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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 05:37

 

Bruegel--La-Parabole-des-aveugles--1568.jpgL’  «esprit et l'existence sont des reflets de la culture

et de l'histoire tout autant que la biologie

et les capacités physiques. […]  

La culture donne forme à l'esprit »,

Jérôme S Bruner,

Esthel, Paris, 1991

 

A chaque décennie, tout devient moins bien, les années retranchent, enlèvent, abaissent, rendent les connaissances imprécises. Montée en spectre des faiblesses, des retards, de l’inconsistance… Le temps est une malédiction où la matière est forcément perdante, où l’intelligence s’altère, où la cervelle se détache en cinquante nuisances de gris : flétrissure, ralentissement, fatigue, pensée trouble, paresse du souvenir, indolence, initiative en berne, frilosité...

 

Sauver – ce qui peut l’être encore. Eviter les plus graves inconvénients.

Combattre les sournois assauts à force de vitamine E, absorption de pilules et autres coaches sportifs employés à haute dose. Dieu merci, les machines et artifices de toutes sortes destinés à conjurer le ramollissement cellulaire - et à effacer les plis - existent. Investissement frénétique, pour se faire un masque acceptable. 

 

Est-ce que ça le vaut bien ? Ou est-ce repeindre les murs à l’or fin lorsqu’il y a des trous dans le plafond ?     

 

En archéologue du présent et en conservateur du porte-monnaie, l’homme finit par creuser la question. L’érosion est-elle inéluctable  ? Vivre longtemps constitue-t-il vraiment un inconvénient ? 

 

Fini l’artifice – l’espoir – direction la science  avec Catherine Vidal pour guide. 

 

Catherine Vidal – 1*

      Catherine Vidal  – La plasticité.

Conférence Citephilo du 20 décembre 2012 - Salle d'Anchin, Douai.     

"Chaque neurone est connecté à 10 000 autres.

Nous avons 100 milliards de neurones.

90% de nos synapses se fabriquent après la naissance.

L’interaction avec l’environnement et l’apprentissage sont primordiaux dans la construction de notre cerveau.

L’apprentissage entraîne un épaississement des régions du cerveau. Ce dernier est proportionnel au temps passé."

 

L’inconvénient se fragmente. L’âge résonnerait-il comme un avantage ? C’est le parti pris de Régis Debray 2* « le radoteur, à son insu, innove. C’est en oubliant qu’on répète, c’est en se souvenant qu’on invente. » p 107. La faculté de juger, la construction critique se forgent avec lenteur, savoir-faire. C’est moins la frappe de l’acier sur l’enclume qui révèlera les qualités insoupçonnées de la matière que la dextérité avec laquelle la main gauche tournera la lame, présentera le métal au travail du marteau ou l’en extraira. L’expérience fonde la réputation du forgeron. 

 

Parcourir le monde – en flânant, de large en travers – loin d’anéantir le savoir l’affine donc, aiguise la réflexion. La complexité des lieux s’archive dans les mémoires. 

« Archive, détail piquant – souligne Régis Debray - vient de archè, en grec, le début (continuons le combat). » p 46 

 

L’espace s’enrichit de perspectives. 

 

Catherine Vidal  - Déterminés par la biologie ou le culturel ? 

 

"Le développement du cerveau n’est pas contrôlé de façon stricte par un programme génétique."

 

Vidéo  - Interaction avec le monde social.

 

 « Chez l’adulte – souligne la Directrice de recherches au CNRS - on estime à un million de milliards le nombre des synapses ! Or, pour atteindre ces chiffres astronomiques, seulement six mille gènes interviennent dans la construction du cerveau. Ce n’est manifestement pas assez pour contrôler la formation de chacune de nos milliards de synapses. Ces observations montrent que le devenir de nos neurones n’est pas directement dépendant du programme génétique. » 4* p 26.

 

Sur la carte de l’intellect, un monde émerge. « Le cerveau se modifie en fonction des expériences de chacun… »     

 

 Redon et les astrocytes – Jean Claude Ameisen.

 

Le gai savoir s’inscrit en un parcours fait de pierres, de vie, de verdure, de ruines, de montagnes et d’ombres dont les plis donnent du relief – une densité - nous renseignent sur les obstacles, les couleurs du terrain, nous aident à nous situer. La carte, lentement dressée - a la puissance d’un plan Le temporel aigre-doux, courbe, borde et dégage la nature du sol. L’œil devient vision : mesure les distances, identifie les pièges et les précipices, prévient des égarements, permet les retours. La trajectoire devient visible – au moins jusqu’à l’horizon. 

 

             Au fond, l’âge – l’expérience –  dessinent l’accident sur lequel on se trouve. Un paysage où l’on se promène, s’abandonne avec lenteur au sens, au jugement sûr, où l’on verse vers la clairvoyance.  

