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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 07:04

 

« L'Art, le beau doivent être partout. » Martine Aubry

Hervé Di Rosa est l’un des pionniers de la « Figuration libre ». Mélange d’un tout-mais-pas-n’importe-quoi joyeux et coloré, l’artiste produit un décalage suffisamment inconfortable pour  irriter et interroger. En quoi la fresque murale présentée à Lille est-elle si éloignée de la vision officielle de l’Art ?  Est-ce la palette ? Le tracé ? Le décalage ? L’usage de la faïence ?

Utilisant la joie, l'humour, l'art brut, l'accumulation, le détournement, la curiosité et l'ouverture aux autres, l'artiste déploie l’ensemble des codes sociaux et des matériaux plastiques à disposition afin de rendre l’Art accessible à tous.

Pari réussi ?

Une chose est sûre, affirme Madame La Maire de Lille, Martine Aubry, Hervé Di Rosa Parvient à « outrepasser les frontières ». Formule heureuse, n’est-il pas ?

Réflexion surgissante,  laissant entendre  un dépassement des normes couplé à un lien avec l’autre. Car Hervé Di Rosa outrepasse – effectivement - les limites de l’acceptable et dépasse les bornes de la norme tant sa pratique – certainement fort agaçante pour les hyper-conceptualistes - brise la complexité en visant le plus simple.

Efficace, effectivement. L’œuvre présente une suite de visages juxtaposés, une série de faces aux joues rondes, aux sourires simplifiés et à l’œil cyclopéen. Un tout artistique, certes harmonieux, mais anéantissant impitoyablement la perspective, utilisant des aplats vifs, jouant à plein les clichés du langage relationnel : tout en caractères tranchés cernés de noir, vision – en apparence – sans nuance où se tendent de féroces facilités émotionnelles…  

 

 

 

 


Ce style épuré serait-il synonyme de facilité ? De simplicité ? D’un art de rue sans message ? La fabrique d’un art ordinaire, inintéressant, donc ?

Ou serait-ce  l’inverse ?

Car ce n’est peut-être pas si impensable que cela de se jouer de l’inévidence  par le biais de l’évidence. C’est qu’il y a une intelligence du sensible, une pensée de l’accessible, laquelle est déjà une traduction du visible.  

Sourire à pleines dents, n’est-il point déjà opposer le coloré à la morosité d’un art complexe se voulant intellectuel jusqu’à l’illisible ?

N’est-ce point encore marcher sur le fil des codes sociaux ? Présenter les artifices dans leur nudité rupestre : caractères minimaux – bruts -  caricaturaux et pourtant riches d’enseignements ?

C’est que ce sourire adressé est un langage.

D’abord celui du stéréotype, tant à bien y regarder, ces personnages sont parés d’attendus. On y découvre la caricature du chercheur à la loupe, du militant au poing levé, du garagiste au bidon d’huile, du vacancier au chapeau de paille, du graffeur à la bombe de peinture et de la  belle parée de boucles fleuries de bijoux.

 Ensuite, celui du graphisme. Un œil. Unique, à la forme géométrique des plus dépouillées, presque similaire d’un personnage à l’autre. Et pourtant, en quelques lignes minimales l’artiste génère des différences interprétatives maximales. Ici, des regards complices, là, l’amoureux, rêveur, parce qu’entre ciel et terre ou – tout simplement – parce que l’amour échappe à l’ordinaire droiture des lois établies et s’évade des règles strictes, a la tête penchée à l’oblique. Ici, l’« air » désabusé d’un homme fort sérieux. Ou encore, là, le regard dubitatif d’un travailleur en service ou scrutateur d’un militant en colère. Qu’est-ce qui produit cette « impression » ? Qu’est-ce qui différencie l’œil perdu de pensées – vague d’un plein submergeant - de celui, dénué de pensées, au  flou laissé par le vide ? Qu’est-ce qui différencie la colère d’un vacancier, de la révolte d’un syndicaliste ? Où se joue les différences d’impressions produisant ici un sourire joyeux plein de présence et là un sourire amoureux plein d’une absence ? Qu’est-ce qui sépare le sourire spontané de l’obligation feinte ?

La réponse se situe sûrement dans les nuances géométriques du visage, lesquelles sont indubitablement complexes et poussent à l’analyse. Qui ne s’est déjà surpris à méditer sur la flexion d’un sourire étonnant ? Qui ne s’est arrêté sur un regard porté vers le songe ? Autant d’indices silencieux faisant d’un imperceptible une œuvre et du minuscule un texte.   

Entrons dans l’étude scrutatrice des éléments et de leurs liens.

Etrange attitude, en effet, décalée dans ce concert de sourires que celui du vacancier au chapeau de paille colérique. Manque de tact – peut-être – de ce chercheur à la loupe impudique scrutant une jeune femme voilée.

