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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 17:09

 babel - Zhenjun Du -Chine -Shanghaï - 1961

"La renommée,

ce sont les nouvelles marques de tabac

ou de vin qui en ont besoin,

pas les hommes."

Janusz Korczak. *


De tout évidence quand tout devient inconfortable et pénible, quand le sombre se mêle au  méprisable, l’homme aimerait s’extraire du monde. Dans ces moments où l’enfer est devant soi, où l’embranchement ne mène nulle part – où faire se heurte au cynisme, où ne rien faire est de sinistre raison – en ce cas, soyez-en sûr - personne ne vous viendra en aide. 

 

A la fourche du jour, Janusz Korczak ne se résigne pas à glisser d’un côté ou de l’autre – il reste. Demeurer est la partie la plus entière de lui-même. 

            « Ne croyez pas les paroles sur le sacrifice, affirme-t-il, elles sont fausses. » 

 

Dans le balancement compulsif des fusils, Janusz Korczak imprime une direction, avec assurance, sans convictions, pris d’une poussée définitive ; sa présence avance sans brassard, lui, tout sauf un roc. Dans l’équation de cette impasse, il existe une inconnue, une interrogation à laquelle il ne peut échapper. « Il est impossible de changer le monde, mais il le faut, n’est-ce pas ? » 

 

Le ghetto est une éternité où l'on roule toujours plus bas, jusqu'à manger la poussière, 

En tendant l’œil, le docteur boit de longues visions, lentes, profitant au maximum de chacune d'entre elles, penché depuis sa fenêtre, vers les moineaux.

 

La Fillette à l'oiseau mort, école des Pays-Bas méridion« J’avais 5 ans, quand mon canari est mort. Je voulais mettre une croix sur sa tombe mais la servante m’a dit qu’il ne fallait pas… c’était un oiseau. 

Un être inférieur à l’homme. 

Que même le pleurer était un péché. Pire, le fils de concierge a dit que le canari était juif. Et moi juif aussi. Lui polonais, catholique, il ira au paradis, et moi… j’irais non pas en enfer mais dans les ténèbres. 

Et moi, j’avais peur du noir dans ma chambre. » 

 

Dans l’embrasure,  la peur coule par vague.

Le regard impassible est écrasé. 

Les vauriens sortent des caves, par rafales, âmes désertiques sans patrie ni début mais dotées parfois de hauts, toujours plus bas. Les agissants n’ont ni  religion, ni camp, ni couleur de peau. Blancs ou noirs, ils n’ont d’ouverture que la rage de leur propre moi, affamés jusqu’à perdre les leurs pourvu d’y gagner un débris d’avantage. Il n'existe pas de coin tranquille en ce monde, ici, tout est ouvert sur tout, toute dénonciation peut frapper d’un ami, cousin ou de votre pire voisin. L’inévitable infection de la convoitise, du médiocre, des collaborations, surgit de la guerre et guérit - génération spontanée de résistance - tranquillement à chaque déclaration de paix. 

.Janusz Korczak

« Et après la guerre ? Lui demande-t-on.

Je m’occuperai des orphelins allemands. »

 

Mais maintenant, l’isolement, la fatigue ont les pigments des marécages. 

On entre dans une démence sans fin. Les décisions pleuves. Les doigts collent au papier. Le charbon gagne du terrain, paysage faussement plat, interminable, fait d’élagages. 

 

Il 'attend la fin du ronronnement des moteurs. Le moment où l’épidémie cessera pour de bon, où il pourra descendre et dévorer 2666 pages à l'ombre, dormir un bon moment. Se détendre. Oublier. Il a l'impression qu’il ne parviendra jamais à ce stade. 

La distance parcourue par notre condition d'errance, se mesure au dix milliardième de cendre. 

 

Nul besoin de tendre l’oreille pour sentir les coups cognés là haut. Des ordres. Immédiatement, exécutés. 

 

 

Film : 

 

 

« Si nous ne pouvons sauver ces enfants mourants assurons-leur au moins une mort humaine. Vous comprenez ? Une mort digne et humaine ! »

 

 

 

 

« Je n’ai pas de dignité, j’ai 200 enfants. » 

 

 

 

 

 

 

-----------------------------

 

Janusz Korczak, Comment aimer un enfant ? Collection réponses Robert Laffont 1978. 

