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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 12:18

A Alfonso

merci pour ce très bel hommage.

A la LDH et à Madame Pruvot,

merci de leur avoir offert ce si beau moment,

merci pour eux.

 

Rendre à Déborah, Antoine, Valentin, Justine, Anthony, Clara, Jules, Damien, Valentine, Donavan, Alicia, Jérémy, Benjamin et Elodie,  leurs lauriers.

 

 

Ligue-des-Droits-de-l-Homme---Brisons-les-murs-1.jpg

Comme les autres.

 

Ils nous prennent pour des bébêtes qu’il faut vite écraser,

Ils nous prennent pour des imbéciles, ils nous traitent de bébé,

Ils nous prennent pour des enfants qui ne savent rien faire,

Ça nous énerve et ça nous met en colère,

Ça nous fait mal au cœur et parfois on pleure,

Évidemment, ce n’est même pas vrai,

Évidemment, on travaille toute la journée,

Comme les autres, on apprend à lire et à compter, 

Comme les autres, on fait des mathématiques et du français,

Comme les autres, on aime les arts plastiques et s’exprimer,

Comme les autres, on a envie de travailler et de progresser,

Comme les autres, on a envie d’être aimés.        

 

 

Les élèves de la CLIS - Poésie destinée à la Ligue des Droits de l'Homme 2010

 Unis--cassons-les-chaines.jpg

 

Des-eleves-heureux-de-lire-leur-poesie.jpg un-beau-souvenir.jpg

Ne croyez pas qu’il soit facile de dire à quelqu’un que l’on est fier de lui ou de ce qu’il a fait. Aussi, lorsqu’il s’agit de ses propres élèves… 

 

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 17:15

 

A mes petites étoiles de mer...

Et à Albina du Boisrouvray

Ensemble-nous-brillons-2.jpg 

La métaphore des sables et du vent.

Rien à première vue n’est plus étendue que cette plage, sable rythmé par des dunes sans fin. Voie illimitée sur des kilomètres et au-delà, prise dans le chaos inconcevable des vagues et du vent.

Etoiles-de-mer---Caroline-PCjpg.jpgA chaque marée, des étoiles de mer viennent s'échouer par centaines de milliers. Des bancs informes, monstrueux, des copies répétées de sorte qu’on ne puisse plus les distinguer, affluent à chaque vague.

Dans le même temps, un jeune homme les cueille une par une, en un mouvement routinier qui n’a l’air de rien. Répétant en gestes dupliqués, depuis des semaines, des mois, des années son entêtement à les sauver. Travailleur inlassable, il distingue chacune d’entre-elles, se presse, s’échine, les transporte individuellement, les soustrait au sol brûlant, afin de les rendre à l'eau paisible.

Un jour de grand soleil, plein de cette lumière particulière des grands moments, un sage vint à examiner le jeune homme doué d'une belle persévérance et l'interrogea en ces termes :

« A quoi te sert-il de te fatiguer ? De t'épuiser dans une bataille perdue d'avance ? Regarde autour de toi. Et vois. Il y en a des milliers séparées, immobiles, échouées au hasard. Des milliers devant. Des centaines de milliers derrière... A chaque marée, un tas d'autres viendront s'échouer sur le sol. Où est ta consolation ? L'activité est illogique : la lutte sans fin. Enfin, voyons, ouvre les yeux : ce sacrifice ne représente pas grand chose, c’est un travail sans fin, une lutte acharnée aussi vaine qu'inutile. Oublie cette dépense d'énergie et viens me rejoindre. Marchons, ensemble, sur les chemins ! Ensemble, nous aurons de grandes joies, nous découvrirons de villes incroyables. Des royaumes oubliés. Tu deviendras mon apprenti : enfin un être libre et affranchi de toutes contraintes. »

Le jeune homme regarda un instant l’homme doué de certitudes, âgé mais solide. Ses yeux … à la fois présents et séparés suivirent le mouvement des flots. Plein de rêveries, l’éphèbe se tourna ensuite vers les étoiles de mer étendues sous les attaques du soleil, desséchées, fiévreuses, délirantes - amassées dans une confusion totale..

