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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 04:47

« Karl Popper – écrit Edgar Morin - était proche des positivistes logiques du Cercle de Charles-Joshua-Chaplin--Blowing-Bubbles--seconde-moitie-XI.jpgvienne par sa volonté de créer, de trouver une démarcation entre la science et la pseudo-science. Mais il s’en est différencié en introduisant au cœur de la science l’idée de « faillibilisme ». Il a dit : « ce qui prouve qu’une théorie est scientifique, c’est qu’elle est faillible, elle accepte d’être réfutée. »

      Intervient ici ce fameux mot de « falsification » qui a fait couler beaucoup d’encre. A tort ; ce mot de falsification / falsifiabilité employé par Popper déjà dans un sens non prévu par le lexique en anglais, que signifie-t-il ? Il a voulu trouver un mot fort qui puisse s’opposer à « vérifiabilité ». Il a dit : « Il ne suffit pas qu’une théorie soit vérifiée, il faut qu’elle puisse être falsifiée », c’est-à-dire qu’on puisse prouver, éventuellement, qu’elle est fausse. C’était ce qu’il a voulu dire et c’est pour cela que les traducteurs en français de Popper ont fait une traduction correcte en employant le mot falsifiabilité. » p 37 (1)

 

La falsification / falsifiabilité  constituerait une méthode infaillible propre à déterminer ce qui est scientifique (théorie dotée de données objectives*) ou non. 

Car enfin la science ne poursuit-elle pas, dans son génie idéal, la recherche de la substance des choses, de ce qui les constituent, ne désire-t-elle pas décrire le monde tel qu’il nous est caché ? Immanquablement se rapprocher d’une description « exacte », la plus proche possible des phénomènes, décrire ou approcher la nature au plus juste – dans sa quintessence. 

Peut-elle dès lors se permette d’inclure dans ses théories des imprécisions, de vagues calculs, des éléments aléatoires ?

 Jean-Baptiste_Simeon_Chardin--XVIIIe-siecle.jpg

 

Théorie Scientifique ou pas ?

 

 

A première vue, l’idée de Karl Popper est une bulle conceptuelle idéale. Appliquée aux pseudo-sciences, effectivement, on en mesure parfaitement la puissance.

bulle.jpgSon efficacité est redoutable.

Ses résultats semblent « infaillibles ».

 

 Mais est-elle vraiment parfaite ? 

Si non.  Où se situe sa faiblesse ?

Nous y venons. 

 

Le falsification détient un présupposé : celui du lien attachant ou unissant théorie scientifique et vérité ou objectivité. 

 

Pour faire simple :

 Karl-Popper---refutabilite.JPG

               

 

Et d’autres termes pour qu’une théorie soit scientifique, il faut qu’elle même ou à tout le moins ses données soient réputées « Vraies » dans le sens d’objectives puisque c’est de cette objectivité propre – ontologique – que va découler la classification en catégorie soit scientifique soit non scientifique.

 

Or cette objectivité absolue des théories scientifiques est-elle toujours vérifiée ?

Est-il seulement possible de la vérifier à tout coup ? 

 

Eh bien non.  

 

Sans parler du caractère arbitraire des axiomes et postulats en mathématiques **, ceci a été démontré magistralement par Kurt Gödel et son théorème d’incomplétude [En réalité ses deux théorèmes] : 

1) : il existe des énoncés que l'on ne pourra jamais déterminer en restant dans le cadre de la théorie.

2)  : il existe un énoncé exprimant la cohérence de la théorie - le fait qu'elle ne permette pas de démontrer tout, et donc n'importe quoi - et que cet énoncé ne peut pas être démontré dans la théorie elle-même. À cause des hypothèses des théorèmes, toute théorie qui prétend formaliser l'ensemble des mathématiques, comme la théorie des ensembles, est concernée.


« … le théorème de Gödel a démontré qu'un système logique formalisé complexe avait au moins une proposition qui ne pouvait être démontrée, proposition indécidable qui mettait en cause la consistance même du système. (Constante). » p 137.

 

Bertrand Russell enfonce le clou : « la mathématique est une science où l’on ne sait jamais de quoi l’on parle ni si ce qu’on dit est vrai » 

      eclatement-bulle.jpg

 

 

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      A quoi voit-on que quelque chose est objectif ? , eh bien ! C’est effectivement au consensus des chercheurs. Nous faisons confiance à ce consensus des chercheurs et, comme dit Popper, l’objectivité des énoncés scientifiques réside dans le fait qu’ils puissent être intersubjectivement soumis à des tests.

 

 « L'objectivité, semble une condition sine qua non, évidente et absolue, de toute la connaissance scientifique. Les données sur lesquelles se fondent les théories scientifiques sont objectives, elles sont objectives par les vérifications, par les falsifications, ceci est absolument incontestable. Ce que l'on peut contester, à juste titre, c'est qu'une théorie soit objective. Non, affirme-t-il clairement, une théorie n'est pas objective : une théorie n'est pas le reflet de la réalité, une théorie est une construction de l'esprit, une construction logico-mathématique, laquelle permet de répondre à certaines questions que l'on se pose au monde, à la réalité. Une théorie se fonde sur des données objectives mais une théorie n'est pas objective en elle-même. » (1) p 39.

 

**« axiomes, propositions admises sans démonstration comme évidentes (par la foi de l'intuition intellectuelle), et des postulats, propositions indémontrables que l'on demande (postulare) au lecteur d'accepter (sur la foi de l'intuition empirique).

