de diplôme de pensée, fût-on docteur en philosophie. La pensée, chez un penseur, peut s'éclipser. Ce fut le cas chez Heidegger qui
soumit sa pensée à l'idéologie. Un grand philosophe qui devint un petit homme par carrièrisme. Banalité du mal, là encore.


À vous,


FS

Le chêne parlant 20/05/2013 11:35


Cher Alfonso,


 


Le psychorigide n’est intéressant que lorsqu’on y est pas confronté. D’un abord charmant et gestionnaire - en bon père de famille – de sa maisonnée il a tout du prototype humain idéal. Au
quotidien, c’est tout différent, emprunt d’idées forgées depuis longtemps, il n’en dérogera pas – quelques soient les circonstances. A la question serait-il capable du pire afin suivre ses
opinions, d’anéantir la résistance des « vers gâtant la pomme », la réponse est oui – qui que vous soyez – hors peut-être l’épouse, par crainte probablement de perdre le soldat le plus fidèle à
sa cause.  


 


Cher Frédéric,


 


Précisions effectivement utiles, merci.  


 


La médiocrité ordinaire d’Eichmann si fortement soulignée par Hannah Arendt pourrait apparaître, par glissement, il me semble, un élément explicatif – global – du nazisme. Ce qui serait dévoyer
la pensée de la philosophe – bien sûr – cette dernière en appelant à la responsabilité personnelle du fonctionnaire et non en une culpabilité collective.


 


Les nazis n’étaient pas souvent pas des brutes épaisses ou des « médiocres » comme Eichmann. Un certain nombre étaient lettrés, raffinés, convoquaient et élaboraient des pensées complexes. 


« On parle de la violence fasciste brute, de l’animal fasciste, de l’idiot – ce n’est pas le cas de tous les nazis. Il y a beaucoup de nazis qui ont en bandoulière des titres de doctorats à n’en
plus finir. Otto Ohlendorf, qui commande un Einsatzgruppe sur le front de l’Est et qui préside à l’assassinat de 90.000 personnes dans le Caucase, a deux doctorats. Donc ce ne sont pas tous des
crânes rasés qui viennent faire le coup de poing. Et ce n’est souvent pas ça du tout d’ailleurs. » déclare Johann Chapoutot dans une conférence donnée à Citephilo sur  ‘Le National-socialisme et l’Antiquité’.


Il déclare également : 


« Le nazisme est également une culture politique qui a séduit des contemporains, en Allemagne, mais aussi en dehors d’Allemagne. En France, il y’en a eu plein de gens qui ont été séduits par le
nazisme dans les années 30. Brasillach, par exemple. Les nazis réfléchissent eux aussi. Et ils réfléchissent à ce que c’est que l’homme, à ce que c’est que l’époque contemporaine et à ce que
c’est que l’homme dans l’époque contemporaine. Et ils apportent des réponses à ces questions là. Et ces questions elles sont massives, elles sont abyssales, et se sont les questions de la
modernité d’une manière générale, et qui concerne toute l’Europe et les Etats-Unis, mais qui concerne plus spécifiquement l’Allemagne… » 


 


Suite à votre commentaire, je me suis replongée dans l’article de Philosophie Magazine. Martin Legros y cite cet écrit d’ Hannah Arendt « C’est alors qu’à la stupéfaction générale, Eichmann
produit une définition approximative mais correcte de l’impératif catégorique … un Kant à l’usage domestique du petit homme… L’idée que l’homme doit faire plus qu’obéir à la loi, qu’il doit aller
au-delà des impératifs de l’obéissance et identifier sa propre volonté au principe de la loi, à la source de la loi. Cette source, dans la philosophie de Kant, est la raison pratique ; dans
l’usage domestique qu’en faisait Eichmann, c’était la volonté du Führer. » …


Avec laquelle il s’accordait diablement. 


Martin Legros souligne combien Eichmann  effacé et neutre au départ, s’est montré de plus en plus pugnace en fin de procès. Hannah Arendt n’étant plus sur place, en a-t-elle été trompée ?
Eichmann était-il le ‘maillon – faible – d’une chaîne ou la courroie de transmission d’une idéologie ?


 


À vous,


 


Virginie.