 

                   La vieillesse, n’est-ce pas la liberté, n’est-ce pas marcher non aveuglément ? 

 

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      1 * « Quand le bébé humain voit le jour, il possède cent milliards de neurones qui cessent alors de se multiplier. Mais son cerveau est loin d'être terminé, car les connexions entre les neurones, ou synapses, commencent à peine à se former : seulement 10% d'entre elles sont présentes à la naissance. Les 90% restantes vont se construire progressivement jusqu'à l'âge de quinze-vingt ans. Dans un cerveau humain adulte, on estime à un million de milliards le nombre de synapses qui relient nos cent milliards de neurones ! En moyenne, chaque neurone est en communication avec dix mille autres. » p 66-67

 

 « … le cerveau n'est pas d'emblée câblé comme un  ordinateur et que rien n'est irrémédiablement figé. On parle de « plasticité » pour qualifier cette propriété du cerveau à se modeler en fonction de l'expérience vécue. » p 68.

 

« Cette plasticité cérébrale est à l'œuvre dans la vie quotidienne pour assurer l'apprentissage et la mémoire, mais aussi pour compenser des défaillances en cas de lésions cérébrales. Notre vision du cerveau est désormais celle d'un organe dynamique qui évolue tout au long de la vie. 

[…] Chez les violonistes, on observe un épaississement des régions spécialisées dans la motricité des doigts ainsi que dans l'audition et la vision. [G. Schlaug, « The brain of musicians : a model for functional and structural plasticity », Ann. NY Acad. Sci. Vol 930, 281-229, 2001.] De plus, ces modifications du cortex sont d'autant plus grandes que l'apprentissage du violon a commencé tôt. Le maximum est situé entre cinq et dix ans, c'est-à-dire à une tranche d'âge où la plasticité cérébrale est particulièrement prononcée. Mais, attention, cela ne veut pas dire que les enfants qui commencent le violon plus tard seront de moins bons musiciens. Simplement, d'autres stratégies d'apprentissage seront mises en jeu et d'autres régions cérébrales seront recrutées. » p 74.

 

« Les capacité d'apprentissage sont spectaculaires chez les enfants, mais peuvent l'être tout autant chez l'adulte. 

.. des individus qui apprennent à jongler avec trois balles : après deux mois de pratique, l'IRM montre un épaississement des régions spécialisées dans la vision et la coordination des mouvements des bras et des mains. Et si l'entraînement cesse, les zones précédemment épaissies régressent [B. Draganski et al., « Changes in grey matter induced by training », Nature, vo. 427, 2004, 311-312, 2004.].  Ainsi, la plasticité cérébrale se traduit non seulement par la mobilisation accrue de régions du cortex pour assurer une nouvelle fonction, mais aussi par des capacités de réversibilité quand la fonction n'est plus sollicitée. » p 75-76.

 

« L'ensemble de ces résultats illustre la dynamique du fonctionnement du cerveau dont les connexions se réorganisent en permanence dans le temps et dans l'espace, selon l'expérience propre à chacun.  [F. Ansermet, P. Magistretti, A chacun son cerveau, Odile Jacob, 2004.] Il en résulte qu'aucun cerveau ne ressemble à un autre. » p 78-79.

 

Sylviane Giampino et Catherine Vidal, « Nos enfants sous haute surveillance, Albin Michel, 2009, ISBN : 978-2-226-18999-8.

 

3*  Régis Debray - Le bel âge - Café Voltaire - Flammarion. 

 

4* Catherine Vidal, Hommes femmes, avons-nous le même cerveau ? Les petites pommes du savoir – Le pommier – Paris – 2012 – 978-2-7465-0625-1

 

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SITES

LDH Toulon

Citephilo - conférence salle d'Anchin à Douai du 20 décembre 2012 de Catherine Vidal.

Cerveau, sexe et préjugés. 

 


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Rien n'est joué.

 La plasticité cérébrale ou la régénérescence du cerveau:

Pierre-Marie Lledo at TEDxParis 2012

       

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 10:15

vieil-homme-medailles.jpg« Ce qui compte ce n’est pas la médaille, c’est la distinction. » 

Cédric Villani,

médaille Fields en mathématiques

– équivalent du Prix Nobel. 

 

 

 

Une fois n’est pas coutume, sortons des bois pour accoster sur les rivages du blogue de Roland Jaccard dont le dernier billet décapant les idées reçues « UN DANDY DANS LA TOURMENTE. » est consacré à Albert Göring.

 

Albert, le frère d’Hermann est le mouton noir de la famille. Chant dissonant, le météore siffle au-dessus des bassesses ordinaires. Sa sin_gularité – entité distinctive du nombre -  ferme et instruite au sein du carnage, marquée d’une sourde résistance - est suffisamment originale, déplaisante aux âmes obtuses, provocatrice de ruptures, pour qu’elle fasse indubitablement partie des nuances défendues sur ce blogue.  

