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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:03

palais-ideal-3405-copie-2.jpg« Lorsqu’on est en présence de cet immense travail, l’imagination en reste saisie et frappée et l’on se demande si l’on n’est pas transporté tout à coup, comme par enchantement, dans un autre hémisphère où tout serait surhumain, phénoménal et éblouissant ; on ne peut s’imaginer qu’un seul homme fit tout cela sans le secours de personne. »
Ferdinand Cheval, dit « Le facteur cheval », cahier de décembre 1911. (1)


 

 

 

 

A Frédéric Schiffter...

à Cédric… tentative de réponse - bien imparfaite...

 

  

Henri Rousseau dit « Le Douanier Rousseau » s’est pris de passion pour la peinture à l’âge de 41 ans. A l'époque, on ironisait sur ses choix stylistiques. Le fin du fin - le courage des critiques - était de rabattre son interprétation de la nature au rang d'art « naïf ».

A partir de là, une conclusion s’impose : Rien n’est jamais dit.

 

Rien n’est jamais fait.
Rien n’est jamais achevé.

 

Bachelard est l’homme du tardif. L’expression est d’une poésie harmonieuse, sensible, touchante, sincère, vraie. Raphaël Enthoven en fait l’écho dans les nouveaux chemins de la connaissance : « Toute ma vie est sous le signe du tardif, disait-il à ses amis… Bachelard a travaillé 10 ans dans l’administration des postes… il obtient l’agrégation à l’âge de 38 ans…avant de devenir docteur en lettres à 43 ans, en 1927, grâce à son essai sur la connaissance approchée…  (il) disait lui-même que le plus important était de prendre son temps. » (2) Chacun possède des vérités complémentaires - une prolifération de petites ingéniosités -  des trouvailles qui constituent autant de talents, qu’il s'agit de libérer, d’exercer au fil du temps.

  J'ai voulu prouver ce que peut la volonté - Fateur Cheval - 1911.

Le temps révèle, fait émerger des formes :
 

« J’ai commencé ce travail gigantesque à l’âge de 43 ans – écrit le Facteur Cheval à André Lacroix, dans une lettre qu’il ne lui enverra jamais. Je n’ai pas servi le gouvernement comme soldat mais je l’ai servi près de 30 ans comme facteur des postes. […] J’ajoute – note-t-il en bas de page – […] pensant que ça vous sera utile la longueur totale du monument. Elle est de 23 mètres, sa largeur à certains endroits est de 12 mètres, la hauteur varie aussi de 6.9 à 11 mètres, la forme entière de ce travail qui n’est qu’un seul bloc de rocaille qui a environ 600 mètres cube de pierres dans son ensemble. Le tout a été construit par la main d’un seul homme.  » (3) 

 

 

 

Le tombeau du silence...

 

De quoi ce projet pharaonique est-il le nom ? D’un concours de circonstance ? « Un jour du mois d’avril en 1879, en faisant ma tournée de facteur rural, à un quart de lieue avant d’arriver à Tersanne. Je marchais très vite, lorsque mon pied accrocha quelque chose qui m’envoya rouler quelques mètres plus loin. Je voulus en connaître la cause. Je fus très surpris de voir que j’avais fait sortir de terre une espèce de pierre à la forme bizarre, à la fois si pittoresque que je regardais autour de moi. Je vis qu’elle n’était pas seule. Je la pris et l’enveloppais dans mon mouchoir de poche et l’apportais soigneusement avec moi me promettant bien de profiter des moments que mon service me laisserait libres pour en faire une provision. A partir de ce moment, je n’eus plus de repos matin et soir. »

 

A quoi tient une œuvre ? A la présence d’un rocher sur lequel on bute, d’un choc en retour. D’un rêve ? D’une sommation interne, d’un besoin fondamental ? Ou d’un désir essentiel ? 
Le fait est que de construire – un roman, une école, une pédagogie – paradoxalement – ne trouve pas son intérêt dans sa finalité. La force de l’écriture, la solidité d’un bâtiment, se situent dans la maçonnerie, dans l’élévation des savoirs assemblés, des recherches, du partage des idées en somme, non dans l’objet obtenu mais dans son élaboration.


La fabrication – le Facteur Cheval le sait – est une bulle d’éternité. L’essentiel n’est pas dans la façade - comme ces dentelles aériennes pourraient le laisser croire - l’essentiel est ailleurs. L’action de penser est un réservoir d’énergie. Le "faire" métamorphose, il est à lui-même son propre empire. La grande figure est un principe de construction de soi.

