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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 11:19

 « Christophe Colomb cherchant l'Inde et trouvant l'Amérique.

 Pourquoi s'est-il trompé ?

Parce qu'il se fondait sur une théorie vraie

qui est que la terre est ronde ;

un autre qui aurait pensé que la Terre était plate

n'aurait jamais confondu l'Amérique avec l'Inde ».

Édgar Morin,

Science avec conscience, p 135.


   

La renaissance – peut-on lire dans les livres – représente la lumière, le renouveau. Un monde – nouveau – fait de lucidité, de science, de renversement des superstitions,  émerge. C’est le siècle des questionnements, des découvertes, des épopées maritimes, bref, celui qui « clôt le Moyen Age et ouvre une nouvelle ère ».(1) p 5.

 

sur-la-route-de-colomb-et-magellan-de-michel-chandeigne-893 

En revanche, le siècle du Moyen Age bénéficie d’un traitement (implicite ou explicite) moins élogieux. Les gueux croyaient que la terre était plate - béciles - les idiots ! 

Cette idée se retrouve régulièrement dans les livres – notamment – ceux destinés à la jeunesse nous indiquent Michel Chandeigne et Jean-Paul Duviols dans leur livre consacré aux idées reçues.
«Lorsque Galilée a conclu que la Terre était ronde, le consensus unanime était contre lui, s´accordant sur la platitude de la Terre». Cette phrase, parue le 7 février 2007 dans «Le Monde», était signée d’un éminent épistémologiste, chercheur au CNRS et à Polytechnique, titulaire de… deux doctorats de physique. » écrit Fabien Gruhier, journaliste au Nouvel Observateur.

 

Le Moyen Age est – de fait - souvent associé à un âge concentré de ténèbres, de haine et de barbarie. Un âge où la saleté, la peste, les guerres et la bestialité se disputent la palme.

Cette représentation fautive et caricaturale pose deux questions essentielles. L’une et l’autre étant étroitement liées, bien sûr.  

 

1) Pourquoi présente-t-on le moyen âge de cette manière ?

2) Qui écrit l’histoire ?

 

« L’histoire est écrite par les vainqueurs. »
Souligne Raphael Enthoven
dans l’une de ses émissions
des nouveaux chemins de la connaissance.

 

Jérôme Bosch - 1503 -(partie extérieure des volets du triptyque Le Jardin des délices). 

Le mythe d’une croyance médiévale en une « terre plate », comme une crêpe « apparaît en sourdine au XVIème siècle – nous expliquent Michel Changeigne et Jean-Paul Duviols - : dans son retour à l’Antiquité, modèle du beau qu’il convient d’imiter et de la vérité, la Renaissance jette en effet un voile d’oubli, voire l’anathème, sur les acquis du Moyen Age. A l’époque des lumières, on fustige l’église pour son obscurantisme, dont l’Inquisition et l’affaire Galilée étaient  les symptômes les plus évidents. »  P 21 (1)

 

Il semble inévitable – en effet - voire utile - de présenter les autres (coutumes – pays – ou siècles) comme inférieurs à soi. Si l’homme de Neandertal est une brute épaisse, en contrepartie l'« Homo Sapiens Sapiens » - Homme qui sait qu’il sait (permettez du peu) - n'en est que plus sage, plein d’esprit, beau, intelligent. Parfait ?

Cela permet de se fournir une autorité et une légitimité à peu de frais. Ainsi, Jules César, se désigne-t-il indirectement comme le Grand et Beau vainqueur de l’histoire dans la « Guerre des Gaules ».

Ceci n’est pas nouveau. Les pharaons maniaient déjà « la propagande » historique avec art, prenant soins de remplacer les cartouches compromettants, par d’autres, tournés à leur avantage. Ou remplaçant les noms de leurs prédécesseurs par le leur. C’est ainsi que des guerres perdues ont été gagnées. Souvenons-nous de Ramses II dans  la célèbre bataille de Qadesh : une défaite transformée en victoire! (JF Bradu, professeur agrégé d'histoire-géographie.)
 

    Bref, se désigner comme détenteur de la Vérité – ou comme l’aboutissement d’une perfection (Positivisme d’Auguste Comte) est courant (cela doit nous donner à penser sur nos propres surévaluations historiques voire mystifications.)