Frédéric Schiffter 20/05/2013 09:29


Chère Virginie,


 


Kant est un philosophe bien mal lu. Il faut dire qu'il l'a bien cherché en écrivant si lourdement. En tout cas, sa subtilité a échappé à Eichmann quand celui-ci s'abrite derrière l' "impératif
catégorique" pour justifier son obéissance aux ordres et sa participation active et première au meurtre de masse. Que dit l'impératif kantien? Agis de telle sorte que tu puisses faire en
sorte que ce qui motive ton action soit érigée en maxime universelle. Superficiellement entendu, on peut traduire l'impératif en ces termes: Avant d'agir demande-toi si ton action
pourrait être reprise par tout le monde. Pour Eichmann, "tout le monde" se limite à son monde c'est-à-dire à celui d'un corps d'armée dit d'élite. Dès lors, quand on lui demande
pourquoi il a obéi aux ordres et qu'il répond : "je n'ai fait que mon devoir de soldat", il ne s'adosse qu'à un semblant de morale kantienne. Tel est en effet son "impératif" qui pourrait se
formuler ainsi: "Et si tout le monde, c'est-à-dire tous les officiers SS, désobéissait aux ordres, qu'adviendrait-il de la SS?". Arendt a parfaitement raison de dire qu'il ne pense pas — au sens
kantien du terme. Car l'universalité posée comme principe dans l'impératif catégorique de Kant n'est pas la SS, l'Allemagne, la race aryenne, le Reich, etc., mais l'humanité. La question que Kant
aurait posée à son mauvais disciple Eichmann est celle-ci: Avant d'obéir aux ordres t'es-tu posé la question de savoir ce qu'il adviendra de l'humanité si tout homme agit comme
toi?  Le devoir kantien ne consiste pas à plier son action à un but intéressé — une récompense, le bonheur, de l'avancement, la gloire, le salut d'une institution, l'honneur de son
armée —, mais à respecter quoi qu'il en coûte la loi morale qui pose l'humanité — les personnes dit aussi Kant — jamais comme un moyen mais toujours comme une fin.
Faire le contraire tel est donc le mal radical pour Kant, mal qui, aussi radical soit-il, n'en demeure pas moins "humain, trop humain", eût dit Nietzsche — banal pour Arendt.


Le texte de Primo Levi cité par Alfonso illustre parfaitement le devoir que remplit le docteur-officier du camp, devoir en tout point semblable à celui dont Eichmann se dit animé, mais en tout
point contraire à celui que prône Kant. Certains nazis de premier plan eussent été soudain kantiens, ils auraient désobéi aux ordres et grippé la machine génocidaire. 


 


Voilà pourquoi, au passage, les allusions d'Onfray au pré-nazisme de Kant — cela parce que Eichmann se coiffe (de travers) de l'autorité intellectuelle de ce philosophe — ne sont que des
conneries malveillantes du même tonneau que les attaques fielleuses dont a pâti Arendt de la part de belles consciences.


 


À vous,


 


Frédéric


 


 

Alfonso 20/05/2013 07:38





 


Quand il eut fini d'écrire, il leva les yeux sur moi et me regarda


Depuis ce jour-là, j'ai pensé bien des fois et de bien des façons au Doktor Pannwitz Je me suis demandé ce qui pouvait bien se passer a l'intérieur de cet homme, comment il occupait son temps en
dehors de la Polymérisation et de la conscience indo-germanique, et surtout, quand j'ai été de nouveau un homme libre, j'ai désire le rencontrer à nouveau, non pas pour me venger, mais pour
satisfaire ma curiosité de l'âme humaine


Car son regard ne fut pas celui d'un homme à un autre homme, et si je pouvais expliquer a fond la nature de ce regard, échangé comme à travers la vitre d'un aquarium entre deux êtres appartenant
à deux mondes différents, j'aurais expliqué du même coup l'essence de la grande folie du Troisième Reich


Tout ce que nous pensions et disions des Allemands prit forme en cet instant Le cerveau qui commandait à ces yeux bleus et à ces mains soignées disait clairement «Ce quelque chose que j'ai la
devant moi appartient à une espèce qu'il importe sans nul doute de supprimer Mais dans le cas présent, il convient auparavant de s'assurer qu'il ne renferme pas quelque élément utilisable» Et,
dans ma tête, les pensées roulent comme des graines dans une courge vide «Les yeux bleus et les cheveux blonds sont essentiellement malfaisants Aucune communication possible Je suis spécialiste
en chimie minérale Je suis spécialiste en synthèses organiques Je suis spécialiste»


Et l'interrogatoire commença, tandis qu'Alex, troisième spécimen zoologique présent, bâillait et rongeait son frein dans son coin


– Wo sind Sie geboren?


Il me vouvoie le Doktor Ingénieur Pannwitz n'a pas le sens de l'humour Qu'il soit maudit, il ne fait pas le moindre effort pour parler un allemand un tant soit peu compréhensible.


– J'ai soutenu ma thèse à Turin, en 1941, avec mention très bien.


