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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 17:15

 

A mes petites étoiles de mer...

Et à Albina du Boisrouvray

Ensemble-nous-brillons-2.jpg 

La métaphore des sables et du vent.

Rien à première vue n’est plus étendue que cette plage, sable rythmé par des dunes sans fin. Voie illimitée sur des kilomètres et au-delà, prise dans le chaos inconcevable des vagues et du vent.

Etoiles-de-mer---Caroline-PCjpg.jpgA chaque marée, des étoiles de mer viennent s'échouer par centaines de milliers. Des bancs informes, monstrueux, des copies répétées de sorte qu’on ne puisse plus les distinguer, affluent à chaque vague.

Dans le même temps, un jeune homme les cueille une par une, en un mouvement routinier qui n’a l’air de rien. Répétant en gestes dupliqués, depuis des semaines, des mois, des années son entêtement à les sauver. Travailleur inlassable, il distingue chacune d’entre-elles, se presse, s’échine, les transporte individuellement, les soustrait au sol brûlant, afin de les rendre à l'eau paisible.

Un jour de grand soleil, plein de cette lumière particulière des grands moments, un sage vint à examiner le jeune homme doué d'une belle persévérance et l'interrogea en ces termes :

« A quoi te sert-il de te fatiguer ? De t'épuiser dans une bataille perdue d'avance ? Regarde autour de toi. Et vois. Il y en a des milliers séparées, immobiles, échouées au hasard. Des milliers devant. Des centaines de milliers derrière... A chaque marée, un tas d'autres viendront s'échouer sur le sol. Où est ta consolation ? L'activité est illogique : la lutte sans fin. Enfin, voyons, ouvre les yeux : ce sacrifice ne représente pas grand chose, c’est un travail sans fin, une lutte acharnée aussi vaine qu'inutile. Oublie cette dépense d'énergie et viens me rejoindre. Marchons, ensemble, sur les chemins ! Ensemble, nous aurons de grandes joies, nous découvrirons de villes incroyables. Des royaumes oubliés. Tu deviendras mon apprenti : enfin un être libre et affranchi de toutes contraintes. »

Le jeune homme regarda un instant l’homme doué de certitudes, âgé mais solide. Ses yeux … à la fois présents et séparés suivirent le mouvement des flots. Plein de rêveries, l’éphèbe se tourna ensuite vers les étoiles de mer étendues sous les attaques du soleil, desséchées, fiévreuses, délirantes - amassées dans une confusion totale..

« Non Grand Sage, lui répondit-il d'une voix légère tout en déployant le bras afin d’attraper le doigt d'un mollusque épuisé. Sûrement, tu as raison, je ne parviendrai jamais à satisfaire tous les besoins. J’ai des limites. Je n'ai aucun pouvoir sur les mécanismes des marées. Et, bien sûr des cohortes s'échoueront en permanence jusqu’à la fin des temps. Des légions que je ne parviendrai pas à sauver. Pour beaucoup, précisément, ma présence sera inutile. Rien à première vue ne peut paraître plus vain, non rentable, je te l’accorde. Mes mains contiennent si peu, mes jambes avancent si lentement, mes pieds sont si malhabiles. Mes forces s’épuisent si rapidement. Mon intervention se déploie en de si étroites limites… … Mais pour celle là, tu vois - il déclara en posant délicatement les branches à la surface de l'onde –

étoiles de mer.jpg

 

pour celle-là, tu vois, échapper à la rugosité du sable où elle se traîne, atteindre un autre univers dans lequel elle recouvrira la faculté de se mouvoir – librement – où elle possèdera un pouvoir de légèreté - pour celle-là, tu vois, mon travail fait toute la différence. »

 

72184116.jpg

V. Glaine

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Published by Le chêne parlant - dans philosophie
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commentaires

plombier honnete paris 26/01/2015 21:29

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

Virginie - le Chêne parlant et son ombre 15/08/2015 12:33

Cher Plombier honnête de Paris,

Merci de votre visite. Au plaisir de vous lire ! Belle journée

Le chêne et les abysses 27/01/2015 05:13

Cher Plombier,

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2015 ainsi que la bienvenue sur ce blogue. Votre lien ne fonctionne pas.