Ex. d'axiomes : le tout est plus grand qu'une partie de ce tout; deux quantités égales à une même troisième sont égales entre elles;

Ex.de postulat, le postulat d'Euclide: par un point pris hors d'une droite passe une parallèle à cette droite, et une seule. » Michel Pérignin.

 

(1) Edgar Morin - Science sans conscience.

 

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Karl Popper    .

 

Théorie - Expérience - Falsification

 

Conjectures et réfutations


 

      Gerard-Gerrit-Dou---Garcon-a-la-bulle-de-savon-1635-36--.jpg

 

 

Gérard Gerrit Dou - Garçon à la bulle de savon 1635-36 -  Vanité.

Tokyo Musée national de Western Art

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 09:22

Petit-bateau-en-papier.jpgLes bateaux de papier de nos préparations sont fragiles, leur sillage dépasse rarement le chantier naval de nos classes, leurs coques échouent systématiquement dans des classeurs en plastique ;

                         Triste infini pour du sable fin. 

 

Le partage de compétences et de connaissances permet – justement – de s’instruire des travaux déjà élaborés,  s’en inspirer, poursuivre leur sillage, s’en distancier, compléter leur course voire s’emparer de leurs traversées.

Evite de nous égarer sur des voies de navigation hyper fréquentées. Bref, de plier – origami du même - ce qui l’a déjà été.

 

Ainsi notre vague conscience retournera-t-elle à ses réflexions de détail, à ses méditations océaniques, soucieuse d’explorer les courants souterrains, de suivre un fleuve océan – ou simplement de rester à flot sur le continent.

 

A chacun son impossible, ses recherches, son atelier d’encre marine. 

 

Merci à toutes vos brises rafraîchissantes, oxygénantes et  vivifiantes …

                                                                        De l’air – pour un navigateur – ça n’est pas rien.

 

Contributions faisant suite à l'animation... Lecture et littérature.

Un personnage : 'La princesse'.

Mmes Mylène Delannay, Despriet, et Platriez - enseignantes à l'école Lafargue d' Hornaing.

 

La-princesse--Mmes-Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez-.jpg  La-Princesse---Mmes-Delannay---Despriet-et-Platriez.2.jpg

 

Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-1.JPG Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-2.JPG

 

 Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-3.JPG Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-4.JPG

 Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-5.JPG Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-6.JPG

Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-7.JPG  Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-8.JPG

 

 Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-9.JPG Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-10.JPG

Mylene-Delannay--Despriet--et-Platriez---princesse-11.JPG

 

Archétype de l'Ogre :

Anne Achin et Marie-Louise Delcroix -école de la Souris Verte de Beuvry-La-Forêt.

 

Archetype-de-l-Ogre---Anne-Achin---Marie-Louise-Delcroix-.jpg Archetype-de-l-Ogre---Anne-Achin---Marie-Louise-Delcroix.jpg

 

Bon appétit Monsieur Lapin

Groupe de travail Mmes Démaret, Vandeplanque, Delbouille, Pernak, Fournel et Savoye.

 Bon-appetit---Monsieur-Lapin-Claude-Boujon---Mmes-Demaret.jpg

Albums en réseau - Structure répétitive par accumulation. 

L’équipe de Mme Parent – Ecole Maternelle Paul Eluard de SOMAIN

L-equipe-de-Mme-Parent---Ecole-Maternelle-Paul-Eluard-.JPGL-equipe-de-Mme-Parent---Ecole-Maternelle-Pau-copie-1.JPG     

 L-equipe-de-Mme-Parent---Ecole-Maternelle-Pau-copie-2.JPG

 

 

Grand merci pour ce travail remarquable. 

 

J’ai tenté d’en restituer au mieux la qualité. 

Malheureusement, certains travaux n’ont pas pu être « transformés » - ou des images n’apparaissent pas dans les fichiers (je pense à la fin du travail effectué sur la ‘Princesse’ où l’image du château n’apparaît pas). 

Espérons que je puisse y remédier dans les meilleurs délais…  

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 12:16


« Apprendre à lire, ce n’est pas seulement associer des lettres à des sons ; c’est également organiser la perception des lettres  dans l’espace, dans le bon ordre et avec l’orientation adéquate...

Maria Montessori, l’une des activités qui préparent l’enfant à la lecture consiste à tracer du doigt le contour de grandes lettres en papier de verre. … En imposant à la vision une exploration spatiale et motrice asymétrique, elle ne peut que faciliter la rupture de symétrie de la voie visuelle ventrale. » Stanislas Dehaene, les neurones de la lecture, p 389.:

 

 

 

Des ‘gestes simples’ peuvent dons aider le jeune enfant à passer du dessin à l’écriture.

La lecture.

 

 

Les neurones de la lecture - Stanislas Dehaene -Odile Jacob, Villeneuve d’Ascq 2007

ISBN 978-2-7381-1974-2

 

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simulacre-d-ecriture.JPG

Fidèle à l’idée de partage de connaissances et d’outils…

 

Stades caractéristiques du langage écrit.

(E. Ferreiro : Lire –Ecrire, comment s’y apprennent-ils ?)

 

Stade I Le stade pré-syllabique :

niveau-pre-syllabique.JPG

(Images du document de l'Académie de Bordeaux.)

 

Le stade du dessin (vers 4 ans environ)

Représentation symbolique de l’objet.

