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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 09:11

"Tout enfant, j’écrivais déjà des vers. C’étaient des vers exécrables, mais je les jugeais parfaits. Je ne connaîtrai plus jamais ce plaisir trompeur de produire une œuvre parfaite. Ce que j’écris aujourd’hui est bien meilleur ; c’est même meilleur que ce que pourraient écrire les meilleurs poètes. Mais c’est infiniment au-dessous de ce que, je le sens bien sans savoir pourquoi, je pourrais ou, qui sait, devrais écrire."  

(pensées : 231)

« Lire, c’est rêver en se laissant conduire par la main. Lire mal et d’un coup d’œil nous libère de la main qui nous conduisait. La superficialité dans l’érudition, voilà la meilleure façon de bien lire et d’être profond. »

(pensées : 229)

Fernando pessoa * 

rockwell--the-land-of-enchantment.jpg

Pages d’écriture – Jacques Prévert.

 

 

 

Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit font seize…

Répétez ! dit le maître

Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit font seize.

Mais voilà l’oiseau lyre

qui passe dans le ciel

l’enfant le voit

l’enfant l’entend

 

l’enfant l’appelle

Sauve-moi

joue avec moi

oiseau !

Alors l’oiseau descend

et joue avec l’enfant

 

Deux et deux quatre…

Répétez ! dit le maître

et l’enfant joue

l’oiseau joue avec lui…

Quatre et quatre huit

huit et huit font seize

et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?

Ils ne font rien seize et seize

et surtout pas trente-deux

de toute façon

ils s’en vont.

Et l’enfant a caché l’oiseau

dans son pupitre

et tous les enfants

entendent sa chanson

et tous les enfants

entendent la musique

et huit et huit à leur tour s’en vont

et quatre et quatre et deux et deux

à leur tour fichent le camp

et un et un ne font ni une ni deux

un à un s’en vont également.

Et l’oiseau lyre joue

et l’enfant chante

et le professeur crie :

Quand vous aurez fini de faire le pitre

Mais tous les autres enfants

écoutent la musique

et les murs de la classe

s’écroulent tranquillement

Et les vitres redeviennent sable

l’encre redevient eau

les pupitres redeviennent arbres

la craie redevient falaise

le porte-plume redevient oiseau.

 

Pages d’écriture – Jacques Prévert.

---------------------

 

* Fernando Pessoa – Le livre de l’intranquillité.

Christian Bourgois éditeur. 1999. ISBN : 2-267-01516-1 

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Published by Le chêne parlant - dans poésie
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commentaires

Cédric 17/12/2012 21:26


 


Vous êtes courageuse ! (ou inconsciente du danger ? )


 


La savoir ? Puisse-t-il ne point être assommant...


 


 


L'ignorance est un savoir qui s'ignore.


 


Sur ce, je m'envole :


 



Le chêne lecturien 17/12/2012 19:19


« N’ayez pas peur de choir du ciel, c’est déjà beau d’en tomber ; pour en tomber il faut y être. N’arrêtez pas la vie qui court en torrent de pourpre dans vos veines fécondes, ne soyez pas
effrayés des battements de votre cœur et des tumultes de votre âme donnant de grands coups d’ailes dans sa prison d’argile… »


 


Texte de Théophile Gautier. 1848.


 


Le chêne lecturien n’hésitant pas à braver tous les dangers de la connaissance répond :


 





 


Seule l’ignorance est inconsciente des qualités écrasantes du savoir.

Le chêne bourdonnant 17/12/2012 18:55


Cher Nuage,


 


Les abeilles… mais ne serait-ce point là l’annonce de la fin du monde ?





Ma fille me rapportait il y a peu,  une conversation savoureuse, chipée entre deux badauds  :


 


- Quand même les Mayas,  va savoir, ils n’étaient quand même pas cons… Si ça se trouve ils disent la vérité, ils ont bien calculé.


-  Mais non, t’inquiète pas, c’est des conneries, à l’époque ils fumaient déjà toutes les herbes. 