Pourriez-vous le réactiver ?

Bien cordialement, Le chêne

constance 12/03/2012 12:52

Bonjour Virginie, :)

Ne devrait-on pas protéger ceux sans protection ? Ne serait-ce pas là la chose la plus humaine ?

Votre lien vers Albina du Boisrouvray n'appelle pas au commentaire, plutôt au désir d'une nouvelle société.

Amicalement

Frédéric Schiffter 10/03/2012 08:07

« Chaque corps aspire à retrouver l’élément dans lequel il se sent le plus à l’aise et qui fut jadis… »
C’est sans doute pour cela que j’affectionne les ruines….


Excellent, cher Axel. Votre remarque finale dégonfle l'enflure de la première phrase. Cruauté de l'humour envers le sérieux et la prétention.

Elle me rappelle ce mot que Beckett télégraphia un jour à son ami Cioran : "Je me sens à l'abri dans vos ruines".

Virginie 09/03/2012 09:25

Chère Ewa,

Le milieu aquatique a toujours constitué un élément particulier, privilégié, singulier pour moi.
Mais ceci est sans exclusive. En tout cas votre saine approche de la montagne donne envie.

Bon jour à Constance.


Cher Cédric,

Je me réjouis de vous savoir résolu à poursuivre vos aphorismes.


Aussi… Yes week-end à tous… Auto-citation… :)

Nota : Axel me dit avoir lu quelque chose de semblable sur « La Toile ». Peut-être n’en finissons-nous pas de redécouvrir ce qui est déjà existant ?

C’est - tout à fait - déprimant.


Bien à vous, Virginie.

Ewa 08/03/2012 13:57

Chère Virginie,
Qu‘est-ce que j‘entends par « grimper des montagnes »?
« Heureusement, reste la mer, le sel et les étoiles (Peut-être le surf aussi, je ne sais, je n‘ai jamais essayé. Je pense que je serais gauche, enfin, si je puis dire.) « 
Le « sport » et la « géographie » de nos « amis » ne nous conviennent pas forcément, donc pourquoi ne pas essayer de grimper des montagnes? Mais il se peut que vous le
fassiez déjà. Ce n’était qu’un clin d’œil sans aucun sens caché, pas une métaphore (je n’ai même pas pensé à Sisyphe à ce moment-là), juste une évocation d’une activité que j’affectionne et d’un
élément dans lequel je me sens bien. Pour certains c’est la mer, pour d’autres les ruines, pour moi - la montagne. Pourquoi? Peut-être parce que à chaque étape franchie, dont notre corps se
souvient, les horizons nouveaux, différents, inattendus et d’une beauté à couper le souffle s’ouvrent au grimpeur jamais rassasié. La montagne ne se laisse pas embrasser d’un seul regard, elle
dévoile progressivement ses secrets, et uniquement à ceux qui veulent bien se donner la peine jouissive de les découvrir. Et une fois la haut, quel enivrant sentiment de « puissance » et
d’éternité! Ridicule, illusoire et de courte durée, mais au nom de qui et de quoi s’en priver?

Vos étoiles de mer et ma montagne m’ont fait penser à un scarabée et un monticule de sable dont parle le poème de l’un de mes « amis ». Voici un court extrait :

quand sur un sentier forestier
je croise un scarabée qui grimpe péniblement
sur un monticule de sable
je m’approche
je claque des talons
et je dis :
- bonjour monsieur le professeur
permettez-moi de vous aider -
je le déplace délicatement
et je le regarde longtemps
jusqu’à ce qu’il disparaisse
dans la sombre salle des professeurs
au fond du corridor de feuilles

Bonne journée, Virginie.