« Non Grand Sage, lui répondit-il d'une voix légère tout en déployant le bras afin d’attraper le doigt d'un mollusque épuisé. Sûrement, tu as raison, je ne parviendrai jamais à satisfaire tous les besoins. J’ai des limites. Je n'ai aucun pouvoir sur les mécanismes des marées. Et, bien sûr des cohortes s'échoueront en permanence jusqu’à la fin des temps. Des légions que je ne parviendrai pas à sauver. Pour beaucoup, précisément, ma présence sera inutile. Rien à première vue ne peut paraître plus vain, non rentable, je te l’accorde. Mes mains contiennent si peu, mes jambes avancent si lentement, mes pieds sont si malhabiles. Mes forces s’épuisent si rapidement. Mon intervention se déploie en de si étroites limites… … Mais pour celle là, tu vois - il déclara en posant délicatement les branches à la surface de l'onde –

étoiles de mer.jpg

 

pour celle-là, tu vois, échapper à la rugosité du sable où elle se traîne, atteindre un autre univers dans lequel elle recouvrira la faculté de se mouvoir – librement – où elle possèdera un pouvoir de légèreté - pour celle-là, tu vois, mon travail fait toute la différence. »

 

72184116.jpg

V. Glaine

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:56

"Eduquer, ce n'est pas emplir un vase, c'est allumer un feu."

 

« Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier,

attendrir, apaiser, mettez des livres partout. » (1) 

Victor Hugo.  

 

« Le préambule des programmes de 2008 commence par cette phrase : 

Donner à chaque enfant les clés du savoir 

et les repères de la société dans laquelle il grandit est la première exigence de la République 

et l’unique ambition de l’école primaire. » 

Christian Poslaniec.

 

Il se trouve que l’album – par l’attrait qu’il suscite, par la richesse littéraire (lexical / syntaxique) et graphique dont il est porteur – se prête tout particulièrement aux exigences de savoirs et de culture dont l’école du premier degré est porteuse. 

Olivier Graff (2) – inspecteur à l’éducation nationale – ne manque pas de souligner combien les albums - dès la petite section de maternelle - peuvent préparer les élèves à acquérir les connaissances liminaires qui leur seront utiles au cycle 2 et 3.

Ainsi l’album permet-il d’élaborer (de construire) de solides repères culturels (classiques et modernes) tout en éclaircissant l’intentionnalité de l’auteur. C’est-à-dire qu’il s’agit de rendre lisible les lignes implicites qui composent l’écriture d’une œuvre quelle qu’elle soit.

Ceci suppose – de la part de l’enseignant non seulement de disposer de solides connaissances, mais également de choisir les œuvres à étudier en fonction des critères pédagogiques que ce dernier se sera fixé (3). 

 Petit-Pierrot.jpg

Quels repères culturels ou éléments littéraires travailler ?

Il  faut bien faire des choix…

Les auteurs de l’ouvrage se proposent d’aménager un parcours pédagogique réalisé sur la base de 4 points (Les références à d'autres oeuvres - Le récit - Le personnage - Le genre) à travailler en classe. 

(Le but étant de rendre "explicite" la foule d'éléments implicites qu'ils contiennent - lesquels - vont venir entraver la compréhension du jeune lecteur, puis, peu à peu, le conduire à l'échec et enfin au dégoût de l'acte de lire.)

Le but – in fine – étant évidemment d’acquérir une forme « savante » de lecture.

Les deux premiers s’adressant plutôt aux élèves de Petite et Moyenne section (Tome 1).

Les deux suivants, davantage aux Moyennes et Grandes sections (Tome 2). 

 

Tome 1 :

 

1) Les références à d’autres œuvres :

 

La construction du stéréotype du renard conforme à son archétype. 

Il s’agit avant tout de construire, c’est-à-dire de pointer les éléments qui vont permettre de fabriquer cet archétype. 

Par exemple dans le cas du renard (il est rusé – beau parleur – trompeur – menteur – malin, etc. ) 

Afin de valider ce stéréotype ; les auteurs proposent 4 œuvres à découvrir :

 

"Roule galette "

 

Le stéréotype : Le renard, un archétype à définir pour identifier son rôle (statut narratif dans les œuvres). 

Le récit : La structure en randonnée : répétition par juxtaposition. Comprendre et interpréter un récit répétitif (avec ritournelle répétitive).

La galette croise au cours de ses pérégrinations : un lapin, un  ours, un loup gris qui « parlent trop » ;

Si le renard arrive en dernier, ce n’est pas un hasard. La galette se laisse prendre au jeu (ce qui n’est pas sans rappeler la fable du Corbeau et du Renard) et se fait croquer (la fin est violente.) 