 

Pour en revenir à la rotondité de la terre supposée méconnue au Moyen Age, Michel Chandeigne et Jean-Paul Duviols enfoncent le clou en déroulant la chronologie de cette découverte.

 

Sur le site "Une invitation à la philosophie", l'article de Patrice Bégnana : "La terre est plate" ou la brève histoire d'une "vérité" mérite le détour.

 

Le dessin illustre la démonstration d'Aristote, est extrait de la Cosmographie de Petrus Apianus (1581).   Aristote - dans le "Traité du Ciel" déclare déjà la rotondité de la terre.

 

Eratosthène - Astronome, géographe, philosophe et mathématicien (biographie : futura sciences) - avait calculé déjà cette rotondité avec une précision remarquable.

 


« Dans l’antiquité grecque , la rotondité de la terre a été très tôt constatée. Cette conception semble exister chez Thalès de Milet dès les VIIè-VIè siècles av. J.-C. ; elle est enseignée chez Parménide (C. – 470), clairement formulée dans le Timée de Platon (C. – 429 à C. –348) et démontrée par Aristote (-384 à – 322) pour ne citer que les plus célèbres. » (1) P 23.

Les historiens poursuivent : « Eratosthène (c. – 284 à c. – 192) mesura sa circonférence avec une belle exactitude. (l’erreur est d’environ 1000 km, soit 2.5%)…
 

A rebours des idées reçues, ce savoir ne disparut jamais en Europe, comme le prouvent les très nombreuses copies d’auteurs latins et grecs, réalisées par les moines durant tout le Moyen Age.  Dans les Etymologies d’Isidore de Séville (c. 565-626), évêque du roi wisigoth Sisibut, on lit une description de la Terre assimilée à un « orbe »…. L’historienne Danielle Locoq a parfaitement démontré que l’expression orbis terrarum était synonyme de « sphère » chez les auteurs latins. Au livre XVIII du même ouvrage, Isidore de Séville est encore plus clair, en rapportant que l’empereur Auguste aurait fait fabriquer un globe (pila) pour représenter la figure de la Terre (figura orbis). Enfin, le roi Sisibut dans une lettre à son évêque, parle très clairement du globus terrestre.
Au VIIIè siècle, Bède le Vénérable décrivait lui aussi la Terre comme un globe (De natura rerum, chap. 46) » (1) P 24.
 

« Lors des deux siècles suivants, plusieurs commentateurs du monde chrétien avaient levé toutes les hypothèques sur la sphéricité de la Terre. L’autorité papale n’a jamais défendu une conception contraire. » (1) Pp 24-25.

 

Une page du Traité de la Sphère du Monde de Sacrobosco rédigé vers 1220 (éd. 1472).  « Traité de la Sphère du Monde de Sacrobosco rédigé vers 1220. » (éd 1472) P 26

 

[Bien sûr il existe des positions contraires mais marginales. En outre Saint Augustin ne s’est jamais prononcé en faveur d’une terre plate.]

 

"Dans la première moitié du XIIIème siècle, un professeur de la Sorbonne Johannes Sacrobosco compose le Traité de la Sphère du Monde un livre jamais contesté par l’église, aussitôt adopté par l’université de Paris, qui constituera, pour les étudiants de toute l’Europe, le manuel d’astronomie de référence pendant plus de trois siècles.
Dans un autre domaine, Le livre des merveilles du Monde de Jean de Mandeville – récit mi-imaginaire, écrit vers 1356, très largement diffusé et qui compile toutes sortes d’écrits plus anciens – montre que la rotondité de la Terre était si largement admise que l’auteur évoque clairement la possibilité de sa circumnavigation :

 

  1480 «Imago Mundi» : compilation abondamment illustrée d’ouvrages de l’Antiquité - BNF. 1410, cardinal, un Français du nom de Pierre d’Ailly, que le Vatican n’a jamais songé à censurer. Bref, à l’époque de Galilée, nul ne doutait plus de la rotondité terrestre depuis belle lurette.  

« Si l’on pouvait s’embarquer sur un navire et trouver des gens qui veuillent aller à la découverte du monde et dessus et dessous […], je dis avec certitude qu’un homme pourrait faire le tour de toute la terre du monde, aussi bien par-dessus que par-dessous, et revenir en son pays […] et il trouverait toujours des hommes, des terres, des îles comme en nos pays. » (Les belles lettres, 1993, chap. X)" (1) p 28 :

 

D’où provient alors l’erreur ?