 


Rassurez-vous, tout va mal, pour reprendre une célèbre expression.


 


Excellente soirée à vous, amicalement, virginie.


 

Nuageneuf 17/12/2012 14:36


 


Chère madame le chêne lié,


Oui, tout relie et nous relie. (J'voudrais qu'on soit tous des frères, c'est pour ça qu'on est sur la terre...) Ainsi, je me souviens d'une visite privée de ce musée où j'y avais emmené ma petite
fille à l'invitation de monsieur André GOUILLARD, homme délicieux
pétillant de malices et à la culture insondable.Il fut, parmi des dizaines d'autres titres, Président du Conseil scientifique de Nord-Pas de Calais et secrétaire de la société entomologique du
Nord de la France. Pédagogue hors-pair, il sut passioner sa jeune auditrice et son vieil accompagnant...Votre photo est la madeleine qui m'a remémorée ces moments délicieux. A.G. est décédé il y
a peu.


 


Choix très attentionné de votre part pour illustrer les liens ! J'aime beaucoup, cela évoque bien des souvenirs...but this is another story !


Amitiés.


 

Cédric 16/12/2012 21:21


 


"Exaquètely" ?  Vous vous êtes fait gourouïser, chère Virginie, désolé je ne peux plus rien pour vous ! ;-)   ( Je préfère, à toutes fins utiles, préciser que ceci est de l'humour
( car je sais, du reste, que votre "gourou" lira probablement ces lignes ! ;-)  ))


 


Hé bien dites-moi, c'est risqué d'aller dans des conférences. Sont accrochés au plafond de lourds fossiles. Si, celui planant au dessus de votre tête avait, mal fixé, décidé d'atterrir, on eût pu
dire de vous et de vos voisins de conférence : "Morts d'avoir voulu savoir." 


 


Ceci dit, on meurt tous de quelque chose, et des "morts stupides" ça n'eût pas été la pire.


 


 

Le chêne lecteur 16/12/2012 14:43


Cher Nuage,


 


Je travaille actuellement sur Emilia Ferreiro.


 


Alors, bien sûr, cela a un lien – tout nous… relie. 





Bon week-end à vous, amicalement, Virginie.

Le chêne buissonnier 16/12/2012 14:16


Exaquètely (pour reprendre une expression devenue culte), Cédric,


 


Voilà qui n’est point courtois de dévoiler au grand public mes petites vilenies…


 


Ma mère me fit remarquer récemment : « Quand tu étais petite, tu montais vite en fièvre. »


 


… J’ai souri…


 


Remarquez, combien, depuis, je me suis rattrapée. Au premier rang
de toutes les conférences.



Nuageneuf 16/12/2012 12:21


 


Les deux citations de F.Pessoa sont judicieusement choisies et nous ouvrent bien des horizons interrogatifs. Les faire suivre par un des poèmes de Paroles
ne manque pas d'audace. Dès après Maurice Carême viennent, en classe, les poèmes de Prévert, non ? Il sait parler aux enfants, se mettant souvent dans le camp majoritaire des "cancres" pour les
glorifier. Il les caresse dans le sens du poil qu'on voudrait leur flanquer dans la paume de main. Un poème de Prévert en hiver, des prés verts au printemps...


D'accord, c'est mauvais. Revenons au poète. Il savait aussi faire dans le court, le très court :


 


Les paris stupides


 


Un certain Blaise Pascal


etc... etc...


 


Belle journée !

Cédric 16/12/2012 10:49


 


Comment ne pas faire le lien avec ce qui s'est passé à la Plantación !


 


Neuf élèves, pas un de moins, pas un de plus, juste un hasard ?


 


C'est moi qui suis au fond à droite, et qui regarde par la fenêtre et voit l'oiseau.


 


- Aiuto, vieni a giocare con me uccello !


 


"- Cédric, fermez-la ou je vous fous dehors ! Et cessez d'embêter vos petits camarades !


- C'est pas moi m'sieur, c'est l'oiseau ! "


 

Présentation

  • : Le chêne parlant
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  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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