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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 17:09

 babel - Zhenjun Du -Chine -Shanghaï - 1961

"La renommée,

ce sont les nouvelles marques de tabac

ou de vin qui en ont besoin,

pas les hommes."

Janusz Korczak. *


De tout évidence quand tout devient inconfortable et pénible, quand le sombre se mêle au  méprisable, l’homme aimerait s’extraire du monde. Dans ces moments où l’enfer est devant soi, où l’embranchement ne mène nulle part – où faire se heurte au cynisme, où ne rien faire est de sinistre raison – en ce cas, soyez-en sûr - personne ne vous viendra en aide. 

 

A la fourche du jour, Janusz Korczak ne se résigne pas à glisser d’un côté ou de l’autre – il reste. Demeurer est la partie la plus entière de lui-même. 

            « Ne croyez pas les paroles sur le sacrifice, affirme-t-il, elles sont fausses. » 

 

Dans le balancement compulsif des fusils, Janusz Korczak imprime une direction, avec assurance, sans convictions, pris d’une poussée définitive ; sa présence avance sans brassard, lui, tout sauf un roc. Dans l’équation de cette impasse, il existe une inconnue, une interrogation à laquelle il ne peut échapper. « Il est impossible de changer le monde, mais il le faut, n’est-ce pas ? » 

 

Le ghetto est une éternité où l'on roule toujours plus bas, jusqu'à manger la poussière, 

En tendant l’œil, le docteur boit de longues visions, lentes, profitant au maximum de chacune d'entre elles, penché depuis sa fenêtre, vers les moineaux.

 

La Fillette à l'oiseau mort, école des Pays-Bas méridion« J’avais 5 ans, quand mon canari est mort. Je voulais mettre une croix sur sa tombe mais la servante m’a dit qu’il ne fallait pas… c’était un oiseau. 

Un être inférieur à l’homme. 

Que même le pleurer était un péché. Pire, le fils de concierge a dit que le canari était juif. Et moi juif aussi. Lui polonais, catholique, il ira au paradis, et moi… j’irais non pas en enfer mais dans les ténèbres. 

Et moi, j’avais peur du noir dans ma chambre. » 

 

Dans l’embrasure,  la peur coule par vague.

Le regard impassible est écrasé. 

Les vauriens sortent des caves, par rafales, âmes désertiques sans patrie ni début mais dotées parfois de hauts, toujours plus bas. Les agissants n’ont ni  religion, ni camp, ni couleur de peau. Blancs ou noirs, ils n’ont d’ouverture que la rage de leur propre moi, affamés jusqu’à perdre les leurs pourvu d’y gagner un débris d’avantage. Il n'existe pas de coin tranquille en ce monde, ici, tout est ouvert sur tout, toute dénonciation peut frapper d’un ami, cousin ou de votre pire voisin. L’inévitable infection de la convoitise, du médiocre, des collaborations, surgit de la guerre et guérit - génération spontanée de résistance - tranquillement à chaque déclaration de paix. 

.Janusz Korczak

« Et après la guerre ? Lui demande-t-on.

Je m’occuperai des orphelins allemands. »

 

Mais maintenant, l’isolement, la fatigue ont les pigments des marécages. 

On entre dans une démence sans fin. Les décisions pleuves. Les doigts collent au papier. Le charbon gagne du terrain, paysage faussement plat, interminable, fait d’élagages. 

 

Il 'attend la fin du ronronnement des moteurs. Le moment où l’épidémie cessera pour de bon, où il pourra descendre et dévorer 2666 pages à l'ombre, dormir un bon moment. Se détendre. Oublier. Il a l'impression qu’il ne parviendra jamais à ce stade. 

La distance parcourue par notre condition d'errance, se mesure au dix milliardième de cendre. 

 

Nul besoin de tendre l’oreille pour sentir les coups cognés là haut. Des ordres. Immédiatement, exécutés. 

 

 

Film : 

 

 

« Si nous ne pouvons sauver ces enfants mourants assurons-leur au moins une mort humaine. Vous comprenez ? Une mort digne et humaine ! »

 

 

 

 

« Je n’ai pas de dignité, j’ai 200 enfants. » 

 

 

 

 

 

 

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Janusz Korczak, Comment aimer un enfant ? Collection réponses Robert Laffont 1978. 

 

Quelques extraits - en partage :     

p 67 : Et les roues de cette machine infernale tournent ainsi de longues années pour réduire en miettes la volonté, l'énergie de l'enfant, pour voir partir en fumée toutes les ressources de son être.

Au nom d'un avenir hypothétique, on sous estime tout ce qui fait aujourd'hui ses joies, ses tristesses, ses étonnements, ses colères, ses passions. Au nom d'un avenir qu'il ne comprend pas et qu'il n'a pas besoin de comprendre, on lui vole des années entières de sa vie.

[...]