 

Qu’est-ce qui a pu donner à penser que les lettrés du moyen Age possédaient cette croyance ?

 

oekoumene - Etymologies d'Isidore de Séville (manuscrit du XIIe siècle) 

Il s’agit des cartes de l’Oekoumène.

 

Ces cartes – ressemblant davantage à des médaillons décoratifs, des enluminures - sont des représentations symboliques de la terre dites « T en O ». Plus que sommaires, ces dernières étaient reproduites sur des manuscrits monastiques. Elles n’avaient donc pas vocation de guide, sinon spirituel. Pour le dire autrement, elles  ne dénotaient d’aucune fonction géographique ou cosmogonique, mais appartenaient à l’ordre du méditatif et du symbolique. (Cf p 29 (1))

  

Voici ce que le site ARCHEO-BARZELLE, nous en dit :
Il s'agit  d'une : « Représentation stylisée et symbolique de la Terre, dans laquelle deux barres d'un T représentant le Nil pour l'un et le Danube pour l'autre séparent les trois continents : Europe, Afrique, Asie. 
On remarque au sommet du T la ville de Jérusalem (dessinée de façon triangulaire). 
Le T est au coeur du O ou du cercle qui représente la planète ronde (contrairement à une légende tenace, les médiévaux savaient parfaitement que la terre était ronde: ils ignoraient qu'elle tournait). L'oekoumène désignait , sous l'Antiquité, l'ensemble des terres connues et habitées par l'homme. On croyait alors que l'oekoumène était une île gigantesque, entourée par un seul océean, qui se serait étendu des colonnes d'Hercule (le détroit de Gibraltar) jusqu' à lIndus ou à Ceylan. C'était donc la "zone rassurante" des terres habitées et connues.»

  GEORGES DE LA TOUR (1593 – 1652): LA CHANDELLE

Offrir, donc, la vision d'un siècle obscur, désespéré, ténébreux, dangereux, aveuglé, mortifère, sans éclat, précédent le sien, voilà de quoi se rendre brillant.

C'est bien connu, la flamme n'éclaire qu'au milieu du noir. La lumière s'oppose à l'ombre, "c'est un divin éclaircissement, celui qui éclaire notre chemin".

   

Ainsi naquit la renaissance...

 

         La lumière - braquée comme un projecteur - n'est-elle pas le plus sûr moyen d'aveugler ? 

 

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(1) Sur la route de Colomb et Magellan - Michel Chandeigne, Jean-Paul Duviols, Cavalier Bleu.
idées reçues sur les Grandes Découvertes

 

 

 

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Sites

 

L'EGYPTE ANTIQUE de JF Bradu, professeur agrégé histoire-géographie.

  

L'ASTRONOMIE AUTREMENT.

 

Astronomie et Mécanique Céleste – Observatoire de Paris.

 

Une invitation à la philosophie, l'article "La terre est plate" ou la brève histoire d'une "vérité" mérite le détour.

   

Archéo Barzelle - L'Oekoumène ou les représentations de la terre.

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 16:28

Divinités hybrides - Ancienne Egypte - Projet correspondance CE1/ CLIS - Histoire/ Arts Plastiques « Mon instinct me dit

que ma tête est un organe pour creuser,
 comme d'autres créatures emploient leurs groins

et pattes de devant,
 et avec elle voudrais-je miner

et creuser ma route à travers ces collines. »
Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois.
P 115-116

  

Le thème des animaux est un grand classique à l’école.

« Bien des naturalistes ont souligné l’analogie entre traces fossiles et traces écrites… » (2) p 12.


Edward Hitchcock entreposait (1868) ses plaques porteuses des « hiéroglyphes de la nature » dans l’ «  Appleton Cabinet » de l’Amherst Collège. Ces dernières « étaient – explique Claudine Cohen - inclinées vers les fenêtres pour être lues à la lumière du jour. » (2) P 40.

 

Il avait également « fait relier par une armatureLe livre des traces d'edward Hitchcock  de métal plusieurs plaques de grès portant des empreintes enfoncées dans les strates successives. » (2) p 44.

 

 La symbolique des traces, empreintes, peintures  est très forte. L’art rupestre en témoigne.