P.S.1 « Méfiez-vous tout de même des « Dieux et Maîtres », lesquels jouissent parfois de voir leurs élèves agenouillés sur des règles en bois, une de leur « Bible » brandie
bien haut dans chaque main. »
Les Dieux et Maîtres seraient-ils sadiens? Aïe! Cela devient vraiment intéressant… :~)

P.S.2 Ne vous inquiétez pas, Virginie, les Dieux et Maîtres savent très bien que vous ne les mélangez pas. ;~)

Virginie 08/03/2012 11:06

Cher intern’autre…

Il ne faudrait pas déduire de mes interventions que « Montaigne, Canguilhem, Bachelard, Arendt, Deleuze, Musil, Reeves, Jean-Pierre Dupuy, Frédéric Schiffter… ou même Michel Onfray, pourquoi non ?…
», bref, que ces penseurs soient tous placés dans le même « sac » sémantique.

Tout mélanger – du sens des mots et des pensées - constitue probablement – pour celui qui s’essaye à la réflexion – un crime impardonnable.
Si Montaigne, Nietzsche, Jean-Pierre Dupuy, Frédéric Schiffter sont dotés d’une différence absolument colossale, c’est celle de la recherche, de la remise en question, de la « rumination », «
digestion » des savoirs.
Nous ne sommes pas en paix avec les « concepts » - nombreux sont ceux – y compris chez les philosophes « écrivains ou militants » qui veulent nous faire prendre « des vessies pour des lanternes. »
Et ça, non seulement « c’est moche. » comme le dit notre amie Barbara Cassin, mais c’est grave.

Aussi, je laisserai à cette dernière le mot de la fin (provisoire) :
"Un intraduisible, c'est quelque chose qu'on n'arrête pas de retraduire." Barbara Cassin.

"C'est un idéal."

http://lecheneparlant.over-blog.com/article-irene-rosier-catach-nina-catach-l-evolution-de-la-langue-de-francois-1er-a-nos-jours-90659869.html

Je m’en expliquerai au fur et à mesure de mes articles.

Merci pour votre écoute – que je sais attentive - et vos remarques, amicalement, Virginie.

Cédric 07/03/2012 23:14

Cher Axel, votre brève remarque est tout à fait judicieuse. Je n'ai, quant à moi, pour l'heure, aucune réponse à cette question qui reste donc en suspens en moi-même.


Chère Virginie,

Vous avez parfaitement raison, j'observe et je recherche l'action des mots des autres sur moi-même et mes réactions à ces mots. Je n'ai donc absolument pas l'idée ou la volonté d'être enfermé ou
« seul dans mon coin » pour créer des choses « seulement issues de moi-même », non je sais qu'on ne peut se connaître que dans l'échange et le contact de nos mots avec les mots
des autres. Et j'ai bien conscience que mon blog est un "travail collectif" ;-) !

Toutes mes « phrases » sont le fruit de ce qui fut plus ou moins récemment vécu par moi ou intégré en moi par les sens, et stocké grâce à la mémoire. Les mots, le cerveau, la conscience,
ne sont-ils donc qu'un rapport au monde ? Qu'une interface sans identité propre ? Qu'est ce que « moi » si tout vient de l'extérieur ?

Je me vois réagir, je lis ce que j'écris, j'observe mes réponses, et j'essaie de comprendre d'où me viennent ces réactions. Suis-je ces réactions ? Me constituent-elles ? Et à quel degré sont-elles
une imitation, des conditionnements, des réflexes conditionnés...

C'est pourquoi depuis plusieurs mois je me confronte aux autres, à leurs réactions, leurs mots, pour voir ce qu'ils révèlent en moi, voir ce qui est provoqué en moi, observer ce qui est
« moi » et ce qui n'est pas « moi ».

Et ce genre d'échange, en l'occurrence celui que j'ai en ce moment-même avec vous, est très riche et révélateur. Pourquoi ai-je voulu ainsi pointer du doigt votre « mimétisme conscient et
humoristique » ? Je me pose la question très simplement : pourquoi est-ce que j'écris ce que j'écris, réagis comme je réagis ?

Quand on imite vraiment personne, devient-on soi-même ? Ou meurt-on, comme le suggère Axel ?