 

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Albert Göring, héros ignoré de la Seconde Guerre mondiale, deviendra peut-être un "Juste" – France 24.

 

 

France Info. 

france-info.JPG

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 10:35

 

Ernest-Pignon-Ernest---Le-Christ--pleure-par-les-anges---d.jpg 

 

Il est mille façons d’empoisonner le discernement. 

 

Celui d’abord, dénoncé avec brio par Thomas Berhard : « En fait les gens, dans les musées, commettent toujours l’erreur de projeter trop de choses, de vouloir tout voir, si bien qu’ils vont, ils vont, et ils regardent, ils regardent, puis soudain, tout simplement parce qu’ils se sont gavés d’art, ils s’effondrent. […] Le profane va au musée et se le gâche par excès », écrit-il dans « Maîtres anciens » p 164. 1*

 

A cet emportement, cette précipitation ôtant la vue et brouillant la pensée du visiteur de musée, s’ajoute l’aveuglement  dû à l’exposition même. Le procédé consiste à monumentaliser les entrailles de l’artiste, lesquelles trônent bientôt en Chef-d’œuvre. 

 

Vertige assuré.

Tout est fait, il est vrai, pour élever le niveau. 

 

Le tableau habillé d’or est accroché sur fond crème sublime ou rouge titanesque.

La composition aboutie, au fini équilibré, solide, sûr dans son exécution,  impeccable, domine le spectateur tel le palais ou la cathédrale écrasant le sujet.   

Ainsi l’œuvre frappe-telle - fait-elle autorité, règne en maître. Sceptre foudroyant d’un roi sacré par son excellence. Nous sentons sous le vernis, la pâte du génial artiste, son trait expert, rapide, n’ayons pas peur des mots, sa virtuosité, son inspiration Divine. 

 

Le génie est né. Décalé, excentrique – c’est-à-dire hors centre, supra- ordinaire. Salvador Dalí au Veston aphrodisiaque ne démentirait pas.

 

 

 

 

La science de l’artiste se fait fulgurante - cosmique - infuse. Congénitale.

 

 

 

C’est qu’à « jouer au génie, on finit par le devenir ». Ses intuitions satinées  imposent le respect. 2 * 

 

La bêtise se caractérise par le ton péremptoire de l’auteur. On y lit une forme d’emportement, de lourdeur. Des notes faites de certitudes – sans questionnement - sans nuance. Une démesure. 

 

Ernest-Pignon-ernest-d-apres-Nicolas-Poussin---Le-massacre.jpg

C’est contre cette idée fort répandue de l’œuvre fusant d’un trait – aisément - sans travail, coulant d’une cervelle intarissable que se dresse l’exposition « Traits de génie ». Une démarche rare, une inversion 4* où les ébauches, l’appétit d’étudier, de tester, de comprendre, s’épanouissent en pleine lumière. Un événement, donc.

 

« Mes dessins réunis dans l’exposition sont comme une quête, une interrogation – énonce Ernest Pignon Ernest dans le guide de la visite – dessiner pour voir, dessiner pour comprendre. »

 

La peine du peintre, les esquisses hésitantes, ses doutes, ses menus effacements – la rouille obscure, le travail de fond – nous en discernons enfin la substance. 

 

Tout cet itinéraire menant à la composition définitive, tout ce qui d’ordinaire nous échappe, nous le voici plaisamment balancé en un lieu en rien commun. 

 

              Le brouillon nous gagne là – au milieu du crâne – comme une morsure de rappel. 

 

Ernest Pignon Ernest - Etudes détaillées - Palais des BeaErnest Pignon Ernest - détail     

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1 * Thomas Bernhard – Maîtres anciens – Folio – Gallimard – isbn : 9782070383900.

 

 

2 * « Il n’y a pas de différence (au plus haut niveau) entre la froide intelligence spéculative et l’intuition de l’artiste. Il y a quelque chose d’artistique dans la découverte scientifique 

et quelque chose de scientifique dans ce que les naïfs nomment les « géniales intuitions de l’artiste ». 

 (Umberto Eco, De Superman au surhomme, Paris, Livre de Poche, 1995) Claudine Cohen (1)

 

3* Musée des Beaux Arts de Lille.

 

4* « La mise à l’envers » p 55.

 

Il suffit d’inverser la hiérarchie et de faire un art dans lequel les évènements de la vie les plus infimes apparaissent au premier plan, soulignés avec un air monumental. […]

« Infraréalisme » 

L’ascension poétique peut être remplacée par une immersion en dessous du niveau de la perspective naturelle. Les meilleurs exemples qui illustrent comment, en poussant le réalisme à l’extrême, on le dépasse – tout simplement en prêtant attention, la loupe à la main, aux choses microscopiques de la vie -, ce sont Proust, Ramon Gomez de la Serna, Joyce ?

