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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 14:25


 « Une langue écrite n’est pas une langue orale transcrite, 

Bibliothèque du VIIIème siècle - le livre des sages -BNFc’est un nouveau phénomène linguistique et culturel. »

Claude Hagège,

L’homme de paroles.

 

 

« L’écriture est un stimulant qui renforce la mémoire orale. » 

Jean-Jacques Glassner,

Directeur de recherche au CNRS

 

 

La naissance de l’écriture donne lieu à de multiples récits, des recherches inépuisables. 

 

A chercher des filiations – inévitablement - on en trouve. 

On imagine l’écrit naître de mille dessins. Souvenons-nous du principe des graphismes évolutifs : la forme de l’animal ou de la chose allant vers une stylisation aboutissant à l’abstraction. Au vrai, cette origine - vérifiée au niveau des graphismes sumériens – est séduisante tant elle a l’apparence de l’évidence, aussi adhère-t-on à cette merveille de logique sans réfléchir. 

Mais en ce qui nous concerne, cette genèse est-elle valide ? 

 

 

Reprenons… (Chronologie BNF)...

On recense quatre foyers d’écritures déchiffrées - nous explique dans l’excellente émission du Salon Noir, le Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études,  Pascal Vernus 1) - en voici la liste  :

 

1 - La Mésopotamie : l’écriture sumérienne s’étend vers l’Iran et fait tâche d’huile.

2 - L’Egypte : Ce sont les signes du pouvoir, le besoin d’affirmer l’emblème de la souveraineté. 

3 - La Chine. 

4 - La Méso-amérique - Amérique centrale.

 

A cela s’ajoute deux foyers d’écritures non déchiffrées :

5 - La Crête (Le linéaire A ),

6 – L’Indus.

 

 

Pourtant, si ces foyers se sont enflammés, si ces systèmes se sont côtoyés et/ou se sont succédés, ils n’ont pas connu de descendance directe.

Cette option d’un dessin transformé peu à peu dans un mécanisme « naturel » étant au fondement de notre système écrit est donc à flanquer au panier. Emilia Ferreiro confirme : « Aujourd’hui, un certain nombre de chercheurs rejette l’idée de la pictographie comme première étape de l’histoire de l’écriture. En effet, il apparaît peu probable que le « dessin » ait évolué dans le seul but d’aboutir à l’écriture. Le dessin, aujourd’hui encore, possède son propre développement. » 2) p 57. 

 

Notre écriture ne s’étant point créée de toute pièce, quelle est son origine ?

 

Son histoire ne saurait s’expliquer dans une transmission de techniques soulignent Pascal Vernus et Jean-Jacques Glassner. Alors quoi ? Il s’agit d’idées. C’est bien l’idée de conserver des paroles, des faits, des savoirs qui est à la source d’inventions scripturales particulières. Autrement dit, l’écrit est un objet pensé, travaillé dans une culture particulière 3), chaque société étant créateur de son système en propre 4). 

 

En l’occurrence, c’est le  système alphabétique dont « le principe […] veut qu’à toute ressemblance sonore corresponde une ressemblance graphique et vice versa. » 5) , qui, par sa facilité d’utilisation, son caractère économique, a triomphé. 

Pascal Vernus enfonce le clou, il n’existe pas de proto ou de pré-écriture... l’écriture est « l’intersection entre deux dimensions de la culture humaine, d’une part la représentation, d’autre part le langage. »  C’est le principe des belles « paroles » comme disaient les égyptiens – correspondant à nos belles lettres.

 

Et cette relation entre l’oral et l’écrit, nous nous devons de la rendre explicite.

 

 Chirurgie-des-IIkhans---Cauterisation-d-une-verrue--.jpg

Pour autant cette accroche de l’écriture à la langue, cette belle mécanique constituant sa chance en fait également sa malédiction. Le diable – ange déchu – est dans les nuances.

De la lumière du simple, de l’aisé, du facile, du brillant, émerge toujours les pires aveuglements. 

 

1 - Confusion chez celui qui en maîtrise le code :

 

Evènement fréquent chez ‘l’intellectuel’ penché sur l’admiration de la science dont il est issu et pris de fièvres raisonnantes : 

Emilia Ferreiro nous rapporte une anecdote savoureuse: 

 

 « À un certain moment, les grecs ont introduit les voyelles. Un alphabet constitué de voyelles et de consonnes voyait le jour pour la première fois. Comme, au même moment, sont apparues la pensée rationnelle et l’organisation démocratique des citées, on a tout amalgamé : l’alphabet, la pensée rationnelle et la démocratie.