"Je ne suis rien, mais il faut être adulte pour être quelqu'un. Dans quelques temps, je serai un rien avec quelques années de plus. Attendez donc que j'arrive à la majorité..."

Il attend, contraint à la paresse; il attend et il étouffe, et guette ce demain qui lui fait venir l'eau à la bouche... Belle enfance ! C'est à mourir d'ennui. 

P 80 : Tout homme porte en lui sa propre étincelle capable d’allumer des foyer de bonheur et de vérité. 

 

* La renommée, ce sont les nouvelles marques de tabac ou de vin qui en ont besoin, pas les hommes.

p 100 : [Sur la perspicacité de l'enfant.] :

- Oh, un chien...

Il est le seul à s'en être aperçu.

De telles exclamations se font souvent entendre au théâtre... Incapable de saisir le sens du spectacle auquel il assiste, l'enfant accueille avec des cris de joie le moindre détail familier. Mais n'agissons-nous pas de la même manière, lorsque, conviés à une soirée mondaine où nous ne connaissons personne, nous apercevons tout d'un coup dans la foule un visage connu ? 

L'enfant qui ne sait pas rester à ne rien faire, se faufile partout, se glisse dans chaque trou et passe son temps à faire des découvertes. Tout l'intéresse : ce petit point mobile qu'est une fourmi, le brillant d'une perle, un mot nouveau, une phrase qu'il vient d'entendre. Lorsque nous nous trouvons dans une ville étrangère, dans un lieu inconnu, nous ressentons à nouveau cette curiosité d'enfant.

p 101 : L'enfant lit dans un visage comme le paysan lit dans le ciel. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour nous percer à jour. Mais ce fait, nous préférons l'ignorer tant qu'il ne trouble pas notre tranquillité, nous aimons mieux garder nos illusions sur la naïveté enfantine. Autrement nous serions obligés de renoncer à l'image de notre propre supériorité et de faire un effort important pour nous débarrasser de tout ce qui nous dégrade et nous ridiculise à ses yeux. 

p 187 : La plupart des enfants, sinon tous, aiment le mouvement et le vacarme; leur santé morale et physique dépend de leur liberté d'action et de cri. Et toi, sachant cela, tu dois pourtant leur imposer : 

-Restez tranquilles ! Silence !

p 183 [de la nécessité des règles.] : Seuls quelques enfants exceptionnels peuvent se développer normalement en dépit du relâchement des règles et des défaillances de l'organisation ; des dizaines d'autres souffriront d'abandon. 

 

P 250 : J’ai parlé […] non pas aux enfants mais avec les enfants. 

... Distinguer un caprice d'un vrai besoin.     

p 261 : C'est pourquoi j'insiste tant sur la nécessité de bien connaître le plus rapidement possible les enfants, sans cela, on commet tout le temps des erreurs de jugement.

 

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« Comme on n’abandonne pas un enfant malade dans la nuit, on n’abandonne pas des enfants dans une époque comme celle ci . »

 

      Ni roi - ni modèle - ni triste - ni faible - ni certain - funestement homme.

 

 

 

 

 

 

      Janusz Korczak

** Site : Si la pédagogie m'était contée.

 

 

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Le vent l’emportera – Noir désir.

 

 

 

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:28

« Les sons émis par les oiseaux offrent à plus d’un égard la plus proche analogie avec le langage, car tous les membres de la même espèce émettent les mêmes cris instinctifs exprimant leurs émotions ; et toutes les espèces qui chantent exercent leur capacité instinctivement ; mais le chant en lui-même, et même les notes d’appel, sont enseignés par leurs parents ou leurs parents nourriciers. Ces sons, comme Daines Barrigton l’a prouvé, « ne sont pas plus innés que le langage ne l’est chez l’homme ». Les premières tentatives pour chanter « peuvent être comparées aux essais imparfaits de l’enfant pour babiller ». Les jeunes mâles continuent à s’exercer, ou, comme le disent les éleveurs d’oiseaux, « à répéter », pendant dix ou onze mois. Leurs premiers essais montrent à peine les rudiments du chant futur ; mais à mesure qu’ils avancent en âge on commence à percevoir où ils veulent en arriver ; et pour finir on dit qu’ils « chantent leur chant parfait ». Les couvées qui ont appris le chant d’une espèce distincte, comme les canaris élevés au Tyrol, enseignent et transmettent leur nouveau chant à leurs descendants. Les légères différences naturelles de chant dans la même espèce habitant des régions différentes peuvent être comparées avec pertinence, comme le remarque Barrington, « à des dialectes provinciaux » ; et les chants d’espèces alliées, quoique distinctes, peuvent être comparés aux langues des races distinctes de l’homme. J’ai donné les détails qui précèdent pour montrer qu’une tendance instinctive à acquérir un art n’est pas particulière à l’homme. » p 155-156 La filiation de l’homme Ed Syllepse p 171-172.  Patrick Tort – l’effet Darwin – sélection naturelle et naissance de la civilisation – science ouverte seuil. 