 

« Cette approche de l’acte de lire doit permettre à chaque élève de mettre en œuvre une pensée en réseaux. » (2) p 10. (Faire du lien entre le texte lu et le lecteur – entre les lecteurs – entre le lecteur / le livre et le monde – entre le texte et d’autres supports culturels.)

Roule Galette, de Natha Caputo et Pierre Belvès, travail offert par le CDDP du Cantal

 

"Poule Plumette". Poule-Plumette-de-Paul-Galdone.jpg(Stéréotype : Le renard (sa roublardise, toujours) + Récit : La structure en randonnée : répétition par accumulation).6-images-sequentielles-de-Poule-Plumette.jpg

 

"Une petite oie pas si bête." . (Stéréotype : Le renard (sa roublardise, mais cette fois, l’oie va-t-elle se laisser dévorer ?) + Récit : La structure répétitive par symétrie). Il y a ici possibilité de travailler sur les expressions (bête comme une oie, cervelle de moineau, etc.)

 

"Poucet le poussin." . (Stéréotype : Le renard (sa roublardise, toujours) + Récit : La structure en randonnée : répétition par accumulation). La fin est suggérée par le dessin. Travail de Mr Dommergue, Aurillac 3 (sur le site de L'Académie de Clermont-Ferrand).

Poucet le poussin

 

Voici une autre proposition de lecture "réseau" offerte par l'Inspection d'Aurillac.

Exploitation proposant une lecture comparée de 4 versions du conte «Petite poule rousse». Tableau comparatif, déroulement des activités, productions d'écrits. Les 4 titres sont : «La petite poule rousse et le renard russe» de Maud Riemann, édition Bilboquet ; «La petite poule rousse», édition Nathan ; «Petite poule rousse et Renard rusé» de Sally Hobson, édition Pastel et «Poule rousse» racontée par Lida, illustration de Morela, édition Père Castor flammarion.

 

2) Le récit :

 

a) La structure répétitive par accumulation.

 

b) "Le roi de la grande savane" (Moyenne Section).  La structure répétitive par substitution. 

Le roi de la grande savane

Les animaux veulent « devenir calife à la place du Calife. » Il s’agit d’une satire sociale pleine d’humour. Le texte est très musical. La fin est conforme au début. 

 

Tome 2 :

 

3) Le personnage :

 

L’ours (personnage non stéréotypé).

 

Le loup, (Archives départementales de Meurthe-et-Moselle), le stéréotype du loup :  

(Bayard Presse) un incontournable de la littérature enfantine.

Un travail proposé par les conseillers pédagogiques (Claudine Demiot - maître formateur - école maternelle Evariste Galois Poitiers. Présentation et mise en forme du diaporama : Annie Jussaume – maître formateur Circonscription Poitiers Ouest est très éclairant sur la manière de "CONSTRUIRE LE STEREOTYPE DU LOUP. Un exemple dans une classe de moyenne et grande sections. Pourquoi construire le stéréotype d'un personnage ?") Attention, il est nécessaire de construire le stéréotype avec soin, de bien l' "asseoir" avant toute chose. L'auteur souligne en effet, combien - trop souvent - nous avons tendance à déconstruire ce qui n'est pas encore "construit" chez le tout jeune élève. 

Je propose de travailler à partir de ces albums (Ceci n'est qu'une proposition sans prétention. Il conviendra d'ajouter un questionnement relatif à la construction du stéréotype.) : "Je m'habille et je te croque" -  "C'est moi le plus fort." d'Eric Ramos (Académie de Clermont-Ferrand) - "Loulou" de Grégoire Solotareff (L'intérêt de l'album réside dans la construction du stéréotype par le personnage lui-même, c'est le regard du lapin posé sur lui qui va lui faire prendre conscience de "sa nature". Va-t-il y succomber ?) -  "Loup y es-tu ?" (Est à côté du stéréotype  - Pourquoi ?)

 

L’ogre. 

Le monstre "Va-t'en, Grand Monstre vert.".