 

L’animal permet d’aborder tout à la fois des objets symboliques « miroirs de la société » ou plus concrets. Des Arts plastiques (chimères, enluminures, animaux du moyen-âge, etc.) en passant par le français (fables, enluminures, écriture d’un conte médiéval, etc.), l’histoire ou encore la biologie.   

   

Le sorcier de la grotte des Trois-Frères en Ariège (25000 ans BP) - relevé par l'abbé BreuilL'Académie de Nice nous propose un document pédagogique très intéressant concernant la : 
 

                       « Symbolique animale »
 
"De tout temps - écrivent-ils - les animaux ont proliféré dans les rêves, les religions et les Arts. petit-sorcier-grotte-3-freres-hor["sorcier dansant" en chasseur rampant à l'affût.]
 

Une symbolique forte leur est attachée.
                     L’animal symbolise  : 
•  Les forces spirituelles (Dieux égyptiens à têtes d’animaux, colombe représentant l’Esprit Saint…)
•  Les forces matérielles (élevages, labours…)
•  Les forces cosmiques (zodiaque…)
 
Au Paléolithique supérieur apparaissent les premières figurations créées par la main de l’homme. La représentation animale y est présente et devance la représentation humaine.
 
En Egypte, de nombreuses momies animales ont été retrouvées : on y vénérait les animaux divins (chats, crocodiles, faucons,
ibis…).Les Dieux avaient des têtes d’animaux et inspiraient crainte et respect. Certains animaux y étaient vénérés comme les chats
qui protégeaient les greniers à grain des rats. 

 

Voici l'affiche réalisée par les CE1 / CLIS : 


 divinites-hybrides---ancienne-egypte-7.jpg
 

En Chine, seuls les animaux sauvages sont doués de pouvoirs. Les temples shintoïstes sont gardés par des animaux fabuleux
(centaures à deux bustes, tigres à huit têtes..). 
 
Chez les hindouistes, les animaux sont considérés comme des réincarnations humaines. Aujourd’hui encore des milliers de rats
sont vénérés et nourris d’offrandes au temple des rats à Bikaner en Inde. 
 
Chez les Celtes, l’animal a valeur de symbole ; à chaque animal est associée une qualité. »

 

La BNF nous présente une vidéo consacrée aux monstres :

 

Monstres médievaux - BNF - Cliquez sur l'image.  

En outre, il existe également une dimension affective qui n'est pas négligeable.   
 

Histoire des arts et culture médiévale :

 

Un document pédagogique d'une exceptionnelle qualité a été réalisé par Gilles Pivard - et Tapisserie de Bayeux- représentations de fables.offert en ligne par l'Académie de Caen.

 

Un scénario afin d'écrire un conte (Brigitte Coudray - Jean-françois levêque - CM2) est disponible également  et mis en ligne par l'Académie d'Amien.

 

Académie de Bordeaux : propositions d'animaux hybrides.

chevalator : animal hybride 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Collège René Soubaigné.

  Elephange - Collège René Soubaigné 

 Mythologie - Bestiaire - document pédagogique proposé par l'Académie de Poitiers.

 

 

 

 

 

 

 

  

(1) Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, L'imaginaire Gallimard, 2009, Mesnil-sur-l'Estrée .

(2) Claudine Cohen – La méthode Zadig, La trace, le fossile, la preuve – science ouverte, Seuil, Paris, 2011.

 

 

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Sites

 

Arts plastiques : Ressources en arts plastiques, CRDP de Strasbourg. (Hybrides I et II).

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 15:36

Bonne année à tous et à toutes !

 

            Petit cadeau (pédagogique - que voulez-vous...) de début d'année... 

                                        

La Grotte de Lascaux II. 
      Ou la "Chapelle Sixtine de la Préhistoire".

 

 

(Pour commencer : cliquez sur l'image)

 

Bonne visite !

 

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Visite au centre du "Thot".

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 13:17

L'âne et le coq.« C'est dans les bestiaires que s'affirme le rôle symbolique de l'animal. Destinés à l'édification des chrétiens, les bestiaires prêtent aux animaux des personnalités et des sentiments comparables à ceux des hommes. »
BNF


« L'imagerie animale s'avère dans le Moyen Âge occidental particulièrement riche
et génératrice d'espèces fabuleuses. »
BNF - Enluminure Médiévale.  