Où les limites sont-elles outrepassées ?

Sont-ce… Les dents serrées ? Les sourires unanimes ? La simplicité ? La complexité des rapports sociaux ?

Dans cette photo de groupe, tous ces personnages font-ils société ? S’écoutent-ils ? Dialoguent-ils ? Ou sont-ce des rires juxtaposés, échanges superficiels et dialogues façades ?

De fait, un schéma simple appelle une foule de différences invisibles. Touches indétectables pour le spectateur pressé. Mais finalement très accessible pour peu que la pensée s’y attarde.

 

 

 

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Quelles exploitations en classe ?

Stéréotypes :

Qu’est-ce qui « signifie » ? Qu’est-ce qui est porteur de sens ?

Visages ( Quoi, les yeux ? La bouche ? La bouche associée aux yeux ?)

Vêtements

Accessoires ?

Comparer avec des graffs de rue :

Qu’est-ce qui fait langage ?

   (Comparaison langage d’une image – langage d’un texte)

L’image ?

Ce qui est dit ?

Comparer avec des images « naturelles »

Qu’est-ce qui parle ? Nous imaginons, faisons « parler » ?

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Galerie photos

 

 

 

 
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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 08:23
Anne Boissière- Cité philo - Photo : Virginie Le chêne parlant 12-11-16

Anne Boissière- Cité philo - Photo : Virginie Le chêne parlant 12-11-16

En partenariat avec Cité Philo. Merci à Gilbert Glasman.

En partenariat avec Cité Philo. Merci à Gilbert Glasman.

     L’écoute, la réception, l’abandon aux sens sont vécus comme lieux de l’inutile, instants où la passivité offre un paysage sans intérêt à perte de temps.
Comment, dès lors, provoquer des partages affectifs ? Comment sentir l’espace ? Allumer l’étincelle du vivant ? Comment voyager en terre de saisissement ? Convoquer cette lueur clandestine où bouillonnent les vapeurs sensitives ?  Spirituelles ?
La  Directrice du Centre d'Etude des Arts Contemporains, Anne Boissière, bat la pensée au rythme de l'émotion, de la finesse et de l'affectivité, voit le mouvement comme principe de résonance, de vibrations.
   Place au saisissement.
      Plein des dimensions primitives de pensées, on se laisse gagner par de salutaires arrêts sur vitesse.
 Pause. 
        Enfin, se poser. Se reposer. Etre là.

Traversée :
Walter Benjamin voit dans la « Narration », un mode de communication : le lit d’un partage affectif, tout en rapport à l’autre.  Accordage.  Contact.
La réunion d’une communauté.
La narration organise une relation entre les hommes, évoque la professeure d'esthétique à l'Université de Lille 3. Le narrateur écoute et transmet, fait part de son vécu et de ce qu’il ressent. Organise une relation langagière effective, un « champ de présences » , une tonicité où la pulsion des mots est une impulsion vers l’autre.
     Effectivement, les mots du poète sont la preuve d’une certaine unité cérébrale... L'essence des textes peut enivrer. Montrer, guider, ouvrir tout en fermant les yeux.

Voyage vers l’ici où la parole est humaine et la pensée saisissante.
 Là où le roulis du texte peuple l’instant d’instants. Là où l’on ne se préoccupe ni de faim ni de soif. Là où le moment vous emmène avec soi et vous tient par l’esprit. Des flots d'images adviennent.  Le courant emporte.


        Gagne en partage d’instants.  Nous rend tout-à-fait ensembles, présents à autrui.  

 
 

Anne Boissière - L'Art du sentir.

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Anne Boissière- Cité philo - Photo Virginie Le chêne parlant 12-11-16

Anne Boissière- Cité philo - Photo Virginie Le chêne parlant 12-11-16

Anne Boissière- Cité philo - Photo Virginie Le chêne parlant 12-11-16

Anne Boissière- Cité philo - Photo Virginie Le chêne parlant 12-11-16

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 14:05
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 13:56

L’Art serait-il une reproduction ? Une idée ? Une combinaison de couleurs ? Une imitation ? Une abstraction ? Une œuvre originale issue d’un être singulier ?