 

4) L'une des caractéristiques du genre "Conte Merveilleux" :

 

La triplication ou la présence du nombre 3 dans les contes. Par exemple « Les 3 petits cochons », Magnard Jeunesse - ici, le conte est présenté dans sa version originale. C'est-à-dire que les deux premiers cochons se font dévorer par le loup, le dernier parvenant - quant à lui - à se débarrasser définitivement du loup. (Ce qui fait beaucoup de morts.) Le conte est vraiment très riche.

 

La Petite Poule Rousse. poulerousse.jpg

 

 

 

      Contributions de collègues à la formation 2011 / 2012

"Lexique - Littérature"

 

Stéréotype de la "Princesse". 

 

      --------------------------------------------

 

(1) Victor Hugo. in Danièle Sallenave, Nous on n'aime pas lire, Gallimard, 2009, p 11. 

(2) Conférences du 18/01/12 à Douai-Rieulay - Auteur de l’ouvrage tome 1 : 

Litterature-er-langage-a-l-ecole-maternelle.jpg             Tome 2

(3) « … ces textes sont choisis pour […] la manière remarquable dont ils illustrent les genres littéraires auxquels ils appartiennent (contes, légendes, fables, poèmes, récits de littérature enfantine). Ainsi, tout au long de l’école maternelle, les enfants sont mis en situation de rencontrer des œuvres du patrimoine littéraire et de s’en imprégner et grâce à la répétition d’histoires ou de contes adaptés à leur âge, classiques et modernes, ils parviennent à comprendre des récits de plus en plus complexes et longs, et peuvent les raconter à leur tour. » programmes de 2008, (2) p 8,.

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:16

« Ce qui compte ce n’est pas la médaille, c’est la distinction. » 

Cédric Villani, médaille Fiels en mathématiques.

Lundi 23 août 2010, les matins de France Culture, 

Florian Delorme.

 

« Le Dandy doit aspirer à être sublime sans interruption, 

il doit vivre et dormir devant un miroir »

— Baudelaire, Mon cœur mis à nu

 

 

Ah, les mathématiques… Les mathématiques !

 

Une rigueur tout étriquée, réglementaire ? Une ascèse, une rigueur Kantienne ?

Pour être honnête, rares sont ceux qui se trouvent bien en leur compagnie. Au mieux, on leur accorde un air mystérieux, intimidant, au pire, on découvre en elles des amazones barbares, « pires que les femmes », sans pitié, assoiffées de sang, dignes des pires films d’épouvante. 

Considérez – par exemple - une identité dite « remarquable », soit (a + b)² = a² + 2ab + b²…

Qu’y voyez-vous ?

Odilon Redon 1881 - Araignée qui sourit.jpgRien d’exceptionnel, une bestiole ni divertissante, ni épanouissante. Une bête noire. Velue, dotée de chélicères répugnantes. Rien d’esthétique. Au contraire, une espèce abstraite, sournoise, qui tend tout autour de vous une toile gluante. 

Et soyez assurés qu’elle vous guette, patiente, tranquille. Elle s’apprête à jeter son dévolu sur votre naïveté et sabre vos meilleures résolutions. Son attaque est fulgurante – implacable. 

Quant à la morsure, cette dernière a pour but de vous injecter un  suc digestif - lequel peu à peu va non seulement vous anesthésier et vous immobiliser mais littéralement vous liquéfier (de l’intérieur). 

La conclusion étant naturellement mortelle. 

 

Pour Cédric Villani, les mathématiques sont d’une toute autre nature, ces dernières constituent… une aventure extraordinaire. (Voir de la beauté dans les tables de mathématiques est déjà contestable – surprenant. Mais dans une identité dite – à tord – remarquable, voilà qui est plus que suspect.)    

      

      Equation de Boltzmann, Une équation impressionniste ? 

"Ces petites boules (les particules) se cognent les unes contres les autres « paf – paf ».

Les molécules avant de se rencontrer, elles ne se connaissaient pas.

L’entropie « S » augmente avec le temps…"

"Dans une équation toute simple, on retrouve des mondes entiers."

 

A ses yeux,  l’art et les mathématiques ont beaucoup de points communs, elles partagent toutes deux une passion commune pour l’esthétique – le beau  - affirme-t-il.  

Elles sont toutes deux liées à l’inspiration – à la culture – à l’échange d’idées – aux courants de pensée.  

« Les choses doivent être à la fois utiles et belles. » dit-il. Ceci n’est pas sans rappeler le talent d’un Eugène Delacroix. « C'est l'invisible, c'est l'impalpable, c'est le rêve, c'est les nerfs, c'est l'âme. » écrit Baudelaire à son propos.