 

Quelques extraits - en partage :     

p 67 : Et les roues de cette machine infernale tournent ainsi de longues années pour réduire en miettes la volonté, l'énergie de l'enfant, pour voir partir en fumée toutes les ressources de son être.

Au nom d'un avenir hypothétique, on sous estime tout ce qui fait aujourd'hui ses joies, ses tristesses, ses étonnements, ses colères, ses passions. Au nom d'un avenir qu'il ne comprend pas et qu'il n'a pas besoin de comprendre, on lui vole des années entières de sa vie.

[...]

"Je ne suis rien, mais il faut être adulte pour être quelqu'un. Dans quelques temps, je serai un rien avec quelques années de plus. Attendez donc que j'arrive à la majorité..."

Il attend, contraint à la paresse; il attend et il étouffe, et guette ce demain qui lui fait venir l'eau à la bouche... Belle enfance ! C'est à mourir d'ennui. 

P 80 : Tout homme porte en lui sa propre étincelle capable d’allumer des foyer de bonheur et de vérité. 

 

* La renommée, ce sont les nouvelles marques de tabac ou de vin qui en ont besoin, pas les hommes.

p 100 : [Sur la perspicacité de l'enfant.] :

- Oh, un chien...

Il est le seul à s'en être aperçu.

De telles exclamations se font souvent entendre au théâtre... Incapable de saisir le sens du spectacle auquel il assiste, l'enfant accueille avec des cris de joie le moindre détail familier. Mais n'agissons-nous pas de la même manière, lorsque, conviés à une soirée mondaine où nous ne connaissons personne, nous apercevons tout d'un coup dans la foule un visage connu ? 

L'enfant qui ne sait pas rester à ne rien faire, se faufile partout, se glisse dans chaque trou et passe son temps à faire des découvertes. Tout l'intéresse : ce petit point mobile qu'est une fourmi, le brillant d'une perle, un mot nouveau, une phrase qu'il vient d'entendre. Lorsque nous nous trouvons dans une ville étrangère, dans un lieu inconnu, nous ressentons à nouveau cette curiosité d'enfant.

p 101 : L'enfant lit dans un visage comme le paysan lit dans le ciel. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour nous percer à jour. Mais ce fait, nous préférons l'ignorer tant qu'il ne trouble pas notre tranquillité, nous aimons mieux garder nos illusions sur la naïveté enfantine. Autrement nous serions obligés de renoncer à l'image de notre propre supériorité et de faire un effort important pour nous débarrasser de tout ce qui nous dégrade et nous ridiculise à ses yeux. 

p 187 : La plupart des enfants, sinon tous, aiment le mouvement et le vacarme; leur santé morale et physique dépend de leur liberté d'action et de cri. Et toi, sachant cela, tu dois pourtant leur imposer : 

-Restez tranquilles ! Silence !

p 183 [de la nécessité des règles.] : Seuls quelques enfants exceptionnels peuvent se développer normalement en dépit du relâchement des règles et des défaillances de l'organisation ; des dizaines d'autres souffriront d'abandon. 

 

P 250 : J’ai parlé […] non pas aux enfants mais avec les enfants. 

... Distinguer un caprice d'un vrai besoin.     

p 261 : C'est pourquoi j'insiste tant sur la nécessité de bien connaître le plus rapidement possible les enfants, sans cela, on commet tout le temps des erreurs de jugement.

 

-------------------

 

« Comme on n’abandonne pas un enfant malade dans la nuit, on n’abandonne pas des enfants dans une époque comme celle ci . »

 

      Ni roi - ni modèle - ni triste - ni faible - ni certain - funestement homme.

 

 

 

 

 

 

      Janusz Korczak

** Site : Si la pédagogie m'était contée.

 

 

            ----------------

 

 

 

Le vent l’emportera – Noir désir.

 

 

 

 

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Published by Le chêne parlant - dans Histoire - Préhistoire
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commentaires

how to stop snoring 09/06/2014 13:43

First of all I would like to appreciate Janusz Korkzak for sharing such an interesting article. The videos were interesting and I loved the stuff that you have shared on “How to Love A Child”. I think this article needs to be shared with as many people as possible. Thanks.

The speaking oak 09/06/2014 20:34

"Individualism has no vocal cords. "
Régis Debray, the moment fraternity, p 299.


The videos are no longer visible, unfortunately. Yet the memory of this man of conviction deserves to be defended, supported, yelled loud.