Pas de conscience de la relation liant l’oral et l’écrit (phonème et graphème).

Ou peur panique de l’écrit (ajout perso).

 

L’enfant ne fait pas de différence entre l’écriture d’un mot et le dessin. L’écriture n’est pas indépendante de l’objet signifié, c’est par le dessin que l’enfant représente l’objet signifié. Si on demande à l’enfant d’écrire « voiture », il va dessiner une trace représentant une voiture. Il s’agit déjà d’une représentation symbolique de l’objet réel mais l’enfant n’a pas conscience de la relation liant l’oral et l’écrit.

 

A nuancer… Parfois l’enfant a conscience des relations liant signes graphiques et chaîne orale mais l’écriture a un tel pouvoir d’évocation négative qu’il préfère dessiner. Ainsi se protège-t-il de ses propres peurs scolaires (le dessin ayant moins de connotation scolaire).

 

Stade II : syllabique (vers 5 ans environ)

      niveau-syllabique.JPG

Début de correspondance entre la chaîne sonore et écrite.

Ecriture en fonction :

 

1. De la disposition spatiale

Prise de conscience de la disposition des graphismes linéairement de gauche à droite et de haut en bas sur une feuille. 

Production de signes graphiques en remplissant tout l’espace disponible de la feuille, ce sont les bords qui vont déterminer les dimensions du mot.

Production de signes graphiques en quantité variable mais d’une manière aléatoire.

 

2. Des signes graphiques :

Utilisation de signes graphiques conventionnels (généralement signes graphiques du prénom ou de mots connus), non conventionnels ou mélanger les deux.

 

3. De l’objet signifié :

Tient compte de certaines caractéristiques physiques de l’objet :

- Variation de la quantité de signes graphiques pour représenter la taille (lion et coccinelle),

- Changement de place des mêmes signes graphiques à l’intérieur de mots différents (principe de variété interne).

- Une même écriture pour différents objets qui renvoient à la même réalité (auto et voiture).

Plusieurs écritures pour le même mot  (pas de permanence d’une même unité linguistique).

 

4. Des mots à écrire :

N’écrit que les noms et pas les verbes… Les noms suffisent à donner du sens à la phrase.

 

Stade III 

Le stade syllabico alphabétique. 


Prise de conscience de l’existence d’un lien entre la chaîne sonore et la chaîne écrite. 

Correspondance entre le nombre de graphies et le nombre se syllabes orales : c’est la prise de conscience de la relation grapho-syllabique (tout ce que j’entends, je l’écris : le renard : LNO). Il écrit iao pour piano – aae pour cabane – ade pour corde.

Prise de conscience des liens existant entre phonème et syllabe orale (roule : ROLE), « stade syllabico-alphabétique ». On se situe entre production syllabique et production alphabétique.

 

 

Stade IV

niveau-alphabetique.JPG

Le stade alphabétique (vers 6 ans environ)

A chaque unité non signifiante de la chaîne sonore (phonème) correspond une unité graphique non signifiante (graphème).

 

Compréhension du système alphabétique proche du code conventionnel ; il y a deux cas possibles :

 

a) Appui sur des signes graphiques conventionnels sans connaître la valeur sonore conventionnelle.

 

b) Appui sur des unités sonores signifiantes, avec connaissance de leurs sonorités conventionnelles et de leurs graphies conventionnelles.

 

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exemple-de-conflit-entre-orthographe-et-phonologie.JPG

 

La clarification du système alphabétique est indispensable et nécessaire pour que l’apprenti lecteur entre dans l’écrit.

Les pratiques que l’enfant a développées sur (ou à propos) de l’écrit avec des partenaires compétents dans son milieu socio-familial et à l’école maternelle jouent un rôle déterminant pour l’aider à clarifier ses idées en « lecture-écriture ». La réussite en lecture-écriture  est fonction du niveau conceptuel sur quatre points : 

1) les fonctions de l’écrit,

2) la nature de l’acte de lire,

3) le fonctionnement de notre système d’écriture,

4) la matière d’apprendre à lire.

  Autrement dit, devenir lecteur c’est « sortir du brouillard » et parvenir à un état de clarté cognitive au sujet des termes techniques ou des notions de base de l’enseignement de la langue écrite « apprendre, lire, écrire… »

 

 Synthèse en tableau (Aide à l'évaluation diagnostique) : 

 Ferreiro.jpg

 

 

(*) Eléments repris de la synthèse faite par M-C Lecocq, formatrice IUFM de Lille. 

 

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      Sites 

 

Académie de Grenoble – IEN Annecy 3 :


Académie de Bordeaux – d'après Roland Goigoux


Les écritures approchées Académie de Potier.

 

Apport Elilia Feirrero :


Jeux de lecture : à partir des travaux d'Emilia Feirrero.


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Outils...

 

Fabriquer/ imprimer des lettres rugueuses -  Maria Montessori.

Montessori.


Emilia Ferreiro.

 

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 08:46

study_frederic_leighton.jpg « Les enfants aiment avoir peur…. 

Afin d’être rassurés, 

c’est toute la problématique

des contes de fée. »

Jean-Jacques Annaud - 18.08.2012 – 

Master class / Forum des Images – 

par Pascal Mérigeau.

 

 

«… le conte n’est pas un art du spectacle mais un art de la relation. » Henri Gougaud. 