Quoi qu'il advienne je vous tiendrai informée, et si j'arrête d'écrire sans prévenir c'est que.... ;-)

Cette dernière hypothèse me semble tout de même peu probable, je ne pourrais jamais être moins qu'un Corps, et un Corps, fût-il humain, veut vivre. Et la conscience fait partie du corps humain, et
l'échange avec les autres fait partie de la conscience humaine. Bref, je ne compte pas disparaître ;-) !


Voilà, toutes ces questions restent en moi ouvertes, et merci encore à vous pour cet échange qui me permet de m'y frotter.

Je dois ajouter que je ne cherche même pas de réponses, j'observe simplement si certaines apparaissent, et si certaines apparaissent, j'essaie de comprendre d'où elles me viennent et si donc elles
sont vraiment les miennes...

Au plaisir de vous lire.


Goudeux Naïeuteux ! ;-)

Virginie 07/03/2012 20:26

Cher Cédric,

J’ai parfaitement compris le sens de votre question, laquelle est - en toile de fond - il me semble : « Puis-je créer des aphorismes seul, sans imiter personne, en me contentant de réfléchir « dans
mon coin, voire sur mon île déserte » ? »
S'il s’agit bien de cela, ce me semble être une illusion.
Vous subissez des « influences » qui jouent sur votre vision des choses et – in fine – sur vos créations.
Par exemple, lorsque vous avez trouvé cet aphorisme lié aux « noms d’oiseaux », il s’agissait – en quelque sorte - d’une « réponse » à de précédents échanges.
Donc, les dires des uns et des autres ont eu une « influence » sur vous. Vos lectures de Blog également, sinon pourquoi échanger ?

Quant à votre question : Pourquoi l’être humain imite-t-il ?
Jean-Pierre Dupuy et René Girard en parlent très bien. Il est difficile de résumer leurs pensées en quelques lignes.
Mais ici, il s’agit d’une imitation inconsciente (qui n’est pas sans rapport avec votre appartenance à un clan : je mets une casquette, des « Nike » pour faire partie du « groupe ») . Donc rien à
voir avec le petit trait d’humour dont vous parliez.

Autre exemple : Ma fille a utilisé l’expression « Foutage d’Hegel » , je trouve cela non seulement amusant mais pertinent dans le sens que cela dit quelque chose (quand on connaît la philosophie
d’Hegel et de ceux qui s’en réclament.). Donc, je l’ai repris dans un billet. Pourtant, je ne me réclame pas de « ma fille », et je n’éprouve aucune envie d’appartenir à son « clan ».

J’espère avoir mieux répondu… Au plaisir de vous lire. Virginie.

Axel 07/03/2012 18:59

"quand on imite personne, vraiment personne, qu'est-il susceptible de sortir d'un être ? "

Il meurt....

Cédric 07/03/2012 18:21

Chère Virginie,


Je commence par dire, au cas où je me serais mal exprimé, que je ne vois là aucun problème non plus, vous faites et dites ce que vous voulez, je ne juge rien.

J'observais et je maintiens, que c'est une sorte de mimétisme. (je ne dis pas que c'est mal ou que c'est bien )

Ensuite, pour reprendre vos remarques dans l'ordre, le terme d'  « obsession » me paraît étrange car je ne me souviens pas avoir évoqué ce thème de l'  « imitation »
dans vos pages (si je me trompe rectifiez-moi ). Mais évidemment c'est une question intéressante dont j'ai déjà tiré quelques « aphorismes ».

J'ajoute que vos deux remarques me semblent « à côté » de cette question de l'imitation. Elles sont vraies toutes les deux ( le bébé abandonné et Einstein) mais ne traitent pas de
l'imitation.

Et je m'attendais à cet argument qui dit, en résumé : « vous imitez ceux qui n'imitent pas ». A mes yeux, cette argument ne tient évidemment pas, pur «sophisme », qui aurait une
bonne place dans l' « Art d'avoir toujours raison » de Schopenhauer ;-) (livre que je n'ai pas lu, je ne saurais donc dire si cette « figure de rhétorique » y est
mentionnée).