BNF Bestiaire médieval - Exposition virtuelle C’est en me replongeant dans le superbe livre de Marie-Hélène Tesnière " Le bestiaire médiéval" afin de chercher des informations sur l’origine du bonnet d’âne que je suis tombée – par hasard – sur le site offert en ligne par la BNF.

 

Ce site est remarquablement construit, alternant textes, images de qualité et vidéos.
Le savoir présenté ici est riche, exigeant, pointu. Loin d'être rébarbative, la forme est construite et illustrée de manière plaisante et esthétique.

 

Le dragon et les Bêtes de l'Apocalypse Le tout étant abordable pour les élèves de cycle 2 (vidéos) et 3 (vidéos et textes). Aussi ai-je désiré vous le faire partager de manière plus formelle tant il serait dommage – il me semble - de passer à côté.  

Les drôleriesLe thème des animaux est un grand classique à l’école. L’animal permet d’aborder tout à la fois des objets symboliques « miroirs de la société » ou plus concrets. Des Arts plastiques (chimères, enluminures, animaux du moyen-âge, etc.) en passant par le français (fables, enluminures, écriture d’un conte médiéval, etc.), l’histoire ou encore la biologie.   

 

Nota : en cliquant sur les photos, un lien vous conduira directement sur la page demandée.

   

Les animaux hybrides    

L'Art de chasser les oiseaux. Le livre de chasse de Gaston Phébus 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Un article présentant différentes exploitations pédagogiques est disponible en ligne.

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 18:03

 

« Seigneur Loup étrangla le baudet sans remède. »
 

L’Ane et le Chien -Livre VIII - Fable 17.
Jean de La fontaine.


L’image de l’âne, à l’école, n’est guère brillante.
 

L’âne, c’est le bête, l’idiot – au mieux, le rebelle, l’irrévérencieux, l’enfant refusant toute forme d’apprentissage – au pire le baudet, l’imbécile, l’attardé, bref, celui qui ne peut pas apprendre.

 

Dans ce contexte, porter le bonnet d’âne, c’est la honte, le summum de l’humiliation. Le couvre-chef marque délibérément du sceau de l’idiotie, voire d’une débilité profonde quiconque en est affublé. 

 

   

 

Aussi, lorsque j’entendis – pas plus tard qu’hier - sur l’antenne de France Inter dans une émission consacrée aux animaux que le « Bonnet d’âne » avait eu, naguère, une connotation positive, cela a tout de suite réveillé en moi la fibre guerrière (qui il est vrai ne sommeille jamais profondément). Et il n'en fallut pas plus pour que la pourfendeuse d’idées reçues – encore ceinte du semi-coma propre au lendemain de réveillon – se mette en branle.

 

Je commençais – donc – par réécouter attentivement l’extrait de « Vivre avec les bêtes » où Marinette Panabière, présidente de l’ADADA (l’Association nationale des amis des ânes) expliquait l’origine – surprenante - du bonnet d’âne.
 

« Au moyen âge, on avait créé le bonnet d’âne. Le bonnet d’âne était fait pour rendre les petits clercs aussi intelligents que l’âne, leur donner la sagesse et la réflexion de l’âne… Et ça a été déformé par l’école de Jules Ferry. » Un tel retournement de l’histoire - avouez, ça ne manque pas de piquant. Que le bonnet fût au moyen-âge un objet de transmission de savoir et de sagesse, on aimerait y croire, en effet.

 

Naturellement, si vous cherchez sur la toile la source de cette allégation… vous tombez sur les éternels « copier coller », répétant inlassablement les mêmes âneries, au mot prêt.

 

Je poursuivis donc mes recherches en direction des Fables d’Esope – celles-là mêmes reprises par Jean de la Fontaine sous forme versifiées.

 

Mais là encore, nouvelle déception. L’âne n’y est presque jamais intelligent. Bien au contraire, l’animal semble dénué de réflexion. Couard (De l’âne et du cheval – De deux hommes et d’un âne). Bon à recevoir des coups de bâton (de l’âne et du chien). Juste bon à travailler (De l’âne couvert de la peau du lion.) besogneux.

" Maître Baudet, qui croyez ici mériter nos hommages, attendez qu'on vous ait déchargé de l'Idole que vous portez, et le bâton vous fera connaître si c'est vous ou lui que nous honorons ". (De l'Âne qui porte une Idole.)


Ne forçons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grâce:
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse,
Ne saurait passer pour galant.
L'Âne et le petit Chien (IV,5)
 

Bref, l’âne est un animal « sans qualité ».