[…] Le procédé consiste simplement à donner le premier rôle du drame vital aux bas quartiers de l’attention, à ce que nous négligeons d’habitude. Giraudoux, Morand, etc. appartiennent, chacun à leur manière, à la même équipe lyrique.  P 52-53. José Ortega y Gasset – La déshumanisation de l’artAllia

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Palais des beaux Arts - Document pédagogique.

 

Prolongement-pedagogique---1er-degre-JPG 

 

Lille Infos

 

Pour rappel ... (Pour plus de détails) 

 

 

 

Bouleverser le regard : 

 


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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 05:04

Ernest-Pignon-Ernest.jpg

 

« La dernière démarche de la raison n’est-elle pas de reconnaître

qu’une infinité de choses la surpassent ? »

Pascal. 

 

 

Le citadin entre dans la torpeur du trajet à but précis, la conscience clouée au sol, la pensée semi-comateuse. 

Flâneur d’une vie sans progrès, errant entre les murs dévorés par le vent, l’homme trace sa route sur des kilomètres de bitume - gisements nécrosés n’amenant aucune subtilité, aucune question, aucune envie, aucun principe, aucune conclusion.

La Ville est un condensé de tout ce que peut produire l'apocalypse de la croissance. En périphérie, des grues rouillées s'alignent en cavalerie d’outre-tombe. Au centre, des architectes élèvent au rang de monuments des structures bétonnées où s'entassent les travailleurs précaires prêts-à-dépenser à temps plein, cubes vaniteux contre lesquels des pots d’échappements vomissent des gaz étouffants à doses régulières - certains plus rapidement que d'autres - creusant une fosse commune. 

 

Le marcheur urbain passe, l’œil flottant à la surface du bâti, dénué de volonté apparente, anesthésié, pris d'une torpeur rugueuse, le regard soudé aux murs ou en Dialogue avec ses pieds.

Puis, au détour d’une pensée négligente. Au soir d’un parcours fade. 

L’effraction heurte – jette toute la réalité du monde à la figure. 

 Ernest-pignon-Ernest---Naples.jpg

« L’art doit surgir là où on ne l’attend pas, quelque part dans quelque carrefour. » nous confie Ernest Pignon Ernest citant Jean Dubuffet.  

 

Ce n’est pas qu’une question de surprise, bien sûr. Il y a une autre dimension, n'est-ce pas ?  

Lentement, les yeux se jettent sur le cadre de papier, pénètrent dans le domaine broussailleux de la représentation. Les combinaisons du neuf et de l’ancien, du simple et du complexe, du sacré et du païen restaurent les couleurs des pensées daltoniennes. 

 

“Je fais remonter à la surface enfouie les souvenirs oubliés, je réactive leur potentiel symbolique” 1*.

 

L’image de soie fragile franchit les friches de l’oubli. Le dessin devient impression, émanation des lieux même, bruisse d’un écho particulier, comme si chaque parcelle, chaque centimètre de brique, chaque atome, avaient été instruits, habités de l’endroit. 

Le sens gît ici. 

 

« Il fallait que je saisisse les lieux. Me saisir de tout le potentiel poétique la force suggestive des lieux… ou des évènements et de l’exacerber.  Je prends les lieux […] J’essaye de comprendre l’espace. 

Je provoque des espèces d’interactions. Ma palette, c’est le souvenir du lieu – dans sa qualité plastique et son potentiel suggestif. »  

 

 La représentation réverbère le soleil en pluie d’encre brume, aérienne. L’idée coule sur le bitume en clapotis léger, foulés à l’air, fouettés au soleil. 

 

Description viscérale :

 

La façade se ravale de l’identité des autres, se fait chair, sang, eau. Le long ciment sans éclat, la tôle anodine, la poutre tordue prend des proportions inattendues. Le moindre pylône aux fils d'acier hirsutes se charge d’une présence, vrille d’un éclat imprévisible, d’une mémoire trouble. Doucement, personne ne sait exactement comment, les noirs terreux deviennent des passages profonds, impriment les humeurs de la terre… La lumière danse dans la sphère de l’homme, roses auroriens, rouges éprouvés, crie d’une existence à peine audible, bleus de l'intérieur, marécages putréfiés,  tourbillons rauques.

 PIGNON-ERNEST-SAINT-BARTHELEMY.jpg             Pignon-Ernest--Naples.jpg

 

 

« Je parle de la souffrance des hommes. »

 

Le dessin vient contrarier les perceptions. L’esprit comme foudroyé, sursaute, se lève tout de go. Argumente. Comment comprendre cette intrusion ? 