Bref, il n'en demeure pas moins qu'une question essentielle a été posée : quand on imite personne, vraiment personne, qu'est-il susceptible de sortir d'un être ? D'un être qui a reçu une éducation
« normale » et de "son temps" et qui a commencé peu à peu à remettre en question les visions du monde qu'on lui a proposé, imposé ou conditionné à penser (Dieu, la société, l'amour,
etc.).

Si vous avez ni « Dieux ni Maitres », alors j'affirme que ces penseurs que vous évoquez ne vous « aident pas à penser », vous pensez très bien tout seule, mais ils vous
permettent simplement de discuter.

Quant à la langue, évidemment elle évolue, mais ça n'était pas la question que je posais ;-).

Je posais la question du mimétisme et de l'imitation, fût-ce en amitié ! Et je répète que je ne juge pas cela, je l'observe. Faire comme son « ami », dire comme son « ami »,
pour ressentir une proximité, partager un « je suis comme toi » ou un «j'appartiens à ton clan », instinct ancestral.


Amicalement ;-)

Cédric.

Virginie 07/03/2012 14:58

Cher Cédric,

Vous avez déjà abordé la question, mais je vous pardonne vos obsessions – étant moi-même un être placé souvent du côté du passionnel (ce que je regrette, parfois).

Pour vous répondre :

D’où nous viennent nos pensées ?
Ces dernières fleuriraient-elles par « générations spontanées » - créées de rien ?
Croyez-vous réellement que les « idées » puissent apparaître, telles des entités innées, issues de nulle part ?
Ceci ne s’apparenterait-il pas à l’idée du « Génie » pur dénoncé par Cédric Villani ?

http://lecheneparlant.over-blog.com/article-cedric-villani-le-portrait-original-d-un-dandy-mathematicien-un-ideal-de-culture-d-equilibre-et-100143720.html

Deux remarques :

1) Laissez un nouveau-né dans une forêt, vous verrez ce qu’il en résultera.
« L’homme est un être qui doit être intégralement éduqué. » Bernard Stiegler.

2) Croyez-vous qu’Albert Einstein eût « découvert » sa théorie de la relativité, plus connue sous la forme de sa célèbre équation au 17ème siècle ou même au 18ème ?
Non. Impossible, car il lui fallait « s’appuyer » sur les savoirs de ses pairs en mathématiques, en physiques pour parvenir à élaborer ce résultat. Les inventions ou les idées sont le fruit d’idées
plus anciennes, de connaissances, de lectures, de dialogues, de « regards » et j’en passe… brassés, (re)combinés, mélangés… jusqu’à ce qu’enfin -sous l’ancien - du nouveau apparaisse.

Cf Yves Citton, peut-on se passer des acquis culturels ?

http://lecheneparlant.over-blog.com/categorie-12071515.html

Nous sommes les fruits d’une époque, que voulez-vous…

Quant au fait de reprendre une « expression » parce qu’on la trouve amusante ou pertinente, je n’y vois là aucun problème, ni aucune forme d’imitation (dans le sens de « perroquisme » dénué de
recul ou de réflexion). C’est de l’humour, rien de plus.

Pour finir… en ce qui concerne les… Dieux et Maîtres, je n’en ai aucun. Mais j’apprécie ceux qui m’aident à penser - parmi eux…
Montaigne, Canguilhem, Bachelard, Arendt, Deleuze, Musil, Reeves, Jean-Pierre Dupuy, Frédéric Schiffter… ou même Michel Onfray, pourquoi non ?… Tout est intéressant (philosophes – écrivains – amis
- pairs… ) pourvu que cela aide à construire un esprit critique... un point de départ à celui qui veut penser par lui-même et non en rester au domaine de l’opinion.