 

Le palais idéal du Facteur Cheval. 

Nietzsche, avec son âpreté habituelle, nous invite à suivre notre propre chemin, nous construire une identité solide.  Trouve-toi un maître. Se trouver un maître, c’est élaborer des fortifications – fiables, sûres, motivantes – puisqu’elles émanent de soi, pour soi. L’efficace réside dans la capacité à « se constituer », « s’individuer », s’élever par la passion développée sur un sujet. Peu importe lequel (des maquettes aéronautiques,  le système solaire de Vincent, participer à un club de gymnastique comme Clara, ou même de Majorettes comme Cindy.) Bref, se trouver.

 

Nous avons cette chance inouïe - incroyable – de pouvoir nous réaliser, nous investir – à notre manière. Chacun le peut. Tout le monde peut élaborer des concepts, imaginer des dispositifs de savoirs, accéder à la connaissance (pure/ de soi) : traverser une rivière, faire l’expérience de sa profondeur, aboutir à la finalisation d’un projet, accéder à l’eau vive d’une matière – il n’est pas nécessaire d’en appeler au « génie » pour cela. C’est une autre façon de voir les choses.

 

Faire ce qui doit être fait. Se trouver des domaines d’élection. Développer ses capacités. Exister avec plus ou moins de bonheur... cela demande un engagement… Des sacrifices ? … peut-être…


Il semble que pour cesser de subir, il faille devenir acteur. Etudier. Toute connaissance suppose un dépassement, une connaissance, une volonté.

 

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Petite vidéo trouvée sur la toile réalisée par un amateur du beau.

 

 

 

  
« Etre l’enfant qui vient de naître et le vieillard qui va disparaître. »

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(1) Ferdinand Cheval,  Le palais idéal du Facteur Cheval, Quand le songe devient la réalité, Jean-Pierre Jouve, Claude et Clovis Prevost, ARIES éditions, Paris 1994, P 9.    Nota : Le Palais Idéal se situe à Hauterives, dans la Drôme.
(2) Raphaël Enthoven. 28.06.2010 - Gaston Bachelard, le dormeur éveillé : vie et œuvre. Les nouveaux chemins de la connaissance, France Culture.
(3) Ferdinand Cheval,  Le palais idéal du Facteur Cheval, Quand le songe devient la réalité, Jean-Pierre Jouve, Claude et Clovis Prevost, ARIES éditions, Paris 1994, ISBN : 2-95-06317-0-3, p 7. 

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Published by Le chêne parlant - dans philosophie
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Le chêne parlant - Virginie 10/02/2012 12:46

« Le soir à la nuit close,
Quand le genre humain repose,
Je travaille à mon Palais,
De mes peines nul ne saura jamais »
Ferdinand Cheval

Cher Frédéric,

Votre commentaire m’a donné à penser mille choses. Voilà un essentiel à partager.

Le Facteur Cheval – un jour de mois d’avril – buta contre un caillou qui l’envoya valser au sol… « Une pierre à la forme si bizarre ». A partir de ce moment, il n’eut de cesse que de construire
soir et matin, un bassin, des animaux, une cascade. Il se mit à l’œuvre 2 ans durant, puis à nouveau 3 pour une cascade, une grotte. Très vite l’idée d’un tombeau le submergea tout entier. Un
sépulcre dont – confie-t-il à son frère « le style serait le seul au monde ». Il ajoute combien lui plairait l’idée de se « faire enterrer dans le rocher à la mode des rois Pharaons »
Il n’eut de cesse – ensuite - que de creuser la terre pour placer – au sein de celle-ci – son cercueil.

Effectivement – je me range à votre argument – il ne saurait s’agir ici d’une construction de soi – mais d’une construction tout court.
S’abîmer dans une œuvre afin d’oublier le vide abyssal d’une vie ?
Probable…
Néanmoins, sa construction monumentale est intéressante en ce qu’elle fait montre d’une volonté et d’une détermination peu communes.
On reçoit le dépassement de Ferdinand comme un choc. Une beauté inattendue – certes naïve – mais étrange, sensible - enfantine. Le Palais Idéal du Facteur Cheval n’est pas un rêve, c’est un songe
d’enfant. L’expression saisissante d’un château de sable – grandeur nature. Des petites grottes, des couronnes de 30 pieds de hauteur comme moyen de transcender sa condition, de s’élever ?