 

L-ange-blesse---Hugo-Simberg---1903.jpg

 

Pour peu qu’un chant d’oiseau se fasse entendre, il flotte dans l’air un parfum d’harmonie, d’entente et de légèreté ; la marque du territoire et du rude combat ayant lieu entre mâles afin de marquer l’espace ne nous parvient pas. 

 

Tout enseignement vient de partout et même – souvent - de nulle part. A travers un fourmillement de réponses : un mot, une phrase, une idée...  autant de patrimoines à préserver.

Lorsqu’on enseigne en milieu très défavorisé – comme en certains quartiers situés à la périphérie d’une grande ville – chose qui arriva à l’une de mes collègues, il y moins d’une dizaine d’année – on pressent les difficultés que l’on va rencontrer. Un manque typique de vocabulaire, une syntaxe approximative, un sens des mots assez vague, confus voire défaillant. 

Vous vous attelez donc à enseigner les fondamentaux ; 

Dans un souci de simplicité et d’efficacité, une professeure des écoles demanda un jour aux élèves :

- Vous allez conjuguer « Avoir un canari » au présent.

Les élèves déclinent le verbe d’une manière cacophonique – sans assurance, sans dynamique ni cohérence d’ensemble :

- j’ai un canari,

- tu as…

 

Heureux de leur réussite, tout à la fois mis en confiance par l’institutrice et dépourvus de cette barrière sociale qui rend l’ignorance ridicule - ces derniers osent demander ce qu’est une fourchette, ou encore, comme ici :

- Mais madame, c’est quoi un canari ?

- A votre avis ?

- Un oiseau.

- C’est le petit du canard, m’dame.

 

Deux ans plus tard – l’enseignante reprend la même respiration en banlieue de la ville auprès, cette fois, d’élèves favorisés.

Les voix se pressent, restituent les savoirs avec rapidité et élégance. Sans faute. Sans hésitation. Avec un tel phrasé, une telle certitude, l’enseignant se sent presque inutile. 

Cette belle unanimité exprimant sans aucun doute un savoir fixé, typique d’une connaissance acquise – possédée - bien assimilée. 

Pourtant, soudainement prise d’un doute, la maîtresse ne manqua pas d'interroger : 

- Au fait, c’est quoi un canari ? Vous savez ce que c’est ?

Des épaules se haussent, des yeux se lèvent. Emotions banales d’un individu soumis à une question stupide - pire, dont l’évidence de la réponse est une injure.  

- Bien oui, madame, c’est un oiseau, bien sûr.

Un autre surenchérit :

- Jaune.

 

Evidemment… Rien que de très prévisible. Pas la peine d’insister.

Mis en confiance par les réponses des autres, un dernier répond : 

- Bein oui, c’est le petit du canard, voyons ! 

 

                                                         Acquiescement de tous. 

 

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Patrick Tort – l’effet Darwin – sélection naturelle et naissance de la civilisation – science ouverte seuil. 2008. Paris ISBN : 978-2-02-097496-7.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 16:29

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Chaque humain produit en silence 10 000* becquerels contre son gré. Un rapide calcul aboutit au résultat suivant : lors d’un repas de famille modérément arrosé – la radioactive concentration des convives avoisine les 200 000 becquerels. 

 

Mais notre énergie ne constitue pas grand chose - dans cette courte éternité où l'on roule jusqu'à manger la terre - face à notre anti-moi. 

On a beau se débattre, courir, on a beau dormir, flâner, bronzer – se dorer la pilule - nul ne peut échapper à l’émission de son anti-matière ni stopper ce phénomène. Quoi que l’on absorbe eau – vin – oxygène -  élément solide, liquide, gazeux, notre corps émettra 170** positrons en moyenne par tour de cadran. Rassurez-vous, la détérioration du potassium-40 est irrémédiable. Aussi, à tout moment, la charge négative peut-elle surgir de votre corps et disparaître à une vitesse de fou. 

 

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Très certainement à cette catastrophe de la physique ordinaire s’en ajoute une autre ô combien dangereuse. Les scientifiques – encore eux – nous informent du fait suivant : nous renouvelons chaque année l’équivalant de notre poids en cellules. De ce délitement perpétuel – de cette dégradation chaque seconde un peu plus visible – de ce corps où ne vous serez jamais le même*** - découle la transformation du vous.

 

     rembrandt-self-portrait-1629.jpg    rembrandt-self-portrait-1656.jpg rembrandt-self-portrait-1669.jpg

 

En toute logique, on peut se demander ce qui sortira de cette bombe radioactive dotée d’anti-particules

Des positrons ? 

Une cocotte minute à électrons libres ?

Une radioactivité bêta ? 