… la linguistique, en faisant des phonèmes les unités ultimes, les atomes du langage, que seule l’écriture alphabétique parvient à isoler, entretient la croyance à la supériorité de l’alphabet. » Ferreiro Emilia,  Culture écrite et éducation, p 156 – 6). 

 monocondyle.jpg

 

Le meilleur est à venir, jugez plutôt   : 

« David Olson raconte une anecdote intéressante, qui met en évidence les présupposés qui sous-tendent cette conception. Après la seconde Guerre mondiale, alors que les Américains se demandaient comment ils pourraient aider le Japon, une commission a recommandé de remplacer leur système d’écriture par un système alphabétique. Ils prétendaient que le Japon ne pourrait atteindre le développement technologique occidental tant qu’il maintiendrait son système d’écriture car, selon eux, ce dernier ne favorisait ni la pensée rationnelle, ni le progrès technologique. L’histoire a semble-t-il, contredit les prévisions des américains.

L’alphabet semblait indissociable de la pensée rationnelle, de la science, de la technologie et, surtout, de la démocratie, si bien qu’aucun linguiste n’aurait osé proposer aux populations agraphes une écriture qui ne fût pas alphabétique. » Ferreiro Emilia, Culture écrite et éducation, p 60 – 6).

 

2 - Confusion dangereuse chez celui qui n’en maîtrise pas le code :

 

L’écriture est certes accrochée à la langue, elle en a la sonorité, le pétillant, l’éclat, le rythme mais ce n’est pas de la parole. 7). 

« L’écriture n’est pas née pour refléter la parole quotidienne, celle des conversations en tête-à-tête. » insiste Ferreiro Emilia – 2) - p 85.

Si la voix du texte et celle du lecteur se confondent, c’est en raison d’une interprétation parfaite de la partition. Le lecteur donne voix au texte parce qu’il en maîtrise les pauses, le sens, les notes.

C’est un déchiffreur hors pair.

 

Viviane Bouysse – Vidéo A

      (Grand merci pour cet accord gracieux.) 

Conférence de Viviane Bouysse du 14/11/12 -

Entrer dans l'écrit en maternelle - Auditorium de Douai. 

"L'oral écrit n'est pas un oral spontané mais un oral structuré."

 

Rendre les enfants conscients qu’on n’écrit pas exactement comme on parle. Développer une conscience syntaxique – quel est le bon ordre des mots dans une phrase - est une aide.

De même, Emilia Ferreiro dit - presque mot pour mot : « On n’écrit pas comme on parle, on n’organise pas les mots de la même façon. » 2) - p 8.

La chercheuse insiste : « Il  est  nécessaire  de  déstabiliser  l’adulte  pour  qu’il  abandonne  cette  idée  naïve  qui correspond à la vision séculaire suivant laquelle l’écriture reflèterait la parole… Il faut rendre  plus  complexe  le  regard  que  nous  portons  sur  l’écriture.  Paradoxalement,  le regard  de  l’enfant  en  développement  est  plus  complexe  que  celui  de  l’adulte alphabétisé. » 2) -  p.99.

 

Ecrire, c’est donc se construire un système de représentation 8) et non pas simple notation ponctuelle des aspects sonores du langage. (Culture écrite) 

 

Viviane Bouysse – Vidéo B

 

"Lire c’est connaître un code culturel."

"Passer de ce qui est écrit à ce qui est oralisé et inversement, lire c’est connaître ce code et l’appliquer.

… Ce qui est écrit peut être converti en langage oral et en même temps ce que l’on dit, on peut l’écrire.

Ce que je vois écrit, on peut le lire. Et ce que l’on dit, on peut l’écrire.

Rendre explicite cette relation entre l’oral et l’écrit."

 

Qu’est-ce que c’est un mot ? Vivianne Bouysse et Emilia Ferreiro se sont posées la question, répondant à l’identique.  

« C’est par la fréquentation des textes à travers la lecture (une lecture soutenue par autrui avant de devenir autonome) que l’enfant découvre la signification conceptuelle de cette « banalité » technique : les blancs entre les mots ;

… au début de la période phonographique, les enfants préfèrent écrire en scripto continua, c’est-à-dire tout attaché, comme le faisaient les grecs et les romains de la période classique. » Ferreiro Emilia –2)  p 8.

Vivianne Bouysse, dans la vidéo, développe : "A l’oral, on ne parle pas par mot. L’unité articulatoire c’est la syllabe.

Il faut connaître l’écrit – d’une certaine façon – pour repérer les mots à l’oral."

 

Aussi, conclurons-nous cet article en ces termes au goût, à l’apparence, à la sonorité de  tautologies mais qui n’en sont pas : 

 

Ecrire – c’est écrire de la langue écrite.

 

Lire – c’est lire de la langue écrite.

 

---------------------

 

Viviane Bouysse – Vidéo C

De l’importance de rendre explicite l’apprentissage. 

 

Prise de conscience du travail effectué.

Leur dire explicitement ce que l’on va faire et pourquoi.