Son escalier, ses colonnes aux formes barbaresques, son temple hindou sont loin, très loin des formes académiques. Le Facteur Cheval n’était rien (aux yeux des experts es Art). Vous avez ces
«professeurs […] empêcheurs et […] destructeurs dans le domaine de l’art [… ces] empêcheurs de vivre et d’exister, au lieu d’apprendre la vie aux jeunes gens, de leur déchiffrer la vie, de faire en
sorte que la vie soit pour eux une richesse en vérité inépuisable de leur propre nature, ils la leur tuent, ils font tout pour la tuer en eux. […ces] créatures minables, qui semblent s’être donné
pour tâche de barricader la vie de leurs élèves et de la transformer, finalement et définitivement en une épouvantable déprime. » Thomas Bernhard – Maîtres anciens – Folio – Gallimard, p 45.
Là où Thomas Bernhard se trompe, c’est quand il définit ces professeurs « qui professent » comme « sentimentaux ». Ils sont tout le contraire : froid – obtus – sûr de détenir une vérité supérieure
(la leur – ça va de soi). Aussi la tâche d’André Malraux de faire classer ce « Palais Idéal» n’a-t-elle pas été simple.


Raison pourquoi mettre en avant cette expérience. La valoriser me semble une matière suffisante à l’écriture d’un article.

Le élèves en difficultés – ceux de CLIS en particulier – le déterminisme, ça leur connaît. Ils en sont pleins jusqu’à saturation.
Echapper aux déterminismes qui les encagent… ce sera difficile pour mes « petites étoiles de mer ».

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En ce qui concerne la petite vidéo, sachez qu’elle m’est totalement étrangère. L’amateurisme pittoresque m’avait amusé ; les citations nombreuses ne gâchent rien à l’ensemble… assez souriant.

Au reste… Souvenez-vous de vos conseils de lecture… Je crains fort être également née sous le règne du crustacé..
« Je suis timide et enclin à gaffer, étant né sous l'Ecrevisse. Je me prépare en montant l'escalier, je me repens en descendant, et sur le seuil je cherche, en entrant, des signes. J'ai, comme tout
le monde, mes sujets, dont chacun peut être traité sur deux ou trois tons. Je cherche à m'orienter. Dans le monde, l'essentiel est : primo, de ne pas rester bouche bée ; secundo, de ne pas avoir
l'air de tenir à ce qu'on dit. Or, je suis passionné de bien des manières. Grande infériorité. Par prudence, je ne parle jamais archéologie ni littérature (1)... Je vous disais que M. Bourget a des
cannes magnifiques. Toutes parfaites. Considérez que, pour ne point faillir, il faut un grand goût ou d'excellentes méthodes. » Eugène Marsan
(1882-1936) Les Cannes de M. Paul Bourget (1909)

Je penche pour les méthodes…

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Sachez enfin que le plaisir de lecture est largement partagé.
« Il ne chante,
ni ne danse, ni ne joue,
il est pour la conversation. »
VOLTAIRE

Bien à vous, Virginie.

Le chêne parlant - virginie 09/02/2012 21:30

Merci cher Cédric, je suis très touchée.

Bonne soirée Nietzschéenne … :)

Cédric 08/02/2012 21:39

Comment ne pas vous remercier pour tout cela ! Donc, merci, j'en prends bonne note.


Oui, le plus pertinent sera toujours de maîtriser la langue dans laquelle l'auteur a écrit.


Qui sait, peut-être un jour me mettrai-je à l'allemand ? Moi qui n'en parle pas un mot, mais je connais l'anglais et le néerlandais, autres langues germaniques, cela faciliterait peut-être son
apprentissage, mais j'arrête ici de digresser à parler de moi.


Commencer par lire les traductions (en les comparant) sera déjà un bon début.

