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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 06:55

dennis_ziliotto13.jpgEntre deux plats de civets d’autruches (coriaces),

trois conversations familiales difficiles à avaler

et cinq cadeaux (points Cora - impossibles à refourguer – mais qu’il va falloir - éducation oblige - exposer sur votre table basse)

vous aurez sans doute besoin de quelques moments de détente…

 

Kerry-Skarbakka---Stairs---2002.jpg

Une pointe de fantaisie jetée sur votre vie mortelle…

 

Fêtes attention, une chute - un jour de réveillon - est si vite arrivée. 

 

Animations 100% talent made in France, de quoi faire rougir Hollywood. 

 

Lab... Humour : 

"…seule une pensée superficielle mérite l’attention, à commencer chez le penseur lui-même. « la forme aurait dit Victor Hugo, c’est le fond qui remonte à la surface. »

[La pensée]… on ne lit d’abord en soi que celle de ses aînés et, évidemment, celle de ses maîtres. Pas de pensée propre qui ne soit une appropriation, voire une expropriation ; pas de pensée nouvelle qui ne soit une reprise. 

C’est le style ou le ton qui fera, peut-être, l’originalité de ce que l’on écrit et qui, comme cela est souhaitable, fera l’agrément du lecteur." Frédéric Schiffter, (1) p 16.


 

 

Mortys...  (Humour noir)

"La vie, Messieurs, est une tueuse en série qui n’épargne personne et je n’ai pas plus que vous le temps d’apprendre à vivre et à mourir." Frédéric Schiffter (1).

 

 

Infection... (Humour)

« Toute philosophie est une philosophie de façade […] Toute philosophie dissimule aussi une philosophie ; toute opinion est aussi une cachette, toute parole aussi est un masque. » Par delà le bien et le mal § 289.  Patric Wotling, (4), p 84-85. 

 


Phobie derrière la porte...

" Nietzsche souligne de manière privilégiée le rôle de l’affect, de l’émotion, de la passion – qui évoquent simultanément ces deux déterminations – lorsqu’il s’efforce de montrer que la pensée consciente est engendrée par les échanges de ces instances infra-conscientes multiples, dont la communauté organisée forme ce que nous appelons notre corps : «  Les pensées sont signes d’un jeu et d’un combat des affects (der Affekte) : elles restent toujours liées à leurs racines cachées. »" Patrick Wotling – La pensée du sous-sol – Allia (4), p 55. 


 

 Dans la tête...

" Chercher le sens de la vie ? Autant poursuivre le vent. " (1) p 102.

 

 

 Sombre et magnifique...

" Quand elle s’exprime, la lucidité ajoute à la dureté du réel." Frédéric Schiffter.

"ce qui advient à l’existence, ce en quoi consiste son « être » propre, n’a aucune chance ni possibilité de durer, comme il n’a aucune chance ni possibilité d’occuper une place appréciable dans l’infinité de l’espace." Clément Rosset, La force majeure (3) p 22.

 

 

 Sauvés par la science...  (Humour)...
"… comme s’il pouvait suffire d’une découverte scientifique ou d’une meilleure organisation sociale pour arracher les hommes à leur nature insignifiante et éphémère, autant dire d’une amélioration de l’éclairage municipal pour triompher du cancer et de la mort." Clément Rosset (3) p 29.

 

Appuyer sur le bouton...  

"On dit alors communément : ils en sont venus à se détester pour des questions d’argent. Mais la vérité est inverse : ils en sont venus à se heurter sur des questions d’argent parce qu’ils se détestaient. Ce n’est pas le problème d’argent qui provoque la haine mais la haine qui provoque le problème d’argent. De même l’accumulation d’amour en quoi consiste la joie est au fond étrangère à toutes les causes qui la provoquent, même s’il lui arrive de ne devenir manifeste qu’à l’occasion de telle ou telle satisfaction particulière. C’est pourquoi on peut parler ici, encore que l’expression semble heurter la logique, de cause inférieure à son effet : la cause étant si l’on peut dire non pas productrice mais simple révélatrice d’un « effet », ou plutôt d’un fait préexistant à elle." Clément Rosset, La force majeure, (3) p 12.

 

 

 Entreprise privée (Parodie)...