Resist oblivion, corrosion of the acid present in the instant ambient narcissistic - something less ordinary?

Thank you for your visits always very friendly and positive. Thanks.

Axel au bureau 01/03/2013 08:31


Cher Jean-Michel,


 


Suite à un petit souci d’internet domestique, Virginie n’est pas en mesure actuellement d’accéder à son espace ni, en conséquence, de répondre aux messages. 


(il est à craindre que cela dure au moins jusqu’au milieu de la semaine prochaine).


 


Très cordialement


Axel

Nuageneuf 28/02/2013 17:46





Chère Virginie,


"Apprendre à retrouver le goût des choses." Après l'université populaire de Caen, c'est au tour de l'Université
populaire du goût d'Argentan (Orne), créée par le philosophe Michel Onfray, d'avoir le vent en poupe. Son principe : décliner les légumes cultivés aux "Jardins" en recettes gastronomiques
réalisées par un grand chef invité.


Michel Onfray reçoit samedi 2 mars Franz-Olivier Giesbert pour une journée spéciale, de 15 heures à 23 heures. Un
repas végétarien (FOG l'est...) sera servi entre 19 h 30 et 20 h 30. Invités à ses côtés pour une table ronde, les journalistes Jean-François Kahn, Laurent Joffrin, Michel Guillard et Aymeric
Caron. L'intervention sera suivie d'un concert du groupe de jazz manouche Opus Swing.


Laurent Joffrin, Aymeric Caron, J.F. Kahn, c’est super populaire tout ça !...


Bon ap ! Le mien est coupé du coup. ;-)

Le chêne critique 26/02/2013 19:42


« Critiquer signifie aujourd’hui principalement mettre en doute, contester, attaquer, accuser ; mais ce n’est pas du tout en ce sens que Nietzsche est critique. Mais critiquer signifie aussi et
d’abord, selon l’étymologie grecque et latine du terme (Krinô, kritikos, cernere) observer, discerner, distinguer. C’est en ce premier sens, qui exclut toute idée de lutte et de combat ( « bien
trop poli pour lutter », disait Nietzsche de lui-même.) » 


Clément Rosset – la force majeure, p 76.


 


 


Cher Nuage,


 


Vous m’écrivez :


« Les argumentaires que vous apportez tant par le biais de madame Fleury que sur le cheminement excessif de ce bon docteur me conviennent parfaitement. On dira que le dr J.K. a voué sa vie à la
cause de ces enfants-là jusque à perdre la sienne ; en cela il est admirable et bien souvent les êtres d'exception ont quelques travers qu'il est de bon ton d'ignorer sciemment. (sauf le monsieur
Onfray qui fait commerce de dézinguage systématique avec plus ou moins de malheur. Monsieur Onfray est à la littérature philosophique ce que D.Strauss Kahn est à l'amour) »


 


Naturellement, vos écrits – et ce rapprochement avec Michel Onfray – m’ont interpellée.  


 


Deux questionnements s’en dégagent :


1) Qu’est-ce qui produit le tissu de l’admirable ?


2) Michel Onfray est-il fait de la même étoffe ?   


 


A mon sens, Janusz Korczak est bien un être rare et particulier - remarquable donc. Pourquoi ?


 


Sa singularité se situe sur deux plans :


 


A) Le bien et le mal pour lui,  n’ont ni couleurs ni étiquettes. 


Janusz Korczak a été ému par la potentialité de l’autre comme si elle avait été la sienne propre ou celle de l’un de ses proches. En l’occurrence des enfants, mais il eut agi de même pour des
femmes – des hommes – des vieillards – des polonais, des allemands, des français – des juifs, des catholiques, des athées, bref n’importe quelle vie humaine. Il a fait ce qu’il avait à faire. Et
il l’a fait merveilleusement.


 


B)  Sa vie ne vaut pas plus que celle des autres. 


Ce postulat est excessivement rare tant il suppose de s’arracher à la mythologie de la célébrité. Dans le film  - au demeurant assez bien fait tant il évite les pièges d’un manichéisme de
bazar – on remarque le nombre de possibilités qui ont été offertes au docteur de « s’en tirer »  - au sens propre comme au sens figuré.  


Toutes ont échoué :  Janus Korczak n’était plus 1 mais 201.


 


 


Ceci étant posé – la comparaison Michel Onfray / Janusz Korczak étant hors de propos - que peut-on dire – sans tomber soi-même dans le dézingage facile de l’action de Michel Onfray ?