 

Une exception peut-être … Fable du mulet et du loup - Esope

 

Du Mulet et du Loup. 

 

Le Mulet voyant un Loup venir à lui, et craignant d'être pris, feignit d'avoir une épine au pied et d'être fort tourmenté du mal que lui causait cette épine. " Hélas ! mon ami, dit-il en s'adressant au Loup, je ne puis résister à la violence de la douleur que je sens ; mais puisque mon malheur veut que je sois bientôt dévoré par les oiseaux de proie, je te prie, avant que je meure, de m'arracher cette épine que j'ai au pied, afin que j'expire plus doucement. " Le Loup consentit à lui rendre ce bon office, et se mit en posture. Alors le Mulet lui donna un si grand coup de pied, qu'il lui enfonça le crâne, lui cassa les dents, et se mit à fuir. Le Loup se voyant dans un état si pitoyable, ne s'en prenait qu'à lui-même. " Je le mérite bien, disait-il ; car de quoi est-ce que je me mêle ? Pourquoi ai-je voulu m'ingérer mal à propos de faire le Chirurgien, moi qui ne suis qu'un Boucher ? "  (souce : blog shanaweb.net)

 

L’image de l’âne n’a-t-elle jamais inspiré autre chose que mépris et moqueries ?

 

Je consultai derechef l’excellent Bestiaire médiéval édité par la BNF (1), espérant – tel Jean-Noël Jeanneney « construire une réflexion autour de la multiplicité de sens dont l’animal est investit au Moyen Age. » (1) p 9.

 

Fiche pédagogique n°1.

 

Trouver - donc - des éléments dépassant l’anecdote.

 

Marie-Hélène Tesnière : «  De tout temps la fable a été le lieu d’un enseignement moral et d’une satire sociale ou politique. L’antiquité grecque eut Esope (VIème siècle avent J.C.), l’Antiquité latine Phèdre (1er siècle aptrès J.C.). Le moyen-âge est célèbre pour les fables de Marie de France, le Roman de Renart et le Roman de Fauvel. » (1) P 128.

 

Nicolas de Lyre - Postilles sur la genèse - ItalieMarie de France / Fables/ Paris entre 1285 et 1292 / Peint par le maître de la bible de Papeleu, BNF, Arsenal, m.s. 3142, f. 258

  

L’historienne poursuit : « A la fin du XIIème siècle et au début du XIIIème, Marie de France donne ses lettres de noblesse à la fable française. Elle écrit en français pour être comprise des enfants et des laïcs. Reprenant le modèle anglo-latin, elle place les fables dans une nature pittoresque, dote les animaux d’une psychologie quasi humaine et fait de sa moralité une sorte de critique de la société de cour contemporaine : le loup du « Loup et l’Agneau » y est semblable à ces puissants, à ces juges qui font un mauvais procès aux pauvres ; le corbeau du « Corbeau et le Renard » est comme ces orgueilleux qui dépensent follement leur bien.

 

Mais plus inattendu, le miroir historial de Vincent de Beauvais nous a conservé une trentaine de fables latines abrégées et mises en prose. C’est que cette immense histoire de l’humanité est également une somme de textes savants et littéraires, compilés par le grand dominicain et ses assistants. » (1) p 128.

 

Je cherchai donc dans les enluminures extraites de ces textes de quoi renvoyer une image positive de l’âne.

 Vincent de Beauvais - Miroir historial en français - 1463

  Vincent de Beauvais – Miroir historial – traduit en français Paris, 1463 – Peint par maître François pour Jacques d’Armagnac, B NF, Manuscrits français 50, f.25

 

Malheureusement, la description est la suivante : "Cavalcade des vices qui mènent le fidèle en enfer : un roi chevauche un lion (orgueil), un lourd bourgeois  un ours (gloutonnerie), un manant un âne (paresse), un bourgeois un singe (luxure), un vieillard un léopard (avarice), un noble un sanglier (colère), un jeune homme un chien (envie)." (1) pp 64-65.

 

Pas de quoi redorer le blason de l’âne…

 

Autres exemples...