Beaucoup de bien à vous ( je sais, c'est la première fois que vous lisez cela et c'est en tous cas la première fois que je l'écris mais cela traduit ma pensée donc je le laisse ;-) )

Le chêne parlant - Virginie 08/02/2012 19:38

Cher Cédric,

Je me réjouis d’avoir pu aiguiser votre curiosité…

Il est toujours difficile de porter son choix sur telle ou telle traduction ; les informations sont - en général - assez difficiles à trouver. L’idée étant de trouver non pas la plus belle
traduction mais la plus juste - la plus fidèle possible…

La traduction que j’ai utilisée est celle de Patrick Wotling (GF Flammarion). En introduction il note «’Ce sera toujours une question difficile à résoudre, disait Heine dans la préface à ses
Reisebider, que celle de savoir comment traduire en français un auteur allemand. Doit-on élaguer çà et là des pensées et des images, quand elles ne répondent pas au goût civilisé des français et
lorsqu’elles pourraient leur paraître une exagération désagréable ou même ridicule ? Ou bien faut-il introduire le sauvage allemand dans le monde parisien avec toute son originalité d’outre-rhin,
fantastiquement colorié de germanismes et surchargé d’ornements par trop romantiques ?’ »

Voici quelques liens intéressant à ce sujet pour nourrir la réflexion…

Tout d’abord, pour cerner un peu mieux le pedigree de P.Wotling et voir ce qu’il a déjà traduit :
http://www.europhilosophie.eu/recherche/spip.php?article228

Ici une discussion, hélas embryonnaire sur ce sujet :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Le_Gai_Savoir_(Nietzsche)

Là une page comme on aimerait en voir davantage lorsqu’il est question de choisir sa traduction :
http://curiositas.free.fr/nietzsche/opinions/guide.htm

J’y relève le passage suivant :
« Garnier Flammarion propose pour certains titres la traduction d'Henri Albert, traduction belle mais imparfaite (mieux vaut se fier à la version révisée publiée par Laffont). (…)En revanche, la
traduction (avec commentaires) des oeuvres "de la maturité" - cad : à partir du Gai savoir -, effectuée par E. Blondel et P. Wotling principalement, est très bonne. »

En outre pour avoir lu – il y a peu – « La pensée du sous-sol », éd Allia, je puis vous confirmer combien l’analyse de Patrick Wotling à propos de Nietzsche est dense, fouillée, précise.

Bien à vous, Virtginie.

Cédric 08/02/2012 18:11

Histoire de me contredire le plus vite possible, les extraits proposés par votre soin ayant piqué ma curiosité, j'ai été jeter un oeil sur ce Gai savoir qui mérite, après ce bref aperçu, que j'y
jette le deuxième.

La traduction de l'édition de 1887 par Henri Albert, proposée sur Wikisource, m'a en effet davantage attiré, ce qui me confirme en passant que la traduction fait tout.

Voici la traduction proposée dans cette édition des trois aphorismes en question :

61.

LE SCEPTIQUE PARLE

La moitié de ta vie est passée,
L’aiguille tourne, ton âme frissonne !
Longtemps elle a erré déjà,
Elle cherche et n’a pas trouvé — et ici elle hésite ?

La moitié de ta vie est passée :
Elle fut douleur et erreur, d’heure en heure !
Que cherches-tu encore ? Pourquoi ? — —
C’est ce que je cherche — la raison de ma recherche !

Bien que dans le fond je maintienne ma première impression, à mon oreille "...la raison de ma recherche!" claque mieux.

52.

ÉCRIRE AVEC LE PIED

Je n’écris pas qu’avec la main,
Le pied veut sans cesse écrire aussi.

Solide, libre et brave, il veut en être,
Tantôt à travers champs, tantôt sur le papier.

Pour moi, pas photo, cette traduction-ci est bien plus belle et percutante.

21.

CONTRE LA VANITÉ

Ne t’enfle pas, autrement
La moindre piqûre te fera crever.

Ici aussi, le mot "crever" sonne bien mieux.

Grâce à vous, je pense me plonger pour de bon dans ce Gai savoir et dans la traduction que je viens de découvrir. Mais par curiosité j'aimerais connaître l'édition et le traducteur dont vous avez
tiré les aphorismes cités.


Belle soirée à vous,

Cédric.

Cédric 08/02/2012 16:30

Chère Virginie,

Bien qu'ils ne me donnent pas envie de plonger plus avant dans l'oeuvre de Nietzsche, merci pour ces aphorismes.

Le 61 ne me touche pas du tout car mon âme ne tremble pas ni devant le temps ni devant la mort et que la douleur n'est pas une erreur et que je ne cherche pas de raisons de vivre les ayant trouvées
dans l'absence de sens de la vie.

Le 52 ne m'inspire seulement qu'un "bon" mot : en voilà un qui affirme écrire comme un pied.

Mais l'aphorisme 21 me plait davantage ! S'ils étaient tous de cet acabit, c'est-à-dire drôle et vrai, je ne laisserai pas ce 'Gai savoir' attendre davantage.