On va s’installer pour un travail important.

« On apprend à bien comprendre les histoires. 

On va chercher tout ce que cette histoire nous raconte.»

 

« On n’apprend jamais tout du premier coup. 

On ne comprend pas tout du premier coup»

 

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Notes :

 

1 - Salon Noir – Naissance de l’écriture.

Pascal Vernus, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études

Jean-Jacques Glassner, directeur de recherche au CNRS

 

2 - Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – Retz, Paris, 2002, ISBN : 9782725620497

 

3 – « L’écrit n’existe que dans la culture (objet socioculturel). » p  5. Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation.

 

 4 – [ système d’écriture non élaboré à partir du dessin qui se serait modifié au cours du temps mais inventé exprès.] 

« … en octobre 1991, lors d’un symposium interdisciplinaire consacré à la literacy, à l’université de Michigan, un mésopotamiste, Piotr Michalowsky, a violemment attaqué la conception évolutionniste de l’histoire de l’écriture. Il soutenait que les systèmes d’écriture avaient été créés en tant que systèmes et qu’à l’origine, ils étaient mixtes, ce dont on possédait d’ailleurs des preuves. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation. p 56. 

« Le dessin n’est pas le précurseur de l’écriture. A partir d’une indifférenciation générale (dans laquelle il n’y a ni dessin ni écriture, mais trace et exploration de l’espace graphique), l’enfant parvient à distinguer nettement dessin et écriture. Or, cette différenciation initiale contredisait l’interprétation établie par l’histoire de l’écriture, qui postulait une première période pictographique et présentait les débuts de l’écriture comme une stylisation du dessin. » Emilia Ferreiro – Culture écrite et éducation – p 55.

 

5 - (Eléments non alphabétiques dans le système d’écriture. = Les indicateurs silencieux qui donnent des informations au lecteur. )  « L’espace entre les mots, ) par exemple. C’est une indication d’un autre ordre, puisque ce blanc ne correspond pas à un silence. Si l’écriture était le reflet fidèle de la parole, il n’y aurait pas de blancs, ou il y en aurait seulement pour indiquer que quelque chose, effectivement, se termine. Ainsi, à la place du point, il faudrait laisser un espace. 

L’espace entre les mots est un indicateur silencieux qui donne des informations au lecteur. Il en est de même de la ponctuation, qui indique au lecteur s’il doit traiter les informations ensemble ou séparément, ou encore si les unités considérées sont de même nature. Les majuscules, aussi, sont des éléments étrangers au principe alphabétique. 

Le principe alphabétique veut qu’à toute ressemblance sonore corresponde une ressemblance graphique et vice versa. Les ressemblances et différences dans le signifié n’ont pas de place dans un système alphabétique pur, bien qu’elles interviennent clairement dans de nombreuses écritures alphabétiques. Ainsi, certaines langues comme le français et l’anglais contiennent de nombreux homophones qui, pourtant, ne sont pas homographes (les exemples bien connus comme « peau/pot », « toit/toi »…) 

Ceci entraîne des difficultés supplémentaires pour celui qui apprend à écrire, mais facilite considérablement la tâche du lecteur. Dans tous les cas, il s’agit de ressources non alphabétiques introduites dans un système alphabétique.

L’évolution historique des systèmes alphabétiques est allée dans ce sens. Elle a introduit des éléments graphiques qui tendent vers l’indication des différences sémantiques, transgressant par là même les principes alphabétiques. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation. p 59. 

 

6) Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – Retz, Paris, 2002, ISBN : 9782725620497

 

7) « Lire et écrire sont, par définition, des activités orientées vers les formes écrites d’un langage que le sujet pratique déjà oralement. » Emilia Ferreiro . Comment s’y apprennent-ils ? p 11. [D’où les problèmes de ‘parasitages’.]

 

8) « A cette conception traditionnelle, Parkes ajoute une autre hypothèse… : préférer  un texte sans marques, c’est préférer un texte neutre, qui autorise de multiples interprétations.

L’une des fonctions sociales de l’écriture non ponctuée était de permettre à un groupe restreint de lecteurs de multiplier les lectures potentielles. Plus la méfiance vis-à-vis du lecteur est grande, plus on introduit de marques dans le texte…   la ponctuation sert de guide à l’interprétation. Il est facile de constater qu’à notre époque, il y a surabondance de moyens graphiques pour orienter la lecture (encadrés, typographies, )

En ce sens… le texte ponctué est un texte déjà interprété. 