Au reste la langue évolue et bouge.
Nina Catch, le montre très bien :

http://lecheneparlant.over-blog.com/article-irene-rosier-catach-nina-catach-l-evolution-de-la-langue-de-francois-1er-a-nos-jours-90659869.html

En revanche, en ne cédant pas à cette « mode » qui consiste à « gentiment torturer les mots anglais » ne cédez-vous pas vous-même à une autre « mode » qui consiste à ne surtout pas « toucher » à
cette belle langue ?

En ne vous amusant pas à faire comme le "maître", le "gourou", ou l' "ami", quel qu'il soit ; ne suivez-vous pas justement tous ceux qui ne font pas comme le "maître", le "gourou", ou l' "ami",
quel qu'il soit ?

Autrement dit ceci ne serait-il pas une « posture » également ? :)


Amicalement – Virginie.

Cédric 07/03/2012 12:01

Chère Virginie,

Je connais cette tendance "balnéaire" à gentiment torturer les mots anglais ou d'origine anglaise, quant à moi, je ne céderai pas à cette "mode" ;-).

Comme quoi les "gourous", même bien masqués, parviennent à répandre, de cerveau en cerveau, si ce n'est leurs idées, tout du moins leurs façons d'écrire... ;-)

( phénomènes déjà observés ailleurs qu'ici )

Ceci est évidemment dit avec le sourire, mais il n'en reste pas moins que je ne m'amuserai pas à faire comme le "maître", le "gourou", ou l' "ami", quel qu'il soit.


N'empêche cette petite remarque anodine peut déboucher sur une question sérieuse : Pourquoi ce besoin d'imitation qu'à l'être humain ?


Bien à vous, (que M. Schiffter lise comme il veut ces lignes, il m'a déjà en piètre estime... (il m'a même "puni" ! peux plus commenter chez lui ! ;-) ))

Virginie 07/03/2012 11:20

« De si belles chaînes empêchent… » serait plus juste, cher Axel.

Un travailleur dilettante 07/03/2012 11:13

Je n'ai fait que révéler ce que la modestie d’un si beau chêne empêche….

Virginie 07/03/2012 09:38

Cher Axel,

Merci pour ce commentaire… Mais - comme chacun le sait ou devrait le savoir - vous n’êtes point objectif, si tant est que l’objectivité puisse exister.

Merci pour eux.

Virginie 07/03/2012 09:30

Chère Ewa,

Votre premier paragraphe s’inscrit complètement « fusionne même » avec l’esprit qui m’habite et l’objet de « ma lettre ».

Votre second paragraphe – en revanche - m’interpelle qu’entendez-vous par « grimper des montagnes » ? Pourriez-vous m’en dire plus ?

Merci pour vos messages sympathiques, Bien à vous, Virginie.

Nota : Méfiez-vous tout de même des « Dieux et Maîtres », lesquels jouissent parfois de voir leurs élèves agenouillés sur des règles en bois, une de leur « Bible » brandie bien haut dans chaque
main.

Virginie 07/03/2012 08:59

Cher Cédric,

Pour reprendre une expression de notre ami Frédéric (devenue culte dans l’une - au moins - des chaumières nordistes).

«Exaquètely », cher Cédric, Exaquètely.

Bien à vous, Virginie.

Axel 07/03/2012 08:30

« Chaque corps aspire à retrouver l’élément dans lequel il se sent le plus à l’aise et qui fut jadis… »


C’est sans doute pour cela que j’affectionne les ruines….


Sinon, c’est plaisir de savoir que cette belle image placée au début de l’article (tirée d’un ensemble de plusieurs photographies provenant d’un projet pédagogique) valut une belle récompense à une
certaine CLIS.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Douai/actualite/Autour_de_Douai/D_Escrebieux_en_Pevele/2010/07/25/article_la-classe-clis-de-l-ecole-jules-ferry-re.shtml

Ewa 06/03/2012 23:32

Chère Virginie,

« Mes » grandes étoiles de mer sont en général d’une belle couleur chocolat et chacune d’entre elles a plusieurs petites étoiles de la même couleur. Pour me rendre à la plage une fois par
semaine, je ne prends pas l’avion, un quart d’heure de RER suffit pour quitter mon monde confortable et être « frappée par la dureté du soleil «. Quand de temps en temps, très rarement, je
réussis à sauver une étoile de l’enfer de coups et d’humiliations et à lui rendre sa fragile liberté protégée par la mer, les sensations indescriptibles traversent mon esprit, quelque chose entre
la satisfaction égoïste de Zorroiste et le sentiment d’impuissance de Zéroiste. Et il y a encore des centaines de milliers d’autres étoiles à sauver… Mais pour celle-là que personne ne peut plus
« prendre pour une bébête à écraser », ça fait toute la différence...