Le conte merveilleux, “une perle de parole” Interview de Bernadette Bricout par Nathaël Moreau

 

I.  Le conte, agent libérateur ?  

 

Le…  Il était une fois… s’échappe

Certaines phrases du vilain petit canard, certaines répliques restent intactes – blotties là dans un coin de nos émotions… « C’était vraiment un vilain petit canard. ». 

 

Ces instants suspendus, Hubert Reeves en garde un souvenir vivace. L’astrophysicien se rappelle ces moments d’émotions passés avec sa grand-mère – sa façon de dire les contes, le pouvoir magnétique du récit, sa saveur originale, ses étranges détails remuant les pensées...  « Ma grand-mère prolongeait les contes de Charles Perrault de suites inattendues... Ces moments étaient pour moi d'une grande douceur, d'un charme exquis, toujours renouvelé. Je pouvais l'écouter indéfiniment. Je ressentais le plaisir qu'elle éprouvait à faire rêver, baissant la voix pour mieux nous captiver et retenir notre attention, ralentissant le débit de ses paroles pour exciter notre curiosité, jouant de notre impatience à connaître la suite : « Et après ?  Et après ? » Lorsqu'on me demande d'où me vient le goût de raconter des histoires sur l'univers, les étoiles, les atomes, et de poser des devinettes, c'est à ces instants magiques que je pense. » pp 37- 38. (1) 

 

Ces histoires issues des imaginations ancestrales n’ont pas pris une ride. Leur jeunesse s’explique en partie par l’architecture particulière de leur récit. Une narration présente – dont la flèche pointe le futur – quoique appartenant à la mémoire du passé. Le « Il était - une fois… »  s’inscrit dans un passé indéfini – souligne Bernadette Bricout. Celui du rêve, d’une autre nature, celui où les bêtes parlaient, celui d’un temps anhistorique marqué du sceau de l’extraordinaire. Le tumulte des deux expressions « Il était… » et « une fois » arrête notre respiration, heurte nos consciences  d’un :  « cette histoire est exemplaire et si je la connais, je l’écoute pour la première fois. » (2) 

 

Edmond-Dulac---BNF.jpgPleines de poésie, de merveilleux, voire d’épouvante, elles procurent un moment d’évasion, une part de rêve, un instant d’absolue distraction où notre souffrance s’envole, où tout devient possible, où les problèmes se résument à ceux du héros. 

Rien ne peut mieux  « Donner des inventions pour le rêve », comme l’exprime un très jeune garçon.

 

Mais les contes n’apportent pas que du plaisir, leur portée dépasse de loin le registre des émotions.

Les contes ne l’oublions pas – rappelle Bernadette Bricout – s’adressaient d’abord aux adultes. Les contes d’avertissement, les contes de mises en garde contre le loup, étant - quant à eux - réservés aux enfants

 

Les contes sont des caisses de résonance / raisonnance de la vie. Leur inventivité, leurs merveilles sont des décors de théâtre où s’épanouissent les peurs ancestrales, surgissent les angoisses existentielles, se tendent les pièges de l’existence, s’accomplissent les atrocités atemporelles de nos belles et grandes civilisations.  

 Rackaham---Chaperon-rouge---BNF.jpg

Le petit chaperon rouge, Hansel et Gretel : la pédophilie et le viol.

Peau d’âne : l’inceste.

Le vilain petit canard : l’intolérance, le rejet de l’autre. 

De manière générale, le thème de l’humiliation et de la jalousie, arrosé de pauvreté - les minima sociaux n’existant pas - sont des grands classiques.

 

Sur la scène féerique, à l’intérieur d’un folklore en trompe-l’œil, ondulent des personnages faits d’une réalité brute, effrayante – valsent des désirs scandaleux, des démences et des crimes odieux….    Humains. 

Pas sûr – effectivement que l’imaginaire des contes soit sans rapport avec le nôtre… Pas sûr – encore – qu’ils soient de gentils petits récits ; les gentillettes histoires que l'on imagine.

 

Leur essence est ancrée dans le fonctionnement de l’être.

En troublant la quiétude littéraire, en giflant le lecteur de fantasmes à donner la chair de poule et de passages horrifiques, ces histoires posent des questions complexes, difficiles, épineuses, déstabilisantes, convoquent la réflexion. 

Sous les frissons, les grandes interrogations humaines font irruption. Un monde faisant voler en éclat bien des tabous, détruisant nombre de non-dits. 

 

                                     Constituent une libération ?

 

Au moins, il dessinent le palier indispensable au saisissement des obstacles, à la préhension des dangers, au dépassement des impasses, exercent à ce titre une influence sur la construction de soi – 

Sont-ils importants ? ... Oui.

Faut-il les étudier ? ...  Trois fois oui.

 

Ainsi donc le conte ‘art et expression de l’émotion', érudit, profond, intellectuel serait doté de toutes les qualités ? 

 

Taratata… Ce serait sans compter sur la nature de l’homme. 

L’homme - champion toutes catégories - espèce imbattable dans ses horrœuvres.

 

II Le conte, agent de servitude ? 

 

john-William-Waterhouse---Penelope.-jpeg.jpg

Si le conte touche à l’intime. Si le "pollen des contes" (Joseph Bédier - ) nous flatte l’odorat, nous chatouille les muqueuses, nous envoûte, nous parle, nous remue, nous transporte, nous marque l’esprit, de la même manière, ces "myriades de molécules"  flottant dans l’air ne peuvent-elles nous congestionner, nous enrhumer, nous asphyxier, nous polluer, nous – empoisonner ?