« Un entrepôt devient poétique »

 

Le passant fixe avec une insistance gênante ce qui l’affecte… La vue ripe sur l’image, en lutte contre soi-même. 

Anéantir ses propres réflexes de touriste 3*. 

Surmonter son vide. Le mural pousse de la mort des autres.

Rien n’émeut davantage l’anorexique de la pensée que l’évocation des idées. Ca raisonne étrangement. D’énormes coulures plongent vers le sol. Propositions d’encre de brume, noires, profondes, absorbantes, traversantes. L’écho d’une  invective. Ce débris fibreux, tel un soûlard pointant un autre soûlard (plus saoul encore) d’un doigt meurtrier est une matière organique vagabonde et avide, combinaison de fibre, de chair et d’acier. Nécessité brûlant d’une existence en déliquescence, disparaissant en grande hâte. 

 

« Quand je dessine – tout devient très noir. Je dessine la lumière qui circule dans le dessin.

Je suggère un mouvement à l’intérieur du dessin » 1*

 

Chose surprenante, en dépit de vents violents en cet endroit exposé du front de mer, ces quelques crains drus, broussailles désordonnées, fragments éparpillés protégés par les riverains - car l’homme du quartier sait distinguer la réserve éperdue de sacré, sait ce qui ajoute 4* -  étaient parvenus à supplanter le vide. 

 

« Bouleverser le regard qu’on a sur les choses, c’est un peu le rôle de l’art et de la poésie. » 

 

Ainsi parla Ernest Pignon Ernest.

 

 Au rythme d’une lucidité hachant le crâne en menus intervalles de plénitude. 

 

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Bouleverser le regard... Montage du 'Chêne'.

.   .

 

      Ernest Pignon Ernest - Extases - Conférence avec Régis Debray du 29 mai 2013 

Palais des Beaux Arts de Lille

 

 

 

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1* Ernest Pignon Ernest.

2 * ... Régis Debray - fragments choisis :

Un franc tireur  qui fait groupe. Le tout à l’ego domine également le monde de l’Art.

Rassemblement. Pionnier du Street Art. 

Réintroduit de l’ancien dans le moderne.

Il réveille les morts – vengeur des torturés, des sans grades. 

Monté Christo des formes communes

Sacré Chœur avec les fusillés de la commune

Plasticien de la fraternité

Allégorie de la désolation

Solitude, c’est-à-dire l’inverse de la fraternité

Temps préalable au temps

Soubassements géologiques

Extase : volonté d’un corps de se désincarner

Algérie : restitution d’une mémoire perdue.

Œuvre d’effraction.

 

3* Régis Debray – Le bel âge – Café voltaire - Flammarion.

 « C’est la différence, si l’on préfère, qu’on peut trouver dans un lieu saint entre un pèlerin et un touriste. Les deux peuvent arriver et se côtoyer au même moment à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le touriste est arrivé en car, avec son Guide bleu et des sous en poche, une providence pour les restaurateurs, et il visite ce qui, au fond, ne le visite pas lui-même et envers quoi il n’a pas de compte à rendre. Le pèlerin arrive à pied et en sueur, avec bourdon et coquille mais sans fifrelins. Le premier repartira comme il était venu. Le second en reviendra différent, avec une sensation d’accomplissement personnel couronnant un long travail de soi sur soi. Et bien sûr, nous sommes tous à la foi pèlerins à perpétuité, ce serait le cor au pied ad vitam aeternam, on rendrait vite son tablier.  

Il y a le même écart entre un voyage culturel et un pèlerinage qu’entre l’objet patrimonial et le défi excitant, le fétichisme du vestige et l’envie de revanche. Le patrimoine, c’est l’ensemble de tout ce qui reste à voir ; une histoire, l’ensemble de tout ce qui reste à faire. Et quand on ne sait plus quoi faire, on s’absorbe dans l’inventaire des bijoux de famille. » p 47.

 

 

4* les habitants des quartiers prennent soin des œuvres. 

 

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SITES 


Ernest Pignon Ernest. Site. 

 

Régis Debray. Site. 

 

Vidéo - Un film de Julie Bonan. "L'Art et la Manière".

Une image de Jean Genet.

 

l-art-et-la-maniere---film-de--JPG

 

 

Extases. Richard Michalska.

 

Naples: Classical Street Art by Ernest Pignon-Ernest

 

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 17:24

 Ernest-Pignon-Ernest---Ecole-de-Michel-Ange---Promethee-e.jpg

    Une goutte de faiblesse se fait parfois l’océan du fort...

 

 

La plupart des concepts grammaticaux comportent des cas particuliers. L’être humain n’échappe pas à la règle. 