 


Mettons à son crédit  la création d’une Université dite ‘populaire’ gratuite et ouverte à tous.  


Ajoutons-y ses premiers écrits – assez savoureux – ayant eu pour mérite d’éclairer des philosophes ‘oubliés’ par l’histoire. Citons également son action – osée il faut bien l’admettre – envers la
psychanalyse.


 


Michel Onfray revendique donc – je ne crois pas me tromper en disant cela - une certaine forme d’altruisme (il a d’ailleurs créé à Caen des jardins de réinsertion) et d’opposition aux lois
iniques. Cette revendication s’est cristallisée dans la création d’un beau projet, celui de l’Université Populaire de Caen.


 


Mais Michel Onfray s’arrache-t-il pour autant à la mythologie de la célébrité ou s’y embourbe-t-il ?


 


Il paraît pour le moins étonnant que l’Université Populaire de Caen certes à  son initiative reste depuis lors le projet d’un seul Homme – fait pour Soi Seul ?


Quid - en effet - des autres intervenants ?  


Ainsi, apprend-on incidemment que Raphaël Enthoven y a été conférencier 2 ans. Ceci a-t-il jamais été mentionné par le maître ? ... Ce dernier ne manque par ailleurs jamais de citer les mérites
d’une « équipe » dont les noms - mis à part celui de son « chef cuisinier » - nous sont inconnus. Le philosophe aurait-il peur de la concurrence ? 


Pour rappel, Raphaël Enthoven, quant à lui, n’a pas hésité à mettre en avant les talents d’une jeune femme, en l’occurrence Adèle Van Reeth (Les nouveaux chemins de la connaissance) ou à lancer une jeune fille très
prometteuse, Paola Raiman (Le gai savoir). 


 


Cette question de l’ouverture à l’autre, de l’effacement de soi est loin d’être anodine. Surtout lorsqu’on se pose en parangon de vertu altruiste.


 


D’autres bizarreries apparaissent au fil du temps :


 


Négation et dézingage de  la psychanalyse -  freudienne - mais défense d’un autre type de psychanalyse.


Défense d’un Camus oublié, maltraité, stigmatisé – « prix Nobel de littérature », au programme scolaire et dans les premières ventes livresques – le tout en n’ayant aucunement eu conscience du
lien biographique les unissant tous deux.   


 


Franchement, j’ai des doutes…

Nuageneuf 26/02/2013 15:34


 


Chère Virginie,


Lunaire, décidément, j'aime beaucoup ce mot et votre manière de l'illustrer. 


L'émission Biblio Médicis est en ligne déormais sur Public Sénat.


 


Et ceci aussi, sur Toqueville aujourd'hui Sur Canal Académie



Le chêne parlant 25/02/2013 20:39


Cher Nuage,


 


Je relis les notes prises lors de ma lecture de Cynthia Fleury, La fin du Courage, et je tombe sur ceci, p 109 : 


 


 « Devenir n’est pas mourir à petit feu, ou se morfondre […] , mais se réaliser à l’infini. » Vladimir Jankélévitch, Henri Bergson, Paris, PUF, 1959, p 244-245.


 


 


Si ça pouvait être vrai…





Grimshaw John Atkinson - Park row Leeds - 1882


 


Nota : j’aime bien lunaire…

Nuageneuf 25/02/2013 16:03


 


Chère Virginie,


 


Les argumentaires que vous appportez tant par le biais de madame Fleury que sur le cheminement excessif de ce bon docteur me conviennent parfaitement. On dira que le dr J.K. a voué sa vie à la
cause de ces enfants-là jusques à perdre la sienne ; en cela il est admirable et bien souvent les êtres d'exception ont quelques travers qu'il est de bon ton d'ignorer sciemment. (sauf le
monsieur Onfray qui fait commerce de dézinguage systématique avec plus ou moins de malheur. Monsieur Onfray est à la littérature philosophique ce que D.Strauss Kahn est à l'amour) 


 


Cette très britannique gravure que vous donnez-là me ravit ! J'ai certes malencontreusement et trop rapidement parlé du "lunaire" Klein quand je me devais de dire "l'être sublunaire", bien sûr !
Suivez mon nez !


Enfin, pour Bibliothèque Medicis, il faut leur donner le temps  à ces pauvres personnes "surbookées" et
honteusement exploitées de mettre la vidéo en place... Comptez une bonne dizaine de jours ! Vive la politique !