… l’auteur introduit des marques pour prévenir certaines interprétations, parce qu’il veut être compris d’une certaine manière, bien qu’il sache pertinemment qu’il ne peut contrôler l’interprétation du lecteur. Il se produit une tension intéressante entre la prolifération des marques (désir de contrôle, de protection) et la multiplication d’usagers qui ne partagent pas les présupposés de la culture lettrée. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – p 64 

 « Claude Hagège, un linguiste français influent, a publié un livre qui s’appelle L’homme de paroles, où il écrit : « L’écriture est une analyse linguistique avec différents degrés de conscience. » … « Une langue écrite n’est pas une langue orale transcrite, c’est un nouveau phénomène linguistique et culturel. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – p 84-85.

 

Quelques définitions, à toutes fins utiles :

 

Ecrire, c’est se construire une représentation selon une série de règles socialement codifiées ; lire, c’est reconstruire un réel langagier à partir de l’interprétation des éléments fournis par la représentation. Emilia Ferreiro – L’écriture avant la lettre – p 62.

Hachette éducation – 2000 – Paris ISBN : 2-01-170619-X

 

 

Viviane Bouysse - Compte rendu de la conférence - Entrer dans l'écrit en maternelle- réalisée par Catherine Mulero, Inspectrice de l'Education Nationale Douai-Cuincy.

----------------------

 

La BNF 

 

Kalila-et-Dimna-conversant---litterature-persanne---1392.jpg

Très belle analyse en cliquant sur l'image.


Des écrits scripto continua.

 

Des écritures grecques et latines.  

 

 

Kalila-wa-Dimna---La-ruse-du-lievre---XIVeme-siecle-.jpg


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Published by Le chêne parlant - dans lecture - écriture conférences
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commentaires

Pas de paradis pour le chêne 12/01/2013 13:13


Merci pour cette belle dédicace, cher Nuage,


Quand bien même le chêne n’ait nul besoin d’un bûcheron pour se scier lui-même, à la base. . Quand bien même le paradis lui soit interdit, il lui arrive d’avoir la tête dans les nuages…





Merci !

Nuageneuf 11/01/2013 19:05


 


(rien à voir avec le reste)


 


Il y a bien longtemps, chère Virginie, que je recherchais pour vous cette chanson bien triste que je connaissais par cœur en un temps de jeunesse et je suis bien heureux de la trouver pour vous
la dédicacer, même si je crois qu'il y a des chênes en paradis


 


http://www.youtube.com/watch?v=PBnK1fZCFlU


 


Amitiés.

Le chêne parlant 07/01/2013 18:44


Oups…

Nuageneuf 07/01/2013 16:56


 


Chère Virginie,


 


Figurez-vous que dimanche, à la table dominicale, nous évoquions ensemble la mémoire de Georges Mathieu. Quelle coïncidence ! Et Papa sortit des échanges de lettres (ils étaient copains de
classe) entre eux et narra quelques anecdotes savoureuses. Promis, je vous les transmettrai dès que j'en aurai le temps. (Mathieu était ce que l'on appelle un original de génie aussi faut-il
lui pardonner beaucoup...)

Le chêne enluminé 06/01/2013 15:01


Cher Nuage,


 


Le chêne échevelé, de roussi en devient cramoisi.


 


La BNF recèle de vrais trésors, ça a vraiment été un crève-cœur que de choisir…


Jugez plutôt :


 





 


Pseudo-Apulée, Herbier-Flore - Cardère et Daphné- IXème siècle-BNF 


 





 


Livre de la Thériaque - Antidote contre les morsures de serpent -  1199 - BNF


 


Evidemment, j’ai écouté tous les commentaires audio (magnifiques), certaines histoires mériteraient vraiment un article !


 


Nota : le monocondyle m’a fait penser à l’un de vos articles consacré à George Mathieu sur lequel je renvoie tout de go. J’ai failli parler de son « abstraction lyrique » avant que ses ‘je
suis le propre créateur de mon art, je ne dois rien à personne, tout vient de moi’- et autres péroraisons ne m’arrêtassent – tout net. 


 





 


Excellente fin de journée à vous, avec mes amitiés, Virginie.

Nuageneuf 06/01/2013 11:36


 


Enième lecture. Tout cela est passionnant. Et me viennent inextricablement deux textes, d'une part celui de Monsieur Jourdain et son " (...) me font mourir d'amour",
d'autre part la tirade des "Non, merci !" que je me récite à partir de :


 





Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,


Rêver, rire, passer, être seul, être libre,


Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,


Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,


Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers !


Travailler sans souci de gloire ou de fortune,


À tel voyage, auquel on pense, dans la lune !


N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,


Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,


Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,


Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !


Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,


Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,


Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,


Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,


Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,


Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !


 


 


Merci, chère Virginie. Avec mes amitiés

Nuageneuf 05/01/2013 19:21


 


Quelle talent, chère Virginie ! Je n'ai pas encore tout compris, malgré deux lectures. Mais je voulais mettre aussitôt ce mot pour saluer bien bas ce travail exhaustif. Bravo et merci
pour tout ce que nous découvrons et apprenons grâce à vous.

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  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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