La fusion produira-t-elle seulement l'énergie suffisante pour se modifier ? 

 

 

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* Carbone 14 - pour un être humain de 70 kilos, 4 000 désintégrations par seconde soit 4000 becquerels ; avec le potassium 240 cela fait un total de 10 000 becquerels par individu. 

 

** 180 positons ou positrons pour un individu de 80 Kilos.

*** Alain Prochiantz a cette belle expression - dérivée d'Héraclite : Nous ne nous baignons jamais deux fois dans le même corps.

 

"Pour donner un chiffre qui parle - écrit-il- nous perdons chaque année (et regagnons) notre propre poids en cellules. Ce renouvèlement est bien illustré par notre épiderme dont les cellules souches permettent le renouvellement continu et normal. 

Nous sommes là dans un modèle où le renouvellement n’est pas induit par une lésion, il ne s’agit pas d’une cicatrisation et de son fort composant inflammatoire, mais du mode naturel de la vie et de la mort « la vie c’est la mort » des éléments du tissu épithélial." in Cours : Évolution de la régénération - Processus morphogénétiques - M. Alain Prochiantz, membre de l’Institut (Académie des sciences), professeur.

CNRS.

Citéphilo - Alain Prochiantz. Qu'est-ce que le vivant ?

 

 

 

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Un peu d'humour... 

 

 

Tentative de réponse - sans label de scientificité  : 

 

 

 

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Le Ig Nobel est un prix récompensant les recherches surprenantes, improbables,  étranges, absurdes.

 

"Primés en 2012 :

 

Anita Eerland, Rolf Zwaan et Tulio Guadalupe pour leur étude : "Se pencher sur la gauche rend la tour Eiffel plus petite".

 

L'Office général de la responsabilité du gouvernement américain, pour avoir commandé un rapport à propos des rapports sur les rapports, qui recommande la préparation d'un rapport sur les rapports sur les rapports sur les rapports.

(Ces américains...)

 

La compagnie russe SKN, pour avoir converti de vieilles munitions en diamants.

 

Frans de Waal et Jennifer Pokorny, pour avoir découvert que les chimpanzés sont capables d'identifier leurs congénères à partir de photos de leur derrière.

 

Joseph Keller, Raymond Goldstein, Patrick Warren et Robin Ball, pour avoir calculé l'équilibre des forces entrant en jeu dans la structure et le déplacement des cheveux dans une queue de cheval."

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 14:25


 « Une langue écrite n’est pas une langue orale transcrite, 

Bibliothèque du VIIIème siècle - le livre des sages -BNFc’est un nouveau phénomène linguistique et culturel. »

Claude Hagège,

L’homme de paroles.

 

 

« L’écriture est un stimulant qui renforce la mémoire orale. » 

Jean-Jacques Glassner,

Directeur de recherche au CNRS

 

 

La naissance de l’écriture donne lieu à de multiples récits, des recherches inépuisables. 

 

A chercher des filiations – inévitablement - on en trouve. 

On imagine l’écrit naître de mille dessins. Souvenons-nous du principe des graphismes évolutifs : la forme de l’animal ou de la chose allant vers une stylisation aboutissant à l’abstraction. Au vrai, cette origine - vérifiée au niveau des graphismes sumériens – est séduisante tant elle a l’apparence de l’évidence, aussi adhère-t-on à cette merveille de logique sans réfléchir. 

Mais en ce qui nous concerne, cette genèse est-elle valide ? 

 

 

Reprenons… (Chronologie BNF)...

On recense quatre foyers d’écritures déchiffrées - nous explique dans l’excellente émission du Salon Noir, le Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études,  Pascal Vernus 1) - en voici la liste  :

 

1 - La Mésopotamie : l’écriture sumérienne s’étend vers l’Iran et fait tâche d’huile.

2 - L’Egypte : Ce sont les signes du pouvoir, le besoin d’affirmer l’emblème de la souveraineté. 

3 - La Chine. 

4 - La Méso-amérique - Amérique centrale.

 

A cela s’ajoute deux foyers d’écritures non déchiffrées :

5 - La Crête (Le linéaire A ),

6 – L’Indus.

 

 

Pourtant, si ces foyers se sont enflammés, si ces systèmes se sont côtoyés et/ou se sont succédés, ils n’ont pas connu de descendance directe.

Cette option d’un dessin transformé peu à peu dans un mécanisme « naturel » étant au fondement de notre système écrit est donc à flanquer au panier. Emilia Ferreiro confirme : « Aujourd’hui, un certain nombre de chercheurs rejette l’idée de la pictographie comme première étape de l’histoire de l’écriture. En effet, il apparaît peu probable que le « dessin » ait évolué dans le seul but d’aboutir à l’écriture. Le dessin, aujourd’hui encore, possède son propre développement. » 2) p 57. 