Dans une forme globale où règne le sensible, la raison, où tout un chacun semble en mesure de discerner le bien du mal, un petit nombre d’individus se montre capable d’assassiner son voisin, d’enlever la fille de ce dernier ou, pris d’une inspiration surréaliste, supprimera sans états d’âme tout ce qui bougera dans la rue. 

 

Ce principe d’un tout humain et d’une partie inhumaine est un récif. 

L’homme majoritaire ne cède pas à la violence gratuite, les forces du bien règnent en lui. C’est un être de mesure, ce qui est le sens du ‘normal’ – norma 1* – la règle, l’équerre.  

L’homme minoritaire, au contraire, peut se montrer violent, cruel, obstiné, obtus, médiocre, ignoble.

On supputera son geste par une biographie insoutenable ou un débordement maladif. 

Un monde nous sépare de lui. On martèlera ses bizarreries, sa froideur, ses excès, ses pulsions, sa maladie mentale. Une vitre étanche mure nos deux existences. On voit sa folie. 

 

Ainsi, jour après jour, cette distinction profonde se vérifie-t-elle. Le quotidien force la conviction. Le normal brille d’un côté, le pathologique de l’autre 1*. 

 

Or, voici qu’en présence du vil, dans les confidences du monstre, à le côtoyer - la démonstration confortable et rassurante perd de sa pertinence, les frontières se brouillent. Les cases éclatent.

 

« Le cinéma – écrit Frédéric Schiffter - est à la fois une école des sentiments et un atelier du regard. »

 

Ecoutons les leçons d’un maître de la noirceur - en ce cas.  

 

Les premiers épisodes de la série Dexter mettent le spectateur extrêmement mal à l’aise. Plus encore en version originale, le paysage offert est oppressant. Images très sombres, musique glauque, voix caverneuse, monde troublé de night-clubs, ponctué par la dégénérescence d’une ville qui s’étend à l’infini des ténèbres. On sent la violence du personnage, sa disposition au meurtre, son absence de sentiment, sa jouissance, sa jubilation face à l’exécution. 


Le premier regard est de nous disposer en dehors de ses furieux sentiments, nous exclure de son monde, nous  placer au-dessus, en dehors, nous donner le beau rôle. Nul ne peut a priori s’identifier ni comprendre un tel personnage. Il s’agit d’un esprit dérangé ne pensant pas comme nous – un dingue 2* - assiégé de l’image de son père – commandé par un code. En un mot : une âme malfaisante. Bref, son absence de sentiment moral, son insensibilité, son manque ‘d’humanité’ le placent indéniablement du côté du monstrueux, de l’inhumain. 

 Ernest Pignon Ernest - d'après Nicolas poussin - Le massac

Puis – habilement - la série nous mène par le bout de l’ombre. 

 

En absence de justice, puisque des assassins échappent à leur peine et passent allègrement entre les mailles de la police, mettre fin à leur existence ne devient-il pas un spectacle bien fait ? Après tout, les êtres supprimés ne l’avaient-ils mérité ? 

Non seulement tuer, découper deviennent le signe du tribunal du juste mais un geste de vertu. Dexter passe du statut de sociopathe à celui du protecteur de la veuve et des citoyens. En liquidant les ordures, le psychopathe pourfend le néfaste, nettoie la ville, sauve des vies. Son couteau sauvage devient le symbole insensé d’une lutte pour le bien, mieux, un remède au mal. 

 

Le spectateur glisse doucement, se dérobe à ses principes jusqu’au renversement du regard, l’inversion des valeurs. Le sentiment d’un châtiment mérité fait de lui un complice. 

 

Le personnage raconte - on l’écoute. Le meurtrier s’épanche – on éponge ses égarements. 

Morgan mâle sort de sa figure noire et blanche, son visage sent la souffrance. Ses longs monologues nous gagnent, nous rapprochent de ses états d’âmes, révèlent son combat gris, profond, quotidien. Sa lutte de tous les instants contre sa pathologie, ses difficultés à mener une existence ordinaire, l’envie d’échapper au vide, aux commandements noirs, aux instincts pèsent sur nos convictions. Nous apercevons dans sa cruauté – une impuissance. Un néant. L’image frappante d’une incapacité à lâcher prise, se donner à l’autre, à s’abandonner aux sentiments ordinaires. Un désarroi masqué ? Sa sinistre condition apparaît comme une malédiction subie. Mille nuances de sentiments étonnants. 

 

Au fond, ses préoccupations mortelles, ses envies de s’extirper de la caverne de tôle, d’éventrer le container de sa solitude, ses tentatives sans résultats, son rêve de mener une vie ordinaire, son exclusion, nous touchent.  

 

         Finalement, Dexter est plein d’une envie d’abolir les distances. 