Le Lion et l'Âne : fables contre ceux qui épouvantent les autres et contre ceux qui entrent sans réfléchir dans la maison des puissants.
Dans la fable d’Esope du Lion et de l’âne : « Au sommet de la colline, l’âne brait le plus fort qu’il peut pour épouvanter les animaux, mais le lion le connaît, il n’a pas peur. » Fables d’Esope insérées dans le Miroir historial de Vincent de Beauvais, Paris 1370-1380 / exemplaire de Charles V, BNF, Manuscrits, NAF, 15939 f. 85 - (1) p 132.  

 

Dans « Le lion malade : les animaux entourent le lion souffrant ; déjà le bouc le frappe de ses cornes, l’âne et le renard le malmèneront autant car quiconque perd sa force et son intelligence est mal traité même par ceux qui l’ont aimé. » (1) p 128.
L'âne ne semble pas fidèle en amitié...

 

Exposition BNF : fiches pédagogiques 2.

Ne comptant pas en rester là, je m’attachai à poursuivre mes recherches du côté de la religion…

 

nativit-sandro_botticelli_-fresque-201476_200_300-20cm_san.jpeg

 Nativité de Botticelli. 1476. Florence, Santa Maria della Nova.

 

Après tout l’âne et le bœuf ne représentaient-ils point la nativité ? Le symbole positif de la naissance ? Leurs souffles conjoints n’avaient-il pas réchauffé le nourrisson, ne l’avaient-ils pas protégé du froid ?
Le Bestiaire médiéval recèle également des iconographies où « Dans la même harmonie, hommes et animaux chantent un hymne à la création et au Créateur (psaume XCI) » (1) p p54 – 55.

 

Et ô miracle l’âne en fait partie !   Paustier de Saint Louis et de Blanche de Castille vers 1230

                                 Psautier dit de Saint Louis et de Blanche de Castille / Paris, vers 1230 / Peint par le maître de l’atelier de Blanche de Castille / BNF, Arsenal, m.s. 1186, f. 13 V°
                                                                 (L’âne est à gauche.)

 

 Mais les choses se gâtent vite…

 

L'excellent site "Archéographe.net" nous apporte des réponses :

 

« Le bœuf et l'âne veillant sur l'enfant Jésus sont indissociables de la crèche. Leur présence s'explique par deux passages de la Bible dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Le bœuf symbolise la patience devant les difficultés, la mansuétude, la gravité et la sagesse, l'âne l'obéissance aveugle et la fidélité [ce qui n’est pas inintéressant comme qualités requises pour un jeune clerc.]. Les deux, réunis derrière la crèche, représentent le judaïsme et le christianisme au moment du passage de l'Ancien Testament au Nouveau. Le bœuf connaît son possesseur, et l'âne la crèche de son maître, Israël ne me connaît pas, mon peuple ne comprend pas. Hypocrites ! Chacun de vous, le sabbat, ne délie-t-il pas de la crèche son bœuf ou son âne pour le mener boire ? »

 

Le boeuf et l'âne de la Nativité du Hortus Deliciarum. , A. Christen et Ch. Gries, Hortus Deliciarum. Mise en couleurs Cl. Tisserand-Meyer. Edition Tisserand-Christen, 1981-88 Le boeuf et l'âne de la Nativité du Hortus Deliciarum. , A. Christen et Ch. Gries, Hortus Deliciarum. Mise en couleurs Cl. Tisserand-Meyer. Edition Tisserand-Christen, 1981-88.

  

"Le bœuf et de l'âne se trouvent déjà dessinés dans les catacombes au début du IIIe s. Le thème est une tradition attestée dès le IVe s., consignée pour la première fois au VIe s. dans l'Évangile apocryphe du Pseudo Matthieu (Au chapitre 14, verset 14.) qui s'inspire d'un texte d'Isaïe détourné de son sens.
Or, le troisième jour après la naissance du Seigneur, Marie sortit de la grotte, entra dans une étable, et elle déposa l'enfant dans la crèche, et le bœuf et l'âne l'adorèrent. Ainsi s'accomplit ce qui avait été dit par le prophète Isaïe : le bœuf a connu son maître et l'âne la crèche de son maître [ Voilà qui est plus raisonnable]. Ces animaux donc, qui avaient l'enfant entre eux, l'adoraient sans cesse. Ainsi s'accomplit ce qui avait été dit par le prophète Habacuc : Tu te manifesteras au milieu de deux animaux. "

 (Archéographe)

Pour enfoncer le clou…

 