Et si vous essayiez plutôt de grimper des montagnes, Virginie? Personnellement, je préfère.
Il paraît - et c’est mon Dieu et Maître qui le dit, alors c’est forcément vrai - que « Chaque corps aspire à retrouver l’élément dans lequel il se sent le plus à l’aise et qui fut jadis, aux heures
placentaires ou premières, le pourvoyeur de sensations et de plaisirs confus, mais mémorables. Il existe toujours une géographie qui correspond à un tempérament. Reste à la trouver. »
[Michel Onfray, Théorie du voyage, Le Livre de Poche 2009, page 21]

P.S. Je me suis baladée, à plusieurs reprises et avec un grand plaisir, dans la grotte de Lascaux grâce à vous. Merci.
http://lecheneparlant.over-blog.com/article-la-grotte-de-lascaux---visite-virtuelle-de-la-chapelle-sixtine-de-la-prehistoire-95885152.html

Cédric 06/03/2012 22:31

Et il y a des étoiles de mer échouées sur le sable qui ne souffrent pas d'être sur le sable car elles se croient dans l'eau, ou rêvent de l'eau, elles aiment l'eau, elles sont vivantes et heureuses
du simple fait d'avoir conscience de l'existence du sable et de l'eau.

Et ces étoiles de mer-là à force de leur rabâcher qu'elles devraient souffrir d'être sur le sable, finissent, peu à peu, à force d'entendre qu'elles n'ont pas le droit d'être heureuses puisqu'elles
sont sur le sable, par souffrir d'être sur le sable...

Cédric 06/03/2012 22:08

Et il y a des étoiles de mer baignant dans l'eau paisible qui se croient sur le sable, souffrant terriblement de se croire sur le sable...souffrance ayant pour cause une illusion, mais souffrance
qui n'est pas feinte...

Virginie 06/03/2012 15:17

Chère intern'autre Ewa,

« Ils nous prennent pour des bébêtes qu’il faut vite écraser. »
Clara.

Je vous remercie de ce lien, exactement, oui, il s’agit bien d’Albina du Boisrouvray, celle qui se préoccupe des « jetés hors du monde ».

« Les orphelins n'ont pas de lobby, ils ne votent pas, ils n'achètent pas... Ils n'intéressent personne. C'est pourquoi nous essayons d'être leur porte-parole » dit-elle avec justesse.

Elle ajoute, très lucide : « Deux choses touchent les décideurs: l'argent et l'insécurité, qui mobilisent plus vite que l'amour et le respect des engagements. »
« Il n'y a pas des moments où vous avez envie d'abandonner?
Je vois des choses tellement dures qu'elles drainent tout mon espoir, tout mon optimisme. Après la mort de François, j'ai vécu dans une certaine austérité. Aujourd'hui, puisque j'ai la chance
d'être privilégiée, je vais de temps en temps me nourrir de choses belles, gaies, frivoles, pour retrouver de l'énergie. Et puis, quand je suis découragée, à bout de tout, je pense à l'histoire de
l'étoile de mer.
Racontez-moi...
Un vieil homme marche à l'aube sur une plage immense, lorsqu'il aperçoit une jeune femme qui ramasse des étoiles de mer et les lance dans l'eau. S'approchant d'elle, l'homme lui demande la raison
de son geste. Elle lui répond que les étoiles de mer mourront si elles demeurent sur le sable, au soleil. «Mais la plage est vaste, les étoiles de mer sont innombrables, observe le vieil homme.
Qu'est-ce que cela peut changer pour elles?» La jeune femme regarde l'étoile de mer qu'elle tient dans la main et la jette, pour la mettre à l'abri, dans l'océan. «Pour celle-ci, dit-elle, ça
change tout.»