 

« Le conte de fées trouve ses origines dans des mythes et des légendes aux motifs universels. » BNF.

 

A ce titre, la génétique du conte tient beaucoup de celle de son aïeul -  le mythe. 

Adèle Van Reeth, nous en fait un portrait  saisissant :

 « Quelle forme de savoir la mythologie nous livre-t-elle ? Procédant par image, par symbole et récits les mythes persuadent et convainquent sans aucun argument ni démonstration. Ils s’adressent à l’imagination mais nous donnent à penser. Et au côté de la raison raisonnante, ils dynamisent la recherche, alimentent la foi et enrichissent l’espérance. Qu’ont-ils de si puissant pour qu’un philosophe tel que Platon qui les condamne explicitement dans certains de ses écrits y fasse non seulement appel mais contribue à les corriger et à les forger, faisant par là même l’aveu de l’insuffisance ponctuelle de la raison. » (3) Adèle Van Reeth avec Luc Brisson. La mythologie platonicienne.  03/07/2012

 

A l’époque de Platon – explique Luc Brisson - l’éducation se résumait essentiellement à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et de la composition.  La ‘Musike’ (ce qui relève des muses ) se faisait par l’intermédiaire des textes d’Homère, ce dernier étant la référence unique.

Les mythes  représentent la tradition, véhiculent des sentiments, des valeurs, des savoirs partagés par toute une communauté. C’est donc l’armature émotionnelle éthique et politique de toute la société qui passe par les poèmes et récits d’Homère – Platon l’a parfaitement compris.  

 

Homère acquière donc une importance éthique et politique*.  

Luc Brisson poursuit : Platon sait que la philosophie n’est pas hauteur, n’est pas autonome. Elle s’enracine dans la tradition, elle la transforme et lui impose des exigences qu’elle ne peut pas atteindre. Elle prend ses points de départs, puise ses axiomes, s’ancre dans la tradition – émotions – savoirs – valeurs partagées par l’ensemble de la population.

 

« Moi qui parle et vous qui êtes mes juges, sommes d’humaine nature.  De sorte que si en ces matières, on nous propose un mythe vraisemblable (eikos muthos), il ne sied pas de chercher plus loin  »

Platon, Timée. 29 d, 1.

 

Le récit détient un pouvoir d’adhérence. Non seulement le lecteur – ou l’auditeur – en est émerveillé mais il est littéralement aspiré par le monde, l’univers, les valeurs du mythe. Les discours produisent la persuasion. 

Raison pourquoi Platon se permet de transformer des mythes dans le sens qui l’arrange.

L’âme ailée… Pour Platon une âme est un principe de mouvement. Il fait appel au mythe pour en parler (chat, tiré par 2 cochers) ou âme ailée (comme un oiseau) .

 

Le mythe détient une force à la fois structurante (comme la science, les mythes cherchent à expliquer – présente des solutions), et une puissance performative**, aliénante. « Le récit engendre chez celui qui l’écoute une volonté d’imiter, s’il y a une volonté d’imiter, c’est parce que le récit donne du plaisir. Il donne du plaisir, c’est une sorte de drogue.

 Il y a un lien entre le récit mythique et les séries télévisées et même les concerts rock. » dit clairement Luc Brisson.

 

Il ne se contente pas de nous inviter à participer aux valeurs transmises, il nous les fait ingérer.

Tel un caramel mou où de monstrueuses vérités  seraient camouflées dans un enrobage féerique.

Les mythes et récits sont prescripteurs, exercent une certaine influence, quand bien même depuis l’arrivée de la télévision et surtout celle de l’Internet, cela soit beaucoup plus diffus.

Ce 'pouvoir' peut-il nous conditionner ?  

 hyde-maureen-4.jpg

Simone de Beauvoir donne les clés de ce qui fait qu’à «douze ans la fillette est aussi robuste que ses frères, elle manifeste les mêmes capacités intellectuelles ; il n'y a aucun domaine où il lui soit interdit de rivaliser avec eux. » puis se « vouent à la passivité, à la coquetterie, à la maternité ». C’est que « l'intervention d'autrui dans la vie de l'enfant est presque originelle et que dés ses premières années sa vocation lui est impérieusement insufflée. » Le Deuxième sexe (4).

 

On ne naît pas femme : on le devient. La philosophe dénonce haut et fort les attitudes  – encouragements – découragements -  les différences d’attentes, de traitement (4.1) qui vont sournoisement façonner les codes de sexe, imprimer la marque des bonnes habitudes féminines.   

La fillette doit être entourée d’objets délicats, seuls capables d’épanouir sa pleine sensibilité, de développer les fibres de sa personnalité future. Cela requiert un certain investissement – certes – mais la dépense est justifiée. Elle jouera avec ses Barbies. « la poupée représente le corps dans sa totalité et que, d'autre part, elle est une chose passive. Par là, la fillette sera encouragée à s'aliéner dans sa personne tout entière et à considérer celle-ci comme un donné inerte. ».

Néanmoins, ce moyen d’instruction ne saurait suffire, « …la bonne éducation – explique John Dewey – s’acquiert par l’habitude en réponse à des stimulis habituels et non par la communication d’informations. » (5) p 97. 