Au fur et à mesure que je parle, j'ai le sentiment très net qu'il ne me croit pas, et à vrai dire je n'y crois pas moi-même: il suffit de regarder mes mains sales et couvertes de plaies, mon
pantalon de forçat maculé de boue. Et pourtant c'est bien moi, le diplômé de Turin, en ce moment plus que jamais il m'est impossible de douter que je suis bien la même personne, car le réservoir
de souvenirs de chimie organique, même après une longue période d'inertie, répond à la demande avec une étonnante docilité; et puis cette ivresse lucide, cette chaleur qui court dans mes veines,
comme je la reconnais! C'est la fièvre des examens, ma fièvre, celle de mes examens, cette mobilisation spontanée de toutes les facultés logiques et de toutes les notions qui faisait tant envie à
mes camarades.


L'examen se passe bien. Au fur et à mesure que je m'en rends compte, j'ai l'impression que mon corps grandit. Maintenant, le Doktor Pannwitz s'informe du sujet de ma thèse. Je dois faire un
effort violent pour rappeler des souvenirs aussi immensément lointains: c'est comme si je cherchais à évoquer les événements d'une vie antérieure.


Quelque chose me protège. L'Aryen aux cheveux blonds et à la confortable existence s'intéresse tout particulièrement à mes pauvres vieilles Mesures de constantes diélectriques: il me demande si
je sais l'anglais, me montre le volume de Gattermann; et cela aussi me semble absurde et invraisemblable, qu'il y ait ici, de ce côté des barbelés, un Gattermann en tous points identique à celui
sur lequel j'étudiais, en quatrième année, quand j'étais en Italie, chez moi.


L'épreuve est terminée: l'excitation qui m'a soutenu pendant toute la durée de l'examen tombe d'un seul coup, et je contemple, hébété et amorphe, cette pâle main de blond qui écrit mon destin en
signes incompréhensibles, sur la page blanche.


– Los, ab!


 


 


Primo Levi


Si c'est un homme (1947)

Le chêne parlant 20/05/2013 06:58


Cher Frédéric, 


 


Il est des personnalités, des pensées dont on se sent proche. Hannah Arendt fait partie de ces ami(e)s de  longue date. Sa conversation m’est d’ailleurs d’autant plus claire, attirante et
indispensable avec le temps. J’irai  voir le film, la chose est prévue, bien entendu. 


 


Sa solitude était inévitable – les réactions de défenses immunitaires humaines se limitent souvent au refus d’écouter ou aux invectives. Hannah Arendt fut chanceuse, elle reçut les deux - marque
d’une grande distinction.


 


Néanmoins, j’aurais deux réserves à formuler.


La première lorsqu’ Hannah Arendt dit d’Eichmann : « Mais cela ne revient pas à en faire un phénomène ordinaire. », il me semble que cette précaution de langage et de pensée (en rapport – je
crois savoir – avec  Kant et l’aspect racinaire du Mal) opère une mise à distance négative.


 La seconde est directement liée à la première.  Quand la philosophe dit : « Eichmann n’était pas stupide. C’est la pure absence de pensée – ce qui n’est pas du tout la même chose – qui
lui a permis de devenir un des plus grands criminels de son époque… », je ne puis la suivre. Eichmann n’était pas dans l’absence de pensée, sa pensée était réelle, il a su donner une définition
imprécise mais correcte des idées kantiennes. Simplement cette dernière était inflexible (dans le sens d’une interdiction de souplesse) – figée – immuable. Cela porte un nom, celui de
psychorigide.


Cette psychorigidité vous ferait dénoncer votre père ou vos enfants « Le ver est dans la pomme », s’il le fallait, est connue de longue date – on apprend à ne pas mourir malgré tout. 


 


Bien à vous,


 


Virginie.

Frédéric Schiffter 19/05/2013 23:59


Chère Virginie,


 


Je suis en train de lire les lettres échangées entre Hannah Arendt et Karl Jaspers (et d'autres) au moment où parut son livre Eichmann à Jesuralem. Je lis aussi le dossier consacré au
scandale que ce livre a suscité. Arendt fut la cible d'une campagne de calomnies et d'insultes d'une brutalité inouïe, et cela, à une échelle internationale. Elle ne s'est jamais départie de son
calme et de sa constance, malgré sa solitude. Elle avait en effet peu d'amis pour la soutenir. Elle pouvait compter, c'est vrai, sur l'appui de ses étudiants. Si vous n'avez pas vu le film de
Margarethe Von Trotta, n'hésitez pas à y aller. 


 


Bien à vous,


 


Frédéric

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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