 

 – universalité des maths et de l’artistique à la fois très liés au contexte et très universels. 

 

« Un mathématicien c’est comme un artiste qui peint ; il ne peint pas ce qui est là, il peint ce qu’il voit."

"Les maths, il ne faut pas en avoir peur… C’est un art. Les maths sont autour de nous, elles sont partout. Si on y va tranquillement, tout va bien, c’est comme plonger dans une piscine. Les mathématiques, c’est comme apprendre une langue étrangère, il faut prendre son temps. »

 

Cédric Villani, serait-il donc un dandy des mathématiques ? 

 

Le mathématicien a tout pour attraper la grosse tête. Une scolarité brillante. Des postes prestigieux. Une médaille Fields.. 

De quoi flatter la conscience, gonfler l’égo, s’auto-satisfaire, s’inventer une généalogie issue des cieux - Divine. Certains philosophes « militants » s’enorgueillissent - bombent le torse - et se glorifient de leurs petites personnes tandis qu'ils ne détiennent pas un pouième de ces qualités-là.

Or, Cédric Villani, loin d’arborer ses succès comme une décoration sur un torse gonflé, fait de ses « performances » flamboyantes, une description ordinaire. Soulignez-lui son bac, passé à 16 ans. Il vous rétorquera – décontracté - 16 ans et demi ! Parlez-lui de « Génie ». Il répondra tout de go : « Je déteste le mot « génie » - le génie, c’est celui qui sort de la lampe. » Il ajoutera : «  Des fois les canards noirs naissent dans les familles littéraires. » Le canard noir, on l’aura compris, c’est lui. 

Parlez-lui de « Don », il vous louera les vertus du travail. Il rappellera combien, plus jeune, il résolvait plus de deux cents exercices mathématiques par plaisir. 

 

La crise de vocation ? Ca lui est arrivé à lui aussi - eh, oui ! -  plusieurs fois.

Il prône l’usage du hors norme, de l’imprévisible, de la jubilation.

"Un prof de 3ème était assez hors programme.. c’était assez jubilatoire. Il nous montrait des choses nouvelles – la découverte. La découverte, la curiosité, c’est essentiel pour les mathématiques, découvrir de nouveaux horizons. Ces profs ont pu transmettre leur flamme, ça c’est très important. » insiste-t-il.  

Car le mathématicien est plein de cette distinction posée - sans exagération - dénuée de toute « surestimation du moi », posture à « l’Antique », flamboyante – sans mégalomanie. Il incarne un idéal. Une culture, un  équilibre  - une distance -     honnêteté – humilité   - Cédric Villani  est un être aimable dénué de toute forme de vanité. 

L’araignée, il la veut de pacotille, et il l’arbore en sorte de gris-gris anticonformiste. « Je suis un peu hybride » avoue-t-il lui-même.       

Les mathématiques, il les présente comme une école de pensée. Il ne faut pas en avoir peur.

Des qualités d’une personne qui ne sont pas inscrites dans ses gènes ou dans sa naissance mais des compétences acquises dans le contexte d’un « travail » régulier, inlassable. 

Il ajoute un petit conseil aux jeunes : « Ne jamais se laisser placer dans les boîtes. » … 

 

Une excellence 

Une posture de distinction 

Il poursuit une recherche esthétique – contre la barbarie – qui le rapproche effectivement de l’artiste.

 

    -----------------------------------------------------------------------------

 « Il y a encore de la place, dans ce monde de brutes pour des naïfs au cœur tendre. »

Cédric Villani.

 

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 12:23

Pourquoi la figure de La liberté guidant le peuple

398px-La_Gr-C3-A8ce_sur_les_ruines_des_Missolonghi.jpeg – emblème surgi au milieu des gravas - chez Delacroix porte ces traits ingrats, 

ne resplendit point de ces lignes fines, sensibles, propres par exemple à Sardanapale..  

432px-Eug-C3-A8ne_Ferdinand_Victor_Delacroix_056.jpeg

Donner du sens à l’histoire – donner du sens aux faits – bref, donner du sens est l'un des travers de l’intelligence humaine. Il nous vient – disent les historiens tels Karlo Ginzburg  – de ce besoin d’évaluer la dangerosité des situations. 

