Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:13

 « Cela ressemble bien aux Américains d’imaginer un big bang à l’origine de nos univers. »

Julien Green (1) p 49.

 

Joseph-Whright-of-Derby---Experience-sur-un-pigeon.jpg« Au fond de la matière pousse une végétation obscure. 

Dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires.

Elles ont déjà leurs velours et la formule de leur parfum. » 

Gaston Bachelard. p 111.

" Rentre dans ce néant dont je t’ai fait sortir."  

Racine. p 90 . 

 

L’ironie de l’histoire – écrit Etienne Klein dans le ‘Discours sur l’origine de l’univers’ - c’est que les modèles de big bang, que les spécialistes avaient d’abord appelés modèles « d’évolution dynamique », ont été les victimes épistémologiques de leurs premiers détracteurs. En effet, cette expression de « big bang » fut inventée en 1949, lors d ‘une émission de radio sur la BBC, par l’astrophysicien Fred Hoyle, promoteur d’un univers statique, qui voulait ainsi donner à ses auditeurs une image parlante de ce modèle concurrent du sien… ! Cette onomatopée tapageuse a fait mouche, de sorte que les scientifiques l’ont reprise à leur compte et sont ainsi tombés à pieds joints dans une sorte de piège sémantique.

Cette expression est en effet des plus trompeuses, puisqu’elle suggère, de façon quasi autoritaire, que l’univers aurait résulté d’une explosion cataclysmique qui se serait produite en un lieu précis et correspondrait à l’origine de tout ce qui est. 

 

Le vocabulaire employé par certains astrophysiciens – lorsque ces derniers parlent par exemple de « fraction de seconde après  le big bang » - laissent accroire que l’univers aurait une origine à un instant T, à un endroit précis de l’univers.  

Ces images erronées sont très difficiles à corriger.

 

"Les physiciens ont fini par comprendre que le big bang  ne correspond nullement à la création proprement dite de l’univers, mais simplement à un épisode particulier qu’il a traversé." (1) p 53. 

 

A supposer que les chercheurs puissent "franchir " le « mur de Planck ».

 ["Le mur de Planck est ce qui nous barre l’accès à la connaissance de l’origine de l’univers, si origine il y a eu. Il incarne en effet la limite de validité ou d’opérativité des concepts de la physique que nous utilisons" ; p 54-55 ]

 

Si donc, il parvenaient à traverser ce mur et surtout à « élaborer ce qu’on appelle une « théorie quantique de la gravitation », c’est-à-dire des équations qui unifieraient en un seul et même cadre théorique la physique quantique et la gravitation ».

La question du comment s’est produite l’origine de l’origine resterait entière. « Lorsqu’il pose la question de l’origine de l’univers, de l’origine de toutes les origines, notre langage se réfracte lui-même, pour s’abîmer dans ce qui n’est que son ombre. Un ombre définitivement envoûtante. » p 161.

 

Si notre univers n’est qu’une singularité, une brane ou tout autre objet flottant – rebondissant – la question des causes premières - de son émergence -  reste entière.  

 

 

"On définit souvent le vide comme étant ce qui reste dans un volume après qu’on en a extrait tout ce qui est possible : le volume demeure, il n’y a plus rien à l’intérieur ; l’espace a en quelque sorte été lavé de toute matière, du moindre atome. Forts de cette définition, imaginons que nous puissions enlever de l’intérieur d’une enceinte toutes les particules de Joseph-Wright-of-Derby.-An-Experiment-on-a-Bird-in-copie-1.jpgmatière et de lumière qu’elle contient, sans la moindre exception, et atteindre ainsi le vide parfait. Se réduirait-elle à de l’espace pur ? A cette question, la physique quantique répond par la négative : le vide n’est pas vide. Il contient de l’énergie, il est même gorgé de ce qu’on pourrait appeler de la matière « en état de veilleuse ». Demeurerait en effet, au sein de cette enceinte où nous aurions fait le vide avec la meilleure des pompes à vide imaginable, des particules dites « virtuelles », c’est-à-dire des particules bel et bien présentes mais qui n’existent pas réellement : elles ne possèdent pas assez d’énergie pour pouvoir vraiment se matérialiser et, de ce fait, ne sont pas directement observables. Elles se trouvent, si l’on peut dire, en situation d’hibernation ontologique." 

Pour exister, réellement exister, elles ne réclament qu’une chose : l’énergie qui manque à leur existence pleine et entière. 

Note Bas de Page : Cette énergie du vide constitue elle aussi un hiatus important entre la physique quantique et la relativité générale." p 90-91. 

 

Ainsi notre monde est-il "un océan rempli de particules virtuelles capables, dans certaines circonstances, d’accéder à l’existence." p 93. 

Joseph-Wright-of-Derby.-An-Experiment-on-a-Bird-in-the-Air-.jpg

                                            La vie n’est-elle pas un infime élément d’énergie perdu

                                                              dans un magma bâti de milliards de milliards de vide ?

 

 

 

 

-----------------------

 


Etienne Klein, Discours sur l’origine de l’univers, Flammarion – ISBN : 978-2-0812-2879-5

 

-------------------

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Le chêne parlant - dans scientifiques en recherche
commenter cet article

commentaires

Le chêne. 20/07/2012 08:30


Merci. 

Cédric 16/07/2012 21:41


Excellent ! et je répète à nouveau même si ça manque cruellement d'originalité : merci !


 


Et pour apporter mon mot au fond de la discussion, je dis :


 


N'existe que ce qui peut exister. 


Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? Parce que c'était possible.


Peut-être y a-t-il plein d'univers, peut-être un seul, ça ne change rien, probablement existe-il de la vie ailleurs dans l'univers, mais même s'il n'y en avait pas ailleurs, ça ne change rien :
quelles que soient les représentations que l'homme se fait du monde, l'homme est ce qu'il est.


 


L'homme existe parce qu'il fut possible, ce qui ne veut pas dire 'voulu' (le principe anthropique n'est qu'une fausse explication comme l'est celle de l'existence d'un 'dieu qui tient les
manettes').


 


Moi, en tant qu'individu, en tant que conscience, j'existe parce que je fus possible, ni plus ni moins, tout comme chaque être humain viable et vivant.


 


L'aventure humaine est belle, les questions sont belles. L'humanité est un miroir qui se regarde dans un miroir.


 


( vous avez contribué à m'inspirer ces mots, alors encore une fois merci ! ;-) )


 


 


 


 

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

Contributions et Partenariats.

Contributions gracieuses : Magazine Slow-classes. Numéro 1 Faire Mouche en géométrie et 2. Le moulinet à vent : mettre des mathématiques dans les voiles. ....... SLOW CLASSES : Slow Classes __________________________________________ Partenariat gracieux Philosophie Magazine. Philomag ________________________________________

Blogs voisins

Silapédagogie silapédagogie Aider ses élèves. com, un site de mathématiques créé par Marc Godin, chercheur en mathématiques, ce dernier est pointu et passionnant. Aider ses élèves . com Document Aider ses élèves . com - document

Emissions à écouter

___ Gai savoir Raphaël Enthoven - Paula Raiman et les indispensables Nouveaux chemins de la connaissance. Gai savoir ................................................................. Les nouveaux chemins de la connaissance - Adèle Van Reeth Les nouveaux chemins d'Adèle Van Reeth

Sites plus

Jaques Darriulat Jacques Darriulat _________________________________________ Philolog Philolog _______________________________________ Le lorgnon mélancolique. Le lorgnon mélancolique