En matière d'aphorismes, je n'ai qu'un nom : Cioran.

Bonne nuit ou bonne journée, peu importe la perspective tant qu'elle est bonne. ;-)

Frédéric Schiffter 08/02/2012 16:17

Maxime bien trouvée, Axel, et seyant à ces pages.

Axel 08/02/2012 12:31

Je viens de découvrir cette fort belle phrase que je m'empresse de venir déposer ici en hommage :

" Une belle femme qui a les qualités d'un honnête homme est ce qu'il y a au monde d'un commerce plus délicieux : l'on trouve en elle tout le mérite des deux sexes. " (1)

1) La Bruyère / Les Caractères / édition de Robert Garapon / Garnier / 1962

http://chauchecrit.blogspot.com/2012/01/lhonnete-homme.html

Frédéric Schiffter 07/02/2012 19:51

Chère Virginie,

Je me suis toujours demandé si l'expression "porter en soi une œuvre" n'était pas une façon plus décente d'exprimer que l'on était hanté par un vide — causé par un deuil ou un abandon, fussent-ils
réels ou imaginaires. Un vide ou un sentiment d'incomplétude que l'on n'a de cesse, dès lors, d'oublier dans une activité obsessionnelle. Celle-ci peut-être une vocation pour le sport, la guerre,
l'amour, que sais-je, ou l'art. Pascalien, je préfère avancer la motivation existentielle à la cause psychologique et dirais que cette "énergie" dont vous parlez, mise au service d'une œuvre,
ressortit au divertissement. J'éprouve du mal à entendre l'idée de "réalisation de soi". Il m'appert plus fondamentalement que le "conatus" artistique ou créateur est une façon de réagir à la
hantise de la mort et de protester contre la corruption du temps. Réaction et protestation sans la moindre efficacité, bien sûr, car comme le disait Hegel : "La mort est le maître absolu", mais,
néanmoins, qui peuvent apporter assez de satisfactions pour vivre cette adversité plus sereinement. Enfin, si elle est réussie, l'œuvre survit quelque temps à son créateur.

Finalement, rien que de bien banal, ce que je vous écris là.

En attendant, je prends bien du plaisir à lire vos pages.

Question : la seconde petite vidéo,celle de "l'amateur du beau", n'y auriez-vous pas de part ? L'amateur ne serait-elle pas une amatrice ?

Bonne soirée,

À bientôt,

Frédéric

Virginie 07/02/2012 00:39

Cher Cédric,
Vous qui aimez les aphorismes, voici – peut-être – de quoi vous réconcilier avec lui (Le Gai savoir) :

« 61 – Le sceptique parle

La moitié de ta vie est écoulée,
L’aiguille avance, ton âme en tremble !
Voilà longtemps déjà qu’elle erre
Et cherche, sans rien trouver – et la voici qui hésite ?

La moitié de ta vie est écoulée :
Elle fut douleur, et erreur, heure après heure !
Que cherches-tu encore ? Pourquoi ? - -
Voilà précisément ce que je cherche – des raisons et des raisons de le faire ! »

En voici un autre – non sans lien avec le Facteur Cheval :

« 52 – Ecrire avec le pied

Je n’écris pas seulement avec la main :
Mon pied aussi veut toujours écrire.
Ferme, libre et audacieux, il court
Tantôt à travers champs, tantôt sur le papier. »

Un petit dernier – pour la bonne humeur …

« 21 - Contre la vanité
Ne t’enfles pas : sans quoi
Une petite piqûre suffira à te faire éclater. »

Bonne nuit – ou bonne journée… Tout est question de perspective. :)

Virginie.

Cédric 05/02/2012 12:57

Je viens de vous répondre sous l'article précédent. J'ajoute ici quelques mots.

Le travail de ce Facteur Cheval me parle. Créer, voilà la nature de l'Homme.

Quant à Nietzsche, comment accorder le moindre crédit aux propos ou écrits d'un homme qui a fini comme il a fini ?

Pour moi, impossible.


Je n'attends rien de la vie, je n'ai aucun but, je ne cherche rien, je vis parce qu'il n'y a rien à perdre à vivre sachant qu'il n'y a strictement rien à y gagner non plus.



Et pour finir sur une de mes phrases écrites lorsque j'ai découvert l'oeuvre du sieur Cheval : " 922 : Le Facteur Cheval était à pied " ;-)

Bien à vous.

Présentation

  • : Le chêne parlant
  • Le chêne parlant
  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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