Aussi, interprétons-nous tout – attitudes, réflexions, écrits - brefs évènements qui se déroulent autour de nous avec le sérieux du candidat au baccalauréat.  Objectivité. Mise en place de liens logiques. Rappel de connaissances acquises. 

Le problème, c’est que… 

La réalité ne cesse de démentir nos idées préconçues. 

Démonstration :

Exemple 1: Dans un musée, une femme s’assoit sur une banquette et contemple une heure durant un tableau de « grand maître ».

Exemple 2 : Invité à une partie de golf, vous assistez à une scène étrange pour le moins… L’un des joueurs se met à parcourir l’étendue du green en marche arrière tel un indien Heyoca inversant tous les processus, effectuant tout à l’envers, se lavant à la poussière et se séchant dans la rivière.

Qu’en concluez-vous ?

Primo, vous dites-vous, cette femme est extrêmement intéressée par l’art. Sans doute s’agit-il d’une familière, d’une amatrice acharnée, voire d’une spécialiste de l’art en quête de détails.

Secundo, vous imaginez ce golfeur tel un être quelque peu en désordre – déstabilisé - voire atteint de démence.

Le regard que nous portons sur les choses est plein de nos croyances, de nos « projections ». 

Le réel est-il conforme à ce que nous nous figurons ?

 

Réponse :

La première anecdote est issue du roman de Thomas Bernard « maîtres anciens ». Lisez - ou - savourez plutôt la chute : « … tout simplement, elle était complètement épuisée. En fait les gens, dans les musées, commettent toujours l’erreur de projeter trop de choses, de vouloir tout voir, si bien qu’ils vont, ils vont, et ils regardent, ils regardent, puis soudain, tout simplement parce qu’ils se sont gavés d’art, ils s’effondrent. C’est ce qui est arrivé à… » son personnage de fiction. L’écrivain ajoute : « Le profane va au musée et se le gâche par excès. « (1) p 164.

La seconde est tirée d’une expérience vécue par Daniel Tammet lui-même : « Parfois Lan se gratte la tête quand il me voit parcourir en marche arrière le trajet, sur le green, de ma balle jusqu’au trou. De cette manière, je sens la pente sous mes pieds et j’ai une meilleure idée du mouvement que va suivre la balle une fois frappée. En tout cas en ce qui me concerne, ça marche. » (2) P 190 

Pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, soit l’œuvre de Delacroix et ses intentions… La liberté guidant le peuple est-elle la meneuse d'une bande de voleurs ?

 

Une vidéo – très instructive et non moins bien conçue – nous offre des clés de lecture essentielles... 

 

Nous l’avons vu – l’image allégorique de la Liberté – n’est peut-être pas celle que l’on imaginait.

Le musée n’est pas un endroit neutre – plein d’œuvres gentilles - où le beau côtoie la technique, où la « patte » exceptionnelle de l’artiste constitue une fin en soi. C’est également un lieu dédié à la manipulation du peuple par l’image. Lequel se doit d’être guidé par un individu et non gouverné par « La Pensée ». Ce changement de perspective – à l’évidence – change tout.

On y découvre des objets politiques – inscrits dans une historicité précise – une culture – un cadre qui peuvent nous échapper.

       jardin d'addiction - CIRVA et Berdaguer et Péjus

Observer le monde – si finement soit-il – est certes une condition nécessaire mais non suffisante à l’émergence de la pensée.

Parfois, il convient d’être initié pour décoder le monde – n’est-ce pas là justement – le travail de l’enseignant que de                        

                                             souligner les fausses évidences ?                                                          

                                                              d’ouvrir sur de nouveaux mondes ? 

 

Certes de grands mots… Une illusion ? … à peine un débroussaillement, un tripatouillage, un tartouillage (ce qui – précisément - dans le cas de Delacroix est un compliment) ? 

 

Peut-être finalement ne sommes-nous que d’infâmes maîtres du désordre ?

 

      ---------------------------------------------------------

Autres nostalgiques … Gérard de Nerval. (Poèmes à la gloire de l’Empire.)

 

-------------------------------------

(1) Thomas Bernhard – Maîtres anciens – Folio – Gallimard – isbn : 9782070383900.

(2) Daniel Tammet – Je suis né un jour bleu – j’ai lu -2007 – paris – isbn : 9782290011430

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Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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