 

                                Une quête d’intégration à fin de se fondre dans la matière du monde. 

 

Il est fort à parier que cet acte sera sanglant. 

 

 

 

 

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1* Canguilhem, Le normal et le pathologique. 

Georges Canguilhem – le normal et le pathologique – Quadrige PUF

 « Le dictionnaire de médecine Littré et Robin définit le normal comme suit : normal (normalis, de norma, règle) qui est conforme à la règle, régulier…

Le vocabulaire technique et critique de Lalande est plus explicite : est normal, étymologiquement, puisque « norma » désigne l’équerre ce qui penche ni à droite, ni à gauche, donc ce qui se tient dans un juste milieu, d’où deux sens dérivés : est normal ce qui est tel qu’il doit être : est normal, au sens le plus usuel du mot, ce qui se rencontre dans la majorité des cas d’une espèce déterminée ou ce qui constitue soit la moyenne soit le module d’un caractère mesurable. […]… terme équivoque, désignant à la fois un fait  et une valeur attribuée à ce fait par celui qui parle, en vertu d’un jugement d’appréciation qu’il produit à son compte. » p 76.

« On souligne enfin une confusion analogue en médecine où l’état normal désigne à la fois l’état habituel des organes et leur état idéal, puisque le rétablissement de cet état habituel est l’objet ordinaire de la thérapeutique. » p 77 

Dominique Lecourt

 

2 * Gérald Bronner, Vie et mort des croyances collectives

* M; Duval, Un ethnologue au Mandarom, Paris, PUF, 2002, p 19.

« D'ailleurs, au début de son enquête, on lui demandait souvent s'il valait le peine de faire une étude sur ce groupe (le Mandarom), attendu que « le gourou est un dingue et les adeptes aussi * ». Après une étude de plusieurs années sur cette secte, Duval s'est fait un point de vue un peu différent. Non seulement les adeptes ne lui paraissaient pas plus fous que la moyenne des gens, mais il constate, statistiquement, qu'ils ne sont pas en rupture avec la société extérieure (ils travaillent, lisent des journaux, inscrivent leurs enfants dans les écoles publiques ou privées, appartiennent à des associations etc.) Il ne s'agit pas de trouver raisonnables les croyances absurdes qui sont défendues dans le fanatisme politique ou religieux ou dans les sectes, mais de voir pourquoi et comment les gens qui les endossent ne sont pas forcément déraisonnables. 

….

Une croyance individuelle a une histoire, c'est à dire qu'elle résulte d'une construction parfois lente et progressive, de sorte qu'il n'est pas toujours possible pour le croyant en devenir de prendre conscience qu'il s'engage, pas à pas, sur le chemin d'une adhésion qui, en d'autres contextes, eût pu lui sembler déraisonnable. » P 39 :

Gérald Bronner, Vie et mort des croyances collectives, Hermann, collection sté et pensées, France, 2006, ISBN : 2-7056-6570-6

 

3* Frédéric Schiffter - Philosophie magazine. L'art nous rend-il moralement meilleurs ? 

"Quand aux séries télévisées, les meilleures sont descriptives et non normatives. Prenons la plus réussie : Dexter. Si le héros, un sérial Killer, nous est sympathique, au sens le plus fort du terme, ce n'est pas parce qu'il traque les "méchants", mais parce qu'il réveille l'instinct du tueur qui est ne nous. Est-il sur le point d'être découvert ? Nous tremblons pour lui. Si on l'arrête, nous ne pourrons plus jouir par procuration de son art de boucher. Les saisons de Dexter semblent écrites par des disciples de Baltasar Gracián ou de La Rochefoucault. Le héros ne comprend rien à l'amitié ni à l'amour dont ses proches font grand cas. Dès lors, il mime les comportements de la normalité affective qui, peut-être, se dit-il, finiront par déteindre sur ses sentiments totalement anesthésiés. Aidé d'une figure aimable, il joue à merveille la comédie. Tout le monde s'y laisse prendre, à part quelques-uns - mais ceux-là, il se dépêche de les liquider sans état d'âme. Dexter nous venge de toutes nos compromissions. 

A celui qui voit de bons films ou de bonnes séries, quand il sort du cinéma ou éteint son poste, la réalité humaine lui apparaît clairement. Les artistes ne sont pas des prêcheurs de vertu mais des maîtres de lucidité."

Philosophie Magazine - Dossier l'art - L'art nous rend-il moralement meilleurs ? P 55

 

frédéric Schiffter - Blogue Entretien téléphonique donné à Philosophie Magazine, numéro de juin 2013

L'art nous rend-il meilleurs ?

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A Lire... L’art rend-t-il moralement meilleur ? - Barney Stinson et Dexter Morgan. Blogue d'Axel

 

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      Analyse de la série sur Arte. 