     " Par « jeux de langage », Wittgenstein ne désigne pas seulement des formes convenues de discours, mais des habitudes ou des stéréotypies d’expression si bien établies, si solidement intégrées dans le psychisme, que ceux qui en usent et le perpétuent n’éprouvent jamais le besoin d’en interroger la pertinence.  Pareil à une idéologie , soit un ensemble de représentations fantasmatiques du réel suggérées par des mots dénués de signification à force d’en dire trop et répétés en toutes circonstances, un « jeu de langage » enferme ses « joueurs », ou ses adeptes, dans une logique exempte de toute tentation ironique. Leur « forme de vie », dès lors, n’est autre que le sérieux. Si, en effet, rien n’est moins sujet à l’ironie qu’un « jeu de langage », ce n’est pas parce que, comme dans tout jeu, les joueurs oublient que ce n’est qu’un jeu, mais parce qu’ils désirent que ce soit tout sauf un jeu et se comportent comme s’ils ne jouaient pas – définition exacte de ce mode d’automystification appelé l’esprit de sérieux. " Frédéric Schiffter (2) p 84. 


 

Electrochoc (Parodie)...

".. le fanatisme, et avec lui toutes les formes de déchaînement brutal des instincts, représente un symptôme de faiblesse : c’est parce qu’il n’a pas la force nécessaire pour spiritualiser que le décadent succombe à la violence d’un affect – en l’occurrence la haine-, et qu’il se montre incapable de maîtriser cet affect en le sublimant. Ce qui caractérise au contraire la véritable puissance, c’est précisément le fait de parvenir à maîtriser les passions les plus fortes et à leur imposer une direction nouvelle."  Patrick Wotling, (4), p 96.    

 

 

Aubade pour un oiseau...  (Poésie). 

"Loin de prétendre à la scientificité, toute la psychologie nietzschéenne est en un sens métaphorique."  Patrick Wotling – La pensée du sous-sol, p 59.

 

 

            Puis, après un repas bien arrosé.... Un petit geste pour la planète... un grand geste pour l'humanité...

bouteilles-sapins.jpg

 

Etat d'apesanteur de lendemain de fête... 

      ....

"En conclusion – et tant pis si, selon Flaubert, « la bêtise consiste à conclure » -, je dirais que seule la mélancolie, la « maladie du temps », incline un mortel à méditer sur sa vie et qu’il en existe deux formes. L’une lui laisse entrevoir un ailleurs à travers les trouées de la nostalgie et de l’espoir ; l’autre ne lui fait voir rien de neuf sous les nuages. Je suis passé de la première à la seconde comme on passe d’un jour gris à la nuit, quand les yeux sont peu à peu contraints à davantage de clairvoyance. J’ignore ce que le lecteur retiendra de ces pages écrites par un ego triste dont la vie spirituelle oscille de l’aboulie aux convulsions. Peut-être quelques formules qu’il saura placer dans un dîner en ville, à un moment où la conversation s’éteint – combler un vide par du vent, beau destin, en somme, pour les mots d’un auteur."

 Frédéric Schiffter in Frédéric Schiffter – (1) Sur le blabla et le chichi des philosophes, p 104. 

(2) Le bluff éthique – Frédéric schiffter – J’ai lu, essai 

(3) Clément Rosset – La force majeure – Les éditions de minuit – collection critique  .

(4) Patrick Wotling – La pensée du sous-sol – Allia. 


Offrez des livres...

jf_rauzier00b.jpg

 

 

 


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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 17:43

chuteIcare.jpg« C'était bien lui, ce fou, cet insensé sublime... 

Cet Icare oublié qui remontait les cieux »

Gérard de Nerval

 

 

« Je chute, donc je pense. » 

Frédéric Schiffter.

 

Icare est irrémédiablement frappé du sceau du péché. Son inconscience, son irrespect, sa démesure, son hybris - son âme certes libre mais inconsciente - sa vanité, tout cela fut puni de cinglante manière.

Foudroyé - Icare s’effondre, tombe et, telle une étoile filante – torche vivante -  meurt de noyade.

 

 

 

Icare est un mythe puni de son succès, comme tout récit légendaire, son interprétation – pourtant - est à double ciel.

Car au delà de l’abîme, Icare est un phénomène.

 marcin_sacha---va-te-faire-schampouiner.jpg

Prenant le vol de son père en marche, les ailes du héros oscillent vers les cieux. Icare se soulève du bloc terrestre, décolle, s’arrache aux courants rugueux - s’emporte.  