La petite princesse sera donc abreuvée de douceurs et de fermetés conformes à sa royale Serge-Ivanoff-1893-1983-Nude-in-front-of-a-mirror-1945.jpgnature.  « A travers compliments et gronderies, à travers les images et les mots, elle découvre le sens des mots « jolie » et « laide » ; elle sait bientôt que pour plaire il faut être « jolie comme une image » ; elle cherche à ressembler à une image, elle se déguise, elle se regarde dans les glaces, elle se compare aux princesses et aux fées des contes. » (4.2)

Des chemins de vie factices, des repères … (aliénants – traditionnels) mythes « créés par l'orgueil et les désirs des hommes : c'est à travers les yeux des hommes que la fillette explore le monde et y déchiffre son destin. » (4.3)

 

« L’atmosphère et l’esprit dans lesquels baigne l’enfant – écrit John Deweysont, en fin de compte, l’agent principal de la formation des manières. » (5)

 

Le classique du conte mais également celui des romans et albums pour enfants… C’est un héros masculin, actif, fort, puissant, intelligent, genre Harry Potter ou Eragon  « … Le rôle du héros : 83,3 % des pères mis en scènes dans les albums occupent le rôle du personnage principal contre 16.7% des 202 mères » (7) Marie Claude Hubert – Sexualisation des petites filles. p 255.

 

 

La norme en littérature et particulièrement dans les contes, c’est l’attente de l’héroïne… Un jour, mon prince viendra… je l’attends… Une espérance de potiche « L’homme de l’espoir est un homme à bout de ressources et d’arguments, un homme vidé, littéralement « épuisé »… » (6) Son rôle est celui d’une figurante, d’une mineure – au mieux tenue par la main - se laissant conduire par un mâle fougueux - plein de testostérones - sur le chemin des aventures - au pire placée sous globe, figée dans des draps éternellement soyeux, infiniment lisses, dénués d’aspérité et surtout plats de caractère. 

 

Vous objecterez : « Ce sont de vieilles histoires. » Des contes de grand-mères que l’on pourrait qualifier de « traditionnels », révolus – désuets - d’un autre temps. 

Quelle héroïne de roman s’attacherait encore à suivre les fesses du héros – plutôt que de construire sa propre histoire ? Quelle jeune fille moderne se jetterait dans un lit, renoncerait à sa personnalité, s’offrirait en spectacle ? Quelle âme éduquée pactiserait avec des médiocres en mal de reconnaissance, contracterait sa vie  comme une marchandise, renoncerait à s’élever ? Quelles femmes du 21ème siècle, dans le coup, émancipées, se laisseraient berner par une telle supercherie – franchement ?

 

Quelle sublime beauté serait assez stupide pour ne pas s’apercevoir de ces horroeuvres perpétuées ?

      Sleeping Beauty

 

 

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Entendons-nous bien, cet article a pour but de souligner le stéréotype de la princesse, de son attente figée.  Eventuellement d’en faire un motif de discussion fécond.

Le voir comme une condamnation serait une lecture fautive.

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* [pour Platon la politique, ne signifie pas une tentative de solution des conflits, une gestion des populations, c’est l’éducation. Son but est d’éduquer l’ensemble des citoyens.]

** Performatif : qui accomplit un énoncé en acte. Ex : "Vous êtes mari et femme."

 

(1) Hubert Reeves - Je n'aurais pas le temps.

(2) France Inter – Bernadette Bricout - Professeure de littérature orale à l’Université Paris-Diderot, 

auteure de « La clé des contes » ed. Seuil.

France inter 

 

(3) Adèle Van Reeth avec Luc Brisson. La mythologie platonicienne.  03/07/2012

(4) Simone de Beauvoir – Le 2ème sexe - Tome 2: L'expérience vécue. Paris: Gallimard, 1949, pp. 13-48.

– Bernard Dantier, sociologue, 9 mai 2007.

(4.1) « … la prend sur ses genoux et flatte ses cheveux ; on l'habille avec des robes douces comme des baisers, on est indulgent à ses larmes et à ses caprices, on la coiffe avec soin, on s'amuse de ses mines et de ses coquetteries : des contacts charnels et des regards complaisants la protègent contre l'angoisse de la solitude. Au petit garçon, au contraire, on va interdire même la coquetterie ; ses manœuvres de séduction, ses comédies agacent. « Un homme ne demande pas qu'on l'embrasse... Un homme ne se regarde pas dans les glaces... Un homme ne pleure pas ». lui dit-on, On veut qu'il soit « un petit homme » ; c'est en s'affranchissant des adultes qu'il obtiendra leur suffrage, Il plaira en ne paraissant pas chercher à plaire. »

(4.2) « la poupée représente le corps dans sa totalité et que, d'autre part, elle est une chose passive. Par là, la fillette sera encouragée à s'aliéner dans sa personne tout entière et à considérer celle-ci comme un donné inerte. Tandis que le garçon se recherche dans le pénis en tant que sujet autonome, la fillette dorlote sa poupée et la pare comme elle rêve d'être parée et dorlotée ; inversement, elle se pense elle-même comme une merveilleuse poupée. A travers compliments et gronderies, à travers les images et les mots, elle découvre le sens des mots « jolie » et « laide » ; elle sait bientôt que pour plaire il faut être « jolie comme une image » ; elle cherche à ressembler à une image, elle se déguise, elle se regarde dans les glaces, elle se compare aux princesses et aux fées des contes. (…) »