 

Notre écriture ne s’étant point créée de toute pièce, quelle est son origine ?

 

Son histoire ne saurait s’expliquer dans une transmission de techniques soulignent Pascal Vernus et Jean-Jacques Glassner. Alors quoi ? Il s’agit d’idées. C’est bien l’idée de conserver des paroles, des faits, des savoirs qui est à la source d’inventions scripturales particulières. Autrement dit, l’écrit est un objet pensé, travaillé dans une culture particulière 3), chaque société étant créateur de son système en propre 4). 

 

En l’occurrence, c’est le  système alphabétique dont « le principe […] veut qu’à toute ressemblance sonore corresponde une ressemblance graphique et vice versa. » 5) , qui, par sa facilité d’utilisation, son caractère économique, a triomphé. 

Pascal Vernus enfonce le clou, il n’existe pas de proto ou de pré-écriture... l’écriture est « l’intersection entre deux dimensions de la culture humaine, d’une part la représentation, d’autre part le langage. »  C’est le principe des belles « paroles » comme disaient les égyptiens – correspondant à nos belles lettres.

 

Et cette relation entre l’oral et l’écrit, nous nous devons de la rendre explicite.

 

 Chirurgie-des-IIkhans---Cauterisation-d-une-verrue--.jpg

Pour autant cette accroche de l’écriture à la langue, cette belle mécanique constituant sa chance en fait également sa malédiction. Le diable – ange déchu – est dans les nuances.

De la lumière du simple, de l’aisé, du facile, du brillant, émerge toujours les pires aveuglements. 

 

1 - Confusion chez celui qui en maîtrise le code :

 

Evènement fréquent chez ‘l’intellectuel’ penché sur l’admiration de la science dont il est issu et pris de fièvres raisonnantes : 

Emilia Ferreiro nous rapporte une anecdote savoureuse: 

 

 « À un certain moment, les grecs ont introduit les voyelles. Un alphabet constitué de voyelles et de consonnes voyait le jour pour la première fois. Comme, au même moment, sont apparues la pensée rationnelle et l’organisation démocratique des citées, on a tout amalgamé : l’alphabet, la pensée rationnelle et la démocratie.

… la linguistique, en faisant des phonèmes les unités ultimes, les atomes du langage, que seule l’écriture alphabétique parvient à isoler, entretient la croyance à la supériorité de l’alphabet. » Ferreiro Emilia,  Culture écrite et éducation, p 156 – 6). 

 monocondyle.jpg

 

Le meilleur est à venir, jugez plutôt   : 

« David Olson raconte une anecdote intéressante, qui met en évidence les présupposés qui sous-tendent cette conception. Après la seconde Guerre mondiale, alors que les Américains se demandaient comment ils pourraient aider le Japon, une commission a recommandé de remplacer leur système d’écriture par un système alphabétique. Ils prétendaient que le Japon ne pourrait atteindre le développement technologique occidental tant qu’il maintiendrait son système d’écriture car, selon eux, ce dernier ne favorisait ni la pensée rationnelle, ni le progrès technologique. L’histoire a semble-t-il, contredit les prévisions des américains.

L’alphabet semblait indissociable de la pensée rationnelle, de la science, de la technologie et, surtout, de la démocratie, si bien qu’aucun linguiste n’aurait osé proposer aux populations agraphes une écriture qui ne fût pas alphabétique. » Ferreiro Emilia, Culture écrite et éducation, p 60 – 6).

 

2 - Confusion dangereuse chez celui qui n’en maîtrise pas le code :

 

L’écriture est certes accrochée à la langue, elle en a la sonorité, le pétillant, l’éclat, le rythme mais ce n’est pas de la parole. 7). 

« L’écriture n’est pas née pour refléter la parole quotidienne, celle des conversations en tête-à-tête. » insiste Ferreiro Emilia – 2) - p 85.

Si la voix du texte et celle du lecteur se confondent, c’est en raison d’une interprétation parfaite de la partition. Le lecteur donne voix au texte parce qu’il en maîtrise les pauses, le sens, les notes.

C’est un déchiffreur hors pair.

 

Viviane Bouysse – Vidéo A

      (Grand merci pour cet accord gracieux.) 

Conférence de Viviane Bouysse du 14/11/12 -

Entrer dans l'écrit en maternelle - Auditorium de Douai. 

"L'oral écrit n'est pas un oral spontané mais un oral structuré."

 

Rendre les enfants conscients qu’on n’écrit pas exactement comme on parle. Développer une conscience syntaxique – quel est le bon ordre des mots dans une phrase - est une aide.

De même, Emilia Ferreiro dit - presque mot pour mot : « On n’écrit pas comme on parle, on n’organise pas les mots de la même façon. » 2) - p 8.