Ses envies sont joyeuses et sa fuite devient promenade.

 

Montant, soulevé, l’expérience de cette suspension lui fait dépasser les murs. De là-haut, l’oiseau est devenu cime,  laissant sous lui la terre des hommes, s’arrachant de ses racines ; La hauteur lui procure de belles extases. Icare goûte l’abîme, la familière silhouette de son ombre le suit vainement – au ras des flots. 

Il s’amuse de ses / ces impressions.jf_rauzier08---va-te-faire-schampouiner.jpg

Voir le monde d’en haut, voler, l’esprit au vent, sentir les rayonnements, goûter le jour frissonnant sous les paupières et voir. Icare pénètre dans un absolu – c’est l’œil de la vie - sa légèreté se change en souplesse et lui procure les sensations du tourbillon aérien. L’aigle se détache, décrit des cercles, ne désire plus rien que de rompre avec sa condition - avec ce que nous sommes. 

Sa puissance a devant elle « tout ce qu’il a de grand… et tout ce qu’il y a de petit… O grain de poussière de la poussière. »*

 

Oh, bien sûr, il sait à quoi s’en tenir, il entrevoit ce qu’il risque, pèse le non-sens de cette aventure. 

Pourtant, la sève de la lumière coule dans son sang – et - le corps cuivré de soleil, seule compte cette clarté, cette pleine atténuation de la douleur, ce progrès,  cette grâce oublieuse des semelles de plomb. 

catherine_nelson-va-te-faire-schampouiner.jpg

 

Changement radical avec son passé. Il suivra jusqu’au bout le chemin aux couleurs absolues.

Comblé de plénitude, il tremble. Peu importe. Tout son être devient astre, Icare désire, il ne troquera pas sa quête de l’étoile contre un atterrissage – tout sauf se rendre au réel… Tout sauf rejoindre le sol.

Icare, n’est pas ivre, il n’a pas le choix. Sa désorientation n’a rien d’une arrogance, c’est un besoin d’abolir la pesante lourdeur du monde. 

 

Icare n’atteindra jamais le soleil, mais grisé de l’avoir approché, son spectre aux talons ailés se sera banni un temps du sol.  Plein de rayons éphémères – consumé par l’éblouissement solaire.

 

Son crash aura dynamité l’âme tranquille des terriens aimantés par la gravité, produit l’effet d’une illumination -  le flash électrique d’une descente enflammée. 

 

Francine-Van-Hove---Esquisse-d-une-ailejpg.jpg

 

______________

Le rêve d'Icare revisité.

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 16:49

Piero-Cauburo.jpg

 

« Mon berceau s'adossait à la bibliothèque,

Babel sombre, où roman, science, fabliau,

Tout, la cendre latine et la poussière grecque,

Se mêlaient. J'étais haut comme un in-folio. »

                               Charles Baudelaire - La voix.

 

Allemagne--Baviere--Crane-peint--XIXeme-siecle.jpg

      A Nuageneuf,

Merci de vos attentions sincères.

 

De souffle et de feu…

 

La langue est faite de cendre et de feu,

De braises soufrées, de laves éruptives,

Où les vermeilles lectures aux écritures bleues,

Où les vies antérieures aux livresques effluves,                                                      

Sont de visiteuses proses aux vers présents,

 

Alors les mots voilés, l’air de rien, 

font chavirer l’inquiète torpeur. 

Alors les mots chantés, choses de rien, 

crèvent en inspirations lancinantes,

 

Et de labeurs poussifs en vertiges excès, 

De souffres languissants en réalités glaçantes,

Les songes d'étés,

Aérés de pollens aux piquants abrasés,

Caressent d’encres terreuses les saisons vaporeuses,

 

Flottent sur les sécheresses blanches des gouffres amers,

 

L’air de rien – d’un souffle oriental - éclairent le coin poussiéreux d’une mansarde.

 

Friedrich-Von-Amerling--L-orientale.jpg

Lire est une respiration.

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 09:11

"Tout enfant, j’écrivais déjà des vers. C’étaient des vers exécrables, mais je les jugeais parfaits. Je ne connaîtrai plus jamais ce plaisir trompeur de produire une œuvre parfaite. Ce que j’écris aujourd’hui est bien meilleur ; c’est même meilleur que ce que pourraient écrire les meilleurs poètes. Mais c’est infiniment au-dessous de ce que, je le sens bien sans savoir pourquoi, je pourrais ou, qui sait, devrais écrire."  