 


Portez-vous bien, amitiés de jm

Le chêne parlant 24/02/2013 20:35


Cher Nuage,


 


Je m’accorde assez bien avec cette opinion de Cynthia Fleury selon laquelle :


 


«  Je nous crois spontanément tous « libéraux » […] : nous avons tous le souci naturel de veiller à notre préservation, de nous préférer toujours à autrui sans réelle mauvaise intention, de
faire tout ce qu'il y a en notre pouvoir – au risque que cela entre en concurrence avec l'intérêt d'autrui – pour nous « conserver » de la meilleure des façons possibles. Dans sa version digne et
impérative, cela s'appelle le conatus, cet « appétit de vivre » qui, selon Spinoza, s'identifie à l'appétit de soi. Mais si naturellement « libéral » […] fait sens, je vois mal comment cela fait
sens politiquement, voire intellectuellement. A moins d'œuvrer à faire en sorte que ce souci primordial tourne à la caricature. […] Faire de la politique, résister [aux égoïsmes ]… n'est-ce pas
considérer que le travail du politique consiste précisément à rééquilibrer les tendances naturelles et à veiller à ce que le naturel ne dégénère pas ? Faire de la politique, c'est lutter contre
l'entropie naturelle et non la renforcer. » Les pathologies de la démocratie, Fayard, p 104- 105


 


Il me semble que Janusz Korczac s’inscrit dans cette résistance. 


Rendre hommage à son engagement est la moindre des choses.


 


Néanmoins, le « tribunal d’enfant » proposé par le docteur me semble critiquable sur deux points : 


1) Le fait de devenir « majeur » s’apprend. La sur-valorisation des enfants  me semble être à la base des indisctinctions actuelles : des tribunes d’élèves ‘croyant savoir’ avant même
d’avoir appris quoi que ce soit.


Etienne Klein parle souvent de cette anecdote où l’un de ses élèves dit ne pas « sentir » la théorie d’Einstein sans même maîtriser la célèbre formule E = MC2. 


2) Le jugement de l’autre est le sentiment le mieux partagé. Le tyranneau sommeillant en chaque enfant n’a besoin de personne pour s’exprimer en moult rivalités et menaces d’autrui. Les mots même
de « tribunal » et de « jugement » le confirment. 


Dans le film, on remarquera d’ailleurs une jeune éducatrice sortant du tribunal en pleurant.


 


 


Pour ce qui est de cet Etienne Klein ‘lunaire’, figurez-vous que plongée dans « Pensée et langage » de Lev Vygotski (on a les distractions que l’on mérite) je suis tombée sur ce passage :


 


Clin d’œil lunaire : 


«Les mots russes luna et mesjac désignent le même objet [lune] mais le désignent selon des modes différents, gravés dans l’histoire du développement de chacun d’eux. Luna est lié étymologiquement
au mot latin qui signifie « capricieux », « inconstant », « fantasque ». Quand on a donné ce nom à la Lune on voulait évidemment mettre en relief le caractère changeant de sa forme, son passage
d’une phase à l’autre, en tant que sa différence essentielle avec les autres corps célestes. La signification du mot mesjac est liée à celle de « mesurer ». Il signifie le « mesureur ». Quand on
a donné ce nom à la Lune on voulait par là mettre en relief une autre propriété, c’est-à-dire que les phases de la lune permettent de mesurer le temps. » p 244


 





Grimshaw John Atkinson - Silver moonlight - 1880


 


Pour finir, après recherche, me voici sur public Sénat mais sans
vidéo.  


Pourriez-vous me préciser l’adresse de la vidéo - s’il vous plait ?


 


 


 


 


 


 


 


Veuillez excuser cette réponse un peu décousue – très amicalement, Virginie.

Nuageneuf 24/02/2013 11:27


 


Chère Virginie,


 


Votre brillant article est venu enluminer mon blog et je vous en remercie à nouveau.


Tout autre chose : avez-vous pu voir sur la chaîne Public sénat l'émission Bibliothèque Medicis vendredi ou samedi ? On y découvre un Etienne Klein méconnu (de moi, en
tout cas) et lunaire (je le pressentais mais pas à ce point).


Visible sur Public sénat.fr, à toutes fins utiles.


 


...face au grand lac gris-vert tel les yeux d'une femme imaginaire et paisible...





 

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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