8U4JBUCAHFSG3PCAKGCHP9CARJLGMJCA5BJ9ZUCACC5F5BCAYGVM50CA31Nativité, f.57v, Livre d’heures de Béatrice de Rieux (MS 2044), 1390, France (Ouest)

 

  "Situés aux pieds et à la tête du nouveau-né, l’âne et le bœuf le réchauffent de leur haleine, le protégeant du froid. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, aucun des quatre Évangiles ne mentionne leur présence. Il faut attendre les IVe et Ve siècles pour que ces animaux apparaissent dans des textes chrétiens apocryphes. Seul l’Évangile selon Saint Luc indique que la naissance du Christ s’est faite dans une étable. Or, ici, le décor étant réduit à des éléments ramenant la Nativité à l’essentiel, seuls trois détails permettent de figurer cette étable : la mangeoire et les deux animaux. Dans cette optique, leur présence est donc obligatoire et peut expliquer leur position relativement centrale dans l’image. C’est le bœuf qui souffle sur le visage de l’enfant tandis que l’âne se « contente » des pieds. Ce détail n’est pas anodin car au Moyen Âge le bœuf a une réputation plus flatteuse que l’âne. Cette différence va s’abolir au fil du temps, les deux animaux étant alors représentés sur le même plan dans la Nativité." Bibliothèque, musée de Bretagne.

  
En outre...

 

L’âne est irrévérencieux, il brait et détourne la tête, il ne veut voir " la lumière ". Cette attitude est fréquente dans les " Nativités " des Etats de Savoie au XVème siècle. C’est la conséquence des écrits de Saint Jérôme qui a vu en lui le symbole de l’Ancien Testament et dans le bœuf celui du Nouveau.

 

 

Abbaye Notre-dame d’abondance - nativité  

Le bestiaire médiéval, un monde symbolique.
 

Quelques animaux..
 

Conclusion :

 

La version positive du bonnet d’âne semble peu probable. Il parait plus vraisemblable que ce dernier (attribué aux jeunes clercs) ait eu fonction de "sagesse" dans le sens d'obéissance, d'écoute - bref ait été synonyme de conformité. Il faut donc – à regret, je sais, c'est dur – abandonner cette idée.

 

Reste – toutefois – deux images promptes à nous consoler :

 

D’abord celle du « Portrait du fou regardant à travers ses doigts », exécutée vers 1500.

 

 

 Portrait du fou regardant à travers ses doigts », exécutée vers 1500 - Musée de Cassel.
On y voit un fou affublé d’un costume  au bonnet d’âne et à la crête de coq.
«La clé de compréhension à notre représentation repose sur l’expression vernaculaire « regarder à travers ses doigts ». Au-delà du personnage du fou qui participe certes à la compréhension de l’œuvre mais qui n’est pas central pour autant, les lunettes et la gestuelle vont de paire. Le fou est en train de ranger ses lunettes et regarde le monde à travers ses doigts. L’expression néerlandaise « door de vingers zien », qui est couramment employée, révèle une attitude qui consiste à prendre des distances par rapport à tout ce qui tourne pas rond dans le monde. En fermant les yeux et en se taisant, l’individu parvient donc à se prémunir. Dans le cas du fou, il espère aussi en contre partie que le spectateur aura la même comportement bienveillant à son égard et ne pointera pas ses failles. 

Les lunettes qui sont d’ordinaire signe d’érudition sont ici associées à l’aveuglement et à la supercherie. » Musée Départemental de Flandres – Cassel – Catalogue des œuvres choisies, 2010 (ISBN : 9788836618057) – SilvanaEditoriale – p 164.


La deuxième rejoint la première :

 

 

 

 

Qui sait où les frontières de la bêtise et de la folie se situent ?

 

   

Garder, donc,


« une attitude qui consiste à prendre des distances par rapport à tout ce qui tourne pas rond dans le monde. En fermant les yeux et en se taisant, l’individu parvient donc à se prémunir. Dans le cas du fou, il espère aussi en contre partie que le spectateur aura la même comportement bienveillant à son égard et ne pointera pas ses failles. » 

 

 

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(1) Bestiaire médiéval – enluminures – Marie-Hélène Tesnière - BNF, Bibliothèque Nationale de France – Belgique 2005

 

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Published by Le chêne parlant - dans Histoire - Préhistoire
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  • : Le chêne parlant
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L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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