(pensées : 231)

« Lire, c’est rêver en se laissant conduire par la main. Lire mal et d’un coup d’œil nous libère de la main qui nous conduisait. La superficialité dans l’érudition, voilà la meilleure façon de bien lire et d’être profond. »

(pensées : 229)

Fernando pessoa * 

rockwell--the-land-of-enchantment.jpg

Pages d’écriture – Jacques Prévert.

 

 

 

Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit font seize…

Répétez ! dit le maître

Deux et deux quatre

quatre et quatre huit

huit et huit font seize.

Mais voilà l’oiseau lyre

qui passe dans le ciel

l’enfant le voit

l’enfant l’entend

 

l’enfant l’appelle

Sauve-moi

joue avec moi

oiseau !

Alors l’oiseau descend

et joue avec l’enfant

 

Deux et deux quatre…

Répétez ! dit le maître

et l’enfant joue

l’oiseau joue avec lui…

Quatre et quatre huit

huit et huit font seize

et seize et seize qu’est-ce qu’ils font ?

Ils ne font rien seize et seize

et surtout pas trente-deux

de toute façon

ils s’en vont.

Et l’enfant a caché l’oiseau

dans son pupitre

et tous les enfants

entendent sa chanson

et tous les enfants

entendent la musique

et huit et huit à leur tour s’en vont

et quatre et quatre et deux et deux

à leur tour fichent le camp

et un et un ne font ni une ni deux

un à un s’en vont également.

Et l’oiseau lyre joue

et l’enfant chante

et le professeur crie :

Quand vous aurez fini de faire le pitre

Mais tous les autres enfants

écoutent la musique

et les murs de la classe

s’écroulent tranquillement

Et les vitres redeviennent sable

l’encre redevient eau

les pupitres redeviennent arbres

la craie redevient falaise

le porte-plume redevient oiseau.

 

Pages d’écriture – Jacques Prévert.

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* Fernando Pessoa – Le livre de l’intranquillité.

Christian Bourgois éditeur. 1999. ISBN : 2-267-01516-1 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 14:18

"C'est par la boulimie de la matière que Rubens échappe

3graces_rubens.jpg à la rhétorique creuse des peintres de cour. 

Tout se passe comme si les empâtements 

et les giclées de la couleur

 avaient peu à peu entraîné le virtuose, 

loin des pompes mytologoco-chrétiennes de son siècle, 

dans un monde où ne compte plus que la substance pure... 

Les fesses des Trois Grâces sont des sphères."

 (Marguerite Yourcenar, 

les Archives du Nord, Gallimard, 

Paris 1977, p 83).

 

      R.C. Vaudey

à son bel hommage

à Rubens.

 

Au sortir du lit, la jeune épouse de Rubens se drape négligemment et, ‘dans la légère fourrure qui  l’  habille, étale l'heureuse lassitude d'un jour de noces avec le monde.’ *

 

 

 

pieter-paul-rubens-the-fur-cloak-helene-fourment-.jpg

 

Peter Paul Rubens – Hélène Fourment Vienne Kunsthistorisches Muséum.

 

A regarder cette peinture droit dans les yeux, on y trouve un je-ne-sais-quoi de particulier… Une singularité... 

 

La trajectoire de l’œil suit le visage d’Hélène Fourment, fixe un instant ses yeux d’ange… longe ses formes voluptueuses. La composition contient des détails stupéfiants. Ca n’est ni la langueur démesurée du bras, ni cette peau d’ours enveloppante, pas plus que la familiarité du modèle avec le peintre. Alors quoi ?  Les détails du grain, la blancheur de la peau, sa lueur, le caractère organique de la chair ?  

 

On se sent attiré par d’infimes détails. Ces largesses montrées, déposées sur la toile. Quelles sont-elles ?

Ces matières accumulées traits après traits, ces épaisseurs habituellement moquées, gommées, cachées,  expressément effacées, Rubens leur accorde un espace – visible - choisit de les laisser  fleurir. 

 Sandrine-Vezilier-Marguerite-Yourcenar.jpg

De fait, souligne La Directrice du Musée Départemental de Flandre, il n’existe aucune forme de séduction ici, aucun désir de plaire. 