La chercheuse insiste : « Il  est  nécessaire  de  déstabiliser  l’adulte  pour  qu’il  abandonne  cette  idée  naïve  qui correspond à la vision séculaire suivant laquelle l’écriture reflèterait la parole… Il faut rendre  plus  complexe  le  regard  que  nous  portons  sur  l’écriture.  Paradoxalement,  le regard  de  l’enfant  en  développement  est  plus  complexe  que  celui  de  l’adulte alphabétisé. » 2) -  p.99.

 

Ecrire, c’est donc se construire un système de représentation 8) et non pas simple notation ponctuelle des aspects sonores du langage. (Culture écrite) 

 

Viviane Bouysse – Vidéo B

 

"Lire c’est connaître un code culturel."

"Passer de ce qui est écrit à ce qui est oralisé et inversement, lire c’est connaître ce code et l’appliquer.

… Ce qui est écrit peut être converti en langage oral et en même temps ce que l’on dit, on peut l’écrire.

Ce que je vois écrit, on peut le lire. Et ce que l’on dit, on peut l’écrire.

Rendre explicite cette relation entre l’oral et l’écrit."

 

Qu’est-ce que c’est un mot ? Vivianne Bouysse et Emilia Ferreiro se sont posées la question, répondant à l’identique.  

« C’est par la fréquentation des textes à travers la lecture (une lecture soutenue par autrui avant de devenir autonome) que l’enfant découvre la signification conceptuelle de cette « banalité » technique : les blancs entre les mots ;

… au début de la période phonographique, les enfants préfèrent écrire en scripto continua, c’est-à-dire tout attaché, comme le faisaient les grecs et les romains de la période classique. » Ferreiro Emilia –2)  p 8.

Vivianne Bouysse, dans la vidéo, développe : "A l’oral, on ne parle pas par mot. L’unité articulatoire c’est la syllabe.

Il faut connaître l’écrit – d’une certaine façon – pour repérer les mots à l’oral."

 

Aussi, conclurons-nous cet article en ces termes au goût, à l’apparence, à la sonorité de  tautologies mais qui n’en sont pas : 

 

Ecrire – c’est écrire de la langue écrite.

 

Lire – c’est lire de la langue écrite.

 

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Viviane Bouysse – Vidéo C

De l’importance de rendre explicite l’apprentissage. 

 

Prise de conscience du travail effectué.

Leur dire explicitement ce que l’on va faire et pourquoi.

On va s’installer pour un travail important.

« On apprend à bien comprendre les histoires. 

On va chercher tout ce que cette histoire nous raconte.»

 

« On n’apprend jamais tout du premier coup. 

On ne comprend pas tout du premier coup»

 

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Notes :

 

1 - Salon Noir – Naissance de l’écriture.

Pascal Vernus, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études

Jean-Jacques Glassner, directeur de recherche au CNRS

 

2 - Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – Retz, Paris, 2002, ISBN : 9782725620497

 

3 – « L’écrit n’existe que dans la culture (objet socioculturel). » p  5. Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation.

 

 4 – [ système d’écriture non élaboré à partir du dessin qui se serait modifié au cours du temps mais inventé exprès.] 

« … en octobre 1991, lors d’un symposium interdisciplinaire consacré à la literacy, à l’université de Michigan, un mésopotamiste, Piotr Michalowsky, a violemment attaqué la conception évolutionniste de l’histoire de l’écriture. Il soutenait que les systèmes d’écriture avaient été créés en tant que systèmes et qu’à l’origine, ils étaient mixtes, ce dont on possédait d’ailleurs des preuves. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation. p 56. 

« Le dessin n’est pas le précurseur de l’écriture. A partir d’une indifférenciation générale (dans laquelle il n’y a ni dessin ni écriture, mais trace et exploration de l’espace graphique), l’enfant parvient à distinguer nettement dessin et écriture. Or, cette différenciation initiale contredisait l’interprétation établie par l’histoire de l’écriture, qui postulait une première période pictographique et présentait les débuts de l’écriture comme une stylisation du dessin. » Emilia Ferreiro – Culture écrite et éducation – p 55.

 

5 - (Eléments non alphabétiques dans le système d’écriture. = Les indicateurs silencieux qui donnent des informations au lecteur. )  « L’espace entre les mots, ) par exemple. C’est une indication d’un autre ordre, puisque ce blanc ne correspond pas à un silence. Si l’écriture était le reflet fidèle de la parole, il n’y aurait pas de blancs, ou il y en aurait seulement pour indiquer que quelque chose, effectivement, se termine. Ainsi, à la place du point, il faudrait laisser un espace. 

L’espace entre les mots est un indicateur silencieux qui donne des informations au lecteur. Il en est de même de la ponctuation, qui indique au lecteur s’il doit traiter les informations ensemble ou séparément, ou encore si les unités considérées sont de même nature. Les majuscules, aussi, sont des éléments étrangers au principe alphabétique. 