Nous le voyons, nous avons beau penser de l’Art - gratter à sang notre questionnement épidermique - nous nous agaçons d’entendre des définitions aussi parcellaires qu’insatisfaisantes.
Heureusement, des acrobates de la pensée – plus virtuoses que d’autres, faut croire - pénètrent dans l’arène des idées et parviennent à mettre un peu d’ordre dans ce cirque de propositions. L’équilibriste es art, Jacqueline Lichtenstein 1* par exemple, mais également le philosophe Régis Debray dont la pensée de haute voltige fait le régal de tout questionneur émerveillé. A nous de saisir le trapèze original lancé à travers l’espace des conventions à géométrie plate. Que nous dit-il ? « L’art, c’est du beau fait exprès »*2.
La proposition interpelle.                        
Du fait exprès – l’objection de la photographie étant balayée par l’intentionnalité de la prise de vue -, la chose est entendue. Quant au beau, naturellement, il s’agit ici de la catégorie kantienne du beau… d’une « finalité sans fin », celle procurant une « satisfaction désintéressée ».   Car évidemment, en matière d’art contemporain la laideur rivalisant de médiocrité -,  retenir ce critère aurait pu paraître contestable. C’est pour cette ambiguïté de la langue que nous l’écarterons.
 « Du fait exprès »…  Bien. Retenons. Mais dans quel but ? Pour quoi faire ? … Montrer… Offrir ?...
Oui, c’est cela…  Donner.
« Du fait exprès pour donner à voir  » L’idée semble étrange. Pourtant sa proximité avec le « donner à penser » philosophique n’est pas inintéressante.  
L’Art – avec grand A, SVP – ne serait-il pas, en effet, ce qui ajoute, accroît, augmente ?
Pour preuve, piquons au fil du hasard deux exemples, celui d’une barre de béton d’un côté et de l’autre celui d’une œuvre de Sonia Delaunay. Comparons. L’essentiel distinguant les deux œuvres ne réside-t-il pas justement dans l’expression de chacune ? Autrement dit, dans le contenu de leurs propositions ?
Face à l’évidence – une fois n’est pas coutume - nul besoin de réfléchir ad vitam aeternam. Constat : la première ne représente qu’elle-même, proposition certes solide, mais quelque peu – avouons-le - monolithique et lourde. La seconde est couleurs, formes, profondeur, semble donc douée quant à elle, d’angles de vue à géométries multiples. Nous entrons là dans le monde courbe de la physique  des multitudes … : une sorte d’univers hyper-dimensionnel.
Nous le voyons, tout comme l’infime translation de sens provoque l’écart qui interpelle, du regard en biais émerge la pensée qui arrête.
Aussi, de la même manière, en s’exprimant sur les photographies atypiques de Gilbert Garcin, le physicien Etienne Klein, donne-t-il à voir une matière qui nous échappe… Plus qu’une interprétation décalée, la densité des savoirs propres au monde de la physique apporte une vision* étonnante. Un éclairage détonant…  Un autre langage, un ajout, un enrichissement, en ce qu’une lecture ordinaire – la nôtre, c’est-à-dire exempte de paramètres scientifiques –  en est incapable et donc, face aux photomontages demeure muette.
L’artiste serait-il alors un traducteur de monde ?
             De la lecture infinie d’un paysage, en tout cas, surgit l’intérêt du flâneur.     

Petite balade, donc, en langue des sciences…
 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 09:27
Classe CE2 Samain Trulin
Classe CE2 Samain Trulin
Classe CE2 Samain Trulin

Classe CE2 Samain Trulin

Questions posées à Garpard Herblot par les élèves de CE2

Vidéo cliquer ici 

1 - Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

2 - Qu’est-ce » qui vous plait le plus dans ce métier ?

3 – Comment faites-vous des bruits ?

4 - Est-ce que ça s’apprend ?

5 – Quel est votre travail en ce moment ?

6 – Est-ce que vous avez appris à danser, à jongler ?

7 – Quel est le nombre de choses que vous savez faire ? Car vous savez faire beaucoup de choses.

8 – Comment avez-vous imaginé le spectacle ?

9 - Comment avez-vous fait les costumes ?

10 – Comment avez-vous fait les effets spéciaux (Voix, lumière…) ?

11 – Avez-vous fait d’autres spectacles ?

12 - Est-ce que vous préférez faire un spectacle seul ou à plusieurs ?

13 – Avec des instruments ou sans instrument ?

 

Les élèves de la classe de CE2 de Samin Trulin

Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.

Les possédés de Gaspard Herblot

 

     Le vendredi 14 octobre, nous sommes allés voir un spectacle au conservatoire de Lille nommé : « Les possédés ».

     C’est l’histoire de trois personnages : le chef, le disciple et l’esclave. Ce dernier en a marre de tout faire, donc il veut voler l’Ours Totem. Il cherche à se libérer. Après l’avoir dérobé, il se bagarre avec l’Ours. Heureusement à la fin, tout se termine bien. Les trois personnages sont devenus amis et l’ours se trouve sur le Totem.

 Texte rédigé par les élèves de CE2 de l’école Samain Trulin

Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
Le Beatboxer Gaspard Herblot répond aux questions des élèves de CE2 de l'école Samain Trulin - Une maîtresse fière de ses élèves.
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Présentation

  • : Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
  • Contact

Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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