Sandrine Vézilier expose les principes de la peinture de Rubens : les corps sont saisis comme ils sont. Le nu pour le nu. La matière est rendue telle quelle, révélée. Il n’y a pas d’idéalisation. Ici, tout est représenté, même le déplaisant, même les chairs adipeuses. 

 

Marguerite Yourcenar, dans l’éclat du texte lu par Sandrine Vézilier … 

 

 

 

Rubens , c’est le mouvement saisissant de la peau contre la pause.

 

C’est l’inclination du sentiment qui s’oppose aux convenances, aux critères esthétiquement lisses, au dogme des conventions. Le détail contrarie le tout. De la répulsion première on passe à l’interrogation, de la réserve à la surprise, du déplaisant à l’étonnement.

 

Cette peinture d’une précision insensée agit non comme un miroir mais comme une photographie. Nous ne pouvons nous réjouir de cette contemplation, impossible de nous identifier à ce modèle - là.

 

L’extrême précision de Rubens est donc un témoignage fugace - le moment irréversible où l’intime prend place, où les chairs encore gorgées de vie sont en place, où la mort rode, où la matière du discours dévoile l’espace intime, le fil d’une histoire. 

 

La fibre s’oppose au côté figé, impersonnel de la pose. Le réel s’infiltre.

Peu à peu, les formes se révèlent – s’incarnent, se marquent, s’inscrivent dans le temps d’une vitalité, d’une tonalité, d’un caractère. Les muscles lâches d’Hélène Fourment, abandonnés, sont autant de formes en délicatesse, en mouvement, tout en mollesse. La chair adipeuse soigneusement reproduite est une présentation ambivalente à la fois érotique, à la fois terriblement proche du réel épais. Rouge. Pétillant. Chaud.  

Le tissu de l’épiderme prend chair – chaque repère infime, le moindre accident, sont autant de signes, de curiosités, d’indices, d’émanations sensibles, lesquels participent à la charpente d’une personnalité, à la lumière d’une humanité, composent une signature…  non pas celle de la texture humaine mais d’un modèle encore plus beau – parfait - de ses imperfections..

Cette femme là, aux accents disgracieux, est reconnaissable entre toutes, unique. La dysharmonie sert la création de sa singularité, fait son unicité, la tire de la foule, des anonymes, exprime son identité - marque son authenticité.

Hélène Fourment n’a pas d’égale - identique à elle-même -, la jeune femme est faite de ces petits renflements, de ces plis fâcheux, obstinément disgracieux. Sa distinction nous frappe. Son existence devient palpable. On entrevoit si nettement sa réalité qu’on ne peut en douter. On accède… à l’harmonie de sa vie… aux atomes singuliers, pleins et emprunts de sa  noblesse 2), celle que Rubens aimât 3).

 

La vérité de sa chair enveloppée, charnelle, décomplexée, offerte est cruellement chatoyante.

 

                   …  Présence magnifique d’une figure inesthétique qui chante.

 

 les-3-graces-Rubens-1636-1638.jpg   les-3-graces-rubens---detail---leger.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

--------------

1) « Marguerite Yourcenar avait besoin d’avoir une érudition presque complète sur un sujet avant de le traiter. » Explique Sandrine Vézilier. « Elle a besoin de ces visuels. Absorbe, s’approprie puis, par émiettement, s’engage dans un processus de création. » La commissaire d’exposition ajoute : Si ce n’est Rubens qui - comme l’avance Marguerite Yourcenar – sera le premier à mettre en scène des féminités charnelles, décomplexées mais Van Hecke, au moins Rubens aura-t-il été un précurseur au sens d’une représentation nue, simple, sans appel au thème mythologique récurrent chez ses prédécesseurs. 

Marguerite Yourcenar - hélène Fourment -1Marguerite-Yourcenar---Helene-Fourment---2.jpg Marguerite-Yourcenar---Helene-Fourment---3.jpg

 

 

 

 

 

 

 

2) Le noble, c’est le « connu », rappelle Ortega y Gasset dans La révolte des masses, celui qui se distingue, sort de la foule.

3) «  J’essaierai de vous faire voir que l’expression est aussi une partie qui marque les mouvements le l’âme, ce qui rend visible les effets de la passion. » Le Brun p 83

 

  *« Le visage mouillé de sueur, mais le corps frais dans la légère toile qui nous habille, nous étalons tous l'heureuse lassitude d'un jour de noces avec le monde. » Noce Albert Camus.

 

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Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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