Le principe alphabétique veut qu’à toute ressemblance sonore corresponde une ressemblance graphique et vice versa. Les ressemblances et différences dans le signifié n’ont pas de place dans un système alphabétique pur, bien qu’elles interviennent clairement dans de nombreuses écritures alphabétiques. Ainsi, certaines langues comme le français et l’anglais contiennent de nombreux homophones qui, pourtant, ne sont pas homographes (les exemples bien connus comme « peau/pot », « toit/toi »…) 

Ceci entraîne des difficultés supplémentaires pour celui qui apprend à écrire, mais facilite considérablement la tâche du lecteur. Dans tous les cas, il s’agit de ressources non alphabétiques introduites dans un système alphabétique.

L’évolution historique des systèmes alphabétiques est allée dans ce sens. Elle a introduit des éléments graphiques qui tendent vers l’indication des différences sémantiques, transgressant par là même les principes alphabétiques. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation. p 59. 

 

6) Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – Retz, Paris, 2002, ISBN : 9782725620497

 

7) « Lire et écrire sont, par définition, des activités orientées vers les formes écrites d’un langage que le sujet pratique déjà oralement. » Emilia Ferreiro . Comment s’y apprennent-ils ? p 11. [D’où les problèmes de ‘parasitages’.]

 

8) « A cette conception traditionnelle, Parkes ajoute une autre hypothèse… : préférer  un texte sans marques, c’est préférer un texte neutre, qui autorise de multiples interprétations.

L’une des fonctions sociales de l’écriture non ponctuée était de permettre à un groupe restreint de lecteurs de multiplier les lectures potentielles. Plus la méfiance vis-à-vis du lecteur est grande, plus on introduit de marques dans le texte…   la ponctuation sert de guide à l’interprétation. Il est facile de constater qu’à notre époque, il y a surabondance de moyens graphiques pour orienter la lecture (encadrés, typographies, )

En ce sens… le texte ponctué est un texte déjà interprété. 

… l’auteur introduit des marques pour prévenir certaines interprétations, parce qu’il veut être compris d’une certaine manière, bien qu’il sache pertinemment qu’il ne peut contrôler l’interprétation du lecteur. Il se produit une tension intéressante entre la prolifération des marques (désir de contrôle, de protection) et la multiplication d’usagers qui ne partagent pas les présupposés de la culture lettrée. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – p 64 

 « Claude Hagège, un linguiste français influent, a publié un livre qui s’appelle L’homme de paroles, où il écrit : « L’écriture est une analyse linguistique avec différents degrés de conscience. » … « Une langue écrite n’est pas une langue orale transcrite, c’est un nouveau phénomène linguistique et culturel. » Ferreiro Emilia – Culture écrite et éducation – p 84-85.

 

Quelques définitions, à toutes fins utiles :

 

Ecrire, c’est se construire une représentation selon une série de règles socialement codifiées ; lire, c’est reconstruire un réel langagier à partir de l’interprétation des éléments fournis par la représentation. Emilia Ferreiro – L’écriture avant la lettre – p 62.

Hachette éducation – 2000 – Paris ISBN : 2-01-170619-X

 

 

Viviane Bouysse - Compte rendu de la conférence - Entrer dans l'écrit en maternelle- réalisée par Catherine Mulero, Inspectrice de l'Education Nationale Douai-Cuincy.

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La BNF 

 

Kalila-et-Dimna-conversant---litterature-persanne---1392.jpg

Très belle analyse en cliquant sur l'image.


Des écrits scripto continua.

 

Des écritures grecques et latines.  

 

 

Kalila-wa-Dimna---La-ruse-du-lievre---XIVeme-siecle-.jpg


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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 17:18

Tu es l’autre  n’est pas un sentiment joyeux 

Reflet-2.jpg– lumineux – agréable – simple - son effet est sans récompense. 

« tu es l’autre qui est en soi » est la souffrance la moins humainement transmissible.

Mes pensées n’engagent que vous. 

 

 

Qu’est-ce donc que cet autre – mâle ou femelle – qui se trouve – là - devant moi ? Devant nous ?

Sa physionomie me semble familière, connue. Certes  entends-je sa singularité, mais sa différence est sœur. Sa distinction est l’incarnation d’une pensée voisine, cousine, résolument claire.

 

Nous le comprenons.

Son regard semble clair.

Son attitude limpide. 

 

Telle une mère déchiffrant l’éventail des cris de son nourrisson, nous lisons les pensées d’autrui, interprétons leurs émotions, déchiffrons leurs attitudes – sans difficultés… Parlerions-nous le soi-autre ? Serions-nous des polyglottes des pensées ?

 

Notre intuition nous pousse à aller au devant des sentiments d’autrui.

Nous tous ?… Vous ?  

 

Qui sait ?