(4.3) « Tout contribue à confirmer aux yeux de la fillette cette hiérarchie. Sa culture historique, littéraire, les chansons, les légendes dont on la berce sont une exaltation de l'homme. Ce sont les hommes qui ont fait la Grèce, l'Empire romain, la France et toutes les nations, qui ont découvert la terre et inventé les instruments permettant de l'exploiter, qui l'ont gouvernée, qui l'ont peuplée de statues, de tableaux, de livres. La littérature enfantine, mythologie, contes, récits, reflète les mythes créés par l'orgueil et les désirs des hommes : c'est à travers les yeux des hommes que la fillette explore le monde et y déchiffre son destin. La supériorité mâle est écrasante : Persée, Hercule, David, Achille, Lancelot, Duguesclin, Bayard, Napoléon, que d'hommes pour une Jeanne d'Arc ; et derrière celle-ci se profile la grande figure mâle de saint Michel archange ! Rien de plus ennuyeux que les livres retraçant des vies de femmes illustres : ce sont de bien pâles figures à côté de celles des grands hommes ; et la plupart baignent dans l'ombre de quelque héros masculin. Eve n'a pas été créée pour elle-même mais comme compagne d'Adam et tirée de son flanc ; dans la Bible il y a peu de femmes dont les actions soient notoires (…). Les déesses de la mythologie sont frivoles ou capricieuses et toutes tremblent devant Jupiter ; tandis que Prométhée dérobe superbement le feu du ciel, Pandore ouvre la boite à malheur. Il y a bien quelques sorcières, quelques vieilles femmes qui exercent dans les contes une puissance redoutable. Entre autres dans le Jardin du paradis d'Andersen la figure de la Mère des vents rappelle la Grande Déesse primitive : ses quatre énormes fils lui obéissent en tremblant, elle les bat et les enferme dans des sacs quand ils se sont mal conduits. Mais ce ne sont pas là des personnages attrayants. Plus séduisantes sont les fées, sirènes et ondines qui échappent à la domination du mâle ; mais leur existence est incertaine, à peine individualisée ; elles interviennent dans le monde humain sans avoir de destinée propre. »

(4.4) « ...c'est que l'amour féminin est une des formes de l'expérience dans laquelle une conscience se fait objet pour un être qui la transcende; et ce sont aussi ces délices passives que la jeune dévote goûte dans l'ombre de l'église.  

Prostrée, le visage enfoui entre ses mains,  elle connaît le miracle du renoncement: à genoux elle monte au ciel; son abandon aux  bras de Dieu lui assure une Assomption capitonnée de nuages et d'anges. C'est sur cette merveilleuse expérience qu'elle calque son avenir terrestre. L'enfant peut aussi le découvrir par beaucoup d'autres chemins: tout l'invite à s'abandonner en rêve aux bras des hommes pour être transportée dans un ciel de gloire. 

Elle apprend que pour être heureuse il faut être aimée; pour être aimée, il faut attendre l'amour. La femme c'est la Belle au bois dormant, Peau d'Ane, Cendrillon, Blanche Neige, celle qui reçoit et subit. Dans les chansons, dans les contes, on voit le jeune homme partir aventureusement à la recherche de la femme; il pourfend des dragons, il combat des géants; elle est enfermée dans une tour, un palais, un jardin, une caverne, enchaînée à un rocher, 

captive, endormie: elle attend. Un jour mon prince viendra... Some day he'll come along, the man I love... les refrains populaires lui insufflent des rêves de patience et d'espoir. » p 44.

Plus d'extraits du deuxième sexe de Simone de Beauvoir.

Université du Québec

 

(5): John Dewey – Démocratie et Education, Armand Colin, Paris, 2011, ISBN : 978-2-200-27265-4

Dewey - lectures.    

(6) "Pourtant il n’est pas de force plus douteuse que l’espérance. Ce n’est sans doute pas par hasard, ni par l’effet d’une erreur de copiste, que Hésiode assimile, toujours dans les travaux et les jours, l’espoir au pire des maux, au fléau qui est resté dans la boîte de Pandore, à la libre disposition des hommes qui s’y précipitent dans la pensée qu’ils y trouveront le salut et le contrepoison à tous les autres maux, alors qu’il s’agit d’un poison parmi les autres, sinon du poison par excellence. Tout ce qui ressemble à de l’espoir, à de l’attente, constitue en effet un vice, soit un défaut de force, une défaillance, une faiblesse…

la vie doit dorénavant s’appuyer sur une force substitutive : non plus sur le goût de vivre la vie que l’on vit, mais sur l’attrait d’une vie autre et améliorée que nul ne vivra jamais. L’homme de l’espoir est un homme à bout de ressources et d’arguments, un homme vidé, littéralement « épuisé »… » Clément Rosset – La force majeure - p 28 – Les éditions de minuit – collection critique – isbn : 978-2-7073-0658-6

(plafond montaigne)

 

(7) Marie Claude Hubert – Sexualisation des petites filles. In Genre et éducation: Former, se former, être formée au féminin.

Etude d’Anne Dafflon Novelle sur la littérature enfantine, plus précisément les albums.

PDF : Quelles normes de rapports sociaux de sexe la littérature enfantine véhicule-t-elle ?


« … Le rôle du héros : 83,3 % des pères mis en scènes dans les albums occupent le rôle du personnage principal contre 16.7% des 202 mères » Marie Claude Hubert – Sexualisation des petites filles. p 255.

 

E. Gianini Belotti Du côté des petites filles.

 

Bernadette Bricout - La clé des contes  - Une perle de parole.