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 Raymond Devos a vu l'une de ses vidéos, censurée par quelque « bien pensant »... 

      Un excellent sketch de second degré, genre d'humour anti-charlatans incompris des petits soldats de la censure. 

 

Qui tu es ? Ou ne laisse jamais les autres te dicter qui tu es.

 

Un jour, en pleine nuit... mon médecin me téléphone:

"Je ne vous réveille pas ?"

Comme je dormais, je lui dis:

"Non."

Il me dit:

- Je viens de recevoir du laboratoire 

le résultat de nos deux analyses. 

J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. 

En ce qui me concerne, tout est normal. 

Par contre, pour vous... c'est alarmant.

Je lui dis:

- Quoi?... Qu'est ce que j'ai ? 

Il me dit:

- Vous avez un chromosome en plus... 

Je lui dis:

- C'est à dire ? 

Il me dit:

- Que vous avez une case en moins !

Je lui dis:

- Ce qui signifie ?

Il me dit :

- Que vous êtes un tueur-né ! 

Vous avez le virus du tueur...

Je lui dis:

- ...Le virus du tueur ?

Il me dit:

- Je vous rassure tout de suite. 

Ce n'est pas dangereux pour vous, 

mais pour ceux qui vous entourent... 

ils doivent se sentir visés.

Je lui dis:

- Pourtant, je n'ai jamais tué personne !

Il me dit:

- Ne vous inquiétez pas... cela va venir ! 

Vous avez une arme ? 

Je lui dis:

- Oui ! Un fusil à air comprimé.

Il me dit:

- Alors pas plus de deux airs comprimés par jour !

Et il raccroche !

!!!

Toute la nuit... j'ai cru entendre le chromosome 

en plus qui tournait en rond dans ma case en moins. 

Le lendemain, je me réveille avec une envie de tuer...

Irrésistible !

Il fallait que je tue quelqu'un. Tout de suite ! Mais qui ?

Qui tuer ?... Qui tuer ?

Attention ! Je ne me posais pas la question : 

"Qui tu es ?" dans le sens :

"Qui es-tu, toi qui cherches qui tuer ? "

ou : "Dis-moi qui tu es et je te dirais qui tuer."

Non !... Qui j'étais, je le savais !

J'étais un tueur sans cible !

(Enfin... sans cible, pas dans le sens du mot sensible !)

Je n'avais personne à ma portée. 

Ma femme était sortie ...

Je dis : "Tant pis, je vais tuer le premier venu !"

Je prends mon fusil sur l'épaule... et je sors.

Et sur qui je tombe ? Le hasard, tout de même ! 

Sur... le premier venu !

Il avait aussi un fusil sur l'épaule...

(Il avait un chromosome en plus, comme moi!)

Il me dit:

- Salut, toi, le premier venu !...

Je lui dis:

- Ah non! Le premier venu, pour moi, c'est vous !

Il me dit:

- Non ! Je t'ai vu venir avant toi et de plus loin que toi !

Il me dit:

- Tu permets que je te tutoie ? Je te tutoie et toi, tu me dis tu !

Je me dis:

- Si je dis tu à ce tueur, il va me tuer !

Je lui dis:

- Si on s'épaulait mutuellement ? 

D'autant que nous sommes tous les deux en état 

de légitime défense !

Il me dit:

- D'accord ! 

On se met en joue...

Il me crie:

- Stop!... Nous allions commettre tous deux une regrettable bavure...

On ne peut considérer deux hommes qui ont 

le courage de s'entre-tuer comme des premiers venus !

Il faut en chercher un autre !

J'en suis tombé d'accord !

Là-dessus, j'entends claquer deux coups de feu

et je vois courir un type avec un fusil sur l'épaule...

Je lui crie:

- Alors, vous aussi, vous cherchez à tuer le premier venu ? 

Il me dit:

- Non, le troisième ! 

J'en ai déjà raté deux ! 

Et tout à coup, je sens le canon d'une arme 

s'enfoncer dans mon dos. Je me retourne. C'était mon médecin...

Qui me dit:

- Je viens vous empêcher de commettre un meurtre à ma place...

Je lui dis:

- Comment, à votre place ? "

Il me dit:

- Oui ! Le laboratoire a fait une erreur.

Il a interverti nos deux analyses. 

Le chromosome en plus, le virus du tueur, c'est moi qui l'ai !

Je lui dis:

-Docteur, vous n'allez pas supprimer froidement un de vos patients ? 

Il me dit:

- Si ! La patience a des limites. 

J'en ai assez de vous dire: Ne vous laissez pas abattre !

Je lui dis:

- Vous avez déjà tué quelqu'un, vous ?

Il me dit:

- Sans ordonnance... jamais ! Mais je vais vous en faire une !

 

Raymond Devos.

 

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Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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