 

Aussi, le plein jour d’une froide matinée d’octobre, au détour d’un platane, vous paraît-il évident que cet homme voûté à la tête vagabonde, doté d’un pas hésitant, réclame votre aide.

Ni une, ni deux, vous vous appropriez sa détresse, aussi, rapidement, enfourchez-vous son bras et, aussi sec, passez -vous sans encombre la passerelle de lignes zébrées. 

 

Heureux !

Ou presque…

 

Car, à peine atteint l’autre rive, l’aveugle vous insulte copieusement. 

Vous vous confondez en excuses. L’autre – crispé, froissé, contracté – se ferme à toute tentative de rapprochement. Et, comme si vous aviez commis la pire atrocité, poursuit ses diatribes avec une verve redoublée, la canne vénéneuse élevée dans votre direction.

 

Alors, ses pensées claires et distinctes deviennent un abîme d’incompréhension - son âme accessible vous échappe. 

 Jekyll-and-Hyde.jpg

Bouleversé, vous reculez, hébété. Confus, vous vous retrouvez face au monde. La foule autour de vous, vous scrute de ses yeux noirs. Des hochements de tête négatifs par là, des envolées réprobatrices par ci – il y a là un beau réglage d’afflux de sang - une belle composition d’antipathies communes.

Vos pas raisonnent sur l’asphalte  insensible.

 

Qu’importe, vous dites-vous – naturellement – vous incorporez les leçons de cette mésaventure. Le sens de la chose est claire : cet homme est une victime, un blessé, son désir d’autonomie explique ce mécontentement alerte. Encore, ajoutez-vous, des aides à répétitions auront-elles produit l’effet du bien-portant penché sur le malade – autrement dit,  en toute bonne foi, comment cet homme aurait-il pu prendre autrement qu’avec horreur cet exécrable sentiment d’être vu comme un mourrant ? Auriez-vous vous-même enduré pareille torture sans en avoir ressenti brûlure aussi profonde ?

Bien sûr, ajoutez-vous, encore étourdi de la mésaventure …  L’intensité de ses répliques tiennent à distance l’homme de charité – reflet d’une humanité de la pire espèce… etc. etc.

 

– vous voici en pleine réflexion. 

reflet.jpg

 

      ----------------------- 

 

 

Géraldine – le cauchemar des mâles femmées.

 

Qui n’a jamais rêvé transformer telle la grenouille en prince charmant, le roi en sujet, le chef d’entreprise en ouvrier, le milliardaire vaniteux en smicard ou….  le misogyne en femme ?


 

--------------

      Céline EXCOFFON

Peintre et conférencière en histoire de l'art, amoureuse du beau et curieuse de la création sous toutes ses formes. Je partage ici des images, des œuvres d'art collectées et réunies par thème, parce que la diversité du regard est inépuisable, et que le talent est si enrichissant...

     "Miroir, mon beau miroir."

L'arbre.

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Présentation

  • : Le chêne parlant
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  • : L'éclectisme au service de la pédagogie & L'art de suivre les chemins buissonniers. Blogue de Virginie Chrétien chrétien. Maître formatrice en lien avec l'ESPE de Lille. Rédactrice chez Slow Classes. Partenariat : philosophie Magazine. Écrivaine : La 6ème extinction - Virginie Oak.
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Introduction.

L’éducation, dans son étymologie même, c’est : «Educere, ex-ducere, c’est conduire « hors de » rappelle le philosophe Henri Pena-Ruiz dans Le Philosophoire. Charles Coutel parle quant à lui d'[Educarea] ēdŭcāre ‘prendre soin de l’ignorance de l’élève’. "Le rôle de l’éducation - dit-il - c’est de me disposer à mon humanité en moi grâce à mon instruction." Ecoutons George Sand… « Mes pensées avaient pris ce cours, et je ne m'apercevais pas que cette confiance dans l'éducabilité de l'homme était fortifiée en moi par des influences extérieures. » George Sand, La mare au diable, Folio Classique, 892, P 37. Ce blogue se propose de partager des outils pédagogiques, des moments d'expériences, des savoirs, des lectures, de transmettre des informations relatives à la pédagogie ordinaire et spécialisée, des idées d’activités dans les classes allant du CP au CM2 en passant par la CLIS. Enfin, on y trouvera aussi quelques pensées plus personnelles. « Notre savoir est toujours provisoire, il n'a pas de fin. Ce n'est pas l'âge qui est le facteur déterminant de nos conceptions ; le nombre de « rencontres » que nous avons eues avec tel ou tel savoir l'est davantage, ainsi que la qualité de l'aide que nous avons eues pour les interpréter... » Britt-Mari Barth, le savoir en construction. ________________________________________________________________________________________________ 1 Le Philosophoire, L’éducation, n° 33, P16 2 P 52, Britt-Mari Barth – Le savoir en construction – Retz – Paris – 2004 – Isbn : 978725622347

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