 

 Les contes d’Henri Pourrat

 

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Thèse de Caroline SCANDALE

-Université Lumière – Lyon II - Master 2 Lettres spécialité masculin/féminin

- La sorcière, héroïne de romans-jeunesse contemporains : pour quelles images des femmes?. 


Pour tout savoir sur les contes : BNF - cliquer sur l'image.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 11:30

Hemiksen--vers-1500----vers-156.jpgVan Hemessen - Vanité  - vers 1535 -1540. Huile sur bois.

 

Certains ont besoin de contempler le crépuscule, sentir l’inclinaison des rayons par degré, s’épouvanter des reflets ambrés, s’asperger de couleurs vitrifiées, mesurer minute après minute le sablier du temps, respirer l’âcre parfum d’une faneur*, géo-localiser l’entrée d’un tombeau, s’ombrer l’œil de la nuit ou - encore - parsemer leur existence d’acide. 

Oui, certains ont besoin de sentir ces cauchemars dans leur chair, de toucher – sans doute -  leur déclin du doigt, se meurtrir de leur absolue finitude, conserver les lambeaux poussiéreux de leur vie à fin* de ressentir la pleine puissance de leurs organes.

 

« Je veux vivre, sentir des sensations fortes, actives. » me dit un jour un moniteur à l'enthousiasme sympathique non sans avoir préalablement indiqué au groupe de gogos présents – dont je faisais partie - quel était « Le mode d’emploi de la plage. » 

« Je vais nager avec les grands requins blancs… Oui, ça… ajouta-t-il  l’œil mouillé de bonheur et le torse gonflé d’énergie…  Ca... ça , un jour je vais le faire.** »

 

D’autres n’ont pas besoin de ces piqûres pour se perfuser un succédané de vie en intraveineuse.

 Francine-Van-Hove---tache-de-vin.jpg

Ceux-là ne remuent rien, ne creusent pas plus, n’espèrent pas davantage mais laissent glisser sur leur rétine la gouttelette tremblotante du vin projeté sur une nappe, les fragments musicaux d'une poétique distillée dans un livre, l’esthétique d’une vanité aux ailes ouvertes.

 

Ceux-là ont le néant réfracté d’un soleil éteint depuis leur naissance.

 

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      * Librement détourné, et avec délectation qui plus est.

      ** Ce qui ne saurait constituer le meilleur moyen de rester en vie.    

 

 

"Ce tableau refaçonne la perception que nous avons des vanités.

L’identité de cet ange qui ne nous est pas donné – a une expression énigmatique – décryptable. Ses yeux nous regardent de ses ailes colorées, nous percevons les chatoiements lumineux du vivant.

      Van Hemessen a imposé parmi les romanistes une interprétation très personnelle des italiens du début du XVIe siècle dont cet ange à la stature puissante est caractéristique. 

L’iconographie est ici insolite : alors que le crâne et les inscriptions évoquent la vanité des plaisirs terrestres, les ailes de papillon faisant allusion à l’immortalité de l’âme tempèrent le pessimisme habituel du genre. Le crâne dans le miroir est sans doute le reflet d’un personnage qui occupait un volet droit disparu que l’ange vient avertir de l’aboutissement inéluctable de toute destinée humaine. Les quelques mots autour du miroir « Ecce rapinam rerum omnium » désignent la mort comme le pillage de toutes choses."

Palais des Beaux-Arts de Lille.

 

Alexis Donetzkoff, Conservateur du patrimoine au Palais des Beaux-Arts de Lille : 

"Peinture inédite jusqu’à son passage en vente publique, la Vanitéde Jan van Hemessen est apparue dès ce moment comme une oeuvre incontestable et importante de ce peintre. Elle est à dater probablement vers 1535-1540. A ce tournant de sa carrière, l'artiste, qui a acquis une connaissance approfondie des peintres d'Italie du Nord, peut-être à l'occasion d'un voyage dans ce pays, achève d'élaborer une manière "romanisante" très personnelle dont cet ange à la stature puissante est un exemple caractéristique. Le triptyque du Jugement Dernier exécuté vers 1537 pour la famille Rockox (Anvers, église Saint-Jacques), avec lequel notre tableau présente plus d’un point commun, amène même à se demander si l’artiste n’a pas vu la fresque de Michel-Ange à la Sixtine en cours d’exécution. L'iconographie, qui est bien celle d'une Vanité, présente cependant des caractères insolites. Le crâne et les inscriptions correspondent bien à l'insistance traditionnelle sur la vanité des plaisirs de l'existence. Les ailes de papillon de l'ange, en revanche, sont sans doute là pour tempérer le pessimisme habituel du genre en rappelant la résurrection de la chair. Surtout, le crâne n'est très probablement que le reflet d'un personnage qui occupait un volet droit disparu, peut-être une figure allégorique des plaisirs de ce monde ou, plus vraisemblablement, le portrait d'un haut personnage qu'un messager céleste vient avertir de l'aboutissement inéluctable de toute destinée humaine. Une telle création, sans équivalent connu, contribue à confirmer la place éminente de Hemessen parmi les peintres flamands du 16e siècle." 

 

Lille, Palais des Beaux-Arts

Numéro d'inventaire : P 2009 

Date d'acquisition : Acquis en 1994 avec l'aide du F.R.A.M. et le mécénat de White Public Relation, Tokyo.

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Présentation

  • : Le chêne parlant
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  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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