Des choses dures, oui, ils en vivent, les élèves de CLIS.

Souvent – obnubilés par notre désir de Zorro–héroïsme ou devrais-je dire, nos Zéroïsmes (Ils ne nous coûtent pas grand chose.) - nous négligeons l’absolue solitude des êtres qui nous sont proches.
Il n’est pas besoin de prendre un avion pour observer les mêmes détresses, le même abandon.
On m’a dit, un jour : « Sortir un(e) élève de CLIS ? Mais vous n’y pensez pas. Ce serait le confronter à la violence d’une classe ordinaire. »
Croyez-vous vraiment qu’un(e) élève de CLIS ne sache pas ce que cette mise « à l’écart » veut dire ?

Aussi – oui – je sais, c’est naïf, plein de bons sentiments, très « gentillet », mais c’est aussi très biographique (il est souvent du vrai dans l’inventé) et très symbolique.

Bonne journée à vous.

Une ancienne étoile de mer - frappée un peu trop fort par la dureté du soleil.

Heureusement, reste la mer, le sel et les étoiles (Peut-être le surf aussi, je ne sais, je n’ai jamais essayé. Je pense que je serais assez gauche, enfin, si je puis dire.).

Virginie.

Intern’autre Ewa 06/03/2012 14:06

C’est la seule héritière que je connaisse : Albina du Boisrouvray. :~)
http://www.lexpress.fr/informations/l-humanitaire-c-est-la-vraie-politique_638643.html

Votre histoire est très belle, on dirait une version moderne d’un vieil adage oriental.

Virginie 06/03/2012 11:35

Cher Intern’autre,

Ce petit conte a été écrit, il y a 3 ans (une lecture hyper contextualisée serait donc fautive), en hommage à « Mes petites étoiles de mer » bien sûr, mais il fait référence également à l’action
d’une femme remarquable (pas moi – bien sûr – je n’ai pas les chevilles d’Alain Delon – c’est heureux.). Cette riche héritière a consacré sa fortune (estimée en millions de dollars) à l’éducation
et aux soins des enfants (garçons et filles) de son pays. Il ne lui reste à l’heure actuelle que sa grandeur et son courage lesquels sont démesurés, mieux incommensurables.

Malheureusement – à l’époque – n’ayant pas noté son nom, je suis bien incapable de dire qui elle est.

Si un intern’autre avait entendu parler de cette histoire, je le remercierais infiniment de me communiquer cette information.

J’aime rendre à César ce qui appartient à César et cette personne mérite – vraiment – qu’elle soit citée.

Bien à vous. Virginie.

Virginie 05/03/2012 21:02

A Leïla,

Merci pour tes conseils avisés et tes invitations à oser surmonter le regard des autres.

Voilà… bien maigre, en effet.

Virginie 05/03/2012 20:54

Bonsoir Alphonso,

Merci pour ce touchant message et bonsoir à votre petite Nina - qui d’ailleurs est peut-être couchée à cette heure...

Amicalement, Virginie.

Alfonso 05/03/2012 18:40

Bon, je m'imprègne bien du texte, je me roule dans la rugosité du sable, je m'agglutine, et ce soir ou demain soir ou un autre jour, je raconte ça le mieux possible à ma fille Nina et comme à la
fin elle demande toujours qui a écrit l'histoire je lui dirai que cette histoire qui donne les poils je l'ai lue chez Virginie : une étoile.

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

Contributions et Partenariats.

Contributions gracieuses : Magazine Slow-classes. Numéro 1 Faire Mouche en géométrie et 2. Le moulinet à vent : mettre des mathématiques dans les voiles. ....... SLOW CLASSES : Slow Classes __________________________________________ Partenariat gracieux Philosophie Magazine. Philomag ________________________________________

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